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Sierra Leone

Sierra Leone

Population 7,8 millions
PIB par habitant 539 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,6 5,3 -3,0 2,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 16,0 14,8 15,7 15,5
Solde public / PIB (%) -5,8 -2,7 -4,9 -4,4
Solde courant / PIB (%) -18,6 -13,5 -12,1 -13,2
Dette publique / PIB (%) 69,1 70,0 77,4 78,5

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (fer, diamant, rutile, or)
  • Production de café, riz, cacao
  • Soutien financier du FMI
  • Potentiel touristique
  • Activité portuaire importante amenée à se développer

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux conditions climatiques
  • Forte dépendance aux cours des matières premières
  • Corruption, droits de propriété insuffisamment protégés
  • Difficultés d’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises
  • Infrastructures insuffisantes, défaillance du système de santé
  • Risque de résurgence de l’épidémie de virus Ebola
  • Extrême pauvreté, chômage important

Appréciation du risque

Une reprise portée par le secteur minier

En 2020, l’économie s’est contractée en raison de la crise du COVID-19. Afin de limiter la propagation du virus, le gouvernement a annoncé un état d’urgence pour 12 mois en mars 2020. Ainsi, les contrôles aux frontières ont été renforcés, certains déplacements ont été limités, la distanciation sociale a été encouragée, enfin, un confinement partiel, puis total, a été imposé en avril. Ces mesures ont été allégées progressivement depuis juin 2020 et ont été accompagnées par un plan de lutte contre la pandémie (The Health Response Plan soutenu par la Banque Mondiale à hauteur de USD 7,5 millions par exemple), ainsi qu’une politique monétaire accommodante de la banque centrale (réduction du taux directeur de 16,5 % à 15 % en mars 2020, par exemple).

L’activité des industries extractives (62 % des exportations) a été impactée par la faible demande mondiale, mais également par la faiblesse de la production de minerai de fer, le gouvernement ayant révoqué les licences des sociétés internationales exploitant les projets miniers de Tonkolili et de Marampa fin 2019. Le secteur agricole (60% du PIB et 75% de la population active) a connu une légère contraction en accord avec la baisse de la demande mondiale de cacao et de café. Les services, particulièrement le transport, ont été les plus touchés par la crise notamment à cause des restrictions de mouvements internationaux et domestiques.

En 2021, la reprise devrait venir d’une forte expansion du secteur minier et notamment sur les segments du diamant et du rutile à mesure que la production s’intensifie, notamment au sein de la mine de diamant de Tongo. Le secteur agricole, lui, bénéficiera de la hausse des cours en 2021 et de celle des investissements en phase avec le Plan National de Développement (PND). La hausse des prix alimentaires, non compensée par la baisse du prix du pétrole, ainsi que la dépréciation du taux de change entretiennent une forte inflation, qui pèsesur la consommation des ménages (90% du PIB en 2019).

 

L’assainissement des finances publiques est à l’arrêt

Avant la crise du COVID-19, les efforts du gouvernement pour la consolidation budgétaire dans le cadre de la Facilité élargie de crédit de 172 millions USD (4,5 % du PIB) conclu avec le FMI (sur 2018/2022) avait permis une amélioration des comptes publics, grâce à une hausse des recettes et une rationalisation des dépenses publiques. La crise du covid-19 a provoqué une hausse des dépenses publiques (26% du PIB en 2020 contre 20% en 2019) et une baisse des recettes publiques (15,3% du PIB en 2020 contre 17,7% en 2019). En 2021, le gouvernement devrait se concentrer sur la mobilisation des recettes pour limiter les conséquences de la hausse des dépenses publiques. En juin 2020, le FMI a versé USD 143 millions dans le cadre de sa Facilité rapide de crédit pour soutenir la réponse de la Sierra Leone au virus. Malgré les efforts pour minorer la hausse de la dette depuis plusieurs années, déjà conséquente, elle s’est considérablement alourdie avec la crise, 70% étaient détenus par des non-résidents (principalement des partenaires multilatéraux) en 2020.

En 2021, le déficit commercial (14,5 % du PIB en 2020) devrait se réduire à mesure que la production de minerai de fer reprend en début d’année à la suite de la résolution du conflit, accompagnée d’une hausse de celle de diamant et des exportations de bauxite et rutile. Le pays demeure néanmoins dépendant des importations d’énergie, de biens d’équipement et de produits alimentaires, le système agricole étant essentiellement tourné vers l’exportation. Le déficit des services (4,9 % du PIB en 2020), ainsi que celui des revenus (2 % du PIB), liés à la présence des investisseurs étrangers, pèseront également. Les IDE qui ont diminué en 2020 (-53% par rapport à 2019) devrait augmenter en 2021. Face à cela et à la hausse de la facture des importations alimentaires et médicales, le pays a fait appel à l’aide d’organisations internationales, ce qui lui a permis de conserver ses réserves de change équivalentes à 3 mois d’importations.

 

Une majorité au Parlement pour le pouvoir

Le Parti populaire sierra-léonais (SLPP) dont le président Julius Maada Bio est issu domine le paysage politique. Le All People's Congress (APC), le principal parti d'opposition, avait remporté le plus grand nombre de sièges lors des élections législatives de mars 2018. Cependant, suite à l'expulsion de dix députés de l'APC par une ordonnance de la Haute Cour en mai 2019, et à leur remplacement par des membres du SLPP, le SLPP est désormais le parti avec le plus grand nombre de sièges. Le gouvernement poursuivra donc l’exécution du PND (2019-2023) du pays, qui donne la priorité à la stabilité macroéconomique, au développement des infrastructures et au maintien des principaux programmes sociaux, notamment le programme phare d’éducation gratuite, et aussi la santé et la protection sociale. Le gouvernement intensifie également sa lutte contre la corruption, engagée en début de mandat. Un rapport du ministère des finances a dévoilé plusieurs faits de détournements de fonds public d’un montant de USD 1,036 milliard, réalisés sous l’administration de l’ex-président Ernest Bai Koroma. Une commission d’enquête a été créée en octobre 2018 et a commencé les auditions en février 2019. Plusieurs responsables de l’administration Koroma ont déjà été arrêté. La résolution du conflit avec SL Mining sur le site Marampa, prévue début 2021, pourrait permettre d’améliorer l’environnement des affaires, qui s’était détérioré à la suite du retrait des licences. 

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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