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Malaisie

Malaisie

Population 32,6 millions
PIB par habitant 11 193 $US
A4
Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,8 4,3 -5,0 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,0 0,7 -1,0 2,5
Solde public / PIB (%) -3,3 -3,5 -6,5 -4,0
Solde courant / PIB (%) 2,2 3,5 0,9 1,8
Dette publique / PIB (%) 55,5 57,2 67,5 66.0  

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Des exportations diversifiées
  • La croissance de la demande intérieure atténue les vents contraires extérieurs
  • Un secteur des services dynamique
  • R&D de tout premier plan
  • Investissement soutenu par l'expansion du marché financier local et l'accès aux IDE
  • Flexibilité des taux de change
  • Un revenu par habitant élevé
  • Plaque tournante du tourisme

POINTS FAIBLES

  • Les recettes budgétaires dépendent fortement des performances dans le secteur du pétrole et du gaz
  • Un niveau d'endettement privé très élevé (80 % du PIB)
  • Faibles recettes fiscales, manque de transparence dans les dépenses budgétaires
  • Érosion de la compétitivité des prix due à l'augmentation du coût de la main-d'œuvre
  • Des disparités régionales persistantes
  • Les conflits ethniques et religieux

Appréciation du risque

Une reprise forte mais probablement inégale

La croissance devrait connaître une forte reprise en 2021, grâce à des effets de base moins importants qu'en 2020 et à une consommation intérieure plus forte, mais cette reprise sera probablement inégale. La résurgence du nombre d’infections, après les élections dans l'État de Sabah en septembre, a été plus forte qu'en mars 2020. Cela a incité le gouvernement à réimposer des confinements partiels en octobre dans la capitale et les principaux États, en vertu de l'ordonnance conditionnelle de contrôle des mouvements (CMCO), ce qui a repoussé la dynamique de croissance à 2021. L'assouplissement progressif des interdictions de circulation devrait permettre une reprise de la consommation intérieure (58 % du PIB) en 2021, soutenue par cinq plans de relance (4,9 % du PIB en septembre 2020) qui prévoient des aides salariales pour les groupes à faible revenu. Les taux d'intérêt, à un niveau historiquement bas de 1,75 % après des baisses de 125 points de base en 2020, devraient également stimuler la reprise économique. Cela dit, les faibles taux d'intérêt de ces dernières années ont maintenu un niveau élevé d'endettement des ménages (87,5 % du PIB) qui, parallèlement à un taux de chômage élevé (4,6 % en septembre 2020), pourrait engendrer certains risques pour la reprise. L'inflation devrait s'accélérer avec la reprise de la demande et sera favorisée par des effets de base plus faibles. Les exportations (67 % du PIB) devraient également connaître une certaine amélioration grâce à la reprise chez les principaux partenaires commerciaux tels que la Chine et à une demande accrue de composants électroniques. En outre, les exportations d'huile de palme, qui représentent 2,8 % du PIB, devraient s'améliorer légèrement cette année grâce à une hausse de la demande chez les principaux partenaires commerciaux à l'exportation tels que l'Inde et la Chine, parallèlement à une remontée des prix. L'industrie des services contribue davantage au PIB (56,5 % en 2020) que l'industrie manufacturière, mais elle devrait rester atone : le tourisme (13 % du PIB) devrait rester faible du fait de la fermeture des frontières internationales. Les investissements devraient rebondir cette année, car les projets d'infrastructure devraient reprendre et seront relancés dans le cadre du budget 2021, dont 4 % sont alloués à des projets tels que la plus grande infrastructure de transport « Mass Rapid Transit », ou le train Johor-Woodlands reliant la Malaisie et Singapour.

 

Le déficit budgétaire devrait se réduire, malgré certains risque

Le Parlement a approuvé un budget de 78,8 milliards de dollars (22 % du PIB) pour 2021 afin de relancer l'économie, avec une augmentation des dépenses sociales et des distributions de fonds, et ainsi soutenir la reprise de la consommation. Le déficit budgétaire devrait se réduire en 2021, car les recettes reprendront une fois la pandémie passée grâce à l'augmentation anticipée du recouvrement des recettes fiscales (15,1 % du PIB). Cela dit, il devrait rester supérieur aux niveaux pré-COVID-19 à cause des mesures de soutien et des pressions politiques en faveur d'une augmentation des dépenses. Les recettes attendues pourraient d'une manière ou d'une autre être confrontées à des difficultés dues à la volatilité des prix du pétrole, puisque les recettes pétrolières représentent une part importante des revenus de l’État (20 % des recettes totales). Une autre résurgence de la COVID-19 pourrait également menacer les recettes si les mesures de confinement se prolongent. La dette publique, dont le plafond a été porté à 60 % du PIB, restera élevée. Toutefois, une grande partie est libellée en monnaie locale et environ 24 % de la dette publique est détenue par des non-résidents, ce qui devrait atténuer les risques. En 2021, l'excédent des comptes courants devrait inverser une partie de sa détérioration connue en 2020 grâce à un effet de base, les exportations ayant rebondi plus vite que les importations depuis la fin de 2020 sous l’impulsion de la reprise progressive des échanges avec des partenaires commerciaux clés tels que la Chine (13 % des exportations totales). Cet excédent devrait être dû à une meilleure performance des exportations de biens, notamment de produits électroniques, ainsi qu'à un excédent des revenus secondaires (envois de fonds des expatriés). Le déficit de la balance des services s'est creusé avec la baisse des recettes du tourisme (6 % du PIB et 9 % des exportations). La dette extérieure (61 % du PIB au deuxième trimestre 2020) est élevée mais gérable, puisqu’un tiers est libellé en monnaie locale et la moitié a une échéance à moyen ou à long-terme. Les entreprises (tant privées que publiques) et les banques y sont soumises pour la plupart. Les réserves internationales, alimentées par l'excédent des comptes courants et les investissements étrangers, restent suffisantes et couvraient 6 mois d'importations en octobre 2020.

