Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Timor oriental

Timor oriental

Population 1,3 millions
PIB par habitant 1 252 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -0,8 3,4 -6,5 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,3 0,9 1,0 2,0
Solde public / PIB (%) -27,5 -30,8 -25,0 -33,0
Solde courant / PIB (%) -12,2 8,2 -14,0 -20,0
Dette publique / PIB (%) 9,2 11,4 12,0 16,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Réserves de pétrole et de gaz dans la mer de Timor
  • Soutien de la Communauté des pays de langue portugaise
  • Destination touristique attrayante (sites naturels protégés, riche patrimoine culturel)
  • 41ème sur 167 du Democracy Index 2019 d’EIU (4ème pays asiatique)

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux catastrophes naturelles (glissements de terrain, typhons, inondations) ; Infrastructures sous-développées (santé, éducation, transport)
  • Très forte dépendance aux revenus pétroliers et aux importations alimentaires (faible développement de l’agriculture)
  • Déficit en capital humain
  • Près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté
  • Taux de chômage élevé chez les jeunes (40 %)
  • Faible intermédiation bancaire

Appréciation du risque

Reprise attendue après la récession de 2020

Le Timor-Oriental est l’un des rares pays ayant réussi à contenir la propagation de la COVID-19. En 2020, seules quelques dizaines de cas ont été recensés officiellement. Ce contrôle a été obtenu via la mise en œuvre de plusieurs mesures de distanciation (restriction des déplacements et fermeture des écoles, notamment) entre mars et juin 2020. Ces mesures ont, cependant, pénalisé l’économie qui a connu une forte récession en 2020. En 2021, portée par une hausse du prix du pétrole et un rebond de la consommation, l’activité repartira.

La consommation, qui représente 38% du PIB, a baissé de 1% en 2020. Cette baisse a été amoindrie par la mise en œuvre d’un plan de soutien prévoyant un transfert de 200 dollars aux ménages les plus vulnérables, ainsi qu’une prise en charge du chômage partiel à hauteur de 60%. En 2021, elle devrait croître à hauteur de 5%, quand bien même elle reste freinée par des problématiques structurelles, dans un pays où 67% des salariés gagnent moins de 2 dollars par jour. En outre, malgré la chute de presque 30% de l’investissement public en 2020, suite au blocage du budget par le Parlement, les dépenses publiques ont représenté encore environ 60% du PIB. Par ailleurs, même si certains projets privés, tels que celui du port de Tibar de 500 millions de dollars ont pu continuer pendant l’état d’urgence sanitaire, plusieurs projets du Plan de développement stratégique 2011-2030 ont été temporairement suspendus ou retardés. Ces projets, qui portent notamment sur des réhabilitations de routes et des infrastructures d’approvisionnement en eau, reprendront toutefois en 2021.

Enfin, l’économie restera fortement dépendante des hydrocarbures (98% des exportations). En effet, bien que la production pétrolière doive se tarir en 2022, le projet gazier Greater Sunrise apporte un espoir au pays qui compte sur l’exploitation de ce champ off-shore pour poursuivre son développement.

 

Comptes publics et courant fortement déficitaires

Des tensions politiques ayant empêché le vote du budget début 2020, les dépenses publiques ont diminué (de 7% au premier semestre 2020), ce qui a permis une réduction mineure du très large déficit public. Cette chute des dépenses a principalement concerné les investissements, qui ne peuvent être financés sans passer par un vote. Un plan de relance de 220 millions de dollars a toutefois pu être mis en œuvre via la création en avril du fonds COVID-19. L’adoption du budget, finalement acceptée en fin d’année, aura vu les dépenses publiques augmenter en novembre-décembre 2020. Le budget 2021 mettra l’accent, comme à l’accoutumée, sur les investissements dans l’agriculture, le tourisme et la politique sociale (hausse du budget pour les constructions d’écoles du secondaire et amélioration de la formation du personnel de santé, entre autres). Le pays dispose d’un Fonds pétrolier (FP) évalué à 19 milliards de dollars en juin 2020. Les retraits auprès du fonds sont limités à 3% de la richesse estimée (montant du fonds et revenus anticipés des hydrocarbures), quand bien même des retraits excédentaires sont autorisés. Le gouvernement a une gestion peu soutenable du fonds et s’en sert pour financer une grande partie des dépenses publiques. Toutefois, une telle gestion lui permet de conserver un faible niveau d’endettement.

Le compte courant est devenu fortement déficitaire en 2020. En effet, le déficit commercial (qui ne comprend pas les exportations de pétrole incluses dans les revenus primaires) s’est creusé, l’effondrement des importations induit par la baisse de la demande intérieure n’ayant pas compensé l’écroulement du tourisme et des transports (70% des exportations totales) et la diminution des exportations de café. En 2021, la reprise des investissements augmentera les importations de biens d’équipement et il est probable que le tourisme ne retrouve pas son niveau d’avant-crise, ce qui creusera encore davantage le déficit. Le déficit courant s’explique aussi par l’effondrement des revenus primaires tirés des investissements du FP à l’étranger, mais surtout du pétrole dont le produit a diminué de 43% au cours du premier semestre 2020, mais qui augmentera en 2021. Malgré une diminution des réserves provenant du FP, celles-ci, couplées à une hausse de la dette extérieure (qui s’élève dorénavant à 14% du PIB), permettront de financer le déficit.

 

Cohabitation au sommet de l’État

Le Timor-Leste est une république démocratique dirigée par le président Francisco Guterres depuis mai 2017. Après les élections anticipées de 2018, le gouvernement du Premier ministre Taur Matan Ruak s’appuyait sur la coalition de l’Alliance pour le changement et le progrès composée de trois partis (le CNRT du Président Guterres, le Parti de libération du peuple et le KHUNTO). Mais, début 2020, des conflits avec le CNRT ont conduit au blocage du vote du budget 2020 et ont amené à la formation d’une nouvelle coalition comprenant le Parti de libération du peuple, le Front révolutionnaire (Fretilin), le parti démocrate et le KHUNTO. Bien que cette coalition ait considérablement réduit les risques de crise politique, la situation du pays reste complexe, avec une présidence non démunie de pouvoirs et assurée par un parti absent du gouvernement.

Enfin, ses relations avec l’Australie se sont apaisées avec l’élaboration d’un traité qui résout la question du champ pétrolier et gazier Greater Sunrise en faveur du Timor-Oriental en lui attribuant l’essentiel des revenus du champ.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Haut de page