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Djibouti

Djibouti

Population 1,0 million
PIB par habitant 3 482 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) 1,0 4,0 3,0 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,8 1,2 3,8 4,3
Solde public / PIB (%) -1,6 -1,9 -4,0 -2,6
Solde courant / PIB (%) 10,7 -1,0 -4,7 -3,2
Dette publique / PIB (%) 41,0 43,2 49,2 50,6

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Position géostratégique à l’entrée de la mer Rouge et soutien de la communauté internationale
  • Émergence du pays en tant que plateforme commerciale, logistique et militaire régionale
  • Afflux d’investissements directs étrangers
  • Processus de modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires, zones franches
  • Au cœur du projet de route de la soie de la Chine
  • Seul accès à la mer pour l’Éthiopie, où transite plus de 90 % de son commerce

POINTS FAIBLES

  • Risque élevé de surendettement
  • Dépendance à l’égard de l’Éthiopie et de la Chine
  • Importante économie informelle : grande pauvreté et chômage endémiques
  • Aridité du climat
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

Activité subordonnée au commerce éthiopien et aux projets d’infrastructures

En lien avec la situation géographique favorable, la reprise du commerce régional et international a fortement contribué au rebond de la croissance djiboutienne après la crise sanitaire. En 2023, l’activité du pays sera encore tirée par les activités autour de son port maritime international grâce à la croissance de la demande pour ses services logistiques et de transbordement. Cependant, avec plus de 80% du trafic de fret annuel du port de Djibouti à destination ou en provenance de l’Ethiopie, ses perspectives économiques sont alors fortement vulnérables à de possibles perturbations chez son voisin, notamment en raison des combats dans les provinces du Tigré et Amhara. Par ailleurs, le gouvernement poursuivra la mise en œuvre du plan de développement à long terme, Vision 2035, qui vise notamment à renforcer la position de Djibouti en tant que plaque tournante régionale du commerce et de la logistique. Ainsi, la croissance économique du pays sera aussi soutenue par la poursuite de différents projets d’infrastructures de transport et portuaires, financés à la fois par des investissements publics et étrangers. Parmi ces projets en cours se trouvent le réaménagement du port historique en centre d’affaires qui devrait générer plus de 27 000 emplois, et la poursuite du développement de la zone franche industrielle du port de Damerjog, avec la construction d’une nouvelle jetée pétrolière en lien avec l’Ethiopie. Néanmoins, avec les retombées de la guerre en Ukraine, l’activité du pays sera confrontée aux pressions inflationnistes qui pèseront sur la consommation des ménages étant donné sa dépendance aux importations de denrées alimentaires, d’énergie et de matières premières. Cette inflation restera tout de même limitée par l’arrimage de la monnaie djiboutienne au dollar américain.

 

Légère et conditionnelle réduction des déficits jumeaux

En 2023, en raison du conflit éthiopien et des retombées de la guerre russo-ukrainienne, la stabilisation financière de Djibouti devrait encore faire face à de sérieux défis. En effet, même si son déficit budgétaire devrait s’alléger en 2023, l’amélioration des recettes douanières et de transbordement dépendra de la situation éthiopienne, tandis que les dépenses publiques liées à l’atténuation des pressions inflationnistes via des programmes de subventions alimentaires et énergétiques destinés à protéger la population resteront élevées. De plus, le financement des infrastructures, jusqu’à maintenant, pèse lourdement sur la dynamique d’endettement, faisant même émerger un risque élevé de surendettement. La dette publique, presque entièrement extérieure, est essentiellement due à la Chine (70 % du total de la dette publique en 2021). Devant ce constat, le pays cherche à diversifier ses sources de financement, notamment auprès de créanciers multilatéraux. Néanmoins, la crise ayant provisoirement limité ses efforts d’assainissement budgétaire malgré les recommandations du FMI, Djibouti ne devrait pas pouvoir bénéficier d’un programme financé dans l’immédiat. En ce qui concerne les comptes extérieurs, le déficit commercial s’est creusé en 2022 en raison de la hausse des coûts d’importation du pétrole et des denrées alimentaires dont le pays est fortement dépendant. Celui-ci devrait cependant se réduire en 2023 pour autant que les cours des matières premières continuent de se tasser et que l’amélioration des conditions extérieures favorise les exportations de services, ce qui dépendra de l’évolution de la situation en Ethiopie. Les rapatriements de leurs bénéfices par les investisseurs étrangers continueront d’alimenter le déficit du compte des revenus. En revanche, celui des transferts restera excédentaire grâce à la location des terrains des bases et installations militaires étrangères (notamment par la France et les Etats-Unis) visant à lutter contre les activités terroristes dans la région. Ce déficit devrait principalement être financé par des emprunts extérieurs, particulièrement provenant de Chine, et, dans une moindre mesure, par des IDE. Cela devrait permettre d’épargner les réserves de change tombées à l’équivalent de seulement environ 1,3 mois d’importations sur 2022-23.

 

Une stabilité politique et sociale relative

Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a obtenu un cinquième mandat en remportant l’élection présidentielle en 2021 avec plus de 97% des voix, dans un scrutin boycotté par une large partie de l’opposition. La pauvreté généralisée, accrue par la détresse des réfugiés des pays voisins, les pressions inflationnistes, une aggravation de la crise alimentaire régionale et l'impact socio-économique persistant de la pandémie (avec un taux de vaccination atteignant à peine 22% en septembre 2022), pourraient attiser les frustrations. Néanmoins, la position autoritaire du gouvernement devrait dissuader toutes sérieuses protestations. Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre du plan de développement Vision 2035, qui a pour objectif de tripler le revenu par tête et d’améliorer les indicateurs de développement humain et social. L’environnement des affaires reste médiocre, souffrant notamment de la faiblesse de la gouvernance et de la corruption (128ème sur 180 en 2021, d’après Transparency International). A cet égard, le litige entre Djibouti et DP World, détenu par l’émirat de Dubaï, suite à la résiliation unilatérale en 2018 de sa concession du terminal à conteneurs de Doraleh, persiste. Enfin, la collaboration renouée entre l’Éthiopie et l’Érythrée, notamment dans le conflit au Tigré, après celle avec le Somaliland, pourrait peser sur les perspectives du pays, si l’Éthiopie venait à négocier des accords permettant de s’affranchir de sa dépendance aux ports de Djibouti.

 

Dernière mise à jour : Novembre 2022

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