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Arabie saoudite

Arabie saoudite

Population 34,1 millions
PIB par habitant 23 266 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,4 0,3 -4,3 2,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,5 -2,1 3,6 3,7
Solde public / PIB (%) -5,9 -4,5 -12,0 -7,0
Solde courant / PIB (%) -1,6 -1,6 -2,7 -1,6
Dette publique / PIB (%) 34,3 33,4 40,0 38,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Producteur clé de l'OPEP, vastes réserves pétrolières prouvées
  • Ressources financières importantes
  • Diversification économique et efforts de réforme pour attirer les investissements étrangers
  • La croissance démographique alimente la demande intérieure
  • Augmentation du soutien du gouvernement en faveur du tourisme

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux hydrocarbures malgré les efforts de diversification économique
  • Exposition à la volatilité des prix de l'énergie
  • Dépendance à l'égard de la main-d'œuvre étrangère
  • La faiblesse du secteur non pétrolier est aggravée par la COVID-19

appréciation du risque

La croissance devrait être lente

Après avoir été frappée par les effets négatifs de la COVID-19 et la faiblesse des prix du pétrole en 2020, l'économie de l'Arabie saoudite devrait se développer en 2021. Cette croissance sera principalement tirée par la reprise des prix de l'énergie et la hausse de l'économie non pétrolière grâce à l'assouplissement de la plupart des mesures restrictives liées à la COVID-19. L'assouplissement des réductions de production de l'OPEP+ permettra au volume de la production pétrolière du Royaume d'augmenter d'environ 2 à 3 % en 2021 après être tombé à 8,8 millions de barils par jour (bpj) au troisième trimestre 2020, contre près de 10 millions bpj en 2019. Toutefois, la croissance restera tiède, principalement du fait de l'assainissement budgétaire qui sera la clé de la demande intérieure. Bien que le gouvernement ait introduit un plan de relance budgétaire s'élevant à 2,8 % du PIB en mars 2020, les dépenses courantes ont été rationalisées et davantage de recettes non pétrolières ont été collectées afin d'alléger en partie la pression exercée sur les finances publiques. Cela pèsera sur les résultats de la croissance, car les dépenses publiques représentent près d'un quart du PIB. Cela ralentira également le processus de diversification économique dans le cadre de la Vision 2030, qui repose essentiellement sur les dépenses publiques. En outre, la baisse de confiance des consommateurs et le triplement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui passera de 5 % à 15 %, freineront la demande intérieure. Toutefois, les secteurs de la construction et de la distribution devraient connaître un léger redressement, en raison de la mobilité accrue et du soutien apporté par les pouvoirs publics pour encourager l'accession à la propriété. Cependant, à moins d'une reprise du tourisme et des voyages dans le monde, la demande mondiale de pétrole devrait rester faible, ce qui exercera des pressions à la baisse sur la croissance. Cela maintiendra également la confiance des entreprises à un faible niveau et pèsera sur l'investissement privé. En conséquence, les investissements, qui se sont contractés au cours des trois trimestres qui ont précédé le deuxième trimestre 2020 sur une base annuelle, resteront faibles.

 

Une dynamique budgétaire plus vulnérable malgré de solides actifs étrangers

La pandémie de COVID-19 puis la chute drastique des prix du pétrole qui en a résulté ont entraîné une aggravation extrême du déficit budgétaire en 2020 qui devrait rester élevé en 2021 puisque les recettes pétrolières représentent plus de la moitié des recettes fiscales totales. Néanmoins, la mise en œuvre de mesures d'assainissement budgétaire destinées à collecter davantage de recettes non pétrolières et à réduire les dépenses (triplement de la TVA, réduction de certains investissements publics, suspension des indemnités de vie chère, etc. ) contribuera à réduire le déficit. Comme les prix du pétrole ne devraient augmenter que modérément, la politique budgétaire devrait rester rigoureuse au cours de la période à venir. Le déficit devrait être financé principalement par l'émission de dette sur le marché intérieur. Le déficit peut être en partie couvert par les réserves de change qui avoisinent les 450 milliards de dollars (près de 30 mois d'importations). Les réserves de la banque centrale ont été affectées par un transfert d'un montant de 40 milliards de dollars au Fonds d'investissement public (FIP) en mars et avril 2020. La dette publique augmentera du fait du déficit budgétaire plus important, mais restera gérable par rapport à la production nationale.

La balance des comptes courants restera également déficitaire du fait de la hausse modérée du prix et de la demande de pétrole, qui représente environ 70 % des exportations totales de marchandises du Royaume. Après avoir chuté de 23 % au premier semestre 2020, les exportations non pétrolières (essentiellement des matières plastiques et des produits chimiques) devraient augmenter grâce à la reprise de la croissance mondiale. Toutefois, les recettes du tourisme (environ 2 % du PIB) auront besoin de plus de temps à cause de la pandémie de COVID-19. Le déficit des comptes courants ne fera donc que se réduire. D'autre part, même si les importations augmentent progressivement, l'assainissement budgétaire pèsera sur la demande d'importations de biens d'équipement et de consommation. Le compte financier devrait rester déficitaire en partie à cause des sorties de capitaux des résidents (estimées à environ 80 milliards de dollars), soutenues par des tensions régionales accrues, la faiblesse des prix du pétrole et une croissance économique lente.

 

Le statu quo politique devrait se maintenir dans un contexte de difficultés croissantes

Lors de sa campagne, le président américain Joe Biden a déclaré que son administration visera à renforcer et à étendre l'accord sur le nucléaire avec l'Iran (considéré comme une menace pour la stabilité régionale par le Royaume), un sujet complexe dont la résolution nécessitera du temps. Il a également déclaré qu'il mettrait fin à son soutien à la guerre au Yémen, où la coalition militaire dirigée par les Saoudiens affronte les Houthis soutenus par l'Iran depuis des années. Toutefois, l'Arabie saoudite continuera à être un partenaire essentiel des États-Unis dans la région. Avec la levée en janvier 2021 du blocus de trois ans imposé par l'Arabie saoudite et trois autres pays sur le Qatar, toute normalisation avec la Turquie permettrait d'apaiser les tensions régionales. Sur le plan intérieur, l'assainissement budgétaire basé sur la réduction des aides sociales et l'augmentation des impôts va entraîner une baisse des revenus des ménages, ce qui rend le maintien du niveau de vie plus coûteux pour la population. Malgré un éventuel mécontentement social, aucune instabilité politique n'est attendue à court terme.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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