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Timor oriental

Timor oriental

Population 1,2 millions
PIB par habitant 2 237 milliards $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB * (%) 5,3 -1,8 2,2 4,2
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,3 0,6 1,8 2,6
Solde public / PIB (%) -35,2 -19,5 -17,0 -27,6
Solde courant / PIB (%) -21,6 -10,2 -1,2 -2,6
Dette publique / PIB (%) 2,8 3,1 10,6 17,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Hors pétrole.

POINTS FORTS

  • Réserves pétrolières et gazières en mer de Timor
  • Soutien de la Communauté des pays de langue portugaise
  • Attractivité touristique (sites naturels préservés, riche patrimoine culturel)

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux catastrophes naturelles (glissements de terrain, typhons, inondations)
  • Sous-développement des infrastructures
  • Déficit en capital humain
  • Dépendance très élevée aux revenus pétroliers (98 % des exportations)
  • Près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté
  • Taux de chômage élevé chez les jeunes (40 %)
  • Faible intermédiation bancaire

Appréciation du risque

Une croissance drainée par l’investissement public

La croissance (hors secteur pétrolier) devrait continuer de progresser en 2019, portée par l’investissement public. Originellement, l’économie timoraise est tributaire de l’exploitation d’hydrocarbures, qui lui a permis de constituer un large fond pétrolier (16,9 milliards USD en 2017, soit 571 % du PIB). Toutefois les réserves s’épuisent, la fin de l’exploitation de pétrole est attendue pour 2022. Le développement de la plateforme gazière Greater Sunrise, en partenariat avec l’Australie, pourrait toutefois retarder cette échéance. L’économie ne dispose pas d’autres secteurs porteurs, hormis l’agriculture et notamment la production de café (90 % des exportations totales hors pétrole). Ceci a justifié un plan de grands investissements par le gouvernement afin de diversifier l’économie : le Plan de développement stratégique (2011/30) dont l’objectif est l’amélioration du système de santé et du cadre institutionnel, et le développement des autres secteurs d’activité (agriculture, tourisme, pétrochimie) et des infrastructures (télécommunication, énergie, approvisionnement en eau et assainissement). En 2019, le gouvernement entamera la seconde phase de son plan d’investissement qui comprend 704 millions de dollars (20 % du PIB) dans la construction d’infrastructures, 25 millions (1 % du PIB) pour le développement du tourisme écologique, et 129 millions (5 % du PIB) dans la poursuite de la construction du nouveau port dans la baie de Timor (issue d’un PPP avec une compagnie française, Bolloré, fournissant 12 millions USD supplémentaires). En conséquence, l’activité économique sera liée à la consommation et l’investissement publics, représentant 60 % du PIB. En revanche, l’investissement privé devrait rester faible en raison d’un marché domestique peu développé et d’un mauvais environnement des affaires. La consommation privée (27 % du PIB), portée par la création d’emploi dans le domaine de la construction, devrait augmenter en 2019. L’inflation devrait s’accélérer du fait d’une hausse du prix des biens alimentaires et de l’essence.

 

De larges dépenses publiques creusant les déficits

Le déficit budgétaire devrait s’accentuer en raison de la progression des dépenses gouvernementales allouées aux projets d’investissements stratégiques pour la diversification de l’économie. Les recettes sont issues du secteur pétrolier et tendent à diminuer en même temps que la production. Le risque principal demeure le gaspillage de ressources dans des « éléphants blancs », à l’image du nouveau port en construction. En l’absence de consolidation budgétaire, le déficit devrait continuer d’être largement financé en puisant dans le fonds pétrolier (finançant 90 % du déficit en 2017) et par des emprunts extérieurs, augmentant la part externe de la dette publique (5 % du PIB en 2017).

Le déficit courant devrait également se creuser en raison d’un déficit commercial plus important, les exportations de café étant volatiles et liées aux conditions climatiques alors que les importations de carburant augmenteraient. Par ailleurs, le déficit chronique de la balance des services devrait rester stable. En revanche, l’excédent de la balance des revenus (où sont comptabilisés les profits rapatriés des investissements pétroliers) devrait se réduire en même temps que la production, alors que les transferts des travailleurs expatriés resteraient stables. Le déficit courant serait en partie financé grâce aux IDE (1 %).

 

Remaniement gouvernemental et amélioration des relations extérieures

Les élections législatives de juillet 2017 ont placé en tête le Front révolutionnaire pour l'indépendance du Timor oriental (Fretilin), mené par le Premier ministre Mari Alkatiri, qui était minoritaire au parlement (23 sièges sur 65). Le Parlement, et notamment les partis d’opposition dont le Congrès national de reconstruction timoraise (CNRT), le Parti démocrate (DP) et l'Alliance pour le changement et le progrès (AMP), a rejeté à deux reprises le programme politique du gouvernement. Dans ce contexte, le président Francisco Guterres (membre du Fretilin) a décidé de dissoudre le Parlement. Les nouvelles élections de mai 2018 ont conduit à la nomination du nouveau Premier ministre, Taur Matan Ruak, issu de la coalition entre les trois partis AMP, CNRT et le Parti populaire de libération (PLP), et dispose d’une majorité au parlement (34 sièges sur 65). Le projet de loi sur le budget 2018 a finalement été voté en septembre et reste dans l’optique d’augmenter les dépenses publiques en vue de diversifier l’économie. Toutefois, des contestations demeurent quant à la répartition des dépenses gouvernementales qui ne se concentreraient pas suffisamment sur le développement de l’agriculture alors que le secteur emploie la majeure partie de la population locale.

Concernant ses relations extérieures, le Timor oriental est parvenu à un accord avec l’Australie sur l’établissement des frontières maritimes dans la baie de Timor dont le pays estimait être lésé vis-à-vis du partage des champs offshore. Des discussions sont en cours au sujet d’une collaboration entre les deux pays pour l’exploitation de la plateforme gazière Greater Sunrise où le Timor oriental pourrait récupérer 80 % des recettes à condition que le gaz et le pétrole soient raffinés dans une usine australienne, ou bien 70 % des recettes si les hydrocarbures étaient traités dans une usine timoraise. Cet accord offrirait de nouvelles perspectives pour l’économie timoraise et retarderait la pénurie programmée de ses réserves d’hydrocarbures.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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