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Honduras

Honduras

Population 9,9 millions
PIB par habitant 2 397 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 2.7 -9.0 9,0 4.4
Inflation (moyenne annuelle, %) 4.4 3.5 4.0 3.7
Solde public / PIB (%) -0.9 -5.5 -6,0 -3.0
Solde courant / PIB (%) -1.4 3.0 -3.2 -3.6
Dette publique / PIB (%)* 46.5 54.9 58.7 59.7

(e) : Estimation (p) : Prévision *Ensemble du secteur public non financier

POINTS FORTS

  • Relations privilégiées avec les Etats-Unis (accord commercial préférentiel, présence militaire)
  • Ressources agricoles
  • Soutien des bailleurs internationaux

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture américaine (exportations, IDE et remises des expatriés)
  • Dépendance aux importations de carburants et de céréales
  • Forte criminalité et corruption sur fond de pauvreté, d’insécurité alimentaire et de trafic de drogue
  • Informalité élevée de l’économie : 70% des actifs sont concernés
  • Ressource fiscale encore trop faible (16 ,9% du PIB en 2020)

Appréciation du risque

Une croissance dépendante des Etats-Unis

La croissance sera portée par l’activité aux Etats-Unis et les travaux de reconstruction dans le pays suite aux deux tempêtes de fin 2020. Principal lieu de résidence des expatriés, le dynamisme de l’économie aux Etats-Unis soutiendra à nouveau les flux de remises migratoires (23,7% du PIB en 2020) et, par leur biais, la consommation des ménages (81% du PIB en 2020). La baisse du chômage sous le seuil des 10%, avec la reprise de l’activité, soutiendra cette consommation, tout comme une inflation contenue dans le centre de la fenêtre cible de la banque centrale (4 +/-1%). Cela devrait permettre à la banque centrale de poursuivre sa politique monétaire accommodante avec un taux directeur à 3% depuis fin novembre 2020. Toutefois, la bonne transmission entre le taux de la banque centrale et les taux d’intérêts bancaires reste soumise au renforcement du marché financier local. La demande publique restera forte compte tenu des nombreux projets de reconstruction suite aux destructions provoquées par les tempêtes et du prolongement de l’exemption à la loi de responsabilité budgétaire jusqu’en 2023. Les investissements devraient bénéficier des améliorations dans l’environnement des affaires apportées, notamment, par l’assainissement des comptes de l’entreprise publique d’électricité (ENEE) et le paiement des différents arriérés associés. De plus, la demande externe venue des Etats-Unis devrait soutenir la production manufacturière, notamment dans les maquilas, en équipements de protection médicale et produits textiles et habillement. Ces dernières bénéficieront d’un effet de base, alors que leur production, dans les premiers mois de 2021, avait été impactée par les destructions causées par les tempêtes. Ce même effet de base jouera dans l’accroissement de la production agricole, accompagné par une hausse des prix du café mais aussi de ceux du sucre due à la sécheresse au Brésil, principal producteur mondial. Le secteur touristique, encore largement sous développé, pourrait bénéficier de l’ouverture du nouvel aéroport international de Palmerola à Tegucigalpa, pour remplacer celui de Toncontín, réputé comme l’un des plus dangereux du monde.

 

Reprise des efforts d’assainissement des comptes publics mais un déficit courant en hausse

Sous programme FMI depuis 2019, le pays a obtenu une deuxième extension du programme en septembre 2021, après la première de juin 2020, et une extension de deux mois jusqu’en janvier 2022 pour accroître les efforts de reconstruction. Au total, le pays aura bénéficié de USD 773 millions d’aide de la part du Fonds, et devrait continuer de bénéficier de multiples financements d’organismes multilatéraux (Banque mondiale, Banque Interaméricaine de développement, Banque Centre-Américaine de Développement) et bilatéraux (notamment Etats-Unis). Une partie de ces fonds sera utilisée pour continuer à réformer le secteur public, notamment la refonte de l’entreprise publique d’électricité et la lutte contre les pertes techniques et les fraudes chez certains gros consommateurs. Déjà dans une situation financière compliquée avant la crise, l’entreprise d’électricité a dû faire face à une baisse de ses liquidités, alors que les consommateurs avaient de plus en plus de mal à payer leurs factures. Du point de vue des recettes, les récents développements de la numérisation de la collecte devraient permettre d’améliorer les rendements. Il en va de même avec la fin d’un grand nombre d’exemptions d’impôts pour les zones touristiques spéciales ou rurales, ainsi que les énergies renouvelables (le tout estimé à 1.5% du PIB). Cette hausse des recettes ne sera toutefois pas suffisante pour compenser les dépenses liées à la reconstruction, expliquant le prolongement jusqu’en 2023 de l’exemption à la loi de responsabilité fiscale qui fixe à 1% du PIB le niveau du déficit.

 

Du point de vue des comptes extérieurs, le compte courant verra son déficit s’accroître, augmentant le besoin en financement du pays. Le dynamisme des exportations agricoles (sucre, café, bananes, melon, pastèque) et manufacturières ne sera pas suffisant pour compenser la hausse des importations en bien de capital pour la reconstruction et une facture pétrolière tirée par des prix élevés du brut. Au déficit de la balance des biens s’ajoutent ceux des services (services commerciaux, tourisme) et des revenus primaires avec le rapatriement des dividendes issus des investissements étrangers. Les flux de remises des expatriés ne les compenseront que partiellement. Le reste du financement se fera via les investissements étrangers, les prêts multilatéraux, bilatéraux (aide des Etats-Unis dans le cadre des plans de lutte contre l’immigration illégale) et de potentiels tirages sur les réserves de change très confortables (sept mois d’importations fin 2021 avec le dernier versement du FMI).

 

Renouvellement au sommet de l'État

Les élections présidentielles de novembre 2021 ont donné une large victoire à la candidate de l’opposition de gauche Xiomara Castro (Libre), avec 51% des voix, face au candidat du parti sortant Nasry Asfura (Partido Nacional) qui a réuni 37% des voix. Sa victoire marque la fin d’une décennie de pouvoir pour le Partido Nacional après trois mandats présidentiels. Cependant, sans majorité au parlement à la suite des législatives simultanées, le parti Libre devra négocier avec les autres partis pour mener à bien son agenda de réformes sociales et des tensions sont à prévoir. La situation sera largement observée par les Etats-Unis qui redoutent une aggravation de la situation sociale qui pourrait favoriser l’accroissement des flux migratoires vers le grand voisin du Nord.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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