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Cambodge

Cambodge

Population 16,5 millions
PIB par habitant 1 620 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 7,5 7,1 -1,6 6,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,6 1,9 1,7 2,0
Solde public / PIB (%) -1,4 -1,4 -3,1 -2,5
Solde courant / PIB (%) -12,2 -15,0 -22,0 -17,0
Dette publique / PIB (%) 28,6 29,5 35,0 30,6

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Industrie textile dynamique
  • Secteur touristique dynamique à fort potentiel
  • Réserves d'hydrocarbures en mer (pétrole et gaz)
  • Appui financier de donateurs bilatéraux et multilatéraux
  • Intégré dans un réseau régional (ANASE)
  • Population jeune (50 % de la population de moins de 22 ans)

POINTS FAIBLES

  • La part élevée de l'agriculture dans l'emploi et le PIB rend l'économie vulnérable aux conditions météorologiques
  • Sous-développement des réseaux d'électricité et de transport
  • Manque de main-d'œuvre qualifiée
  • Dépendance à l'égard des financements concessionnels en raison de la faiblesse des ressources fiscales
  • Insuffisances importantes en matière de gouvernance, niveaux élevés de corruption
  • Le taux de pauvreté reste élevé ; faibles niveaux de dépenses de santé et d'éducation

Appréciation du risque

Une reprise économique attendue

Le Cambodge, bien que peu touché par la pandémie en terme sanitaire, a été fortement impacté au niveau économique. La croissance devrait rebondir en 2021, après une contraction sans précédent en 2020, qui a plongé le pays en récession. Le Cambodge est très dépendant de ses exportations de biens et services (environ 60% du PIB en 2019) telles que celles de textile habillement et d’articles de voyages (75% du total). Elles ont baissé (-13% en 2020 en glissement annuel, selon une estimation de la Banque Asiatique de Développement) en raison de la pandémie entraînant un double choc d’offre et de demande. Le tourisme, autre pilier de l’économie cambodgienne (environ 18,7% du PIB), a également été fortement touché en conséquence des restrictions de déplacements induites par la crise. Ce secteur devrait reprendre timidement et graduellement en 2021 en conséquence de la deuxième vague.  Dans ce contexte, le déficit de la balance courante s’est creusé de manière spectaculaire en 2020. Il devrait se réduire en 2021 en raison d’un redressement des exportations. Par ailleurs, l’économie cambodgienne a été affectée par la baisse des IDE dont 40% proviennent de Chine. En effet, la construction, représentant un tiers du PIB, est portée par les IDE qui ont subi une baisse significative (-49% au premier semestre 2020 en glissement annuel). Or, la reprise des IDE, demeure incertaine pour 2021. La baisse des IDE pourrait également avoir une incidence sur le déficit de la balance courante qu’il finance en grande partie. Afin de financer ce déficit, le Cambodge pourrait avoir besoin de financements extérieurs concessionnels, notamment chinois. Enfin, la demande intérieure, en premier lieu la consommation des ménages, a largement diminué en conséquence des mesures prises pour lutter contre la pandémie et la baisse d’activité. En 2021, elle devrait reprendre graduellement et timidement. Les investissements publics continueront de concerner principalement l’éducation, mais à un niveau moindre que l’année précédente dans un contexte de baisse générale des investissements publics au Cambodge.

 

Un déficit public et une dette publique accrus par la crise

Le gouvernement a pris des mesures dès février 2020 afin de soutenir l’économie. Ces mesures visaient à aider des secteurs essentiels comme ceux du tourisme, du textile ou de l’aviation, ainsi que les entreprises. De plus, un budget de 400 millions de dollars a été débloqué pour des aides sociales dont 300 millions de dollars pour des transferts monétaires vers les ménages les plus pauvres et les plus vulnérables. Les difficultés du textile et de la construction ont impacté les recettes de l’état, tandis que l’ensemble des mesures financières de soutien estimées à plus de 800 millions de dollars (3,2% du PIB 2019) ont augmenté les dépenses, creusant le déficit public. Afin de financer ce dernier, et malgré l’augmentation de l’aide multilatérale et bilatérale, la dette publique devrait s’alourdir. Le déficit public et la dette publique devraient légèrement se réduire en 2021, mais ne retrouveront pas leur niveau d’avant-crise. Par ailleurs, le taux d’endettement du secteur privé, en particulier des ménages, est particulièrement élevé, y compris parmi les gens modestes qui recourent à la microfinance et aux prêteurs informels. Aussi, la montée du chômage, l’augmentation du taux de pauvreté, la baisse d’activité dans la construction et l’immobilier, dans lesquels se concentre le crédit, pourraient impacter la stabilité du secteur financier en 2021. Cela pourrait conduire à des défauts de paiement, ainsi qu’à une baisse des dépôts, très majoritairement en dollars.

 

Tensions sociales et sanctions commerciales

Le premier ministre Hun Sen est à la tête du pays depuis 35 ans. Son Parti du peuple cambodgien (PPC), parti conservateur de droite, dispose de l’ensemble des sièges à l’Assemblée nationale. Le gouvernement fait face à l’augmentation des protestations contre la corruption et les arrestations d’opposants. Le mécontentement est exacerbé par la sévérité dans l’application de mesures de lutte contre la pandémie et la baisse de l’activité économique qui a entraîné une augmentation du taux de chômage et de la pauvreté. En réponse, le gouvernement intensifie la répression. Cela pourrait fortement peser sur la stabilité sociale et politique du pays. Les relations avec les partenaires occidentaux traditionnels, l'UE et les États-Unis, se sont détériorées depuis les élections nationales en 2018, lorsque la répression de l'opposition politique et des médias locaux a suscité des critiques internationales. En mai 2020, l’UE a mis en œuvre des sanctions commerciales, revenant sur l’accès préférentiel du Cambodge au marché européen dans le cadre du programme Tous Sauf les Armes (TSA). Une partie de ses exportations est désormais soumises aux droits de douanes communs de l’UE. Cela constitue un risque pour l’économie cambodgienne qui a expédié 26,8 % de ses exportations vers les marchés européens en 2019, dont plus de 90 % ont été exemptées de taxes douanières. Les États-Unis ont également menacé de prendre une série de sanctions à l'encontre de responsables du gouvernement, ainsi que de retirer les accords commerciaux préférentiels qu'ils avaient accordés au Cambodge. En réponse, le Cambodge a redoublé d'efforts pour resserrer ses liens avec la Chine, qui est devenue son principal partenaire commercial. Ils ont signé un accord de libre-échange (RCEP) le 15 novembre 2020. Cependant, sur le court terme, le Cambodge devrait rester très dépendant de l’Union Européenne et des États-Unis, ses principaux clients.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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