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Philippines

Philippines

Population 106,6 millions
PIB par habitant 3 104 $US
B
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 6,7 6,2 5,8 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,9 5,2 2,5 3,0
Solde public / PIB (%) -2,2 -2,8 -3,2 -3,5
Solde courant / PIB (%) -0,8 -1,5 -2,5 -2,3
Dette publique / PIB (%) 39,9 38,9 39,3 39,3

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Population nombreuse, jeune (50 % âgée de moins de 25 ans), qualifiée et ayant une bonne maîtrise de l’anglais
  • Origine géographique et sectorielle diversifiée des envois de fonds des travailleurs expatriés (10 % du PIB)
  • Secteur de l’externalisation des processus d’affaires (BPO) en plein développement
  • Réduction de la pauvreté (Programme Pantawid Pamilyang Pilipino)

POINTS FAIBLES

  • Niveau insuffisant des infrastructures / faibles recettes fiscales
  • Lacunes en matière de gouvernance et perception de forte corruption
  • Niveau élevé des inégalités de revenu
  • Terrorisme dans le sud du pays
  • Blanchiment d’argent facilité par un strict secret bancaire et les casinos

Appréciation du risque

Malgré des facteurs défavorables, la croissance reste enviable

La croissance devrait reprendre en 2020. Les dépenses des ménages (70 % du PIB) resteront le principal moteur de la croissance. Les envois de fonds par les travailleurs expatriés (10 % du PIB), principalement des États-Unis et des pays du Golfe, devraient continuer à soutenir la consommation des ménages, qui bénéficieront également de la baisse de leurs coûts d’emprunt. La banque centrale des Philippines, Bangko Sentral ng Pilipinas (BSP), a mis en œuvre une réduction cumulée de 75 points de base des taux d’intérêt en 2019 et a abaissé de 400 points de base le ratio des réserves obligatoires. L’indice des prix à la consommation restera probablement dans la fourchette cible de 2 à 4 % en 2020, ce qui permettra à la BSP de mettre en œuvre des réductions supplémentaires de 50 points de base et de réduire les réserves obligatoires de 200 points de base en 2020. L’objectif de croissance à la hausse de 7,0 % restera néanmoins inatteignable. Les exportations, qui représentent 30 % du PIB, ont ralenti en raison de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, laquelle a détérioré la confiance des investisseurs et continuera d’influer sur l’activité en 2020. Les Philippines sont exposées par les maillons de la chaîne d’approvisionnement et par la demande finale, la Chine étant son plus grand marché d’exportation. Les principales exportations des Philippines comprennent des pièces et composants de machines électroniques et électriques (pour environ 60 %), suivis par des produits agroalimentaires tels que l’huile de coco et les fruits. Les investissements (25 % du PIB) se heurteront à des facteurs défavorables. L’investissement privé sera modéré en raison d’un affaiblissement de la confiance, tandis que les IED – qui ne représentent que 2 % du PIB – resteront également faibles, le sentiment de corruption continuant de préoccuper le pays. La majeure partie de la croissance des investissements sera donc d’origine publique, grâce au projet du président Duterte portant sur les investissements dans les infrastructures publiques, « Build Build Build », qui devrait reprendre de la vitesse après la chute observée en 2019. Cela devrait accroître le potentiel de croissance à moyen et long terme. Les secteurs de l’externalisation des processus d’affaires (BPO) et celui du tourisme devraient continuer à afficher de bons résultats.

 

La politique budgétaire expansionniste touchera à peine les déficits

Le solde budgétaire devrait se détériorer en 2020, car la hausse des recettes ne correspondra pas à celle des dépenses. Les réformes fiscales en cours visant à accroître les recettes par la perception de droits d’accises (carburants, produits automobiles, alcool et tabac), l’élargissement de l’assiette de la TVA et l’application de taux d’imposition plus élevés pour les tranches de revenus supérieures ne suffiront pas à compenser l’augmentation des dépenses induite par les programmes d’infrastructure du président Rodrigo Duterte. En outre, des transferts supplémentaires continueront d’être effectués en faveur des ménages à faible revenu. Malgré ce déséquilibre grandissant, une forte croissance devrait contribuer à stabiliser le ratio de la dette publique rapportée au PIB ; de plus, la quasi-totalité de la dette publique a des échéances à moyen et long terme, tandis que plus des deux tiers de cette dette sont détenus par des créanciers nationaux et libellés en monnaie locale.
Le déficit commercial restera élevé, car la baisse des importations, bien que supérieure à celle des exportations, n’est pourtant pas suffisante pour compenser le déficit structurel, qui est alimenté par la demande intérieure et les pièces importées destinées à l’industrie, notamment l’électronique et l’externalisation des technologies de l’information. Une hausse potentielle des prix de l’énergie pourrait même entraîner une augmentation du déficit, puisque le pétrole brut demeure le principal produit de base importé ; toutefois, ce n’est pas notre scénario de référence pour 2020. Les envois de fonds des expatriés, bien que stagnants, compenseront encore une grande partie de ce montant. Le déficit courant qui en résultera sera financé par les IDE, bien que faiblement, en raison des restrictions, des coûts de production plus élevés que dans les pays voisins et des incertitudes politiques. Les pressions à la dépréciation sur le peso devraient s’atténuer quelque peu tout au long de 2020, car la FED ne devrait pas changer de politique, ce qui entraînera moins de sorties de capitaux. Les réserves de change resteront suffisantes, représentant environ sept mois d’importations.

 

Les promesses présidentielles face à la réalité

Rodrigo Duterte a été élu en mai 2016 pour un mandat de six ans, succédant à Benigno Aquino. Il poursuit un double objectif : la lutte contre les inégalités ainsi que la loi et l’ordre. Comme son prédécesseur, il a l’intention d’introduire un système de santé universel (actuellement à 93 %) et l’éducation gratuite depuis l’école maternelle jusqu’au niveau du diplôme universitaire de base. La lutte contre le trafic de drogue, la piraterie maritime et les groupes terroristes islamistes (groupes Abu Sayyaf et Maute) est l’autre priorité. À cet égard, le pays noue des liens plus étroits avec ses voisins, l’Indonésie et la Malaisie. Les relations avec la Chine se sont considérablement améliorées dans le cadre de son mandat, même si certaines tensions persistent en ce qui concerne les différends territoriaux dans la mer de Chine méridionale. Malgré quelques succès remportés dans la lutte contre les groupes islamistes radicaux, le taux de popularité élevé du président a souffert (avec un taux d’approbation de 75 % à la mi-2019) à la suite d’une enquête réalisée sur les irrégularités présumées dans le système carcéral. La guerre contre la drogue de Duterte a soulevé certaines préoccupations au sein de la communauté internationale. L’an dernier, la situation des Philippines s’est améliorée selon l’indice Ease of Doing Business, mais elle accuse toujours un retard significatif par rapport aux autres pays de la région, comme la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande et même la Mongolie.

 

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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