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Malawi

Malawi

Population 19,2 millions
PIB par habitant 326 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

Principaux indicateurs économiques 2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,3 4,0 3,3 4,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 21,7 12,2 9,2 8,4
Solde public / PIB (%) * -7,3 -7,3 -3,9 -2,4
Solde courant / PIB (%) -13,6 -9,5 -9,3 -8,1
Dette publique / PIB (%) 60,3 59,2 57,8 57,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dernière année fiscale du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (uranium, thé, café, tabac)
  • Secteur des services en pleine expansion
  • Retour du soutien des bailleurs de fonds (suspendu pour cause de corruption)
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community) et de la COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa)

POINTS FAIBLES

  • Économie dominée par l’agriculture, vulnérable aux conditions climatiques
  • Insécurité alimentaire et enclavement géographique
  • Défaillances des infrastructures (eau, énergie, transport, éducation, santé)
  • Accroissement de la pauvreté extrême
  • Tensions diplomatiques avec la Tanzanie et le Mozambique

Appréciation du risque

Une croissance drainée par l’agriculture

La croissance devrait continuer de progresser en 2019, portée par l’agriculture, secteur moteur de l’activité malawienne (30 % du PIB). La production de maïs s’est contractée de 28 % en 2018 en raison de la sécheresse, et les exploitations de tabac demeurent contraintes par des quotas de production imposés en 2017, afin de soutenir les prix. Pour autant, l’expansion des cultures de soja, de sucre et de thé, maintiendrait la bonne contribution du secteur à l’activité générale, qui demeure, donc, tributaire des conditions climatiques. Avec près de 76 % des emplois dans le secteur, la consommation des ménages, dopée par des revenus plus élevés, devrait bénéficier du dynamisme de l’agriculture. Les autres secteurs d’activité, lourdement pénalisés par les pénuries et pannes d’électricité récurrentes, pourraient légèrement progresser avec les efforts fournis par le gouvernement afin d’améliorer la fourniture d’énergie électrique (la production ne sera plus uniquement assurée par des installations hydroélectriques peu efficaces, mais aussi par des générateurs à moteur diesel). Le secteur de l’énergie pourrait attirer des investissements étrangers : le gouvernement compte lancer un appel d’offres pour la construction de lignes électriques reliant le Malawi et le Mozambique, et des négociations avec la China Energy Engineering Corporation (CEEC), pour la construction d’une nouvelle centrale thermique à charbon, sont en cours. L’investissement privé dans les autres secteurs pourrait, toutefois, être contraint par la période d’incertitudes liées aux élections générales de 2019. Les investissements publics, en revanche, progresseront, conformément au troisième plan stratégique pour la croissance et le développement (2018/23), qui comprend, entre autres, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et le développement de systèmes d’irrigation pour stimuler l’agriculture. Bien que le gouvernement compte sur un retour des aides des bailleurs internationaux, le coût élevé du projet (12 milliards USD, soit six fois le budget de l’État), étendrait sa mise en œuvre au-delà de l’horizon prévu.

L’inflation pourrait ralentir suite à la prudence de la politique monétaire couplée à la stabilité du taux de change, et des prix des biens alimentaires.

 

Une consolidation fiscale requise par le nouveau partenariat avec le FMI

Le déficit public devrait encore diminuer en raison du renforcement de la consolidation budgétaire, contrepartie de la nouvelle facilité de crédit de 112,3 millions USD accordée par le FMI en avril 2018. Les pouvoirs publics se sont engagés à mener une politique budgétaire plus restrictive, comprenant une meilleure allocation des dépenses, une amélioration du fonctionnement des administrations, des réformes fiscales et une meilleure gestion des entreprises d’État. Compte tenu de la dépendance du pays au financement extérieur (la part externe de la dette s’élève à 34 %), cet accord offre de nouvelles perspectives pour l’économie malawienne, en rétablissant quelque peu la confiance des donateurs et bailleurs internationaux envers le gouvernement, mise à mal par la forte corruption. La dette devrait s’alléger avec l’abandon du recours aux prêts non concessionnels, auxquels les autorités ont recouru pendant la suppression de l’aide (2013/16). Les dons représentaient 3,5 % du PIB en 2017.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant diminuerait à nouveau à la suite d’une réduction du déficit commercial. Les exportations, composées de produits agricoles, augmenteraient en même temps que la production, alors que les importations de biens alimentaires déclineraient. La balance des transferts des expatriés (6 % du PIB en 2017) resterait stable et continuera à être la principale contribution positive au compte courant. Les dons, les prêts concessionnels, et les IDE consacrés aux infrastructures (2 % du PIB en 2017), financeront son déficit. La résorption progressive de ce dernier devrait alléger la pression sur les réserves de change, qui restent faibles (trois mois d’importation en 2017) et pourraient diminuer afin de maintenir l’ancrage souple de la monnaie nationale sur un panier de devises.

 

Une période pré-électorale toujours marquée par la corruption

Les prochaines élections générales sont planifiées pour mai 2019, où le président Peter Mutharika sera candidat à sa propre succession. Toutefois, alors que le sentiment de défiance à l’égard des institutions reste fort, les affaires de corruption continuent d’émerger : en février 2017, un scandale a obligé P. Mutharika à se séparer de son ministre de l’Agriculture, George Chaponda, et dernièrement, un cas de corruption a mis en cause le président Mutharika et son parti, le DPP, pour avoir reçu un paiement illégal d’un riche entrepreneur à hauteur de 195 000 USD. Ceci a été suivi par la démission du vice-président du parti, Saulos Chilima, qui a depuis créé son propre parti, l’UTM, pour s’opposer à l’actuel président lors des élections. Ce nouveau scandale érode le capital politique du président auprès d’une population qui s’agace de la faiblesse récurrente de la gouvernance, des scandales de corruption à répétition, de la pauvreté endémique et de services publics déficients.

Au cœur des tensions avec la Tanzanie depuis plus de 50 ans, le découpage du lac Nyasa/Malawi reste une question sensible depuis 2011, lorsque le Malawi a décerné des licences d’exploration gazière et pétrolière. Par ailleurs, la pêche illégale dans le lac Chiuta par des groupes armés mozambicains empoisonne les relations avec le Mozambique.

 

Dernière mise à jour : Février  2019

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