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Djibouti

Djibouti

Population 1 million
PIB par habitant 1989 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 6,5 6,7 6,7  
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,7 0,7 1,0 2,5
Solde public (dons inclus) / PIB (%) -11,5 -6,1 -4,4 -2,1
Solde courant (dons inclus) / PIB (%) -30,4 -26,0 -19,9 -17,3
Dette publique * / PIB (%) 86,6 88,1 87,5 89,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dette garantie par l’État incluse.

POINTS FORTS

  • Position géostratégique à l’entrée de la mer Rouge et soutien de la communauté internationale
  • Émergence du pays en tant que plateforme commerciale, logistique et militaire régionale
  • Afflux d’importants investissements directs étrangers
  • Processus de modernisation des infrastructures

POINTS FAIBLES

  • Risque élevé de surendettement
  • Dépendance croissante à l’égard de l’Éthiopie et de la Chine
  • Importante économie informelle : pauvreté et chômage endémiques
  • Aridité du climat
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

Les investissements soutiennent une croissance non inclusive

En 2019, la croissance devrait rester forte, encore tirée par les nombreux nouveaux investissements (25 % du PIB), principalement étrangers, ainsi que par les retombées de ceux réalisés antérieurement par l’État, visant à faire du pays le principal centre logistique de la région, grâce à son implantation géographique stratégique. Le plus important est la zone franche de Djibouti (financée par la Chine), destinée à devenir la plus importante d’Afrique, et dont l’inauguration a eu lieu en 2018. L’installation prévue de plus de 20 entreprises, majoritairement chinoises, devrait dynamiser la croissance dès 2019 avec, la création de plus de 12 000 emplois et plus de 300 000 à terme. Cependant, le rythme de croissance des investissements pourrait pâtir d’une certaine crainte des investisseurs, conséquence, notamment, de la mise à l’écart unilatérale par le gouvernement de DP World dans la gestion du nouveau terminal de conteneurs du port de Doraleh et la nationalisation de ses parts (un tiers) en attendant un arrangement financier. Les autorités chinoises, premier investisseur du pays, ont été jusqu’à officiellement faire part de leur inquiétude après l’annonce de la possible remise en cause du monopole de gestion chinois sur la zone franche annoncée par le président Guelleh, ce qui menace la venue de certains investissements chinois dont la construction de deux aéroports dédiés au fret. Cela ne devrait pas freiner l’expansion de l’activité portuaire, renforcée par la nouvelle ligne ferroviaire Djibouti Addis-Abeba, mise en service en 2018. Djibouti représentant, pour le moment, le seul accès à la mer pour l’Éthiopie, le partenariat stratégique entre les deux permet à 90 % des exportations éthiopiennes de transiter par le pays. Le reste des investissements aura vocation à développer la production de sel, la pêche, les énergies renouvelables, ainsi que le tourisme et sera massivement assuré par le secteur privé. L’État étant déjà largement endetté, l’investissement public risque de se réduire. L’année 2019 devrait donc voir se creuser la dualité de l’économie entre une partie moderne – axée sur les services (le secteur tertiaire représente 77 % du PIB), notamment le transport, la logistique et la construction, qui profitent du commerce – et une partie informelle archaïque (60 % des entreprises, principalement individuelles, et de services). La population, largement dépendante de cette dernière, reflet d’une croissance encore peu inclusive, devrait, pourtant, profiter de la création d’emplois découlant des investissements. Le taux de chômage (près de 50 %) devrait donc connaître une baisse, qui, ajoutée à une inflation modérée (ancrage du Franc Djibouti au dollar), stimulera la consommation privée (près de 60 % du PIB).

Risque de surendettement malgré des efforts budgétaires

Les efforts d’assainissement budgétaire devraient se poursuivre en 2019. Le financement de projets infrastructurels, ces dernières années, a lourdement pesé sur les comptes publics et, devant le risque élevé de surendettement, la réduction du déficit apparaît comme une priorité. Alors que les dépenses d’investissement devraient se réduire, la hausse des dépenses courantes connaîtra une décélération. Les retombées des investissements effectués, ainsi que la meilleure perception des recettes fiscales, devraient permettre l’augmentation des recettes de l’État, mais insuffisamment pour retrouver l’équilibre budgétaire. Le large déficit courant devrait se réduire en 2019. Les exportations de biens et, surtout, de services, continueront leur croissance, tandis que les importations, majoritairement constituées de biens d’équipement, devraient décélérer, les investissements les plus importants ayant déjà été réalisés. Le déficit commercial structurel (25 % du PIB), devrait donc s’améliorer. En revanche, la hausse des revenus versés à l’étranger, qui découle des investissements, atténuera le surplus de la balance des revenus, obtenu par la présence de bases militaires étrangères. L’arrivée, encore massive, d’IDE en 2019, et qui financeront le déficit courant, participera à la transformation du pays en centre logistique régional. La dette publique, contractée, notamment, de manière non concessionnelle auprès d’EximBank China, restera à un niveau excessivement élevé et le service de la dette (11 % des recettes en 2017) pèsera lourdement sur les comptes publics.

Évolution des relations internationales aux conséquences incertaines

Le président Guelleh, au pouvoir depuis 1999 et réélu en 2016, a confirmé son emprise sur la vie politique locale avec la victoire de son parti, aux élections législatives de février 2018 (57 sièges sur 65). L’opposition, dont une partie a boycotté l’élection qu’elle jugeait opaque et truquée, semble marginalisée. Malgré la volonté de transformation du pays, l’environnement des affaires reste moyen (99e place au Doing Business). La gouvernance reste médiocre, notamment en termes de corruption (classé 148e), d’après la Banque Mondiale. Ces deux indicateurs, cumulés au fort endettement du pays, inquiéteront les investisseurs chinois et pourraient ralentir les relations commerciales et diplomatiques avec la Chine, sa principale créancière. Les relations avec l’Empire du milieu, qui ont connu leur paroxysme en 2017 avec l’installation d’une base militaire chinoise, pourraient pâtir de l’éventuelle nouvelle concurrence portuaire (la Somalie ou l’Érythrée, par exemple) sur cette route commerciale stratégique. La reprise des relations diplomatiques entre l’Érythrée et les autres pays de la corne de l’Afrique, pourrait, paradoxalement, peser négativement sur les perspectives du pays, si l’Éthiopie venait à négocier des accords permettant de s’affranchir de sa dépendance à Djibouti pour ses échanges commerciaux.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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