Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Cameroun

Cameroun

Population 24,9 millions
PIB par habitant 1556 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,5 4,1 4,2 4,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,6 1,1 2,1 2,2
Solde public / PIB (%) -4,5 -3,3 -3,1 -2,3
Solde courant / PIB (%) -2,7 -3,7 -3,7 -3,5
Dette publique / PIB (%) 37,6 39,3 39,5 39,1

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources agricoles, pétrolières et minières
  • Économie diversifiée, comparée à celle d’autres pays exportateurs de pétrole
  • Modernisation des infrastructures en cours
  • Appartenance à la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) et à la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC)

POINTS FAIBLES

  • Comptes extérieurs et publics dépendants des hydrocarbures
  • Croissance peu « inclusive » et environnement des affaires encore difficile
  • Risque politique accru : insécurité dans l’Extrême-Nord du pays et tensions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest entre la minorité anglophone et le régime (majoritairement francophone)

Appréciation du risque

Le gaz et la construction soutiennent l’activité

En 2020, la croissance devrait rester solide, portée par les secteurs non-pétroliers. En effet, le déclin de la production de pétrole, consécutif à la faiblesse de l’investissement dans de nouveaux projets depuis 2014 et à l’épuisement des ressources, se poursuivra. Il sera, néanmoins, compensé par la montée en puissance de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’unité offshore d’Hili Episeyo au large de Kribi. Le secteur secondaire devrait bénéficier du dynamisme de la construction, grâce aux investissements dans de nombreux projets d’infrastructure, tels que l’extension du port en eaux profondes de Kribi ou la construction de la centrale hydroélectrique de Nachtigal (PPP avec EDF et l’IFC). Les infrastructures de transport, en particulier routier, bénéficieront aussi des investissements réalisés dans l’optique d’organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football en 2021. L’augmentation de la capacité électrique du pays devrait se poursuivre, notamment grâce à la mise en service du barrage hydroélectrique de Lom-Pangar en juin 2019, dynamisant non seulement le secteur de l’énergie, mais aussi les activités manufacturières, de transformation du bois et l’agro-industrie. Cette dernière soutiendra la production agricole, qui bénéficiera aussi des efforts entrepris pour améliorer la productivité du secteur (introduction de variétés à plus hauts rendements, notamment). Cependant, la production de café et de cacao, principalement localisée dans les régions anglophones, devrait continuer à pâtir de la crise politique persistante. Les effets de celle-ci devraient aussi se faire ressentir sur l’activité industrielle, presque à l’arrêt dans ces régions. Les secteurs de services, devraient se montrer dynamiques en 2020 (en particulier en ce qui concerne les services financiers et bancaires).

 

Difficultés budgétaires persistantes

La consolidation des comptes publics devrait se poursuivre, dans le cadre de la Facilité étendue de crédit (FEC) de 2 % du PIB sur trois ans accordée par le FMI mi-2017. Alors que les recettes pétrolières poursuivront leur déclin, les recettes non pétrolières progresseront grâce à l’augmentation des recettes liées au GNL et à des réformes visant à supprimer les niches fiscales, notamment via la réduction des exemptions de TVA (1,7 % du PIB). Les dépenses sécuritaires liées, notamment, au conflit en cours dans les régions anglophones, continueront néanmoins d’exercer des pressions sur le budget. Le recours à l’endettement extérieur non concessionnel pour financer certains projets a dégradé le profil de risque de la dette.

Le solde courant ne s’améliorera que marginalement en 2020. La balance commerciale demeurera déficitaire, malgré des exportations de GNL et de bois dynamiques, en raison d’importations massives de biens d’équipement et de services, nécessaires à la réalisation des projets. Les exportations agricoles pâtiront du recul de la production dans les régions anglophones. De plus, la fermeture de l’unique raffinerie du pays (SONARA), suite à un incendie en juin, contraint le pays à augmenter ses importations de carburant jusqu’à la récupération de la capacité opérationnelle. Les flux d’IDE (2 % du PIB), malgré leur augmentation pour financer les projets d’infrastructures, notamment au titre des partenariats public-privé, ne seront pas suffisants pour financer le déficit courant, et le pays devra avoir recours à l’endettement. Outre le soutien du FMI via la FEC, les emprunts seraient principalement contractés auprès de bailleurs de fonds multilatéraux.

 

Le « Sphinx d’Etoudi » face au défi de la crise anglophone

Au pouvoir depuis 1982, Paul Biya a été reconduit, à 86 ans, pour un septième mandat consécutif, avec plus de 71 % des voix, lors des élections présidentielles d’octobre 2018. Les accusations de fraude et les contestations du résultat n’ont pas ébranlé la domination de celui qui est surnommé le « Sphinx d’Etoudi » pour la rareté de sa parole. Néanmoins, la chute de 14 points du taux de participation (54 %) par rapport à celle de 2011 témoigne du morcellement croissant du pays : les régions anglophones (Sud-Ouest, Nord-Ouest) étant marquées par une abstention de 90 %. Ce faible engagement est le résultat d’une dégradation de la situation politique et sécuritaire dans ces régions depuis la fin de l’année 2016. Les affrontements entre l’armée et les séparatistes se sont intensifiés en 2018 et ont poussé plus de 530 000 personnes à l’exil. Les violations des droits de l’Homme commises par l’armée sont décriées de manière croissante par la communauté internationale et ont motivé le retrait du Cameroun du régime de l’AGOA par les États-Unis en novembre 2019, envoyant un message politique fort. La stabilité souffre également de l’activité du groupe islamiste terroriste Boko Haram dans l’extrême-Nord. Les prochaines élections législatives, initialement prévues en novembre 2019, ont été repoussées à 2020 en raison du climat de tensions. Le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), devrait conserver la majorité, mais pourrait perdre du terrain face au mécontentement général, que le « grand dialogue national », organisé par le président fin septembre 2019, n’aura pas réussi à calmer. Maurice Kamto, principal opposant au pouvoir, emprisonné depuis sa participation à une marche contre le résultat de l’élection présidentielle, a été libéré dans un espoir d’apaisement.

Le climat des affaires souffre d’un environnement institutionnel et réglementaire complexe, comme en témoigne son 167e rang (sur 190 pays) dans le classement Doing Business 2020, et de la prévalence de la corruption.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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