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Honduras

Honduras

Population 8,3 millions
PIB par habitant 2 766 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,8 4,8 3,7 3,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,7 3,9 4,8 4,5
Solde public / PIB (%) * -0,5 -0,8 -0,9 -0,9
Solde courant / PIB (%) -2,7 -1,7 -3,8 -3,9
Dette publique / PIB (%) * 39,9 40,3 40,8 41,3

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Secteur public non-financier

POINTS FORTS

  • Relations privilégiées avec les États-Unis (accords commerciaux préférentiels)
  • Ressources agricoles, minières et touristiques
  • Discussions avec le FMI pour renouveler le programme d’aide

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture américaine (exportations, IDE et remises des expatriés)
  • Dépendance aux importations de carburants et de céréales (le maïs est l’aliment de base)
  • Forte criminalité et corruption sur fond de pauvreté et de trafic de drogue
  • Informalité élevée de l’économie : 70 % des actifs sont concernés

Appréciation du risque

Une activité portée par la demande

La croissance devrait être stable en 2019 par rapport à l’année écoulée, portée par la conjoncture favorable aux États-Unis via les exportations et les remises des travailleurs expatriés. La baisse des exportations de café en 2017-2018, liée aux mauvaises conditions climatiques et au manque de main-d’œuvre, dans un contexte de cours bas, ne devrait pas perdurer en 2019. Ces exportations devraient repartir à la hausse, soutenues par une légère remontée des cours suite à la sécheresse au Brésil à l’automne 2018. Par ailleurs, les exportations de biens manufacturés (notamment textiles et électroniques) seront dominées par la production des maquilas, zones de production dédiées à l’export, et seront soutenues par le dynamisme de l’activité américaine (les États-Unis sont le premier partenaire du pays).

Le secteur de la construction devrait continuer de bénéficier des plans de développement des infrastructures publiques du gouvernement. Le plan Honduras 2020 devrait permettre de stimuler les investissements dans six secteurs clés (dont les activités de services de communication et touristiques, la production de biens intermédiaire et l’agrobusiness), malgré une mise en œuvre lente. L’incertitude politique à la suite des élections présidentielles contestées de novembre 2017 pèsera toutefois sur la confiance des investisseurs et sur celle des ménages.

La consommation privée devrait être dynamisée par des remises élevées en provenance des États-Unis liées au faible niveau du chômage sur place, alors que les conséquences de la révocation du Temporary Protected Status par l’administration Trump (50 000 personnes concernées, faible part des migrants honduriens aux États-Unis) à l’échéance 2020 restent encore incertaines. La politique monétaire restera accommodante (taux directeur à 5,5 % depuis 2016), favorisant la croissance du crédit (+9 % en 2017). L’inflation devrait être contenue dans la bande cible supérieure de la banque centrale (4 +/-1 %), portée par la hausse des prix du carburant.

 

Situation budgétaire assainie et un déficit courant financé par les IDE et les bailleurs internationaux

L’accord FMI sur trois ans, arrivé à échéance en décembre 2017, a permis d’assainir les dépenses publiques grâce à la mise en place d’une loi de responsabilité fiscale, fixant un plafond de 1 % de déficit pour le secteur public non-financier en 2020. Les nouvelles discussions pour renouveler le programme du FMI depuis août 2018 devraient permettre le maintien des objectifs de consolidation budgétaire en 2019. Le déficit devrait rester stable malgré la baisse de recettes liée à la mise en place de nouvelles exemptions d’impôts pour les entreprises et la diminution des taxes douanières collectées dans le cadre de l’union douanière avec le Guatemala et le Salvador. De nouvelles réductions du déficit restent conditionnées à la poursuite du projet de restructuration des compagnies nationales d’électricité (ENEE) et de télécommunication. Dans ce contexte, le risque sur la dette, à 60 % concessionnelle, reste faible.

Le déficit commercial devrait s’accroître alors que les importations augmentent avec la hausse des prix du pétrole et la demande en biens intermédiaires dans le secteur textile. La balance des revenus sera déficitaire du fait du rapatriement des dividendes des entreprises étrangères. Les remises des travailleurs expatriés, moins dynamiques que par le passé, ne compenseront que partiellement ces déficits et le solde courant devrait légèrement baisser. Il sera financé par les emprunts auprès des bailleurs internationaux et les IDE, dirigés vers le secteur des services de finance, d’assurance et les services aux entreprises, et ainsi que vers les maquilas. La lempira devrait continuer sur une tendance baissière, comme l’ensemble des monnaies émergentes, dans la limite d’une dépréciation de 7 % par rapport à la cible fixée par la banque centrale.

 

Une situation politique encore instable

Les élections présidentielles de novembre 2017 ont été remportées par le président sortant Juan Orlando Hernandez (Partido Nacional), avec une courte avance sur le candidat de l’opposition Salvador Nasralla (Alianza de Oposición contra la Dictadura). Critiqué pour son manque de transparence par différents organismes internationaux, le processus électoral a été suivi de plusieurs semaines de violence alors que l’opposition contestait les résultats malgré l’annonce officielle de la victoire de Hernandez par le Tribunal électoral. Un processus de dialogue national s’est ouvert en août 2018 sous l’égide de l’ONU pour tenter d’apporter une solution à la crise. Ces incertitudes politiques s’ajoutent aux défis posés par l’importante pauvreté (39 % des foyers vivent dans l’extrême pauvreté et seuls 25 % bénéficient de la sécurité sociale), la grande violence associée au narcotrafic (notamment avec les maras, des gangs armés), ainsi que la corruption (affaire Rosenthal de blanchiment d’argent du narcotrafic en 2015) et la question migratoire, limitant le développement du pays. Du point de vue des relations diplomatiques, un pas a été effectué vers plus d’intégration régionale avec la mise en place d’une union douanière avec le Guatemala et le Salvador. Un accord de libre-échange a aussi été signé avec la Corée du Sud.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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