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Jamaïque

Jamaïque

Population 2,7 millions
PIB par habitant 5 103 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 1,1 -10,0 4,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,9 5,2 5,6 6,0
Solde public / PIB (%)* 0,9 -3,0 0,8 1,0
Solde courant / PIB (%) -2,0 -0,1 -1,6 -1,5
Dette publique / PIB (%)* 93,9 105,0 95,0 90,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2020 = 1er avril 2020 au 31 mars 2021

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (bauxite, sucre, banane, café) et touristiques
  • Soutien financier des organismes multilatéraux
  • Emplacement géographique stratégique
  • Importants transferts de la diaspora
  • Stabilité du cadre démocratique

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée et forte dépendance au tourisme
  • Vulnérabilité aux chocs externes (climat, conjoncture américaine, matières premières)
  • Dette publique très élevée et service de la dette inhibant la croissance
  • Forte corruption, criminalité et main-d'œuvre largement non qualifiée qui peut peser sur le moral des investisseurs

Appréciation du risque

Une reprise modérée portée par le tourisme

L’économie jamaïquaine, qui s’est lourdement contractée lors de la pandémie de COVID-19, du fait de sa forte dépendance au tourisme et des mesures de restriction de déplacement, continuera de façon plus modérée en 2022 sa reprise amorcée dès 2021. Celle-ci demeurera pourtant entravée, conséquence du faible pourcentage de la population vaccinée. En octobre 2021, seulement 11,8% de la population était vaccinée, et ce malgré le soutien de l’initiative COVAX porté par l’Organisation Mondiale de la Santé.

 
Ce faible taux de vaccination ne permettra qu’une reprise modérée de la demande intérieure. Le pays reste également exposé aux aléas climatiques rendant incertaine la production agricole et minière (respectivement 8% et 10% du PIB). En 2022, la croissance sera, alors, principalement portée par la demande extérieure et, plus particulièrement, par les recettes touristiques (35% du PIB et 58% des exportations totales en 2019), qui dépendront, néanmoins, de la fin définitive des restrictions de mobilité et du retour à la normal du trafic aérien. De plus, la vive demande mondiale pour les produits agricoles (sucre, café, cacao et vanille) et miniers (10% de la production mondiale de bauxite, minerai à la base de l’aluminium, et 8% de la production mondiale d’aluminium) contribuera également à cette reprise. En octobre 2021, les prix de l’aluminium et des produits agricoles avaient augmenté respectivement de 70% et 10% en un an. Couplé à la hausse du prix de l’énergie importée, cela devrait conduire à une hausse de l’inflation, malgré la hausse, amenée à se poursuivre, de son taux directeur de 0,5% à 1,5% par la banque centrale en 2021. Cette inflation pourrait impacter la consommation des ménages (76% du PIB en 2020) qui devrait progresser, après n’avoir été que faiblement soutenue par des mesures publiques lors de la pandémie. La baisse du chômage (8,5% en juillet 2021) et les flux de rémittences (20% en 2019) contribueront également à la consommation privée.

 

La Jamaïque s’appuiera alors sur son secteur touristique pour soutenir son offre, et sur le développement de sa plateforme logistique, qui est un des enjeux principaux du pays du fait de sa situation stratégique, de son réseau de transports et de télécommunications, et de l’élargissement du Canal de Panama de 2016. En effet, le gouvernement jamaïcain souhaite créer un réseau d'infrastructures intégrées couvrant l'air, la mer, le rail, la route et les zones économiques spéciales, afin de faire de l’île le quatrième nœud de la chaîne logistique mondiale. D’autres projets d’investissements publics se poursuivront avec le soutien de la Banque interaméricaine de développement, concernant la réduction de la pauvreté. L’investissement privé devrait également repartir, à travers des partenariats publics-privés, comme la modernisation de l’aéroport de Sangster à Montego Bay. Enfin, celui-ci devrait profiter du "Projet d'investissement prioritaire" lancé par le gouvernement, afin de faciliter davantage les projets privés à impact économique important.

 

Une dette publique lourde malgré des perspectives positives

Après un abandon limité et momentané de sa politique d’austérité pour faire face à la crise sanitaire et économique de la COVID-19, le gouvernement est retourné dès 2021 à une politique budgétaire plus restrictive afin de rétablir l’excédent budgétaire. Cela passe par une hausse des recettes provenant de la reprise de la production et de la consommation et par une baisse des dépenses, notamment avec l’arrêt des quelques mesures de soutien mises en place pour soutenir les ménages lors de la pandémie. Ce retour à l’excédent des finances publiques permet de renouer avec l’allègement du fardeau de la dette publique encore bien lourd. Ainsi en octobre 2021, l’agence de notation S&P a révisé les perspectives économiques de la Jamaïque de négatives à stables.

 

Enfin, après avoir été soutenu par un prêt d’urgence de 520 millions de dollars du FMI en 2020, le déficit courant se stabilisera, la reprise des importations et la hausse des prix des produits importés, en particulier du pétrole, contrebalançant la reprise très attendue du secteur du tourisme et des remises.

 

Une popularité du président en berne

Malgré un taux d’abstention record (63%) en raison de la crise sanitaire, le premier ministre Andrew Holness et son parti (The Jamaica Labour Party, JLP) s’étaient imposés pour un second mandat lors des élections législatives de septembre 2020, avec l’obtention de 49 sièges sur 63 au parlement. Pourtant, après avoir bénéficié d’un soutien populaire en raison de sa gestion initiale efficace de la crise, leur popularité a été extrêmement fragilisée fin 2021, du fait de la résurgence des cas de COVID-19 et de la dégradation des finances publiques. Un sondage datant de septembre 2021 a révélé que le premier ministre était approuvé par 42 % des Jamaïcains, soit une baisse de plus d'un tiers par rapport aux 65 % enregistrés en juillet 2020. Le principal défi pour 2022 sera de poursuivre la consolidation budgétaire entreprise sous les auspices du FMI depuis 2013, après un léger assouplissement en 2020 en conséquence de la crise. En outre, le gouvernement renforcera son action contre la criminalité armée, toujours le principal fléau, mais également contre la corruption et le manque de transparence.

 

Enfin, sur la scène internationale, le gouvernement devrait privilégier les relations avec les États-Unis, principal partenaire commercial et source de transferts de fonds des travailleurs expatriés. Il concentrera également ses efforts sur la coopération régionale, notamment pour lutter contre la criminalité et le trafic de drogue.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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