Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Jamaïque

Jamaïque

Population 2,8 millions
PIB par habitant 5 193 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 1,5 0,7 1,2 1,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,3 4,4 3,4 4,2
Solde public * / PIB (%) -0,2 0,5 -0,1 0,8
Solde courant / PIB (%) -2,7 -4,6 -4,9 -4,2
Dette publique * / PIB (%) 113,6 101,0 97,4 92,5

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année 2019 allant du 1er avril 2019 au 31 mars 2020.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (bauxite, sucre, banane, café) et touristiques
  • Soutien financier des organismes multilatéraux
  • Importants transferts de la diaspora
  • Stabilité du cadre démocratique

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée
  • Vulnérabilité aux chocs externes (climat, conjoncture américaine, matières premières)
  • Dette publique très élevée et service de la dette inhibant la croissance
  • Forte criminalité, pauvreté

Appréciation du risque

Croissance faible, portée par le tourisme, le secteur minier et les investissements

Le secteur minier (bauxite) ainsi que les services (75 % du PIB), principalement ceux reliés au tourisme (construction, et transport), continueront d’être les fers de lance d’une croissance encore freinée par des goulots d’étranglement (criminalité, dette publique élevée, manque d’investissement et sensibilité aux chocs extérieurs, notamment climatiques). Ils recevront la majorité des investissements privés en 2019. Ces derniers devraient se développer grâce au niveau bas des taux d’intérêt de la banque centrale et l’introduction, courant 2019, du Micro Credit Act, visant à développer cette pratique parmi les PME du pays (97 % des entreprises de nourriture et de services). La volonté des entreprises étrangères d’externaliser une partie de leurs activités et la hausse graduelle du tourisme dans cette région du monde encourageront aussi le développement des IDE tandis que le rythme de croissance de l’investissement et des dépenses publiques devrait largement ralentir, la dette publique étant trop élevée. Le développement du secteur touristique, et des services de manière générale, devrait continuer de bénéficier à l’emploi. Le taux de chômage a reculé sous les 9 % pour la première fois, en 2018, notamment chez les jeunes, grâce à des créations d’emploi, mais aussi une baisse de la population active. La hausse des revenus qui en découle, cumulée à un niveau élevé de la confiance des ménages, à une inflation modérée (dans la cible de 4 à 6 % fixée par la banque centrale) et à une baisse des taux, permettra de dynamiser la consommation privée.

L’effet sur la croissance de la hausse des exportations, relative au développement du secteur minier (bauxite) et au maintien des prix de l’aluminium à un niveau élevé, devrait être effacé par le cours élevé du pétrole, dont le pays est importateur, et la hausse des importations relatives aux investissements. De mauvaises conditions météorologiques, réduiraient considérablement les exportations agricoles (sucre, banane, café).

 

Le programme d’austérité permet de réduire une dette publique encore lourde

Afin d’éviter que le gouvernement ne fasse défaut sur sa dette, le FMI a octroyé, en 2016, une aide de 1,6 milliard USD, demandant, en contrepartie, un programme d’assainissement des comptes publics. Les mesures d’austérité prises par le gouvernement devraient se poursuivre en 2019 et permettre, comme l’année dernière, d’obtenir un surplus primaire de 7 % du PIB. Malgré la deuxième étape du programme d’échange de dettes, négocié avec l’aide du FMI en 2013, ayant permis d’allonger la maturité des obligations et de réduire la valeur des coupons, le service de la dette sera suffisamment important pour que le solde public ne soit que légèrement positif, mais supérieur à 2018. La réussite de ce programme est, notamment, due à l’augmentation des recettes fiscales, grâce à la hausse de l’activité et de l’emploi et l’introduction de nouvelles taxes. Cela devrait se poursuivre en 2019 avec la révision de la loi sur les droits de douane. La meilleure maîtrise des dépenses participera, elle aussi, à la bonne santé fiscale. La poursuite de ces efforts est rendue possible par le soutien de la population. La baisse graduelle de la dette publique, qui reste à un niveau élevé, devrait donc se poursuivre, mais sera encore exposée au risque de change, la moitié étant libellée en devise étrangère.

Le déficit courant, contenu, devrait se réduire en 2019. La dégradation du déficit de la balance des biens (22 % du PIB en 2018) sera compensée par une hausse plus marquée du surplus des services (7,5 % du PIB) et le maintien à un niveau élevé des transferts des expatriés (15 % du PIB). Le dynamisme de ces transferts ainsi que de l’exportation de services touristiques, reste, cependant, sous le joug d’une conjoncture moins favorable dans les économies avancées, particulièrement aux États-Unis. Le flux entrant d’investissements, IDE ou de portefeuilles, devrait presque entièrement financer ce déficit courant.

 

Soutien populaire pour le gouvernement mais des défis à relever

Malgré les politiques d’austérité menées depuis 2016, année de son élection et de l’accord avec le FMI, le Premier ministre Andrew Holness et son parti (The Jamaica Labour Party) conservent le soutien populaire en raison de la relative bonne santé de l’économie et de l’emploi. D’ici aux prochaines élections de 2021, le gouvernement devra faire face aux défis de la criminalité et de la pauvreté, pour espérer l’emporter à nouveau.

Sur le plan géopolitique, le gouvernement devrait privilégier les relations avec les États-Unis, son principal partenaire commercial et source de transferts de fonds des travailleurs expatriés. Il devrait également concentrer ses efforts sur la coopération régionale pour lutter contre le trafic de drogue et la criminalité qui affectent l’environnement des affaires (75e au classement Doing Business) en raison du coût important que cela engendre pour les entreprises.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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