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Tadjikistan

Tadjikistan

Population 8,9 millions
PIB par habitant 801 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 1,4 2,8 2,7 2,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,0 1,1 1,5 1,3
Solde public / PIB (%) 2,0 -0,1 -0,8 -0,9
Solde courant / PIB (%) 13,7 14,5 13,8 13,5
Dette publique / PIB (%) 36,2 35,7 34,4 33,1

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Important potentiel hydroélectrique
  • Richesse en matières premières (zinc, plomb, aluminium, or, coton)
  • Soutien financier des bailleurs de fonds internationaux et de la Chine (OBOR)

POINTS FAIBLES

  • Fragilité du système bancaire, crédit cher, peu développé et dirigé
  • Dépendance vis-à-vis des transferts des travailleurs expatriés
  • Voisinage avec l’Afghanistan
  • Risque terroriste islamiste sur fond de pauvreté et de rareté de l’emploi
  • Infrastructures (énergie, transport, santé, éducation, eau)
  • Contrôle étroit du marché des changes et des échanges commerciaux
  • Importance de l’économie informelle

Appréciation du risque

L’investissement public, source majeure de la croissance

Comme l’année précédente, la croissance devrait ralentir en 2019. Elle restera dépendante de l’investissement public, majoritairement tourné vers le secteur de la construction. L’édification du barrage hydroélectrique de Rogun et de lignes à haute tension dans le cadre du projet CASA-1000, qui permettra l'exportation du surplus hydroélectrique du Tadjikistan et du Kirghizistan vers le Pakistan et l'Afghanistan, traduit cette politique. L'achèvement de la construction d’une première unité du barrage de Rogun à la fin de 2018, permettra le démarrage de la production d'électricité, ce qui devrait soutenir la croissance en 2019. Néanmoins, l’investissement privé devrait toujours pâtir de la fragilité du système bancaire et de la restriction de l’offre de crédit, justifiée par un ratio élevé de prêts non performants (25 % environ en juillet 2018). L’assainissement du système bancaire constitue un élément déterminant pour un retour de la croissance à son niveau potentiel. À travers ses exportations, l’économie restera dépendante des cours des matières premières, qui pourraient s’éroder. L’économie continuera de bénéficier des transferts des expatriés (31 % du PIB en 2017), principalement en provenance de Russie, qui stimuleront la consommation des ménages tadjikes. Cependant, la non-appartenance à l’Union Économique Eurasiatique continuera de restreindre la mobilité des travailleurs vers la Russie.

L’inflation, alimentée par la dépréciation régulière du somoni face au dollar américain, devrait restée encore élevée en 2019. Elle repartirait même à la hausse, tirée par un regain de la consommation privée et de l’inflation importée, après un léger recul en 2018, expliqué par le ralentissement de la hausse des prix alimentaires de base.

 

Fragilité extérieure malgré un soutien massif de la diaspora

Entamée en 2017, la consolidation budgétaire a subi un coup d’arrêt en 2018 avec le ralentissement de la croissance. En 2019, le léger rebond de l’activité devrait permettre au pays d’afficher, de nouveau, un déficit public en diminution. Cependant, le niveau de la dette publique extérieure se développe rapidement, le pays se reposant de plus en plus sur le soutien de la Chine et des organismes financiers multilatéraux pour financer ses investissements publics. Avec une dette publique extérieure représentant environ 40 % du PIB, le Tadjikistan s’expose à un risque de change.

En 2019, et malgré les transferts des expatriés et la rémunération des travailleurs tadjikes à l’étranger, la balance courante sera déficitaire. En effet, le solde commercial restera négatif (à hauteur de 25 % du PIB en 2017). La faible diversification implique, à la fois, l’importation de biens d’équipement et de produits intermédiaires destinés à l’investissement public et l’industrie extractive, et celle de produits de consommation. Toutefois, en avril 2018, après neuf ans d’arrêt, l’Ouzbékistan a repris sa consommation d’électricité tadjike. Le rapprochement des deux pays, depuis l’élection présidentielle ouzbèke de 2016, représente une grande opportunité pour le Tadjikistan. En effet, si cela se poursuit, la balance commerciale tadjike bénéficiera de cette nouvelle source importante d’exportations. Le déficit de la balance des services, en lien avec la construction d’infrastructures, notamment dans le secteur de l’hydroélectricité, viendra, dans une moindre mesure, peser sur la balance courante. Les prêts des organismes multilatéraux et de la Chine, les apports en capital, ainsi que les IDE permettent de financer le déficit courant et de maintenir les réserves de change à un niveau équivalent à plus de cinq mois d’importations. La dette extérieure totale représente 77 % du PIB, dont un quart en lien avec les IDE.

 

Scène politique dominée par la famille Rahmon

À la tête du pays depuis 1992, le président Imomali Rahmon préparerait sa succession. À 66 ans, ce dernier a nommé plusieurs membres de sa famille à des hauts postes au sein de son gouvernement. De plus, en 2018, une loi abaissant l’âge d’éligibilité à la présidence de 35 à 30 ans a été adoptée par le parlement. Celle-ci permettrait à son fils de se présenter aux prochaines élections, prévues en 2020. Des frustrations sociales sont pourtant tangibles, alimentées par la corruption et la pauvreté (environ 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté). De plus, le pays doit se confronter à la radicalisation d’une partie de sa population musulmane. Face à ce phénomène, le président agit fermement, à l’image des nombreuses fermetures de mosquées et les interdits vestimentaires. En matière de relations extérieures, la dépendance vis-à-vis de la Chine s’intensifie. En plus d’être le principal créancier du pays et le deuxième marché pour ses exportations, la Chine est à l’origine de 70 % des IDE entrants. En revanche, la présence de talibans dans le Nord de l’Afghanistan pèse sur la sécurité dans les zones frontalières, bien que la présence militaire russe devrait prévenir tout débordement du conflit en zone tadjike.

L’environnement des affaires est dégradé, le contrôle du gouvernement sur l’économie, à travers les entreprises publiques, freinant l’investissement privé étranger. Le pays occupe la 180e place sur 205 pays dans le classement, établi par la Banque Mondiale, en matière qualité de ses réglementations.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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