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IA en entreprise : les usages progressent, la gouvernance reste à la traîne

L’intelligence artificielle gagne du terrain dans les entreprises françaises, mais son intégration reste encore peu structurée. Selon la 3e édition du Baromètre Data & IA réalisé par Coface avec les Echos Etudes auprès de 900 décideurs, 60 % des entreprises ne disposent toujours pas d’un cadre formalisé pour leurs usages de l’IA, tandis que seules 17 % s’estiment avancées dans son utilisation pour la prise de décision.

Dans le même temps, 67 % des décideurs jugent désormais leurs données fiables et pertinentes, contre 49 % en 2025. Un paradoxe se dessine : la donnée gagne en maturité plus vite que les organisations ne structurent leurs usages de l’IA.

 

Chiffres-clés

  • 67 % des décideurs font confiance à leurs données pour prendre leurs décisions.
  • 60 % des entreprises utilisent encore l’IA sans cadre formalisé
  • 17 % seulement des entreprises se considèrent avancées dans l’usage de l’IA pour la prise de décision.

 

La qualité des données progresse

La donnée fait désormais partie du quotidien de pilotage des entreprises. Les décideurs interrogés portent un regard positif sur les données dont ils disposent : 67% les considèrent fiables et pertinentes(vs 49% en 2025) et les deux tiers les jugent suffisamment actualisées pour leur gestion des risques. Cette évolution marque une progression notable de la maturité data des entreprises.

Pour autant, plusieurs fragilités demeurent, notamment concernant leur exploitation. Seuls 58% des répondants estiment que ces données sont correctement intégrées dans leurs outils métiers et à peine la moitié (51%) les jugent harmonisées entre les différents services ou filiales.

 

L’adoption de l’IA progresse, mais sa maturité reste limitée

Très présente dans les stratégies affichées des entreprises, l’IA l’est, en revanche, beaucoup moins dans les pratiques. Son intégration dans les processus de décision reste limitée et peu structurée. Seules 17 % des entreprises se déclarent aujourd’hui avancées ou très avancées dans l’utilisation de l’IA pour piloter les risques. À l’inverse, plus d’une entreprise sur deux (56 %) se considèrent peu ou pas avancées, et 28 % déclarent ne disposer d’aucun usage structuré de l’IA.

L’étude met également en évidence un écart important selon la taille des organisations. Les entreprises réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires sont près de trois fois plus nombreuses à se déclarer avancées dans leurs usages de l’IA que celles réalisant moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.

 

La gouvernance, nouveau point faible de l’IA en entreprise

À mesure que l’IA entre dans les usages, son encadrement devient un enjeu central.

Pourtant, 35 % des entreprises ne disposent aujourd’hui d’aucun dispositif et ne prévoient pas d’en mettre en place. Un quart supplémentaire réfléchit au sujet sans avoir encore formalisé de règles. Au total, 60 % ne disposent donc toujours pas d’un cadre formalisé, tandis que seules 17 % ont défini, formalisé et communiqué une politique auprès de leurs collaborateurs.  

Cet écart est d’autant plus significatif que les principaux freins cités concernent précisément la sécurité des données et la conformité réglementaire (41 %), le manque de maturité interne (31 %) et la confiance dans les analyses générées par l’IA (30 %).

 

Les entreprises veulent désormais une IA utile à la décision

Les attentes sont avant tout opérationnelles. 48 % des décideurs attendent de l’IA des synthèses claires et directement exploitables et 42 % des indicateurs plus fiables et actualisés en temps réel. Mais les entreprises commencent également à se projeter au-delà des gains d’efficacité : 34 % souhaitent utiliser l’IA pour identifier de nouvelles opportunités de croissance et 29 % pour mieux anticiper les risques clients.

 

Le paradoxe est frappant : les entreprises n’ont jamais eu autant confiance dans leurs données, mais elles n’ont pas encore créé le cadre nécessaire pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA. 

 

Le prochain cap n’est donc pas simplement technologique. Il consiste à transformer des données de qualité et des outils d’IA en décisions fiables, maîtrisées et utiles au business. 

Nesrin Gonin, Directrice des services d’information pour l’Europe de l’Ouest et l’Afrique, Coface

 

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