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Malawi

Malawi

Population 19,7 millions
PIB par habitant 350 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,0 3,3 3,8 3,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 11,3 9,2 9,3 8,6
Solde public * / PIB (%) -4,8 -7,8 -6,4 -5,2
Solde courant / PIB (%) -11,3 -10,9 -10,0 -9,3
Dette publique / PIB (%) 57,7 59,6 63,0 62,3

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dernière année fiscale du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (uranium, thé, café, tabac)
  • Secteur des services en pleine expansion
  • Retour du soutien des bailleurs de fonds (suspendu pour cause de corruption)
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community) et de la COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa)

POINTS FAIBLES

  • Économie dominée par l’agriculture, vulnérable aux aléas climatiques ; pays très affecté par le changement climatique
  • Insécurité alimentaire et enclavement géographique
  • Accroissement de la pauvreté extrême (70 % de la population en 2019)
  • Déficit infrastructurel (eau, énergie, transport, éducation, santé) et environnement des affaires défaillant
  • Corruption généralisée (120/180 d’après l’indice de perception de la corruption de Transparency International)
  • Tensions diplomatiques avec la Tanzanie et le Mozambique

Appréciation du risque

L’agriculture, moteur de la croissance

L’économie devrait continuer son expansion en 2020, portée par l’agriculture, secteur moteur de l’activité malawite (30 % du PIB). La production de maïs a augmenté en 2019 grâce à une météo favorable. Celle de tabac demeure contrainte par les quotas de production institués en 2017, afin de soutenir les prix, ainsi que par une demande mondiale en baisse. Le développement des cultures de soja, de sucre et de thé maintiendra la contribution positive du secteur à l’activité générale, qui demeure, donc, tributaire des conditions météorologiques. L’agriculture bénéficie aussi de la majorité de l’aide internationale, qui vise, notamment, à accroître l’utilisation d’engrais et de variétés à hauts rendements. Le secteur employant près de 70 % de la population, la consommation des ménages serait dopée par la hausse des revenus. Les autres secteurs sont fortement pénalisés par les pénuries et les pannes d’électricité récurrentes, mais devraient progresser sous l’effet d’investissements, surtout étrangers, pour améliorer la fourniture d’énergie. Ainsi, le projet d’interconnexion régionale Mozambique-Malawi, financé par la Banque Mondiale, inclut la construction d’une ligne électrique haute tension entre les deux pays qui devra approvisionner, de manière fiable, les entreprises et ménages malawites. Il s’agit d’une question cruciale, alors que seulement 10 % de la population a accès à l’électricité. En outre, des investissements nombreux dans l’agro-industrie, couplés à la croissance de la production agricole, développeront cette activité. La Banque européenne d’investissement a, notamment, ouvert un programme de crédit au secteur privé de 100 millions EUR pour des projets dans l’agro-business. Enfin, la construction serait soutenue par le rétablissement des infrastructures détruites par le cyclone Idai en mars 2019. En revanche, si elle devait durer, l’impasse politique qui a émergé suite aux élections pèsera sur la croissance.

L’inflation pourrait se modérer grâce à la prudence de la politique monétaire et à la stabilité du taux de change. Elle demeure tirée par la hausse des prix des biens alimentaires.

 

Consolidation des comptes publics et extérieurs

Le déficit public devrait encore décroître en raison du durcissement de la consolidation budgétaire, contrepartie de la Facilité élargie de crédit de 145,3 millions USD sur trois ans accordée par le FMI en avril 2018. Les pouvoirs publics se sont engagés à mener une politique plus restrictive, comprenant une meilleure allocation des dépenses, une amélioration du fonctionnement des administrations, des réformes fiscales et une meilleure gestion des entreprises d’État. Ces mesures contribueraient à accroître la confiance des donateurs et bailleurs de fonds internationaux, mise à mal par la forte corruption, offrant des perspectives de dons et prêts concessionnels. Les dons représentent environ 7 % des recettes. L’amélioration de la confiance serait aussi cruciale pour un financement viable du déficit public. La suspension de l’aide (2013/2016) avait poussé le gouvernement à avoir recours à des prêts non concessionnels, menant à l’augmentation de la dette publique (domestique). Celle-ci devrait donc s’alléger avec l’arrêt de ce mode de financement.

Le déficit commercial se réduirait grâce à une augmentation des exportations de produits agricoles (thé, soja et sucre) avec la hausse de la production. Les importations s’allégeraient grâce au repli du cours pétrolier. Elles seraient, néanmoins, entretenues par les besoins en biens d’équipement induits par les projets de développement et la reconstruction suite au cyclone. Les transferts de travailleurs expatriés (6 % du PIB) resteront la principale contribution positive à la balance courante. Le déficit courant est financé par des dons-projets, de l’emprunt concessionnel et des IDE (infrastructures, services et industrie). Sa résorption progressive permettra d’alléger la pression sur les réserves de change, qui représentent trois mois d’importations en 2018.

 

Réélection controversée du président Peter Mutharika

Les élections générales de mai 2019, dont la proclamation des résultats a été retardée par une décision de justice pour cause d’irrégularités dans le scrutin, ont conduit à la réélection du président Mutharika. Son parti, le DPP, a obtenu 62 sièges sur 193 au Parlement. L’opposition conteste, toutefois, ce résultat et réclame l’annulation de la présidentielle. Les soupçons de fraudes sont d’autant plus vifs que la crédibilité du président sortant a déjà été entachée par diverses affaires de corruption lors de son précédent mandat : en février 2017, un scandale avait obligé P. Mutharika à se séparer de son ministre de l’Agriculture, et lors de la campagne pour les élections de 2019, le DPP a été accusé d’avoir reçu un paiement illégal d’un riche entrepreneur à hauteur de 200 000 USD. Le climat post-électoral demeure, donc, tendu, marqué par des manifestations de la société civile et un mécontentement de la population qui s’agace de la faiblesse récurrente de la gouvernance, des scandales de corruption à répétition, de la pauvreté endémique et de services publics déficients.

Concernant les relations extérieures, le découpage du lac Nyasa/Malawi, au cœur des tensions avec la Tanzanie depuis plus de 50 ans, reste une question sensible depuis 2011, lorsque le Malawi a décerné des licences d’exploration gazière et pétrolière. Par ailleurs, la pêche illégale dans le lac Chiuta par des groupes armés mozambicains empoisonne les relations avec le Mozambique.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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