Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Jamaïque

Jamaïque

Population 2,9 millions
PIB par habitant 5 406 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 1,0 1,8 1,2 -5,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,4 3,7 3,6 4,6
Solde public / PIB (%) 1,0 1,8 0,3 0,1
Solde courant / PIB (%) -2,6 -1,9 -2,5 -2,8
Dette publique / PIB (%) 101,1 94,4 93,5 90,3

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année 2020 allant du 1er avril 2020 au 31 mars 2021.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (bauxite, sucre, banane, café) et touristiques
  • Soutien financier des organismes multilatéraux
  • Importants transferts de la diaspora
  • Stabilité du cadre démocratique

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée
  • Vulnérabilité aux chocs externes (climat, conjoncture américaine, matières premières)
  • Dette publique très élevée et service de la dette inhibant la croissance
  • Forte criminalité, pauvreté

Appréciation du risque

Le tourisme et la consommation maintiennent l’activité à flot

En 2020, la croissance jamaïcaine restera faible, reculant même par rapport à 2019, notamment en raison d’une chute de la production métallurgique. En effet, la fermeture temporaire de la plus grande raffinerie d’aluminium du pays durant 18 à 24 mois, afin de moderniser les installations, pénalisera l’activité, d’autant que l’aluminium pèse pour la moitié des exportations et que les prix mondiaux sont orientés à la baisse. En revanche, le tourisme (20 % du PIB) sera un des moteurs de la croissance, capitalisant sur une progression constante du nombre de visiteurs, ainsi que sur une stratégie marketing efficace et des infrastructures d’accueil satisfaisantes. Cependant, le secteur souffrira toujours du niveau de criminalité très élevé, qui nuit également à l’environnement des affaires, plus généralement. La consommation des ménages, dont le niveau de confiance est au plus haut, conservera une solide dynamique, en raison d’un chômage qui continue de baisser (8 % en 2019) et de la croissance toujours robuste du revenu disponible. De plus, la baisse progressive du taux directeur de la banque centrale (de 5,0 % à 0,5 % entre mars 2017 et août 2019) continue de nourrir la croissance du crédit au secteur privé. Le Microcredit Act, susceptible d’être adopté début 2020, et qui vise à mieux encadrer les pratiques des organismes de microfinance (notamment les taux d’intérêt excessifs), favorisera encore davantage l’investissement privé. Enfin, sévèrement affectée par une longue sécheresse en 2019, l’agriculture restera soumise aux conditions météorologiques, dans un contexte où les prix des produits agricoles (sucre, café) sont relativement bas.

 

Léger assouplissement de la rigueur budgétaire

Toujours aux prises avec un endettement public colossal, à l’image du service de la dette (environ 14 % du PIB, dont 6 % consacrés aux paiements des intérêts) qui continue d’accaparer les finances publiques, le gouvernement jamaïcain conservera une politique budgétaire prudente pour l’année fiscale 2020/2021. En ligne avec les années précédentes, les efforts visant à maîtriser la masse salariale et à améliorer la collecte fiscale, entre autres, seront poursuivis, permettant ainsi de dégager un surplus primaire (hors intérêts de la dette) d’environ 6,5 % du PIB. Néanmoins, certaines dépenses devraient à nouveau légèrement progresser, afin d’atténuer les principales carences du pays. D’abord, les dépenses sécuritaires (nouvelles casernes, achats d’équipements) continueront d’augmenter, répondant ainsi à un niveau de criminalité toujours très élevé. Les transferts sociaux seront également orientés à la hausse, tout comme les investissements dans les infrastructures, qui visent principalement à améliorer le réseau routier. Cette légère inflexion budgétaire se place dans un contexte où, dans le budget 2019/2020, le gouvernement avait déjà décidé d’assouplir un peu la fiscalité sur les entreprises, affaiblissant ainsi l’excédent du solde public. Toutefois, le poids de la dette publique restera sur une tendance baissière. Sa réduction demeure une priorité car près de deux tiers de cette dette est extérieur et libellé en devises étrangères, ce qui induit un fort risque de change, le dollar jamaïcain étant adossé à un régime flottant.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant augmentera en 2020, pénalisé par la dégradation du déficit commercial (23 % du PIB). Malgré un prix du pétrole qui resterait bas, les importations de biens progresseront en ligne avec la vigueur de la consommation, alors que dans le même temps, les exportations subiront la mauvaise passe du secteur métallurgique. Par ailleurs, les recettes touristiques continueront d’alimenter l’excédent des services (8,5 % du PIB), tandis que les remises des expatriés (14 % du PIB) devraient être stables, malgré le ralentissement des États-Unis, principale source des envois de fonds. Le flux entrant d’investissements, principalement des IDE, devrait presque entièrement financer le déficit courant. Le niveau des réserves de change demeurera à un niveau relativement confortable, représentant environ cinq mois d’importations.

 

Soutien populaire pour le gouvernement mais des défis à relever

Malgré les politiques d’austérité menées depuis 2016, année de son élection et de l’accord de soutien budgétaire avec le FMI, le Premier ministre Andrew Holness et son parti (The Jamaica Labour Party, JLP) conservent le soutien populaire en raison de la relative bonne santé de l’économie et de l’emploi. De plus, le principal parti d’opposition (People’s National Party) fait face à d’importantes divisions internes qui affaiblissent son influence. Cependant, d’autres enjeux majeurs conditionneront la réussite du JLP aux prochaines élections, prévues début 2021. D’une part, le gouvernement devra renforcer son action pour lutter contre la criminalité, qui reste le principal fléau de la Jamaïque. D’autre part, la perception de la corruption et du manque de transparence semble se renforcer dans l’opinion, surtout après le récent scandale sur l’utilisation abusive de fonds publics, impliquant notamment un ancien ministre.

Sur le plan géopolitique, le gouvernement devrait privilégier les relations avec les États-Unis, principal partenaire commercial et source de transferts de fonds des travailleurs expatriés. Il devrait également concentrer ses efforts sur la coopération régionale, notamment pour lutter contre la criminalité et le trafic de drogue. Ces derniers pèsent négativement sur l’environnement des affaires, qui progresse toutefois de 4 places dans le classement Doing Business de la Banque Mondiale (71e sur 190 pays), tiré par la facilité de création d’entreprise et d’accès au crédit.

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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