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Suriname

Suriname

Population 0,6 millions
PIB par habitant 6 191 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,6 0,3 -13,1 1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,9 4,4 49,8 51,0
Solde public / PIB (%) -7,7 -11,0 -12,9 -8,0
Solde courant / PIB (%) -3,0 -11,1 -8,0 -6,6
Dette publique / PIB (%) 75,6 82,3 145,3 107,7

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minérales et potentiel agricole (riz, bois)
  • Soutien des bailleurs internationaux et des investisseurs étrangers

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée : dépendance au pétrole, à l’or et à l’aluminium
  • Poids de l’économie informelle (30 % du PIB) avec les casinos, l’orpaillage et la contrebande
  • Difficultés dans la gestion des entreprises publiques
  • Insuffisance des infrastructures de transports (routes, ports)
  • Climat des affaires difficile, justice peu efficace
  • Secteur bancaire vulnérable : part élevée de prêts douteux et faible profitabilité

Appréciation du risque

La forte inflation pèsera sur la reprise

Alors que l’économie était déjà fragile avant la crise du COVID-19, la pandémie a provoqué une forte contraction de l’économie en 2020. En mars 2020, les frontières ont été fermées puis le gouvernement a imposé un confinement partiel, fixé un couvre-feu nocturne et arrêté les transports publics. Une deuxième vague a été observée à partir de septembre 2020. Malgré celle-ci, les mesures sanitaires ont été allégés en octobre 2020 et sont restées plus souples que pendant la première vague, de nombreux lieux sont restés ouverts dans le respect d’un protocole sanitaire et les vols internationaux avec les Pays-Bas ont été maintenus. En 2021, les investissements resteront limités en raison de l’instabilité politique. Ceux dans l’industrie extractives devraient se limiter à ceux déjà prévus, sauf s’il y a de nouvelles découvertes de ressources importantes. L’industrie extractive sera cependant moteur de la reprise. La mine d’or Merian de Newmont va augmenter sa production de 400 à 500 milles onces d’or par an sur la période 2021-2025. Fin septembre 2020, la Banque Centrale du Suriname a fortement dévalué le dollar surinamien face au dollar américain, passant de SRd 7,46 à SRd 14,15 pour USD 1, résorbant ainsi l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché parallèle. Ceci devrait avoir des conséquences sur l’inflation, qui s’envole, et ainsi entraver la consommation privée (30% du PIB) mais également l’investissement privé à mesure que le coût des importations augmente.

 

Une restructuration de la dette en négociation

L’amendement de la loi sur la dette nationale en novembre 2019 a permis de supprimer le plafond de 60 % de PIB de la dette publique, à la suite de déficits constamment élevés. Un risque de défaut pèse sur la dette extérieure, qui augmente de façon significative. Le paiement du service de la dette correspond à 40% des dépenses publiques totales. En juillet, le gouvernement a obtenu un accord avec les créanciers privés afin de reporter le paiement de USD 15 millions (sur les USD 125 millions dû pour 2023). Après un délai de grâce de 30 jours à compter du 26 octobre 2020 après avoir manqué le paiements d'intérêts de USD 25 millions pour ses obligations 2026, le gouvernement a obtenu un accord avec les créanciers pour reporter au moins jusqu'au 31 mars 2021 le paiement de USD 48,5 millions au titre du service de la dette (obligations 2023 et 2026) en décembre 2020. Il espère obtenir un accord avec le FMI concernant une restructuration de sa dette extérieure. Cependant, les mesures d'assainissement budgétaire du gouvernement augmenteront le coût de la vie tout en pesant sur les revenus, dans la mesure où elles consistent à réduire les subventions à l'électricité et à l'eau, freiner la croissance des salaires dans le secteur public et limiter les embauches dans le secteur public (qui emploie 60% de la population active). Les recettes devraient augmenter grâce aux revenus issus de la production d’or ainsi qu’à la mise en œuvre d’une taxe solidaire sur les deux tranches de revenus les plus élevées.

Le déficit courant devrait se maintenir à un niveau élevé en 2020. Les exportations totales d’or brut (61 %) augmentant avec la production, alors que les importations diminuent en raison de la baisse de demande de biens d’équipement et de pétrole puisque sa production domestique progresse. La balance des services (15% du PIB en 2019) et celle des revenus d’investissements (10 % du PIB en 2019) sont structurellement déficitaires, mais devraient rester stables. Les envois de fonds par les citoyens expatriés, maintenant l’excédent de la balance des transferts, devraient néanmoins baisser en lien avec une conjoncture mondiale difficile. Le déficit courant, habituellement financé par des IDE, devrait pâtir de la baisse des investissements dans l’hydrocarbure. La dévaluation du dollar surinamien devrait permettre de combler le déficit de la balance de paiements. Les réserves de change resteront faibles (inférieures à 3 mois d’importations).

 

Espoir d’une normalisation de la vie politique

A la suite des élections législatives de mai 2020, le Vooruitstrevende Hervormings Partij (VHP) a remporté 20 sièges de députés sur 50 et est ainsi devenu le principal parti du pays. Après 10 ans au pouvoir, le parti Nationale Democratische Partij (NDP) a refusé de participer à l’élection présidentielle de juillet 2020, si bien que Chandrikapersad "Chan" Santokhi du VHP a été élu président. La victoire du VHP tient de la lassitude des électeurs à l’égard du NDP dont ses mandats ont été marqués par la mauvaise gestion économique et la corruption. L’ancien dictateur Désiré Bouterse, leader du NDP, a été condamné en novembre 2019 à 20 ans de prison pour des exécutions extrajudiciaires de 15 opposants politiques en 1982. Sur le plan international, Santokhi devrait fortifier ses relations avec les Etats-Unis et les Pays-Bas, après des relations tendues avec l’ancien président. D’un autre côté, la frontière avec la Guyane française n’est toujours pas fixée précisément et continue à être l’enjeu de rivalité entre les deux pays. C’est pourquoi les pouvoirs publics des deux États entreprennent depuis le début de l’année 2019 un travail minutieux d’identification et de répartition nationale des îles. Le 4 septembre 2020, le préfet de Guyane a rencontré 5 ministres du nouveau gouvernement concernant la gestion des frontières, dans le but de mettre en place des mesures qui réglementent la circulation tout en formalisant une relation de confiance avec la France. L’accès restreint au crédit, les infrastructures peu développées et le manque de main-d’œuvre qualifiée continueront de pénaliser l’environnement des affaires.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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