 

La légitimité du gouvernement Muhyiddin se renforce

Par un concours de circonstances, Muhyiddin Yassin a été nommé Premier ministre en février 2020 et a pu former la coalition de l'Alliance nationale avec les partis à majorité malaise qui dominent le gouvernement (112 députés sur 222). Le gouvernement nouvellement formé n'est pas entièrement sûr étant donné sa faible majorité et les tensions politiques risquent de persister, l'opposition contestant sa majorité, bien que la légitimité de l'opposition se soit affaiblie. Anwar Ibrahim, chef de l'opposition et président du Parti Keadilan Rakyat (PKR), a affirmé qu'il avait le soutien de la majorité à la chambre basse du parlement sans toutefois obtenir le soutien du Roi pour renverser le gouvernement, tandis que les législateurs ont montré leur soutien au gouvernement Muhyiddin en votant à l'unanimité le vaste budget 2021.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Paiement

Le virement bancaire, les espèces et le chèque sont des moyens de paiement d’usage courant en Malaisie. De même le réseau bancaire national permet d’effectuer des paiements en ligne. La lettre de crédit est également communément utilisée. Depuis 2017, la banque centrale impose que 75 % des paiements réalisés en devises étrangères soient convertis en ringgit malaisien (MYR) à réception. Les transactions effectuées en Malaisie doivent être effectuées en ringgit. 

Recouvrement des créances

Phase amiable

Des prises de contact permettent régulièrement d’engager des négociations et de parvenir à des accords à l’amiable en réponse à un litige et/ou créances. Si l’acheteur n’offre pas de réponse, une visite du site et des recherches en ligne sont effectuées d’office afin de déterminer l’état de l’activité de l’acheteur et son statut légal. S’il persiste à ignorer ou à négliger les tentatives de règlement amiable de l’affaire, le fournisseur peut entamer une procédure judiciaire, pour recouvrer les paiements correspondant aux biens vendus et livrés. Il convient néanmoins de s’assurer que l’acheteur possède des actifs suffisants pour satisfaire la créance avant le lancement de la procédure.

 

Procédure judiciaire

Le système juridique malaisien est basé sur le système de la Common Law anglaise. La hiérarchie des tribunaux en Malaisie est constituée, dans l’ordre croissant, par le tribunal d’instance (Magistrates’ Court, « tribunal des magistrats »), le tribunal des sessions (Sessions Court), la Haute cour (High Court), la Cour d’appel (Court of Appeal), puis enfin la Cour fédérale de Malaisie (Federal Court of Malaysia). La Haute Cour, la Cour d’appel et la Cour fédérale sont des cours supérieures, tandis que le tribunal des magistrats et le tribunal des sessions sont des tribunaux subordonnés. Il existe également plusieurs autres tribunaux en dehors de cette hiérarchie, par exemple, tribunaux du travail, maritimes, de la Charia ou des affaires islamiques.

Les créances portées devant le tribunal des magistrats sont limitées à 100 000 MYR, tandis qu’un tribunal des sessions pourra connaître des affaires civiles dont le montant en litige ne dépasse pas 1 000 000 MYR. Lorsque le montant réclamé ne dépasse pas 5 000 MYR, la demande doit être déposée auprès de la division des petits litiges du tribunal des magistrats. Toutefois, la présence d’un avocat n’est pas autorisée.

Une créance impayée a normalement un délai de prescription de six ans à partir de la survenance de la cause de la demande (par exemple, violation de contrat). Le créancier doit remettre une assignation au débiteur dans les six mois qui suivent l’émission de l’assignation. Après la remise de l’assignation, le défendant dispose de 14 jours (ou 21 jours si l’assignation a été remise en dehors de la juridiction malaisienne) pour déposer un mémorandum de comparution (Memorandum of Appearance) auprès du tribunal, afin d’indiquer son intention de comparaître devant le tribunal et de se défendre contre l’action intentée.

Avant qu’une assignation ne puisse être émise, elle doit être motivée par le dépôt d’une requête ou par une demande générale, c’est-à-dire une déclaration concise précisant la nature de la réclamation et la réparation ou le recours demandé. Lorsque l’assignation ne s’appuie que sur une demande générale, la requête doit être remise avant l’expiration d’un délai de 14 jours après comparution du défendeur.

