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Turkménistan

Turkménistan

Population 5,9 millions
PIB par habitant 7 674 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 6,3 0,8 4,6 3,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,1 10,0 10,0 10,0
Solde public / PIB (%) -0,3 -1,4 0,4 0,1
Solde courant / PIB (%) 5,1 0,5 0,4 -0,1
Dette publique / PIB (%) 32,8 30,9 26,7 25,5

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Quatrième plus grande réserve de gaz naturel au monde (près de 10% du total)
  • Position stratégique en Asie centrale et entre la Chine d’une part, et la Russie et l’Europe, via la mer Caspienne, d’autre part
  • Des comptes publics sains et un niveau d’endettement modéré
  • Obtention du statut d’observateur auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en juillet 2020, avec l’intention d’entamer les négociations d’adhésion d’ici 2025

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance vis-à-vis des hydrocarbures (90 % des exportations, dont 83 % de gaz)
  • Forte dépendance vis-à-vis de la Chine (qui reçoit près de 85% des exportations de gaz)
  • Faible part du secteur privé, structures de marché anticoncurrentielles (monopoles d’État dominant l’économie, gestion du crédit et des investissements)
  • Climat des affaires très difficile, restrictions et contrôles stricts du commerce, des prix et des taux de change qui entravent l’IDE
  • Infrastructures médiocres (en particulier les transports et la santé) et connectivité régionale sous-développée
  • Gouvernance faible (corruption, autoritarisme, répression, politisation du système judiciaire, opacité du système statistique)
  • Frontière poreuse avec l’Afghanistan (présence des talibans) et faibles ressources militaires

Appréciation du risque

Une croissance tirée par les achats de gaz de la Chine et de la Russie

Le double choc combinant la crise sanitaire et la diminution des prix mondiaux des hydrocarbures, renforcé par la baisse de la demande chinoise, avait déprimé la croissance en 2020. Le rebond amorcé en 2021 se poursuivra en 2022, grâce à la demande accrue de pétrole et de gaz et à l’amélioration des prix mondiaux, qui devraient stimuler la production et les exportations d’hydrocarbures. De plus, des récoltes de blé records ont stimulé le secteur de l’agriculture, et le coton atteindra probablement les objectifs de production du gouvernement. Du côté de la demande, les effets négatifs de l’inflation sur le revenu réel des ménages ont limité la consommation privée (20% du PIB) et la croissance des services. Néanmoins, ces deux composantes devraient se redresser en 2022, avec une croissance, pour chacune, de 5%, grâce à la levée des restrictions liées à la pandémie. Quant à l’investissement public (50% du PIB) et aux exportations nettes (25% du PIB), ils continueront de soutenir la croissance. L’excédent commercial attendu en 2021 tendra à se réduire en 2022 avec l’accélération de la croissance des importations en raison d’un assouplissement des contrôles à l’importation.

 
En juillet 2019, Gazprom, le monopole public russe du gaz, a annoncé la signature d’un contrat avec le gouvernement turkmène pour importer 5,5 milliards de m³ de gaz naturel par an en 2019-2024. En août 2021, l'entreprise publique chinoise de l'énergie, CNPC, a annoncé que la Chine recevra 17 milliards de m³ de gaz supplémentaires du Turkménistan par an, pendant trois ans, en échange de l'installation de trois nouveaux puits dans le champ de Galkynysh. Néanmoins, ces projets d'augmentation des exportations vers la Chine seront difficiles à réaliser sans la livraison rapide de la quatrième branche ("ligne D") du gazoduc Asie centrale-Chine, qui ne devrait pas être achevée avant 2023. La diversification des approvisionnements chinois, en particulier avec la Russie, pourrait avoir un impact sur les termes de l’échange et ne sera guère compensée par la diversification des clients du Turkménistan. La mise en service du gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI), qui devrait doubler les exportations, a été reportée à 2023 après plusieurs différends sur les prix du gaz, des difficultés à achever le financement et des retards de construction en Afghanistan. Cependant, les capacités de production et d’exportation de pétrole pourraient augmenter grâce à la prolongation du contrat avec la société russe Tatneft jusqu’en 2028 pour augmenter l’extraction dans le champ de Goturdepe.

 

Comptes publics résistants et contrôles de changes stricts

 

Grâce à une augmentation des recettes provenant des exportations de gaz, le compte public sera caractérisé par des excédents en 2021 et 2022, ainsi qu’un excédent de la balance courante en 2021 et un léger déficit en 2022. Cette bonne tenue des comptes publics devrait permettre le remboursement en temps voulu des obligations de la dette externe, presque entièrement souveraine. De plus, le gouvernement se concentre sur son programme de numérisation des services publics d’ici 2025, qui devrait garantir une augmentation des recettes fiscales.

 
Le taux de change parallèle, beaucoup plus faible que le taux de change officiel, s’est légèrement apprécié en juin à Manat32,7:US$1 (contre Manat39:US$1 en avril) ; l'écart entre les taux s'est donc quelque peu réduit. Les restrictions à l'importation et les pénuries qui en résultent ont continué à stimuler l'inflation, notamment pour les denrées alimentaires. Le gouvernement restera en mesure de contrôler l’inflation en limitant les liquidités en circulation et en maintenant le taux de change officiel à Manat 3,5:US$1, complétés par un contrôle des prix et la distribution de certaines denrées alimentaires à des prix subventionnés. L'accès aux devises étrangères restera sévèrement limité, ce qui pourrait faire grimper le taux du marché noir. Les autorités prévoient également des restrictions sur les paiements internationaux et l’impossibilité pour les entreprises privées d’échanger leurs actifs libellés en manat. Les entreprises d’Etat doivent verser 100% (auparavant 50%) de leurs recettes en devises au fonds souverain, échangées au taux officiel.

 

Le renforcement du pouvoir absolu du président

Alors que la politique de sécurité était déjà sévère, la pandémie a été utilisée comme prétexte pour restreindre les libertés politiques. Le président Berdymukhamedov, réélu pour sept ans en février 2017, conserve, avec son Parti démocratique du Turkménistan, un contrôle total sur les institutions. Le passage d’un parlement monocaméral à un parlement bicaméral a pris effet en janvier 2021. M. Berdymukhamedov a brigué (et remporté) de manière inattendue son siège au « Conseil du peuple » (la nouvelle chambre haute du parlement) le 28 mars 2021. Son élection fait fi de l'interdiction constitutionnelle faite au président d'occuper un siège au parlement et renforce le pouvoir déjà inexpugnable de l'exécutif sur le législatif. De plus, les chambres haute et basse doivent, respectivement, approuver les candidats proposés par le président pour des postes clés et approuver le projet de loi du président. Si ce dernier a présenté cette réforme comme un renforcement de la législature, il s’agit surtout d’une stratégie visant à consolider son pouvoir et peut-être garantir, un jour, la succession à son fils, qui a été promu vice-premier ministre en février.

Le retour au pouvoir des Talibans dans la région pourrait augmenter les flux migratoires et déprimer l’investissement.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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