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Maurice

Maurice

Population 1,3 millions
PIB par habitant 8 619 $US
B
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 3,0 -14,9 3,5 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,5 2,5 3,2 2,0
Solde public / PIB (%)* -3,2 -13,6 -5,6 -5,0
Solde courant / PIB (%) -5,4 -12,6 -18,6 -8,9
Dette publique / PIB (%)* 65,0 83,4 95,0 91,4

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2022 allant du 1er juillet 2021 au 30 juin 2022

POINTS FORTS

  • Secteur touristique solide (en dehors de la période de pandémie)
  • Accords de libre-échange avec la Chine et l'Inde
  • Bilinguisme (anglais et français)
  • Système bancaire solide
  • Secteur financier offshore en développement
  • Institutions démocratiques et gouvernance efficaces

POINTS FAIBLES

  • Dépendance commerciale et économique vis-à-vis de l'Europe et de l'Asie (tourisme, construction)
  • Dépendance à l'égard des importations de produits alimentaires et d'énergie
  • Situation insulaire et petit marché intérieur
  • Infrastructures médiocres, en particulier sur l'île Rodrigues
  • Manque de travailleurs qualifiés
  • Baisse de la compétitivité des exportations

Appréciation du risque

Une reprise graduelle 

L'économie mauricienne a connu une faible reprise en 2021, en raison d'un secteur touristique encore faible (plus de 20 % du PIB et de l'emploi). L'île affiche un taux de vaccination élevé (plus de 70% de la population), même si l'incertitude sur l'évolution de la pandémie reste le principal risque pour les perspectives économiques de Maurice. Les restrictions de mobilité ont été renouvelées fin novembre 2021 avec l'émergence du variant Omicron. Les arrivées de touristes au cours du premier semestre (S1) 2021 ont représenté moins de 2 % des niveaux de 2019. Une reprise plus forte pour Maurice en 2022 dépend donc d'un assouplissement mondial plus large des restrictions de voyage. Les secteurs de la finance et de l'assurance (10 % du PIB) et des TIC (4 % du PIB), les deux seuls secteurs avec une croissance positive en 2020, ont compensé en partie la perte des recettes touristiques et enregistré des taux de croissance plus élevés au S1 2021, respectivement 2,5 % et 7 %. Parallèlement, la décision du Groupe d'action financière (GAFI) de retirer Maurice de la liste « grise » est également un coup de pouce bienvenu pour le secteur financier de l'île et le renforcement des mesures de LAB/CFT. Nous pensons que la reprise des industries manufacturières orientées vers l'exportation (11 % du PIB) et des secteurs de l'agriculture et de la pêche (3 % du PIB) se poursuivra en 2022.

 

Le secteur du bâtiment et de la construction (4 % du PIB et 9 % de la population active) a enregistré une croissance solide au S1 2021, soutenue par les projets d'infrastructures publiques. La forte expansion de ce secteur devrait se poursuivre en 2022. Dans le budget 2021-2022, le gouvernement a alloué 65 milliards MUR (13 % du PIB) aux travaux publics sur les trois prochaines années. Les fonds (2 milliards MUR) destinés à soutenir les achats de terrains et de logements résidentiels, ainsi que l'exonération des droits d'enregistrement, stimuleront également le secteur de la construction. Les entrées d'IDE ont continué à chuter au S1 2021, après une baisse de 36 % en 2020, bien que le secteur de l'hébergement et de la restauration ait bénéficié de fonds importants dans l'attente d'une reprise du tourisme. Les IDE devraient se redresser en 2022, car Maurice reste un pays attractif, grâce à des années de collaboration réussie entre le secteur public et le secteur privé, et au fait que le pays a été retiré de la liste du GAFI qui pénalise les pays ayant des mesures inadéquates pour lutter contre le blanchiment d'argent.

 

Malgré les mesures d’incitation fiscale du gouvernement, notamment les subventions salariales, le chômage est resté élevé et a augmenté tout au long du S1 2021, pour atteindre 10,5 %. En conséquence, la reprise des dépenses des ménages (75 % du PIB) a été relativement modérée au S1 2021, beaucoup d'entre eux étant également confrontés à une hausse de l'inflation, notamment pour les produits alimentaires et les transports. Toutefois, une relance du secteur touristique en 2022 devrait améliorer la consommation des ménages.

 

Les déficits jumeaux restent importants

Après une forte augmentation au cours de l'exercice 2019-20, le déficit budgétaire s'est réduit au cours de l'exercice 2020-21 en raison de la hausse de la collecte des recettes. L'exercice 2021-22 devrait enregistrer une nouvelle réduction du déficit budgétaire, car d'autres mesures fiscales sont progressivement supprimées dans le cadre de la reprise économique. Pour financer le déficit, le gouvernement s'est endetté davantage, bien que presque exclusivement en monnaie locale, et la dette publique a considérablement augmenté (près de 100 milliards MUR) entre juin 2019 et juin 2021. La part des emprunts extérieurs a également augmenté, passant de 17 % à 25 % de la dette publique totale, mais devrait diminuer à partir de 2023. Le profil de sa dette ne devrait pas changer de manière significative, car les autorités continuent de privilégier les sources de financement intérieures, avec un important versement ponctuel de 60 milliards MUR (14 % du PIB) de la banque centrale au cours de l'exercice 2020-21.

 

Le déficit de la balance courante a bondi à 13,3 % du PIB en 2020 et devrait encore se creuser en 2021, principalement en raison de l'aggravation du déficit de la balance commerciale. En effet, les recettes touristiques très réduites ont contribué au déficit de la balance des services, tandis que le déficit de la balance des biens s'est creusé à cause de la reprise plus rapide des importations. Le déficit de la balance courante, généralement financé par les investissements directs étrangers des Global Business Companies (GBC), devrait se réduire en 2022, car la hausse des revenus primaires, due en partie à la récupération des recettes des nombreuses sociétés offshore domiciliées sur l'île, ainsi que l’ amélioration de la balance commerciale des services pourraient être encore plus favorables à la réduction du déficit.

 

Stabilité politique

Le Mouvement socialiste militant (MSM), un parti de centre-gauche dirigé par le Premier ministre Pravind Jugnauth, est le parti dominant de la sphère politique de Maurice. Avec ses partenaires de la coalition, l'Alliance mauricienne a conservé une forte majorité (60 %) à l'Assemblée nationale à l'issue des scrutins parlementaires de 2019, les prochaines élections générales étant prévues en 2024.  Sur le plan extérieur, Maurice continuera à entretenir des liens solides avec les pays européens, la Chine et l'Inde, ses principaux partenaires économiques. Maurice et l'Inde ont signé un accord de partenariat global de coopération économique (CECPA) élargi en février 2021, qui est entré en vigueur en avril 2021. Des négociations pour un accord commercial préférentiel avec l'Indonésie sont en cours. Enfin, malgré la décision de la cour des Nations unies selon laquelle le Royaume-Uni n'a aucune souveraineté sur les îles Chagos, la restitution à Maurice des îles contestées reste incertaine. 

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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