Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Guatemala

Guatemala

Population 16,9 millions
PIB par habitant 4 469 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,1 2,8 2,8 3,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,4 4,4 3,7 3,9
Solde public / PIB (%) -1,1 -1,3 -1,4 -1,7
Solde courant / PIB (%) 1,5 1,5 1,0 0,4
Dette publique / PIB (%) 24,7 24,7 25,1 25,3

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Soutien financier des États-Unis et des prêteurs multilatéraux
  • Accord de libre-échange avec les États-Unis et l’UE
  • Proximité géographique des États-Unis et du Mexique
  • Fort potentiel touristique, agricole, minier, hydroélectrique, géothermique

POINTS FAIBLES

  • Instabilité sociale et politique
  • Faiblesse des infrastructures
  • Vulnérabilité aux chocs externes (catastrophes naturelles et cours des matières premières)
  • Forte dépendance à une industrie à faible valeur ajoutée et aux flux de remises des expatriés
  • Faibles revenus fiscaux
  • Pauvreté rurale, inégalités, sous-emploi, informalité, clivages ethniques

Appréciation du risque

Une croissance modérée due au manque d’investissement

La croissance en 2019 sera encore principalement portée par la consommation privée qui représente plus de 80 % du PIB. La demande des ménages sera soutenue par les flux importants de remises des expatriés, favorisés par un marché de l’emploi encore très dynamique aux États-Unis, première destination des émigrés guatémaltèques. La politique monétaire accommodante en place depuis 2013 (taux à 2,75 %) et l’inflation, contenue dans la fenêtre cible de la banque centrale (4+/-1%), devraient permettre de stimuler la demande interne dans son ensemble. Du point de vue de la production, le secteur agricole devrait être plus dynamique, par effet de base, suite aux épisodes climatiques et aux éruptions volcaniques de l’année 2018. Le secteur de la construction devrait bénéficier des activités de reconstruction et des projets d’infrastructures mis en place par le gouvernement à l’approche des élections de juin 2019. L’investissement, en revanche, sera toujours contraint par le manque d’infrastructures, le climat politique tendu et un environnement des affaires encore déficient (98/190 au classement Doing Business 2019). L’absence d’accord entre le gouvernement et l’entreprise canadienne Tahoe au sujet de l’exploitation de la mine d’argent d’Escobal pèse aussi sur la confiance des investisseurs. La décision, fin 2017, de la Cour suprême de suspendre la licence d’exploitation de Tahoe pour non-respect du droit des indigènes Xinca à être consultés, confirmée en septembre 2018, oblige l’entreprise à renégocier avec les communautés locales avant de pouvoir reprendre ses activités.

 

Des recettes budgétaires encore trop faibles en l’absence de réformes

Les finances publiques guatémaltèques sont caractérisées par un manque structurel de recettes fiscales (11 % du PIB en 2016), restreignant les ressources disponibles pour la dépense publique et les investissements nécessaires à la lutte contre la pauvreté (santé, éducation) et l’amélioration des infrastructures. Le paysage politique très fractionné laisse peu d’espoir quant à la mise en place d’une réforme fiscale d’envergure. Dans ce contexte, l’exécution budgétaire reste encore faible : les dépenses publiques effectives sont souvent moins élevées que prévues dans le budget. Alors que le budget 2019 prévoit le financement des dépenses publiques par l’émission de dette, les critiques ont fusé par rapport au manque de mesures anti-corruption. La dette publique se maintient à un niveau faible mais son service est relativement élevé par rapport aux recettes (13 %).

Du côté des comptes extérieurs, les exportations devraient croître plus faiblement, la vitalité de la demande pour les exportations textiles aux États-Unis ne compensant pas le faible dynamisme des exportations agricoles (cours du café et du sucre assez faibles). Dans le même temps, la hausse des importations sera principalement liée à l’augmentation des cours des matières premières. Ce déficit de la balance commerciale sera largement compensé par les remises des expatriés. La réduction du surplus courant, due au moindre dynamisme de ces flux de remises, devrait cependant peser sur quetzal guatémaltèque qui devrait poursuivre sa tendance à la baisse en 2019. La dépréciation devrait cependant rester faible face à la position extérieure solide du pays (réserves de change équivalentes à 7,4 mois d’importations fin septembre 2018).

 

Un climat politique tendu à l’approche des élections présidentielles

En amont de l’élection présidentielle de juin 2019, le climat politique au Guatemala reste tendu, principalement rythmé par des affaires de corruption et les tensions entre le gouvernement et les organes judiciaires. En effet, le président Jimmy Morales et son administration sont engagés dans un bras de fer avec la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), la commission de lutte contre la corruption soutenue par l’ONU ayant, entre autres, lancé une enquête contre Morales et ses proches pour corruption. Après avoir interdit une nouvelle entrée du chef de la CICIG, Ivan Velázquez, dans le pays, le président Morales a annoncé en septembre 2018 qu’il ne renouvellerait pas le mandat de la commission à l’expiration de l’actuel en août 2019. Dans ce contexte, la lutte anti-corruption sera au centre de l’élection présidentielle de juin 2019 (second tour en août en absence de majorité simple au premier tour). La fragmentation du paysage politique laisse planer l’incertitude quant au potentiel vainqueur alors que le président Morales ne peut se présenter pour un nouveau mandat selon la constitution. Quel que soit le candidat qui remportera l’élection, il est certain qu’il devra former une coalition pour gouverner, ce qui limitera fortement sa capacité d’action. La lutte contre la pauvreté et l’insécurité, ainsi que la question migratoire et les actions anti-corruption, seront les principales priorités de la nouvelle administration.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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