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Sierra Leone

Sierra Leone

Population 8,0 millions
PIB par habitant 527 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 5,3 -2,7 4,0 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 14,8 13,5 10,5 10,0
Solde public / PIB (%) -2,7 -5,8 -4,0 -3,0
Solde courant / PIB (%) -20,0 -16,0 -14,5 -13,5
Dette publique / PIB (%) 70,0 73,7 73,0 72,5

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (diamants, rutile, bauxite, or, minerai de fer, limonite, platine, chromite, coltan, tantalite, columbite et zircon)
  • Production de café, riz, cacao, huile de palme
  • Soutien financier des institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, Banque Africaine de développement)
  • Potentiel touristique
  • Activité portuaire importante amenée à se développer

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux conditions climatiques
  • Forte dépendance aux cours des matières premières
  • Corruption, droits de propriété insuffisamment protégés
  • Difficultés d’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises
  • Infrastructures insuffisantes, défaillance du système de santé
  • Risque de résurgence de l’épidémie de virus Ebola
  • Extrême pauvreté, chômage important

Appréciation du risque

Une reprise portée par les secteurs miniers et agricoles 

Après une contraction de l’économie consécutive à la pandémie de la COVID-19, et à ses répercussions sur le secteur minier du pays (environ 60% des exportations), la croissance poursuivra, en 2022, le rebond amorcé en 2021. Comme en 2021, elle sera notamment impulsée par la reprise des investissements dans les activités extractives (or, diamant, rutile, minerai de fer). La réconciliation des différends avec Kingho et Gerald Group, qui opèrent, respectivement, les mines de fer de Tonkolili et Marampa, améliorera l’image du pays comme destination d’investissement pour les entreprises minières. Les politiques de promotion de l’investissement privé dans l’agriculture devraient aussi favoriser la formation brute de capital fixe. Si les efforts d’assainissement budgétaire limiteront la dépense, sa part publique dans les infrastructures devrait monter en puissance dans le cadre du Plan national de développement (PND). La consommation privée sera également un moteur de la croissance un 2022, grâce au redressement de l’agriculture (61 % du PIB et 2/3 des emplois en 2020), et aux envois de fonds d’expatriés. Néanmoins, celle-ci restera fortement impacté par les cours mondiaux élevés des denrées alimentaires, qui entretiendront une inflation élevée. La demande domestique plus soutenue se traduira par une facture d’importations plus haute, limitant la contribution des échanges extérieurs à la croissance. Elle serait néanmoins positive grâce à la croissance des exportations de minerais. La montée en puissance de la production aux sites de Tonkolili et de Marampa, qui a repris en 2021 après avoir été interrompu en 2019, soutiendra cette évolution. De plus, l’ouverture de la première usine de transformation de cacao du pays en novembre 2021 devrait favoriser les recettes d’exportation générées par l’or brun. Bien qu’elles resteront dépendantes des restrictions de déplacement liées à la COVID-19, celles du tourisme (5,5 % des exportations) progresseraient aussi. Ce secteur et la reprise du commerce bénéficiera au secteur des services (29 % du PIB en 2020). 

 

Les déficits jumeaux s’améliorent, mais restent source de vulnérabilité

Le déficit budgétaire, qui s’était creusé lors de la pandémie, s’est atténué en 2021. Il devrait également se réduire en 2022, grâce à la hausse des revenus miniers et au plan de consolidation budgétaire. Le programme de réformes des pouvoirs publics visant à créer une marge de manœuvre pour financer les priorités du PND pourra encore s’appuyer sur le soutien du FMI dans le cadre d’un programme FEC pour un montant de 172 millions USD, à condition de tenir ses engagements sur la bonne tenue de ses objectifs. Alors qu’il sera dans sa dernière année, le gouvernement devrait adopter des mesures visant à contenir les dépenses courantes, en imposant un gel des recrutements dans le secteur public et une réforme des retraites. Afin d’augmenter la mobilisation des recettes publiques, il entend lutter contre l’évasion fiscale et limiter les exemptions fiscales. En raison du coût de l’endettement domestique (26 % de la dette publique), le recours aux prêts concessionnels sera privilégié pour financer le déficit. Représentant déjà 30 % de la dette publique, ils tempèrent le risque élevé de surendettement associé au niveau de celle-ci.

 
S’il se réduira en 2022, le déficit du compte courant restera très important. La dépendance du pays aux importations, particulièrement de denrées alimentaires (80 % de la consommation serait importée), continuera d’alimenter un large déficit commercial. Ce dernier continuerait de se rétrécir grâce à la reprise des exportations (+33 % en 2021), principalement de produits miniers. Les déficits du compte des services (4,9 % du PIB en 2020), et des revenus (2 % du PIB), tous deux liés à la présence des investisseurs étrangers, pèseront également. Le déficit courant sera principalement financé par les IDE, principalement dans les secteurs miniers et agricoles, et l’aide d’organisations internationales. Le pays maintien des réserves de change équivalentes à 6 mois d’importations, grâce à l’allocation des droits de tirage spéciaux versées par le FMI en 2021. Leur niveau et les recettes d’exportation supplémentaires permettraient de ralentir la dépréciation du leone. Suite à une annonce de la banque centrale en 2021, il devrait faire l’objet d’une redénomination cette année : la valeur faciale des billets du « nouveau leone » sera divisée par 1 000 par rapport à ceux en circulation jusqu’alors.

 

Les élections 2023 se profilent dans un climat politique et social fragile

Julius Maada Bio, issu du parti populaire sierra-léonais (SLPP), a été élu président lors des élections de mars 2018. Si le principal parti d’opposition, All People's Congress (APC), avait remporté le plus grand nombre de sièges lors des élections législatives tenues le même jour, il a perdu le bénéfice de sa majorité, suite à la destitution de dix députés de l'APC par la Haute Cour en 2019, remplacés par des membres du SLPP. Si ce dernier ne dispose pas pour autant de la majorité absolue, le gouvernement peut s’appuyer sur le soutien des 14 députés indépendants pour mettre en place ses réformes, dont la mise en œuvre du PND. L’accent est également porté sur la lutte contre la corruption. Par ailleurs, la résolution des différends entourant les mines de Tonkolili et de Marampa pourrait envoyer un signal positif sur l’environnement des affaires. Toutefois, à l’approche des élections présidentielles et législatives de 2023, les tensions entre les partisans du SLPP et de l’APC pourraient devenir de plus en plus vives. Des réclamations pour fraude à l’occasion d’élections dans le district de Koinadugu en octobre 2021 témoignent de certaines crispations. En outre, dans l’un des pays comptant parmi les plus pauvres du monde, les défis socioéconomiques persistants, amplifiés par la pandémie, entretiennent le mécontentement social. 

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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