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Soudan

Soudan

Population 44,3 millions
PIB par habitant 776 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) -2,2 -3,6 0,7 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 51,0 163,0 350,0 100,0
Solde public / PIB (%) -10,8 -6,0 -2,0 -3,0
Solde courant / PIB (%) -15,6 -17,5 -11,0 -9,0
Dette publique / PIB (%) 200,3 272,9 242,0 170,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources agricoles (terres arables étendues) et minières (or et pétrole) inexploitées
  • Position stratégique entre le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest
  • Levée progressive, depuis 2017, des sanctions imposées par les États-Unis en 1997 achevée avec la suppression de la liste américaine des États soutenant le terrorisme (décembre 2020), rendant de nouveau possible l’accès aux financements multilatéraux
  • Soutien financier international
  • Mise en œuvre concluante d’un programme de réformes économiques en partenariat avec le FMI entre juin 2020 et septembre 2021
  • Accession à l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) du FMI en juin 2021
  • Amélioration des relations diplomatiques avec le Soudan du Sud (cessez-le-feu signé en 2018) ; reprise des relations avec Israël

POINTS FAIBLES

  • Processus de transition démocratique et stabilisation économique grandement fragilisés par le coup d’état d’octobre 2021
  • Dépendance à l’agriculture (arachide, sésame, bétail, coton), au pétrole, à l’or et à l’aide internationale
  • Persistance de l’insécurité personnelle et alimentaire
  • Niveau élevé du chômage (notamment des jeunes) et de la pauvreté
  • Nombreux groupes rebelles dans plusieurs provinces, persistance des conflits intercommunautaires au Darfour
  • Lacunes importantes en termes d’environnement des affaires et de gouvernance ; corruption endémique (174e sur 198 du Corruption Perception Index 2020 de Transparency International)
  • Manque d’investissements dans les infrastructures
  • Dette extérieure (dont une part importante en arriérés) non viable, malgré sa réduction de moitié de 60 à 28 milliards USD dans le cadre de l’Initiative PPTE
  • Extrême faiblesse des réserves de change
  • Mauvaise santé du système bancaire et faible indépendance de la banque centrale

Appréciation du risque

Transition démocratique fragilisée

Le 25 octobre 2021, le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, a dissous le gouvernement intérimaire et le Conseil souverain de transition, placé en résidence surveillée le premier ministre Abdallah Hamdok, déclaré l’état d’urgence, et suspendu la charte constitutionnelle organisant le partage du pouvoir entre civils et militaires jusqu’aux élections prévues début 2024 mise en place suite à l’éviction du dictateur Omar el-Béchir en avril 2019. Après près d’un mois de manifestations populaires, le 21 novembre, il a réinstallé le Premier ministre Hamdok après qu’un nouvel accord sur la transition ait été conclu, lui confiant la mission de former un gouvernement de technocrates, avant des élections en juillet 2023. En dépit de ce retour, les manifestations n’ont pas cessé, reprochant à Hamdok d’avoir pactisé avec l’armée, voyant dans son retour et un futur gouvernement civil un habillage destiné à satisfaire la communauté internationale tout en conservant le contrôle. A l’inverse, la communauté internationale, Etats-Unis et organismes multilatéraux en tête, a marqué son approbation, mais en conditionnant la reprise de son indispensable aide financière à la constitution d’un gouvernement de civils, la libération des personnes détenues depuis le 25 octobre, la levée de l’état d’urgence, et la fin des violences contre les manifestants pacifiques. La viabilité de la transition est douteuse, d’autant plus que, face à l’opposition populaire et à la division entre forces civiles, dans un contexte économique difficile, le Premier ministre a démissionné le 2 janvier 2022. La constitution d’un gouvernement acceptable par toutes les parties sera ardue, car les Forces de la liberté et du changement, et les comités de résistance populaire, fers de lance de la révolution de 2019, exigent le retrait des militaires de la vie politique. Or, les chefs militaires peuvent craindre de perdre leurs intérêts économiques et d’être poursuivis pour leurs actions contre la population.

 

Stabilisation économique sous conditions

La stabilisation de l’économie est intimement liée à l’assistance financière des partenaires étrangers (Etats-Unis, FMI, Banque mondiale, France, Etats-Unis, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Egypte), elle-même fonction de leur acceptation des nouveaux arrangements institutionnels. Quand bien même ces conditions seraient réunies, la consommation des ménages (70% du PIB) restera contrainte par le chômage très élevé, la violence et l’insécurité. Les ménages resteront confrontés à l’hyperinflation, entretenue par la monétisation du déficit, mais surtout les ruptures d’approvisionnement en produits alimentaires et carburant dues aux manifestations qui touchent aussi les villes portuaires sur la mer Rouge, ainsi qu’à la faible productivité agricole. L’investissement privé restera limité dans les villes. Par contre, les investisseurs étrangers devraient poursuivre le développement des champs pétroliers, tandis qu’un fonds abondé par l’Arabie saoudite et les Emirats continuera son action de développement dans le transport et l’agriculture, suppléant un Etat défaillant. Les exportations de pétrole, d’or et de produits agricoles (80% du total à eux trois) profiteront d’une demande et de cours élevés, même ralenties par les violences dans la province de la mer Rouge et pénalisées par la contrebande et faible productivité dans le secteur aurifère. Malgré une hausse des importations liée à une meilleure orientation de la demande intérieure, la contribution des exportations nettes à la croissance devrait être positive. Par ailleurs, le développement de la crise sanitaire, dans un pays faiblement vacciné, comme les conditions climatiques, primordiales pour une population dépendant de l’agriculture (80% de l’emploi et 30% du PIB) resteront des paramètres majeurs.

 

Une aide étrangère indispensable au bouclage des comptes

En hausse, les recettes budgétaires ne représenteraient, toutefois, que 9% du PIB en 2022. Elles profiteront de de la bonne tenue des droits de transit sur le pétrole sud-soudanais, ainsi que de la vente de licences d’exploitation minière. L’aide budgétaire extérieure (notamment américaine, française, britannique et multilatérale), suspendue suite au coup d’Etat, pourrait reprendre au début de 2022. Déjà sollicitée pour le secteur de la santé et le versement d’allocations ciblées aux ménages pour compenser la fin progressive des subventions sur le carburant, elle sera d’autant plus indispensable dans la perspective des élections en 2023. La Banque mondiale a prévu de consacrer 2 milliards USD à des allocations familiales (programme Thamarat). Le déficit pourrait être moins financé par l’émission de monnaie par la banque centrale et plus par l’aide. Suite à l’accession à l’initiative PPTE du FMI, la dette extérieure (80% de la dette totale), essentiellement auprès de créanciers bilatéraux et multilatéraux, composée à 90% d’arriérés, devrait être réduite de moitié, le solde étant progressivement annulé d’ici 2024. La signature d’une Facilité élargie de crédit avec le FMI devrait s’accompagner de financements étrangers supplémentaires. Tout ceci étant soumis au réengagement des partenaires.

 
Le déficit courant continuerait de se réduire. Le déficit commercial, massif du fait des importations de biens de consommation, diminuera avec la progression des exportations. Les droits de transit payés par le Sud-Soudan augmenteront, tout comme les remises des expatriés, confortés par le faible écart entre taux de change officiel et parallèle suite au flottement contrôlé de la livre depuis février 2021. En revanche, les rapatriements de bénéfices par les exploitants étrangers du pétrole et de l’or augmenteront. L’incertitude plane sur la reprise de l’aide internationale, indispensable, les IDE restant trop rares pour financer le déficit.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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