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Suriname

Suriname

Population 0,6 millions
PIB par habitant 5 798 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 1,8 2,6 2,3 2,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 22,0 6,9 5,5 5,8
Solde public / PIB (%) -8,8 -7,1 -8,6 -8,9
Solde courant / PIB (%) 1,9 -3,4 -6,1 -5,9
Dette publique / PIB (%) 74,6 72,1 72,3 74,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources minérales et potentiel agricole (riz, bois)
  • Soutien des bailleurs internationaux et des investisseurs étrangers

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée : dépendance au pétrole, à l’or et à l’aluminium
  • Poids de l’économie informelle (30 % du PIB) avec les casinos, l’orpaillage et la contrebande
  • Difficultés dans la gestion des entreprises publiques
  • Insuffisance des infrastructures de transports (routes, ports)
  • Climat des affaires difficile, justice peu efficace
  • Secteur bancaire vulnérable : part élevée de prêts douteux et faible profitabilité

Appréciation du risque

Une croissance toujours soutenue par les industries extractives et l’investissement

La croissance restera modérée en 2020. Elle est essentiellement tirée par les investissements publics, majoritairement tournés vers les infrastructures et la santé. La rénovation ou la réparation de routes et de ponts, l’électrification et la gestion de l’eau à Paramaribo et dans les districts, ainsi que la construction de logements traduisent cette politique. Le secteur pétrolier pourrait attirer de nouveaux investisseurs étrangers grâce à l’annonce de Staatsolie, l’entreprise d’État de production pétrolière, d’une nouvelle découverte de pétrole d’un potentiel de 800 millions de barils exploitables. Staatsolie prévoit de procéder en 2020 à une émission obligataire et une cotation de ses actions (à New York ou à Londres) afin de lever entre 1 et 2 milliards USD qui serviraient aux prochaines campagnes d’exploration pétrolière. Néanmoins, l’investissement privé domestique devrait toujours pâtir de la fragilité du secteur bancaire, justifiée par l’absence d’assurance de dépôts et de lacunes dans la préparation et la résolution des crises, notamment une classification non appropriée des provisions des prêts non performants des banques.
Les industries extractives (or, bauxite, aluminium, pétrole) représentent 88 % des exportations et 58 % du PIB. Bien que les cours mondiaux puissent s’éroder, l‘augmentation de la production aurifère de la mine de Saramacca de 11 % en 2020, en raison de l’entrée de pleine production du site, permettra de maintenir la contribution de ce secteur à la croissance.
L’inflation bien qu’élevée, ne devrait pas entraver la consommation privée (30 % du PIB).

 

Risque de surendettement important

L’amendement de la loi sur la dette nationale en novembre 2019 a permis de supprimer le plafond de 60 % de PIB de la dette publique, à la suite de déficits constamment élevés. La dette publique devrait augmenter en conséquence, avec déjà une part intérieure (34 % du total de la dette) repartie à la hausse lorsque la banque centrale a accordé un prêt de 670 millions USD surinamien au gouvernement en mars 2019. Il s’agissait du premier prêt de ce type depuis le protocole d’accord signé en avril 2016, qui stipulait que la banque centrale ne financerait pas le gouvernement. D’après le budget approuvé les dépenses devraient progresser de 9,9 % en 2020. Ces dernières seront dirigées vers le paiement de la masse salariale, le social, les infrastructures, ainsi que l’organisation des élections. Les recettes devraient aussi augmenter de 12 % du fait de la hausse de la production d’or.
Le déficit courant devrait se maintenir à un niveau élevé en 2020. Les exportations totales d’or brut (61 %) augmentant en même temps que la production, alors que les importations totales de biens d’équipement (50 %) devraient progresser en raison des lancements des différents projets d’infrastructures. La balance des services (11,6 % du PIB) et celle des revenus d’investissements (11,2 % du PIB) sont structurellement déficitaires, mais devraient rester stables. Les envois de fonds par les citoyens expatriés, maintenant l’excédent de la balance des transferts, devraient néanmoins baisser en lien avec une conjoncture mondiale difficile. Le déficit courant serait encore très majoritairement financé par des IDE (4,2 % du PIB) qui devraient augmenter dans le secteur des hydrocarbures avec le développement de l’activité pétrolière. Cela permettra ainsi de soutenir le dollar surinamien qui est dans un régime de change flexible depuis 2016. Les réserves de change seront faibles, représentant environ 3 mois d’importations.

 

Double élection en 2020

À l’aube des élections législatives et municipales de mai 2020, le président actuel, Desiré Bouterse, leader du Parti national démocratique (NDP), parti de gauche, a été condamné en décembre 2019 à 20 ans de prison pour des exécutions extrajudiciaires de 15 opposants politiques en 1982. Toutefois, la justice n’a pas demandé son arrestation. Ce verdict pourrait affecter sa popularité avant les élections, même si celle-ci reste élevée. Son parti politique risque de perdre sa mince majorité aux élections législatives et municipales, en raison de la lassitude des électeurs à l’égard de ce parti après dix ans au pouvoir. Néanmoins il devrait être réélu. Pour cela, il lui faudra tout de même avoir une majorité de deux tiers à l’Assemblée nationale unicamérale.
Sur le plan international, les relations du président Bouterse avec les Pays-Bas et les États-Unis resteront tendues. Depuis une quinzaine d’années, l’ancien dictateur est accusé de soutenir secrètement le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. D’un autre côté, la frontière avec la Guyane française n’est toujours pas fixée précisément et continue à être l’enjeu de rivalité entre les deux États. Les incidents frontaliers récents en constituent une preuve. C’est pourquoi les pouvoirs publics des deux États entreprennent depuis le début de l’année 2019 un travail minutieux d’identification et de répartition nationale des îles.
L’accès restreint au crédit, les infrastructures peu développées et le manque de main-d’œuvre qualifiée continueront de pénaliser l’environnement des affaires. Le pays est classé 162e sur 190 sur le classement Doing Business 2020 de la Banque Mondiale.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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