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Tadjikistan

Tadjikistan

Population 9,5 millions
PIB par habitant 844 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 7,5 4,5 5,0 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,8 8,6 9,5 9,0
Solde public / PIB (%) -2,1 -4,4 -4,5 -5,0
Solde courant / PIB (%) -2,3 4,3 -1,0 -1,5
Dette publique / PIB (%) 43,1 49,9 49,4 50,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Abondance des ressources naturelles (potentiel hydroélectrique, coton, aluminium, or)
  • Potentiel agricole et touristique inexploité
  • Couloir de transit entre l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Afghanistan, le Pakistan et la Chine
  • Population jeune (50% a moins de 25 ans)
  • Soutien financier des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux, dont la Chine
  • Membre de l’Initiative Ceinture et Route (ICR) de la Chine

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux conjonctures russe, via les transferts des travailleurs expatriés (25% du PIB), et chinoise (7ème marché d’exportation, créancier et pourvoyeur de 2/3 du total des IDE)
  • Forte dépendance aux matières premières (coton, aluminium) et faible diversification de l’économie
  • Contrôle étroit du marché des changes et des échanges commerciaux
  • Système bancaire fragile et concentré, et crédit cher, peu développé, dirigé et dollarisé (50% du total)
  • Géographie difficile (enclavée et à 90% montagneuse) et vulnérabilité élevée aux catastrophes naturelles
  • Infrastructures inadéquates (énergie, eau, transport, santé)
  • Pauvreté élevée (27,4% de la population en 2018), travailleurs peu éduqués et peu productifs
  • Rôle limité du secteur privé, environnement des affaires difficile qui contraint les IDE (1,8% du PIB)
  • Gouvernance défaillante (corruption, crime organisé, politisation du système judiciaire)
  • - Voisinage avec l’Afghanistan, risque de déstabilisation (terrorisme en hausse, potentiels flux de réfugiés)

Appréciation du risque

Une croissance portée par les transferts de fonds et les exportations 

Forte les vingt précédentes années, la croissance a nettement ralenti en 2020 en raison de la crise sanitaire, pour se stabiliser depuis, après un léger rebond en 2021. En 2022, elle sera soutenue par une hausse de la consommation privée (80% du PIB) et des exportations (17%). Avec la reprise économique mondiale, et plus particulièrement celle de la Russie, les transferts des expatriés (25% du PIB) contribueront positivement. La consommation publique (11% du PIB) augmentera légèrement, mais moins qu’en 2021, dû à la fragilité des finances publiques. La croissance sera cependant conditionnée par la rapidité avec laquelle les vaccinations sont administrées (seulement 38,7% de la population avait reçu deux doses le 13 janvier 2022), des vols réguliers avec les principaux pays hôtes des expatriés et la reprise de l’investissement public. Ce dernier (22% du PIB) devrait être stimulé grâce à l’activité des secteurs extractifs, dont l’aluminium, le cuivre et l’or.

 
Le déficit commercial tendra à se creuser par rapport à 2021. En effet, si les exportations de minerais, textiles, mais surtout d’or devraient augmenter, celles d’électricité seront probablement freinées par une éventuelle décision du pays de couper l’alimentation en Afghanistan pour non-paiement et par le retard du projet hydroélectrique Rogun. La progression des importations (55% du PIB) devrait dépasser celle des exportations, du fait des achats de produits alimentaires et manufacturés, malgré des efforts de substitution de ces derniers.

 
Cet accroissement des importations, combiné à une hausse des prix des biens alimentaires au niveau mondial nourrit l’inflation. Celle-ci devrait sortir du corridor cible de 6% (± 2%), mais la banque centrale (NBT) limitera la dépréciation du somoni en resserrant la liquidité. La NBT a déjà augmenté son taux directeur au niveau élevé de 13,25% en octobre 2021 (soit une hausse de 230 points de base depuis début 2021). Cependant, les anticipations d’inflation sont faiblement ancrées et la transmission de la politique monétaire faible. Par conséquent, la NBT renforcera probablement le contrôle des capitaux en 2021-2022.

 

Une dette publique de moins en moins soutenable

La politique budgétaire devrait rester expansionniste, laissant le déficit public quasiment inchangé en 2022. Les dépenses devraient augmenter notamment en raison du Covid-19 et du financement de programmes sociaux pour faire face à la hausse de la pauvreté. Elles pourraient être plus élevées en cas de recapitalisation des banques en difficulté, d’apurement des arriérés des entreprises publiques, ou de dépréciation plus rapide de la monnaie. Côté recettes, elles seront limitées par l’impact persistant de la pandémie, même si un nouveau code des impôts devrait les redynamiser en 2022.

 
L’endettement public, extérieur et en devises est estimé à environ 50% du PIB pour 2021-2022, le principal créancier étant l’Eximbank chinoise (pour 40% du total). La deuxième dette la plus importante du pays est son euro-obligation émise en 2017 de 500 millions USD (7% du PIB). Les autorités comptent sur l’aide internationale pour financer le fardeau de la dette. Le Fonds monétaire international (FMI) a accordé une facilité de crédit rapide (FCR) de 189,5 millions USD (2% du PIB) en 2020, auxquels s’ajoutent 323 millions USD de subventions (3,5%) de la Banque asiatique de développement (BAD) pour 2021-2023. Le Club de Paris, dans le cadre de la DSSI, a également suspendu les paiements des obligations de la dette envers Eximbank, le fonds Koweïtien pour le développement économique arabe (KFAED) et la banque de développement allemande KfW. Cependant, le pays a entamé des travaux routiers, coûteux compte tenu du relief accidenté, qui se poursuivront en 2022, grâce à des prêts multilatéraux (ADB, fond d’investissement OPEP, …).

 
Après une amélioration temporaire en 2020 liée à la compression des importations, le compte courant s’est détérioré en 2021 avec la reprise de la demande intérieure, et cette tendance devrait se poursuivre en 2022. En effet, malgré la reprise des transferts des expatriés, la fin des restrictions liées à la pandémie entraine un retour des volumes d’importation à leur niveau pré-pandémique. Les flux d’IDE devraient retrouver leur niveau d’avant-crise (2% du PIB), permettant de financer le déficit courant. De plus, les réserves de change se maintiendront autour de 2 milliards USD (soit 8 mois de couverture d’importations) couvrant environ 50% de la dette totale. La soutenabilité de la dette dépendra de la volonté des bailleurs multilatéraux à continuer de soutenir le Tadjikistan.

 

Risque de déstabilisation dans la région  

En octobre 2020, le président Rahmon, qui concentre le pouvoir depuis l’indépendance en 1992, a été réélu sans surprise avec 91% des voix pour son 5ème mandat consécutif. Auparavant, les élections législatives à la chambre basse en mars 2020 ont permis à son Parti démocratique populaire du Tadjikistan (PDP) de conserver les trois quarts des sièges. Rahmon, relativement âgé, semble préparer une transmission du pouvoir à son fils, élu président de la chambre haute en avril 2020. Sur le plan international, un violent conflit frontalier a éclaté entre le Tadjikistan et le Kirghizistan le 28 avril 2021 en raison d’un vieux différend sur l’eau. Malgré un cessez-le-feu en mai, un affrontement a eu lieu en juillet laissant penser que ce ne sera pas le dernier. De plus, le retour au pouvoir des Talibans en Afghanistan pose la question de l’accueil de réfugiés afghans sur le territoire. Néanmoins, la politique étrangère visant à attirer les investissements, l’aide financière et le soutien militaire de la Chine, de la Russie et des Etats-Unis reste forte.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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