Lorsque le défendeur a comparu, il est tenu de présenter sa défense au plaignant dans un délai de 14 jours après expiration du délai de comparution ou après remise de la requête si celle-ci intervient plus tard.

 

Procédure accélérée

Si le défendeur ne se présente pas devant le tribunal, le plaignant peut demander que soit rendu un jugement par défaut. En général, lorsque le défendeur comparaît, présente une défense et dépose toutes les pièces requises en soutien de son dossier, tout est prêt pour le procès. Si la défense semble clairement insuffisante, le plaignant peut demander que soit rendue une décision en référé à l’encontre du défendeur. Pour éviter cela, le défendeur doit démontrer que le litige donne matière à un procès ou qu’il existe une autre raison pour que se tienne un procès.

Exécution d’une décision de justice

Ordonnance de saisie-exécution

Une ordonnance de saisie-exécution peut concerner les biens mobiliers et immobiliers aussi bien que les valeurs mobilières. Lorsque les biens à saisir sont des biens immobiliers garantis, la saisie doit faire l’objet d’une ordonnance interdisant au débiteur judiciaire de transmettre, vendre ou louer les biens en question.

 

Procédure de saisie-arrêt

Le créancier judiciaire peut demander la saisie de sommes que le débiteur judiciaire est censé recevoir d’une tierce partie. Si la personne qui fait l’objet de l’ordonnance de saisie-arrêt ne se présente pas devant le tribunal, l’ordonnance devient exécutive. Si cette personne se présente devant le tribunal, celui-ci peut rendre une décision en référé ou ordonner la tenue du procès.

 

Citation à comparaître du débiteur judiciaire

L’objectif de cette citation est de donner au débiteur judiciaire l’occasion de rembourser sa dette selon un échelonnement adapté à ses moyens. Le débiteur lui-même peut demander cette procédure. En vertu de l’Ordonnance 14 (Order 14), le défendeur peut accepter la réclamation du plaignant et proposer un remboursement échelonné ; le tribunal peut accorder cette demande si le plaignant donne son accord.

 

Procédure de faillite

Si le jugement total de la créance est supérieur à 30 000 MYR, la procédure de faillite peut être déclenchée si le débiteur judiciaire ne respecte pas le jugement ou la décision rendu(e) à son encontre. Une fois qu’un débiteur est déclaré en faillite, d’autres créanciers ont également le droit de déposer un formulaire de production de créance et une procuration pour avoir le droit d’avoir une part de la distribution du patrimoine du débiteur. La distribution du patrimoine est effectuée en fonction de l’ordre de priorité des créanciers.

 

Jugements étrangers

Toute décision rendue par un pays étranger doit être reconnue comme un jugement domestique afin de devenir exécutoire par une procédure d'exequatur. La Malaisie a conclu des accords de reconnaissance et d'exécution réciproques avec certains pays, dont Hong Kong, l'Inde et la Nouvelle-Zélande. 

Procédure d’insolvabilité

Plusieurs procédures d’insolvabilité et de restructuration sont disponibles. Au titre de la loi sur les sociétés, la procédure d’insolvabilité disponible comprend :

  • la liquidation judiciaire obligatoire et volontaire des sociétés ;
  • la désignation d’administrateurs judiciaires et de gestionnaires d’entreprise ;
  • des mécanismes de restructuration.

Dans le cas d’une liquidation judiciaire obligatoire, le tribunal peut liquider une société sur la base d’un certain nombre de motifs au titre de la loi sur les sociétés. Le plus fréquent de ces motifs est l’incapacité de la société à payer ses créances. Le créancier engage ce processus en déposant une demande de liquidation auprès du tribunal. Le cas échéant, le tribunal désigne un liquidateur chargé de superviser le processus de liquidation.

L’administrateur judiciaire désigné par le tribunal poursuit l’activité de la société de façon normale ou prend contrôle et possession des actifs de la société. Un administrateur judiciaire nommé par des porteurs de débentures sur la base des conditions de la convention de débentures (administrateur privé), pourra prendre possession des actifs de la société, sous réserve de la charge flottante qui s’est depuis cristallisée dans la débenture.

Les mécanismes de restructuration comprennent :

  • convention : une société peut signer une convention avec l’approbation d’une majorité simple des créanciers sous réserve qu’ils représentent 75 % de la valeur de la dette. Après approbation de la convention par les créanciers, le tribunal doit donner son aval avant qu’elle puisse être mise en œuvre. Le débiteur peut demander au tribunal une ordonnance suspendant toute procédure à son encontre pendant qu’il met en œuvre la convention ;
  • administration spéciale : un administrateur spécial est désigné. Il agit dans l’intérêt public ;
  • tutelle : la société d’assurance-dépôts de Malaisie (« Malaysia Deposit Insurance Corporation ») prend le contrôle d’une institution financière non viable ou fait l’acquisition et prend le contrôle de prêts non productifs qui font obstacle entre l’institution financière, les emprunteurs et les fournisseurs de garantie.
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