Algérie

Afrique

PIB / Habitant ($)
4 306,8 $
Population (en 2021)
45,3 Millions

Evaluation

Risque Pays
C
Climat des affaires
C
Précédemment :
C
Précédemment :
C

suggestions

Résumé

Points forts

  • Importantes réserves de pétrole et de gaz ; potentiel important en matière d’exploitation du gaz de schiste
  • Potentiel dans les domaines de l’agriculture, des énergies renouvelables et du tourisme
  • Position géographique favorable, à proximité du marché européen
  • Faible endettement extérieur

Points faibles

  • Forte dépendance aux recettes d’hydrocarbures (90% des exports et 60% des recettes budgétaires)
  • Taux de chômage des jeunes élevé, faibles opportunités pour les diplômés
  • Poids excessif d’un secteur public peu efficace
  • Déficit public financé par ponction sur les réserves et monétisation par la banque centrale
  • Mauvais état des infrastructures
  • Lourdeurs bureaucratiques, corruption, faiblesses du secteur financier et environnement des affaires incertain
  • Marché parallèle du dinar algérien perturbateur

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
64%
Turquie
5%
Royaume-Uni
4%
États-Unis d'Amérique
4%
Corée du Sud
4%

Import des biens en % du total

Europe 28 %
28%
Chine 17 %
17%
Brésil 6 %
6%
Antigua and Barbuda 5 %
5%
Turquie 5 %
5%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Une croissance économique ralentie par la diminution des recettes des hydrocarbures

En 2022, la croissance économique algérienne a bénéficié de l’augmentation significative des prix des hydrocarbures et de la hausse de la demande européenne suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Très dépendante du secteur énergétique, l’activité économique du pays devrait toutefois ralentir en 2023 compte tenu de la baisse des revenus des exportations de pétrole. Cette dernière sera liée au léger retrait du prix du baril de pétrole (qui passera de 100 USD en moyenne en 2022 à 95 USD en moyenne en 2023 pour le baril de Brent) et aux capacités de production limitées dans le secteur. En effet, en raison de plusieurs années de sous-investissement, la production de pétrole stagnera autour de 1 million de barils/jour en 2023 entrainant, par conséquent, la diminution de la contribution nette des exportations au PIB. Toutefois, la croissance économique résistera, portée par la hausse des exportations de gaz vers l’Europe, qui recherche des sources d’énergie alternatives au gaz russe. Grâce à l’investissement public et étranger dans le secteur gazier, la production devrait augmenter de 6,6% au cours de l’année. Les investissements public et privé porteront également le secteur hors hydrocarbures, en particulier l’agriculture et la construction. Enfin, la consommation privée (42% du PIB), largement maintenue par les mesures de soutien social aux ménages mises en place par le gouvernement, devrait progresser de 2,7% et ainsi soutenir l’activité économique. Cette dernière sera toutefois confrontée aux pressions inflationnistes encore élevées en 2023. En effet, malgré un léger recul de l’inflation lié à l’effet de base et au ralentissement de la croissance économique mondiale, la banque centrale ne parviendra pas ramener l’inflation à son objectif souple de 3,5%.

Souplesse budgétaire et relâchement de la contrainte de liquidité

En 2022, les recettes exceptionnelles tirées des hydrocarbures n’ont pas compensé les dépenses supplémentaires de soutien à l’économie et le déficit public a continué de se creuser. Tout comme l’année précédente, en 2023, les prix toujours élevés et la forte demande de pétrole et de gaz dispenseront de l’assainissement budgétaire et continueront de soutenir une politique budgétaire accommodante. Le déficit public devrait donc rester à un niveau élevé en raison d’une nouvelle hausse des dépenses sociales qui visent à assurer la stabilité interne du pays. Parmi les dépenses prioritaires, l’État financera la hausse de 47 à 50% des salaires des travailleurs du public entre 2023 et 2024, l’augmentation de l’allocation de retraite des plus pauvres, la revalorisation de l’allocation chômage ou encore le doublement du budget de la défense (estimé à 6,7% du PIB en 2022). Faiblement endetté à l’extérieur et historiquement réticent à solliciter une assistance étrangère pour financer son déficit public, l’Algérie pourrait chercher, cette année, le soutien financier d’alliés tels que la Chine. En outre, comme en 2022, le pays poursuivra très largement le financement monétaire par l’intermédiaire de la Banque centrale, ainsi que le recours aux réserves de change.

Les recettes d’exportation exceptionnellement élevées en 2022 ont permis à l’Algérie d’enregistrer un excédent courant élevé. Celui-ci diminuera toutefois en 2023 en raison de la diminution de l’excédent commercial et de l’augmentation du déficit de la balance des services. En effet, alors que la facture des importations augmentera sous les effets de la levée des restrictions sur les importations d’automobiles, les recettes d’exportations diminueront compte tenu de la baisse attendue des prix mondiaux du pétrole et du maintien de l’accord de réduction de la production du pétrole jusqu’à la fin 2023 par l’alliance OPEP+. Les profits rapatriés par les entreprises étrangères dans leur pays d’origine vont diminuer. Malgré les différentes mesures incitatives prises par le gouvernement pour tenter d’attirer les investisseurs étrangers, parmi lesquelles la suppression de la restriction dite « 51/49 » qui exigeait une participation majoritaire algérienne dans toutes les nouvelles entreprises, ou encore l’amélioration des conditions fiscales et de la flexibilité des contrats, les flux d’IDE resteront faibles, exceptés dans le secteur gazier. Pour la première année depuis 2014, les réserves de change ont augmenté en 2022 grâce aux revenus des exportations d’hydrocarbures. Cette tendance se poursuivra en 2023, avant d’atteindre un niveau confortable équivalent à 14 mois de couverture des importations.

Risque social contenu, tensions avec le voisinage

Suite aux manifestations du Hirak qui ont poussé à la démission d’Abdelaziz Bouteflika, le président Abdelmajid Tebboune est arrivé à la tête du pays en 2019 avec le soutien de l’armée. Il dispose d’une manne financière importante liée aux prix des hydrocarbures pour assurer le calme social et la stabilité intérieure du pays jusqu’aux prochaines élections présidentielles de 2024. La politique gouvernementale se concentrera sur l’atténuation de la hausse du coût de la vie, en particulier par le biais de multiples subventions. Si le risque social semble contenu, la défiance de la population à l’égard de la classe politique et la perception de corruption parmi les élites sont à l’origine d’un recul significatif des formations politiques dominantes depuis l’indépendance en 1962. En effet, lors des dernières élections législatives de 2021, le Front de libération nationale (98 sièges sur 407) et le Rassemblement national démocratique (58 sièges) ont enregistré un net recul alors que les partis d’opposition, le Mouvement de la société pour la paix (65 sièges) et les indépendants (84 sièges), ont largement progressé.

Depuis la rupture des relations diplomatiques avec son voisin marocain et la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe en 2021, les tensions géopolitiques sur les questions de la souveraineté du Sahara occidental et de la relation avec Israël n’ont cessé de s’accroitre entre les deux pays. L’Algérie continue d’équilibrer ses relations entre l’Occident et la Russie, qui reste son fournisseur privilégié d’armes.

Dernière mise à jour : avril 2023

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