Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Venezuela

Venezuela

Population 27,8 millions
PIB par habitant 2 299 $US
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -19,6 -35,0 -30,0 -10,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 130060,0 9585,0 4000,0 6 500
Solde public / PIB (%) -17,8 -9,2 -8,4 -12,9
Solde courant / PIB (%) 8,7 8,4 -4,1 -4,1
Dette publique / PIB (%)* 180.8 232.8 350,0 390,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Secteur public non-financier (PDVSA) inclus

POINTS FORTS

  • Réserves considérables de pétrole le long du fleuve Orénoque et potentiel gazier offshore

POINTS FAIBLES

  • En défaut sur sa dette souveraine et quasi-souveraine (PDVSA), retards de paiement dans le commerce courant
  • Economie fortement dépendante des hydrocarbures, des prêts de la Chine et de la Russie, et de l’aide iranienne
  • Gestion opaque et discrétionnaire des revenus pétroliers
  • Hyperinflation
  • Pénurie de devises et de biens (aliments de première nécessité, médicaments)
  • Forte insécurité politique
  • Criminalité (homicides), corruption, trafics en tout genre, marché noir

Appréciation du risque

Une économie en perdition

L’économie vénézuélienne commencera l’année 2021 avec un PIB inférieur de 74% à celui enregistré l’année 2013 au début de la crise. Les effets joints de la pandémie au niveau local et mondial, ainsi que le renforcement des sanctions par l’administration Trump ont été de nouveaux coups pour une économie déjà exsangue. La crise de la COVID-19 a mené à la mise en place de mesures restrictives dans le pays. Ces mesures ne devraient être que partiellement levées début 2021, alors que le virus circule toujours dans le pays et que les capacités de soin des hôpitaux sont faibles. Cela ne devrait pas permettre de relancer une demande des ménages atone. Cependant, la dollarisation en cours de l’économie devrait éviter le retour des épisodes hyper inflationnistes de 2017-2018. Dans ce contexte, les remises envoyées par les 5,2 millions de vénézuéliens à l’étranger seront centrales pour fournir des devises aux ménages. Avec l’accélération de l’émigration se posent des questions structurelles pour l’économie comme une population vieillissante et de moins en moins éduquée. La dépense du gouvernement restera contrainte par le manque d’accès aux financements et les investissements seront inexistants, alors que même la Chine hésite à porter de nouveaux projets aux vues de la faible rentabilité de ses précédents investissements. La décision de l’administration Trump en novembre 2020 d’interdire les échanges de brut contre diesel, jusque-là autorisés pour raisons humanitaires, affaiblira aussi l’économie dans son ensemble. Les entreprises du secteur non-pétrolier verront s’ajouter cette contrainte énergétique au problème de l’accès aux devises pour les importations. Alors que des mesures d’aides ont été annoncées pour les soutenir dans le cadre de la pandémie, il est peu probable qu’elles se concrétisent étant donnée la faible capacité de financement du gouvernement. Dans le secteur pétrolier, la production a atteint ses plus bas niveaux en 2020 (367 000 barils par jour en octobre 2020 contre 687 000 en octobre 2019), alors que la fin des exemptions a amené les derniers clients européens de PDVSA (Repsol, Eni) à mettre un terme à leurs commandes de brut. La situation ne devrait que marginalement s’améliorer en 2021 au cas où l’administration Biden remettrait en place l’exemption pour le diesel, car la chute de la production devrait continuer dû au manque cruel d’investissements et à la fuite des personnels qualifiés.

 

Des comptes extérieurs et courants au fond du gouffre

Après un semblant de tentative d’assainissement des finances publiques fin 2019 et en 2020 pour mettre fin au cercle vicieux de la monétisation du déficit et de l’hyperinflation, le gouvernement a renoué avec ses vieux démons à l’approche des législatives de décembre 2020. Le budget 2021 prévoit des dépenses égales à 8,1 milliards USD contre 5,4 en 2020, principalement tirées par des dépenses sociales. Dans le même temps, les recettes pétrolières continuent de baisser. En parallèle, le pays a perdu l’accès aux financements multilatéraux depuis la suspension en 2017 du paiement des intérêts et du principal pour les obligations 2019 et 2024. Le montant des impayés correspondait à 4 fois le montant disponible en réserve en juin 2020. En défaut partiel, le pays n’a pu bénéficier que d’un moratoire accordé par la Chine, son principal créditeur, sur 19 milliards de dette (remboursés en livraisons de pétrole) jusqu’à fin 2020, pas encore prolongé pour 2021.

En conséquence de la chute des capacités de raffinage, le Venezuela importe maintenant du condensat de gaz d’Iran à mélanger avec son brut pour le rendre exportable. La chute de la production de brut, couplée à la nécessaire décote pour vendre un brut de moindre qualité soumis aux sanctions nord-américaines (baril vendu autour de 27 USD contre 40-50 USD le baril pour le Brent en 2020) laisse un trou majeur dans les recettes d’exportations. Une transformation structurelle semble à l’œuvre pour donner plus de place aux activités non-pétrolières, encore faibles, dans les exportations du pays. Après une forte contraction en 2020, les importations augmenteront marginalement avec la moindre chute de l’activité. Cela générera un déficit commercial qui ne sera pas compensé par les remises des expatriés, laissant le compte courant en déficit. Les pressions sur les réserves internationales, maintenant principalement composées d’or plus que de devises, vont s’accentuer. Les pressions sur le change augmenteront aussi, alors que l’accélération de la monétisation du déficit par la banque centrale en amont des élections, a fait passer le bolivar sous la barre des 1 million pour 1 USD, refermant l’écart avec le taux de change non-officiel.

 

Un changement de régime toujours peu probable

Malgré la reconnaissance de Juan Guaido, président de l’Assemblée nationale, comme chef de l’état légitime par la majorité de la communauté internationale, le président Nicolás Maduro semble peu décidé à quitter le pouvoir, car soutenu par les militaires. Les élections législatives de décembre 2020, auxquelles l’opposition a refusé de participer, ont permis au régime de récupérer la main sur ce dernier bastion de l’opposition dans les institutions. La fuite en Espagne d’un des leaders de l’opposition, Léopoldo Lopez, à la barbe du régime, n’a pas changé la donne. Le camp Guaido a perdu un atout de poids avec la décision de la justice américaine en novembre 2020 de confirmer la validité des demandes de saisie d’une partie de Citgo, le seul actif encore rentable du pays, situé aux Etats-Unis, par des créanciers obligataires. L’élection de Joe Biden aux Etats-Unis ne devrait pas non plus changer la position du pays envers le régime avec un soutien bi-partisan au congrès pour les sanctions.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Haut de page