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Géorgie

Géorgie

Population 3,7 millions
PIB par habitant 4086 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,8 5,0 4,8 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,1 6,0 3,0 3,0
Solde public / PIB (%) -4,2 -3,8 -3,2 -3,0
Solde courant / PIB (%) -12,8 -8,9 -10,0 -10,0
Dette publique / PIB (%) 44,4 44,9 43,0 44,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Capacité de résistance à la conjoncture régionale
  • Potentiel agricole, minéral, hydroélectrique et touristique
  • Soutien international, notamment de l’UE et du FMI
  • Point de passage des hydrocarbures de la Caspienne
  • Système politique démocratique

POINTS FAIBLES

 

  • Petite économie sensible à la conjoncture régionale
  • Déficit commercial structurel
  • Pauvreté rurale importante
  • Faible productivité de l’agriculture : la moitié des actifs, mais moins de 10 % de la valeur ajoutée
  • Insuffisance des infrastructures entravant le tourisme et le transit
  • Relations avec la Russie fragilisées par la situation en Abkhazie et en Ossétie du Sud
  • D’après la Banque Mondiale, la gouvernance est médiocre pour ce qui concerne la lutte contre la corruption, la qualité de la réglementation et l’efficacité des pouvoirs publics, mais moyenne pour l’état de droit et le traitement de l’insolvabilité

Appréciation du risque

L’investissement entretient une croissance forte

L’investissement public et privé, tant domestique qu’étranger, dans les transports, l’hydroélectricité, le tourisme et l’agriculture devrait rester soutenu. Les acteurs privés sont confortés par les Accords d’association et de libre-échange conclus avec l’Union européenne, ainsi que par la Facilité de crédit élargie de 285 millions USD sur 3 ans accordée par le FMI en avril 2017. Les programmes d’investissements publics destinés à moderniser et à développer les infrastructures du pays, comme la réalisation du port d’Anaklia en eaux profondes sur la mer Noire, se poursuivent. Les exportations (cuivre, vin, spiritueux, eau minérale, ferro-alliages, noix, médicaments) devraient encore profiter de la bonne tenue de l’économie russe, ukrainienne et des autres pays du Caucase, même si celles de métaux et de boissons verront leur progression entravée par les problèmes de l’économie turque. Les recettes touristiques (18,4 % du PIB en 2017) devraient encore progresser avec l’augmentation du nombre de visiteurs russes. Les performances pourraient être accrues en cas d’accord sur l‘établissement de corridors commerciaux avec la Russie à travers les régions sécessionnistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. La consommation privée devrait progresser modérément, même si les ménages continueront de bénéficier des transferts d’expatriés (8 % du PIB), dont environ 60 % proviennent de Russie, des retombées du tourisme, et d’une inflation toujours modérée. Le crédit au secteur privé, avec un encours passé de 55,3 % à 61,4 % du PIB entre juillet 2017 et août 2018, devrait ralentir avec le renforcement des règles prudentielles. Malgré la forte dollarisation de l’économie, les banques ont résisté à l’épisode de forte dépréciation du lari en 2015, puis à ses accès de faiblesse ultérieurs liés à ceux du rouble et de la livre turque. La dé-dollarisation, encouragée par les autorités qui peuvent faire état de la crédibilité de leur politique monétaire et de leur maîtrise de l’inflation, se poursuit : 55 % des prêts et 62 % des dépôts étaient encore libellés en dollars américains en septembre 2018.

Laborieuse consolidation budgétaire et permanence du déficit courant

L’accord avec le FMI comporte un engagement de consolidation budgétaire. Cependant, la réduction du déficit public est laborieuse. En effet, même si les dépenses courantes sont mieux maîtrisées, les investissements publics (réseau électrique, routes, assainissement, adduction d’eau, irrigation) demeurent prioritaires et continueront de progresser (étant précisé que leur financement est en partie couvert par des prêts multilatéraux). Toutefois, l’augmentation du produit intérieur devrait stabiliser le ratio de la dette dont 80 % sont détenus par des créanciers extérieurs, principalement publics, multilatéraux et bilatéraux. La gestion médiocre des entreprises publiques aux engagements significatifs constitue un risque.

Sur fonds de renchérissement du prix de l’énergie, le déficit courant restera élevé en 2019. Cela s’explique, à la fois, par le déficit massif des échanges de biens (25 % du PIB en 2017), lié à l’étroitesse de la base productive, aux importations de biens d’équipement et à la faible valorisation des produits exportés, ainsi que par les sorties des revenus d’investissement étrangers. Les recettes touristiques, les revenus du transit des hydrocarbures azéris (13 % du PIB à eux deux) et les transferts des expatriés permettent, au final, de limiter le déficit courant à 10 % du PIB. Le financement de ce déficit est assuré par les investissements étrangers (11 % du PIB), notamment dans le transport, l’immobilier, les télécommunications et la finance, ainsi que par l’endettement extérieur. La dette extérieure représentait 98 % du PIB (hors prêts intragroupes) fin juin 2018, dont 37 % à la charge de débiteurs publics.

Liens avec la Russie qui soutient les régions sécessionnistes

Les tensions perdurent aux limites des régions ayant proclamé unilatéralement leur indépendance (Abkhazie et Ossétie du Sud, avec respectivement 160 000 et 50 000 habitants), soutenues par la Russie. Pourtant, la Géorgie et la Russie ont repris leurs relations commerciales, la première étant une source importante de boissons pour la seconde, et la seconde à l’origine d’importants transferts d’expatriés et de recettes touristiques pour la première. Par contre, les mauvaises relations avec les deux régions sécessionnistes entravent les relations terrestres avec la Russie.

Au plan national, le parti « Rêve géorgien » (RG) dispose depuis les élections législatives d’octobre 2016 de 115 sièges sur 150, loin devant les autres partis, le dispensant de rechercher des alliés pour gouverner comme lors de la précédente législature. L’opposition n’a pas profité des manifestations du printemps 2018 qui ont conduit en juillet à la formation d’un nouveau gouvernement conduit par le Premier ministre Mamuka Bakhtadze. Par ailleurs, le toujours très influent ancien Premier ministre et multimilliardaire B. Ivanichvili a repris la présidence du RG depuis mai 2018. Enfin, conformément à la nouvelle constitution adoptée en 2017, prévoyant aussi le passage au scrutin proportionnel pour les législatives de 2024 et à un régime parlementaire, l’élection présidentielle d’octobre 2018 est la dernière à s’être tenue au suffrage direct. Elle a vu la candidate franco-géorgienne Salomé Zourabichvili soutenue par le RG élue avec plus de 59% des voix. L’opposition a refusé de reconnaître le résultat arguant d’une utilisation abusive des ressources de l’État. 

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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