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Géorgie

Géorgie

Population 3,7 millions
PIB par habitant 4346 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,8 4,7 4,6 -4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,0 2,6 4,5 4,0
Solde public / PIB (%) -0,5 -0,9 -2,5 -2,5
Solde courant / PIB (%) -8,8 -7,7 -6,5 -6,5
Dette publique / PIB (%) 45,1 44,0 43,0 42,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

 

  • Capacité de résistance aux aléas économiques régionaux
  • Potentiel agricole, minéral, hydroélectrique (quasi-autosuffisance électrique) et touristique
  • Soutien international, notamment de l’UE et du FMI
  • Position géographique stratégique (point de passage du pétrole et du gaz de la mer Caspienne)

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte sensible à la conjoncture régionale
  • Déficit commercial structurel, absence de tradition industrielle, faible diversification, et valorisation des exportations
  • Pauvreté rurale importante sur fond de chômage, de sous-emploi et de formation inadaptée
  • Faible productivité de l’agriculture : la moitié des actifs, mais 9 % du PIB
  • Insuffisance des infrastructures de transport entravant le tourisme et le transit
  • Faiblesse de l’éducation et de l’innovation
  • Forte concentration de la population dans la capitale (1/3)
  • Relations avec la Russie fragilisées par la situation en Abkhazie et en Ossétie du Sud
  • Gouvernance médiocre pour ce qui concerne la lutte contre la corruption, la qualité de la réglementation et l’efficacité des pouvoirs publics, moyenne pour l’État de droit et la redevabilité des autorités et le traitement de l’insolvabilité

Appréciation du risque

L’investissement entretient une croissance forte

L’investissement public et privé (34 % du PIB), tant domestique qu’étranger, dans les transports, l’hydroélectricité, le tourisme et l’agriculture devrait rester soutenu. Les acteurs privés sont confortés par les Accords d’association et de libre-échange conclus avec l’Union européenne et la Chine, ainsi que par la Facilité de crédit élargie de 285 millions de dollars sur trois ans accordée par le FMI en avril 2017. Les programmes d’investissements publics dans les infrastructures pour tirer profit de la position du pays et développer le tourisme, se poursuivent. Les autres composantes de la croissance seront moins allantes. Les exportations (cuivre, vin, spiritueux, eau minérale, ferro-alliages, noix, médicaments) seront confrontées à la méforme des économies européenne, russe et turque, non compensée par la vigueur des autres économies caucasiennes. De plus, la restriction imposée en 2019 sur le vin géorgien (10 % des exportations) par la Russie (de loin la première importatrice) pour des raisons « sanitaires » pourrait perdurer, tout comme l’interdiction des vols directs entre les deux pays affectant le tourisme (10 % du PIB en 2018), les visiteurs russes représentant 21 % du total. La consommation privée devrait progresser modérément. Les transferts d’expatriés (6 % du PIB), dont environ 60 % proviennent de Russie, stagnent du fait de la morosité de l’économie de cette dernière. Le taux d’épargne progresse en lien avec l’introduction en 2019 du nouveau système de retraite. Le crédit au secteur privé, avec un encours passé de 58 % à 66 % du PIB entre 2017 et 2019, a ralenti avec le renforcement des règles prudentielles. Dans le cadre de la « larization » de l’économie initiée en 2017 (63 % des dépôts et 56 % des crédits sont encore en dollar), les conditions d’octroi des prêts en devises ont été durcies. Le regain d’inflation résultant de l’impact de la dépréciation du lari sur les prix alimentaires et l’éloignement de la cible de 3 % ont conduit la banque centrale a remonté son taux directeur à 9 % en décembre 2019.

 

Performance budgétaire correcte, mais fragilité extérieure

La performance budgétaire est conforme aux prescriptions du FMI, tout en respectant le Plan en 4 points visant à accroître la productivité du travail, à tirer profit de la localisation du pays par le développement des infrastructures, à améliorer l’efficacité de l’administration et à donner au secteur privé un rôle plus important dans l’économie. Le déficit est faible et contenu. Les recettes sont dynamisées par la croissance et l’amélioration de la collecte. Hors éducatif et social, les dépenses courantes sont réduites afin de dégager plus de moyens pour les investissements publics qui continueront de progresser (leur financement est en partie couvert par des prêts multilatéraux). Dans ce contexte, le ratio de la dette au PIB dont 78 % sont détenus par des créanciers extérieurs, principalement publics, multilatéraux et bilatéraux devrait se stabiliser autour de 40 %. Cependant, la gestion médiocre des entreprises publiques aux engagements significatifs constitue un risque.

Le déficit courant reste élevé. Cela s’explique par le déficit massif des échanges de biens (25 % du PIB en 2018) lié, à la fois, à l’étroitesse de la base productive, aux importations de biens d’équipement et à la faible valorisation des produits exportés, ainsi que par la rémunération des investisseurs étrangers. Malgré les recettes touristiques, les revenus du transit des hydrocarbures azéris et les transferts des expatriés, le bouclage des comptes extérieurs dépend des investissements étrangers et des financements extérieurs tant privés que publics. La dette extérieure représentait 95 % du PIB (hors prêts intragroupes) fin 2018, dont 37 % à la charge de débiteurs publics. Les réserves officielles de change atteignaient l’équivalent de plus de trois mois d’importations.*

 

Relations orageuses avec la Russie qui soutient les régions sécessionnistes

Les tensions perdurent aux limites des régions qui ont proclamé unilatéralement leur indépendance (Abkhazie et Ossétie du Sud, 20 % du territoire et, respectivement, 160 000 et 50 000 habitants), soutenues par la Russie. Les relations commerciales entre la Géorgie et la Russie en sont les otages. Les mauvaises relations avec les deux régions sécessionnistes entravent les relations terrestres avec la Russie et compliquent la gestion de la centrale hydroélectrique d’Inguri dont le lac de retenue est en Géorgie et l’usine en Abkhazie. Au plan national, le parti « Rêve géorgien » (RG) dispose de 105 sièges sur 150 au Parlement, loin devant les autres partis. L’élection présidentielle de novembre 2018, la dernière à se tenir au suffrage universel direct, a vu la candidate franco-géorgienne Salomé Zourabichvili soutenue par le RG élue avec plus de 59 % des voix. Pourtant, en juin 2019, se sont déroulées de violentes manifestations contre le pouvoir auquel il a été reproché de ne pas avoir tenu ses promesses en termes d’élévation du niveau de vie, mais aussi le statu quo sur les régions sécessionnistes. Sous l’égide du très influent ancien Premier ministre et multimilliardaire Bidzina Ivanichvili qui a repris la présidence du RG depuis mai 2018, un nouveau gouvernement dirigé par Giorgi Gakharia est entré en fonction en septembre 2019. Cela n’a pas empêché de nouvelles manifestations au motif que la proportionnelle intégrale pour les prochaines élections législatives de fin 2020, promise par le nouveau gouvernement, a été abandonnée. Les électeurs sont las après 13 années de pouvoir pour RG et méfiants envers les partis traditionnels d’opposition : le Mouvement national uni, créé par le sulfureux ancien président Mikhail Saakachvili, et son dérivé Géorgie européenne.

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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