Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Philippines

Philippines

Population 104,9 millions
PIB par habitant 2 989 $US
A4
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018(e) 2019(p)
Croissance PIB (%) 6,9 6,7 6,5 6,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,3 2,9 4,9 3,9
Solde public / PIB (%) -2,4 -2,2 -2,8 -3,2
Solde courant / PIB (%) -0,4 -0,8 -1,5 -1,5
Dette publique */ PIB (%) 39,0 39,9 39,5 38,9

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Une population nombreuse, jeune (50 % a moins de 25 ans), qualifiée et ayant une bonne maîtrise de l’anglais
  • Origine géographique et sectorielle diversifiée des envois de fonds des travailleurs expatriés (10 % du PIB)
  • Secteur florissant de l’externalisation des processus métier (BPO)

POINTS FAIBLES

  • Faibles taux d’investissement : infrastructures inadéquates et obsolètes
  • Lacunes en matière de gouvernance : bureaucratie et corruption
  • Niveaux élevés d’inégalité des revenus
  • Problème de sécurité dans le Sud avec les groupes musulmans
  • Le secret bancaire strict et les casinos facilitent le blanchiment d’argent

Appréciation du risque

Une croissance qui devrait rester forte

En 2019, l'économie devrait rester dynamique, portée surtout par la demande intérieure. Bien que la confiance des consommateurs continuera d'être affectée négativement par une forte inflation, due à l'affaiblissement du peso et à la hausse des prix de l'énergie (80 % importés ; non subventionnés), les dépenses des ménages (70 % du PIB) devraient rester le principal moteur de la croissance. Les envois de fonds des travailleurs expatriés (10 % du PIB), principalement en provenance des États-Unis et des pays du Golfe, devraient afficher un taux de croissance plus volatile, mais devraient continuer à profiter à la consommation des ménages. De plus, les perspectives économiques seront soutenues par une forte croissance du crédit aux entreprises et aux ménages. Le crédit sera favorisé par des taux d'intérêt réels négatifs ou faibles (taux d'intérêt moins inflation), alors même que la Bangko Sentral ng Pilipinas (BSP) devrait procéder à de nouvelles hausses de taux pour contenirl'inflation.

Les investissements (25 % du PIB) devraient croître modérément en 2019. Ils bénéficieront de projets d'infrastructures publiques, tandis que les IDE – qui ne représentent que 2 % du PIB – devraient rester inférieurs au potentiel. Les entreprises subiront probablement des pressions à l'investissement en raison du taux élevé d'utilisation des capacités de production tandis que les incertitudes persistantes concernant les réformes et l'environnement extérieur les amèneront à rester prudentes. La plus grande partie de la croissance des investissements se fera donc dans le cadre de l'ambitieux projet d'investissement public en infrastructures « Build Build Build ». Ce projet devrait accroître le potentiel de croissance à moyen et long terme. La croissance des exportations ralentira, surtout par rapport à celle des importations, car la demande globale de composants électroniques (50 % des exportations) ralentira en raison de la saturation du marché et de la concurrence. Les secteurs de l'externalisation des processus métiers (BPO) et du tourisme devraient continuer à afficher de bons résultats.

 

Détérioration du déficit budgétaire ; compte courant sous pression

Le solde budgétaire devrait se détériorer en 2019, car l'augmentation des recettes ne suffira pas à compenser la hausse des dépenses. Une vaste réforme fiscale devrait permettre d'augmenter les recettes en prélevant des droits d'accises (carburants, produits automobiles, alcool et tabac), en élargissant l'assiette de la TVA et en appliquant des taux d'imposition plus élevés pour les tranches de revenus supérieures. Cependant, cette réforme ne suffira pas à compenser l'augmentation des dépenses induite par les investissements du président Rodrigo Duterte dans les infrastructures et les programmes sociaux (vaccination des enfants, aide aux familles pauvres, extension de la couverture maladie, éducation primaire universelle). En outre, des transferts supplémentaires continueront d'être effectués en faveur des ménages à faible revenu, qui sont affectés par la réforme fiscale et l'accélération de l'inflation. Malgré le déséquilibre croissant, une forte croissance devrait contribuer à stabiliser le ratio de la dette publique au PIB. La quasi-totalité de la dette publique a une échéance à moyen ou long terme, tandis que plus des deux tiers de cette dette sont détenus par des créanciers nationaux et libellés en monnaie locale.

La balance des paiements devrait enregistrer un déficit moins important qu'en 2018, car les sorties nettes de capitaux – déclenchées par le resserrement monétaire américain et les dépenses ultérieures de la BSP en réserves de change pour défendre le peso – vont s’atténuer. Les pressions à la dépréciation devraient aussi s'atténuer quelque peu tout au long de 2019(-7,3 % en janvier-octobre 2018). Malgré le rythme rapide d'épuisement en 2018, les réserves de change resteront suffisantes, représentant environ sept mois d'importations. Les flux d’IDE sont faibles, en raison de restrictions imposées, de coût de production plus élevés que dans les pays voisins et des incertitudes politiques. Le déficit commercial restera élevé car la croissance des exportations continuera à ne pas compenser celle des importations, qui sont principalement dues à la demande intérieure, à l'importation de pièces destinées à l'industrie (notamment électronique et informatique), à la dépréciation du peso et à la hausse des prix de l'énergie.

 

Les promesses présidentielles se heurtent à la réalité

Rodrigo Duterte a été élu en mai 2016 pour un mandat de six ans, succédant à Benigno Aquino. Son ethos est double : la lutte contre les inégalités et la loi et l'ordre. Comme son prédécesseur, il a l'intention d'introduire l’accès universel aux soins (actuellement 93 %) et une éducation gratuite de la maternelle jusqu'au diplôme universitaire de base. La lutte contre le trafic de drogue, la piraterie maritime et les groupes terroristes islamistes (groupes Abu Sayyaf et Maute) est l'autre priorité. À cet égard, le pays travaille à nouer des liens plus étroits avec ses voisins, l'Indonésie et la Malaisie. Les relations avec la Chine se sont considérablement améliorées au cours de ce mandat, même si certaines tensions persistent en lien avec les différends territoriaux en mer de Chine méridionale. Malgré quelques succès dans la lutte contre les groupes islamistes radicaux, les taux de popularité du président ont chuté (45 % des taux d'approbation à la mi-2018) à la suite d'exécutions extrajudiciaires liées au trafic de drogue, d'allégations de corruption contre des alliés du président, d'inflation croissante qui érode le pouvoir d'achat et de discours blasphématoire.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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