Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Suriname

Suriname

Population 0,6 millions
PIB par habitant 5 870 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) -5,1 1,9 2,0 2,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 55,5 22,0 7,8 6,0
Solde public / PIB (%) -7,8 -7,4 -7,3 -7,5
Solde courant / PIB (%) -5,2 0,0 -3,3 -2,4
Dette publique / PIB (%) 75,8 69,3 62,5 64,5

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources minérales et potentiel agricole (riz, bois)
  • Soutien des bailleurs internationaux et des investisseurs étrangers

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée : dépendance au pétrole, à l’or et à l’aluminium
  • Poids de l’économie informelle (30 % du PIB) avec les casinos, l’orpaillage et la contrebande
  • Difficultés dans la gestion des entreprises publiques
  • Insuffisance des infrastructures de transports (routes, ports)
  • Climat des affaires difficile, justice peu efficace

Appréciation du risque

Une croissance stable liée aux industries extractives et à l’investissement

La croissance devrait rester modérée en 2019, essentiellement liée aux industries extractives (or, bauxite, aluminium, pétrole), représentant 30 % du PIB et 95 % des exportations (2017). De nouveaux sites maintiendraient la contribution du secteur à l’activité. En ce sens, la compagnie canadienne IamGold, exploitant la mine d’or Gross Rosebel, a annoncé une augmentation de 51 % de ses réserves d’or exploitables du fait de l’acquisition d’une nouvelle mine située à Saramacca, qui devrait entrer en production courant 2019. L’exploitation de bauxite devrait également augmenter en raison d’un accord entre le gouvernement et la compagnie américaine Alcoa, par lequel la firme développerait son activité en échange d’une fourniture d’énergie électrique par les pouvoirs publics. L’investissement (47 % du PIB) drainera aussi la croissance au travers de nouveaux investissements publics, grâce aux aides financières accordées à l’entreprise d’État de production pétrolière Staatsolie (à hauteur de 6 % du PIB), à l’entreprise d’État de production électrique, Energie Bedrijven Suriname (équivalant à 1 % du PIB), mais aussi au développement de la production d’énergies renouvelables (construction de trois centrales électriques à énergie solaire). Le secteur pétrolier pourrait attirer de nouveaux investisseurs étrangers au travers de contrats de partage de production, dont la loi a amélioré en 2018 les clauses de stabilité fiscale incluses dans les accords signés entre Staatsolie et les compagnies pétrolières internationales.

L’inflation devrait se réduire en raison d’une politique monétaire restrictive, mais restera à un niveau élevé. Afin de prévenir les effets de l’inflation sur la consommation domestique (représentant 27 % du PIB), le gouvernement a augmenté fin 2018 le salaire minimum de 37 %, afin de rétablir le pouvoir d’achat des ménages. En conséquence, la consommation privée devrait augmenter en 2019.

 

Une consolidation fiscale qui tarde

En dépit d’une probable augmentation des recettes et d’un plan de consolidation, le déficit budgétaire devrait à nouveau se creuser en 2019. Les recettes proviennent essentiellement des industries minières (35 % des recettes totales) et devraient augmenter du fait de la hausse de la production d’or. Toutefois, le gouvernement rencontre des difficultés à contenir ses dépenses, notamment les subventions accordées aux entreprises d’État (en particulier Staatsolie), et peine à améliorer la collecte d’impôts. Le pays bénéficiait d’un Accord de confirmation avec le FMI (478 millions USD sur deux ans pour aider à la consolidation budgétaire), qui a été abandonné suite à de vives contestations à l’encontre de la politique de rigueur en 2017. En remplacement, le gouvernement a annoncé son propre plan de stabilisation (prévu pour la période 2016/21) qui était nécessaire pour s’assurer le soutien des bailleurs internationaux. Néanmoins, les mesures prévues sont repoussées (report de l’introduction d’une TVA à 10 % à une date non établie). En conséquence, la succession des déficits accroît la dette publique, dont la part extérieure (70 %) est également alimentée par des emprunts de l’entreprise d’État Staatsolie sur les marchés internationaux.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant devrait se réduire en raison d’un excédent commercial plus important, les exportations totales d’or brut (80 %) augmentant en même temps que la production, alors que les importations totales de biens d’équipement (40 %) seraient maintenues à un niveau constant. La balance des services et celle des revenus d’investissements sont structurellement déficitaires, mais devraient rester stables, de même que les envois de fonds par les citoyens expatriés, maintenant l’excédent de la balance des transferts. Le déficit courant serait encore très majoritairement financé par des IDE (2 % du PIB en 2017) qui devraient augmenter dans le secteur des hydrocarbures avec le développement de l’activité pétrolière. L’abandon de l’ancrage au dollar en 2016, bien qu’accompagné d’une dépréciation de la monnaie nationale, a permis un renflouement des réserves de change qui devraient continuer d’augmenter en 2019 (elles représentaient environ six mois d’importations en 2017).

 

Un climat politique sous tension

Le président Désiré Bouterse, leader du National Democratische Partij (NDP), devrait entamer le programme de réformes, afin de conserver le soutien financier des bailleurs internationaux. Toutefois, la popularité du président Bouterse est entachée par le procès en cours, où il est accusé, avec 24 autres personnes, du meurtre de 15 opposants politiques en 1982. L’issue du procès pourrait affecter la stabilité politique et la crédibilité des instances judiciaires quant à leur indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif. D. Bouterse devrait rester en poste jusqu’à la fin de son mandat, en 2020.

Sur le plan international, les relations du président Bouterse avec les Pays-Bas et les États-Unis resteront tendues. Depuis une quinzaine d’années, l’ancien dictateur est accusé de soutenir secrètement le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.

L’accès restreint au crédit, les infrastructures peu développées et le manque de main-d’œuvre qualifiée continueront de pénaliser l’environnement des affaires.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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