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Egypte

Egypte

Population 97,0 millions
PIB par habitant 2573 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,2 5,3 5,6 5,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 23,3 21,6 13,9 8,5
Solde public / PIB (%) -10,9 -9,8 -8,2 -7,5
Solde courant / PIB (%) -6,1 -2,4 -2,8 -3,0
Dette publique / PIB (%) 103,1 92,7 90,2 83,1

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique
  • Endettement extérieur limité
  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et de pays occidentaux
  • Gisements gaziers importants

POINTS FAIBLES

  • Pauvreté et chômage élevés
  • Persistance des défis sécuritaires, particulièrement dans le Sinaï
  • Déficits jumeaux
  • Système bancaire vulnérable au risque souverain
  • Faiblesse des exportations manufacturières

Appréciation du risque

Une croissance robuste, malgré un environnement extérieur moins porteur

Après avoir continué à se renforcer en 2019, la croissance devrait rester robuste en 2020, malgré un ralentissement imputable à l’affaiblissement de la demande extérieure. En particulier, celui de l’Europe, principale source de recettes d’exportations (y compris celles relatives au tourisme), devrait contribuer à cette modération de la croissance. La balance commerciale devrait, néanmoins, continuer à contribuer positivement, portée par l’expansion de la production de gaz naturel liquéfié (GNL), qui se poursuivra, grâce au gisement de Zohr (découvert en 2015). De nouvelles découvertes dans le golfe de Suez continueront de faire du pays une destination attractive pour l’investissement et soutiendront l’expansion du secteur. Plus globalement, l’amélioration du climat des affaires appuiera l’investissement. Il devrait rester le principal contributeur à la croissance, en dépit de la fin du programme FMI en juin 2019, qui a largement participé à restaurer la confiance des investisseurs. Outre le gaz, le programme de développement des infrastructures drainera aussi l’investissement. La construction restera dynamique avec, notamment, la poursuite de divers programmes de logements sociaux et l’établissement de la nouvelle capitale administrative à l’est du Caire. En revanche, la contribution de la consommation restera modérée. La consommation publique sera freinée par la poursuite des efforts budgétaires, tandis que celle du privé devrait continuer de souffrir de la pauvreté endémique et d’une inflation relativement élevée. La modération de celle-ci, particulièrement alimentaire, et le déclin du chômage devraient néanmoins soutenir le revenu des ménages.

 

Malgré des déficits jumeaux, une économie moins vulnérable

Lors de l’exercice budgétaire 2019/2020, le déficit budgétaire devrait continuer à se contracter. La poursuite de la réduction progressive des subventions aux carburants et à l’énergie devrait contribuer à l’allègement des dépenses. La dépense d’investissement en capital, pour soutenir les projets d’infrastructures, et la hausse de la masse salariale de l’État consécutive à la décision du président Sissi d’augmenter le salaire minimum pour les fonctionnaires devraient, en revanche, progresser. Outre les salaires, les dépenses courantes seront aussi grevées par les paiements d’intérêts élevés. Dans un contexte de croissance robuste, l’augmentation des recettes, également soutenue par la poursuite des réformes de l’administration fiscale et les recettes issues des privatisations, devrait néanmoins permettre une réduction du déficit. Il sera essentiellement financé par de l’endettement, particulièrement extérieur, alors que le stock de dette est essentiellement domestique. L’excédent budgétaire primaire (balance budgétaire hors service de la dette) et la croissance dynamique devraient permettre au ratio de dette sur le PIB de continuer son déclin et de réduire le risque de surendettement.

Le déficit de la balance courante devrait légèrement se détériorer. Malgré l’augmentation de la production de gaz naturel, qui devrait continuer à réduire la facture des importations énergétiques, les exportations devraient souffrir de l’affaiblissement de la demande extérieure. En conséquence, le déficit de la balance commerciale devrait rester élevé. L’excédent du compte des services pourrait souffrir d’un déclin des recettes touristiques, mais aussi d’une baisse des recettes du canal de Suez. Le ralentissement de l’économie mondiale pourrait également se ressentir sur les envois de fonds des travailleurs égyptiens expatriés et, ainsi, éroder la contribution positive de la balance des transferts. Les paiements d’intérêts contribueront encore au déficit du compte des revenus. Les flux d’IDE et d’investissements en portefeuille devraient permettre de financer le déficit du compte courant. Ceux-ci pourraient néanmoins être moins importants suite à l’achèvement du programme FMI. La réduction des déficits jumeaux ces dernières années a permis de reconstituer les réserves de change, permettant d’être mieux armé en cas de baisse des entrées de capitaux.

 

Le président Sissi joue les prolongations

Réélu président avec 97 % des voix en avril 2018, le président Abdel Fattah al-Sissi a vu ses attributions renforcées après l’adoption par référendum, en avril 2019, d’amendements constitutionnels, prévoyant, notamment, l’extension du mandat présidentiel de quatre à six ans, et lui ouvrant la possibilité de se présenter à un troisième mandat consécutif en 2024. Ce référendum, qui permet aussi un contrôle présidentiel direct des nominations judiciaires et consolide le rôle de l’armée, renforce la perception de la mainmise de l’exécutif sur la vie publique. Le contrôle de nombreux leviers économiques du pays par l’armée dégrade la perception du climat des affaires. Alors que la pauvreté reste largement répandue, la centralisation des pouvoirs aux mains du président et l’extension de son mandat pourraient s’agréger à une frustration sociale qui dispose de peu d’espaces pour s’exprimer. De rares manifestations anti-gouvernementales, bien que rapidement contenues, ont notamment éclaté fin septembre 2019. Par ailleurs, le régime égyptien garde un rôle pivot dans la stabilité régionale et la lutte contre le terrorisme, qui lui permettent de maintenir des relations étroites avec l’Europe et les États-Unis, mais aussi avec les Émirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite. Le gouvernement s’attache également à renforcer les liens avec la Russie et la Chine. Les relations avec l’Éthiopie continuent d’achopper sur la question de la construction du barrage Grand Renaissance en amont du Nil, dont dépend environ 90 % de son approvisionnement en eau potable.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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