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Honduras

Honduras

Population 9,4 millions
PIB par habitant 2 524 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,8 3,7 3,2 2,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,9 4,8 4,9 4,7
Solde public / PIB (%) -0,8 -0,9 -0,9 -0,8
Solde courant / PIB (%) -1,8 -4,2 -4,2 -4,5
Dette publique * / PIB (%) 39,9 41,8 42,1 42,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Secteur public non-financier

POINTS FORTS

  • Relations privilégiées avec les États-Unis (accords commerciaux préférentiels)
  • Ressources agricoles, minières et touristiques
  • Sous programme du FMI jusqu’en 2021

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture américaine (exportations, IDE et remises des expatriés)
  • Dépendance aux importations de carburants et de céréales (le maïs est l’aliment de base)
  • Forte criminalité et corruption sur fond de pauvreté et de trafic de drogue
  • Informalité élevée de l’économie : 70 % des actifs sont concernés

Appréciation du risque

Des facteurs extérieurs pèsent sur la croissance

En 2020, l’activité sera moins dynamique, exposée au ralentissement américain et à un cours du café encore trop morne. Le secteur agricole, 14 % du PIB en 2018, continuera de souffrir du contrecoup de la chute du cours du café en 2018 due aux surplus de production au Brésil. La baisse de production brésilienne, en 2020, devrait permettre de faire remonter les prix en fin d’année, sans toutefois suffire à provoquer une véritable reprise de la filière dans le pays, les plants de café étant encore fortement touchés par l’épidémie de rouille des feuilles. L’industrie hondurienne, principalement orientée vers la production de biens intermédiaires dans les maquilas (usines dédiées à l’export), devrait pour sa part souffrir de la baisse de la demande américaine. Seront principalement touchés les produits textiles, première exportation du pays, ainsi que les biens d’équipement. L’activité sera moindre dans la construction, à la suite du report de différents projets d’infrastructures publiques lié aux difficultés de la Compagnie nationale d’électricité qui pèsent sur les finances publiques. Le fort potentiel touristique continuera d’être sous-exploité du fait du haut niveau de violence liée au narcotrafic.

La consommation privée, qui compte pour plus de 90 % du PIB, devrait être affectée par le moindre dynamisme des remises des travailleurs expatriés alors qu’entre en vigueur au 1er janvier 2020 la révocation du Temporary Protected Status décidée par l’administration Trump. Bien que ne touchant qu’une faible partie des migrants honduriens installés aux États-Unis (8,7 %), cette mesure, couplée au durcissement de la politique migratoire américaine et au ralentissement de l’économie américaine, devrait limiter la croissance de ces flux de devises, dont les États-Unis sont la principale source. La consommation devrait cependant continuer d’être soutenue par une forte croissance du crédit (+ 14,3 % fin 2018), plus particulièrement en dollar US. Le risque de dollarisation de l’économie sera l’un des éléments suivis par la banque centrale pour ses décisions de politique monétaire, en parallèle du suivi de l’inflation qui devrait continuer dans la fenêtre cible de la banque centrale (4 +/- 1 %). La moindre activité économique devrait mener à l’assouplissement de la politique monétaire avec une première baisse de 0,25 points de base du taux directeur à 5,50 % en décembre 2019.

 

Une santé budgétaire soutenue par le FMI mais des comptes extérieurs plus vulnérables

Depuis l’obtention de la première Facilité élargie de crédit du FMI en 2014, pour trois ans, de nombreux efforts ont été entrepris pour assainir les comptes publics, permettant la signature d’un second accord en juillet 2019 pour continuer les réformes. La Loi de responsabilité fiscale fixe à 1 % le déficit public non-financier, un objectif qui a pu être respecté à nouveau en 2019, malgré les difficultés financières de la Compagnie nationale d’électricité (ENEE) qui pèsent sur le budget de l’État. L’aide de 311,3 millions USD accordée par le FMI sur deux ans sera, par conséquent, principalement dédiée à la mise en place des réformes nécessaires pour rendre viable cette compagnie. Dans ce contexte, le risque sur la dette, à 60 % concessionnelle, reste faible, en deçà des niveaux observés chez les pairs.

Le déficit courant devrait augmenter en 2020, en lien avec la baisse des exportations qui creusera le déficit commercial. Les remises des expatriés, moins dynamiques en 2020, ne permettront pas de compenser ce déficit, ni celui de la balance des revenus, déficitaire du fait du rapatriement des dividendes des entreprises étrangères. La balance des paiements sera équilibrée par les IDE dirigés vers le secteur financier, l’assurance et les services aux entreprises, et les maquilas, ainsi que par les réserves en devises, qui demeurent à un niveau confortable, équivalent à 5,7 mois d’importations.

 

Un président affaibli face aux défis sociaux et diplomatiques

Suite à une élection controversée et une actualité marquée par des affaires de trafic de drogue dans son entourage, le président Juan Orlando Hernandez (Partido Nacional) bénéficie d’un très faible niveau de popularité. Son pouvoir est principalement préservé grâce à la division de l’opposition. Les projets de réformes des systèmes de santé et d’éducation ont provoqué de grandes vagues de protestations en opposition à une « tentative de privatisation de l’éducation et la santé », faisant peser le risque de nouvelles tensions sociales en 2020. À cela s’ajoutent les défis de la lutte contre la pauvreté (39 % des foyers vivent dans l’extrême pauvreté et seuls 25 % bénéficient de la sécurité sociale), la violence endémique associée au narcotrafic et la réintégration des candidats à l’émigration vers les États-Unis déboutés.

La question migratoire sera au centre des discussions avec les partenaires régionaux, ainsi qu’avec les États-Unis. En effet, la politique migratoire adoptée par Donald Trump vise à faire porter une responsabilité plus grande aux pays d’origine et de transit des migrants, et se concrétise par des pressions diplomatiques accrues pour la signature d’accords avec des pays tiers permettant d’y refouler les migrants et d’obliger ces derniers à y demander l’asile. Malgré des moyens trop restreints pour assurer la sécurité des migrants, le gouvernement hondurien n’a pu résister aux pressions de son principal allié commercial et un accord de rapatriement des migrants ayant transité par le pays pendant leur voyage vers les États-Unis a été signé en septembre 2019.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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