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Libye

Libye

Population 6,4 millions
PIB par habitant 4 740 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) -2,8 26,7 7,2 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 25,9 28,4 15,0 10,0
Solde public / PIB (%) -81,2 -34,5 -25,9 -22,6
Solde courant / PIB (%) -18,0 2,5 -2,9 -5,0
Dette publique / PIB (%) 189,7 134,2 116,0 125,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de gaz et de pétrole
  • Très faible endettement extérieur
  • Positionnement stratégique en Méditerranée, proximité avec l’Europe

POINTS FAIBLES

  • Division du pays en deux : la Tripolitaine à l’ouest géré par le gouvernement de Tripoli reconnu par la communauté internationale, et la Cyrénaïque à l’est sous la tutelle du gouvernement d’Al-Beïda soutenu par le maréchal Haftar
  • Le sud du pays (Fezzan) fait face à la prolifération des trafics (humain, arme, drogue) et à l’animosité entre Touaregs et Toubous
  • Forte inflation
  • Tensions sociales, morcellement politique et tribal
  • Environnement des affaires peu favorable

Appréciation du risque

La crise libyenne perdure

Après plusieurs tentatives infructueuses de médiation sous l’égide des Nations unies, la crise libyenne semble être de nouveau dans l’impasse. Minée par les fractures politiques héritées de la transition post-Khadafi, la Libye reste un territoire divisé. Le Conseil présidentiel de Tripoli soutenu par la communauté internationale et une autorité rivale installée dans l'Est, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar continuent de se disputer la légitimité du pouvoir. En dépit de la nomination du nouvel émissaire des Nations unies Ghassan Salamé à la tête la MANUL en 2017, les avancées restent faibles. Les Nations unies tentent d’apporter une solution politique au conflit et de réunifier des institutions parallèles par le biais d’élections législatives et présidentielles. L’accord de Paris de mai 2018 qui avait regroupé l’ensemble des parties prenantes au dossier – Fayez al-Sarraj, le président du Conseil de présidence, Aguila Saleh, la présidente de la Chambre des représentants, Khaled Meshri, le président du Haut Conseil d'État, et le maréchal Khalifa Haftar, commandant de l'Armée nationale libyenne – avait fixé la date des élections au 10 décembre 2018. Mais cet agenda électoral était difficilement réalisable : la base constitutionnelle permettant l’encadrement du scrutin et initialement prévue pour le 16 septembre 2018 n’a pas été finalisée, le Parlement ayant rencontré des difficultés à parvenir à un consensus dans le délai imparti. Les élections devraient donc être reportées au premier semestre 2019. Le territoire libyen reste en outre miné par les affrontements, en particulier autour des exploitations pétrolières. Des groupes armés continuent de défier les troupes du général Haftar qui contrôle la majeure partie de l’est du pays, tandis que des milices islamistes ou tribales continuent de se disputer le territoire à l’ouest. Le climat sécuritaire devrait rester précaire.

 

Reprise de la production pétrolière

En dépit des blocages rencontrés de juin à juillet, la production pétrolière s’est maintenue autour de 1 million de barils par jour en 2018, permettant à la Lybie d’enregistrer sa deuxième année de croissance après la crise. En dépit de l’obsolescence et de la destruction de certaines infrastructures, la production hydrocarbure de 2019 devrait se maintenir à un niveau comparable à celui de l’année passée. Les entreprises étrangères semblent faire un timide retour sur le territoire. La compagnie pétrolière anglaise BP a, en effet, annoncé la reprise d’une partie de ses activités d’exploration en collaboration avec la national Oil of Libya courant 2019. L’accord de partage de l'exploration et de la production qui avait débuté en 2007 devrait inclure l’entreprise italienne Eni qui continue d’opérer sur le territoire et possède des infrastructures adjacentes à la zone d’exploration. Dans le même temps, la compagnie pétrolière nationale a organisé en octobre 2018 un forum international à destination des investisseurs étrangers. Les flux d’IDE resteront cependant très limités sans un éclaircissement de la situation politique et une pacification du territoire. En outre, l’économie non pétrolière reste pénalisée par le manque de ressources et la continuation des problématiques sécuritaires. La hausse des exportations pétrolières a cependant permis, en partie, de répondre à la pénurie de devises et de faire baisser les pressions sur le taux de change parallèle, favorisant une légère baisse des prix. En outre, la banque centrale libyenne prévoit d’appliquer une taxe sur les transactions en devises étrangères afin de réduire le différentiel entre le taux de change officiel et le marché noir. Les ménages, qui ont vu leur pouvoir d’achat s’éroder de 80 % depuis 2011 devraient bénéficier de la stabilisation de l’inflation, de même que de la hausse des salaires dans la fonction publique.

 

Des déficits jumeaux conséquents

Malgré une nette augmentation des recettes budgétaires, le déficit public est resté significatif en 2018. La hausse des revenus pétroliers n’a pas permis de compenser la hausse des dépenses salariales qui ont atteint 48 % du PIB. Le gouvernement de Tripoli s’est, cependant, engagé dans un plan de consolidation budgétaire visant à réduire la part des dépenses incompressibles en diminuant le poids des subventions (10,6 % du PIB). Toutefois, ces réformes devraient mettre du temps à se concrétiser au regard de l’instabilité politique du pays et du manque de légitimité de la présidence qui en dépit du soutien de la communauté internationale peine à asseoir son autorité sur le territoire. Le gouvernement de Tripoli devrait continuer de se financer auprès de la banque centrale libyenne, d’une part, mais, aussi, grâce aux avoirs libyens accumulés sous le régime de Kadhafi. Quant aux institutions de l’est, elles resteront tributaires des emprunts auprès des banques locales. Enfin le déficit du compte courant devrait rester conséquent. La hausse des exportations a, certes, permis de reconstruire les réserves de change, mais elle ne sera néanmoins pas suffisante pour rééquilibrer le solde extérieur. Le pays importe en effet plus de 80 % de ses besoins en consommation, y compris du pétrole raffiné.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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