Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Kenya

Kenya

Population 46,7 millions
PIB par habitant 1 695 $US
A4
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 5,9 4,9 5,7 5,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,3 8,0 4,7 5,5
Solde public / PIB (%) * -7,7 -8,6 -7,1 -6,3
Solde courant / PIB (%) -5,2 -6,6 -5,5 -5,3
Dette publique / PIB (%) 52,3 55,7 57,1 56,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale du 1er juillet au 30 juin. Données 2019: AF 2018-2019.

POINTS FORTS

  • Première économie d’Afrique de l’Est et rôle pivot au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, premier marché commun africain
  • Agriculture diversifiée et développement des services (télécommunications et services financiers)
  • Amélioration du climat des affaires et de la gouvernance
  • Dynamisme démographique et émergence d’une classe moyenne

POINTS FAIBLES

  • Pays dépendant de l’énergie hydroélectrique et de l’agriculture pluviale
  • Persistance de goulots d’étranglement et pénurie de compétences
  • Instabilité liée au risque terroriste et aux divisions politiques, sociales et ethniques
  • Corruption persistante

Appréciation du risque

Malgré quelques entraves, la croissance reste robuste

La dissipation de l’incertitude politique et des mauvaises conditions climatiques, qui avaient entravé la croissance en 2017, lui ont permis de rebondir en 2018. En 2019, la croissance devrait rester robuste, notamment soutenue par la consommation et l’investissement publics. Malgré les efforts de consolidation budgétaire, les dépenses d’investissement dans les infrastructures (transport, électricité) devraient être porteuses. Les projets d’amélioration du réseau routier, de construction du second terminal conteneur au port de Mombasa ou encore de travaux aux aéroports de Malindi, Isiolo et Lokichogio figurent, ainsi, au programme en 2019. L’investissement privé devrait également participer à cette dynamique grâce aux accords de PPP, aux réformes pour améliorer le climat des affaires et à une reprise graduelle du crédit au secteur privé. Les exportations devraient être soutenues par une hausse de la production agricole, particulièrement celle des cultures de rentes (thé, horticulture), si le pays est épargné par les chocs climatiques. Les produits horticoles pourraient bénéficier de l’ouverture de vols directs vers les États-Unis. En revanche, la stagnation de la production et les prix encore relativement bas du café devraient alimenter quelques difficultés pour la filière. Les recettes touristiques devraient également soutenir la balance commerciale. La plupart des activités de services, à l’exception notable du secteur bancaire qui continuera à souffrir du plafonnement des taux d’intérêt, devraient être soutenues par la consommation domestique. Celle-ci pourrait néanmoins souffrir de pressions inflationnistes plus importantes en 2019. En effet, la hausse du prix de l’énergie, consécutive notamment à l’introduction d’une TVA à 8 % sur les carburants, mais aussi la dissipation de la désinflation des prix alimentaires en 2018 devraient alimenter l’inflation.

 

Consolidation budgétaire visant à ancrer la soutenabilité de la trajectoire de la dette

En 2018/19, à la faveur d’efforts de consolidation, le déficit budgétaire devrait se réduire. Les mesures visant à rationaliser les exonérations fiscales, la nouvelle loi concernant l'impôt sur le revenu (visant notamment à élargir la base d’imposition), et les mesures administratives (incluant le suivi électronique des marchandises), devraient permettre l’augmentation des recettes. Néanmoins, celles-ci pourraient de nouveau souffrir des lacunes persistantes dans leur mobilisation. Les efforts pour faire affluer l’investissement privé et le développement de PPP devraient permettre de contenir les dépenses d’investissements en capital. De plus, l’arrêt des dépenses exceptionnelles liées à l’aide aux victimes de la sécheresse et à l’organisation des élections 2017, qui ont pesé sur les budgets lors des deux derniers exercices fiscaux, devrait soutenir l’effort de consolidation. Les autorités entreprennent ces efforts dans le but d’enrayer la dynamique d’endettement et de hausse du coût de son service, qui deviennent des sujets de préoccupations. Bien qu’encore essentiellement à caractère concessionnel, la dette extérieure (environ 50 % du total) a vu sa partie commerciale augmenter, avec notamment les émissions d’eurobonds sur les marchés internationaux.

En 2019, le déficit courant devrait légèrement se réduire. La reprise des exportations, essentiellement agricoles, devrait se poursuivre et réduire le déficit de la balance des biens. Dans le même temps, la rationalisation des dépenses d’investissement devrait diminuer progressivement la demande d'importations de biens d’équipement. L’excédent de la balance des services et celui des transferts bénéficieront, respectivement, de la hausse de recettes touristiques et des envois de fonds des travailleurs expatriés. La contribution du solde des revenus au solde courant restera anecdotique. Les IDE et autres investissements devraient permettre de financer une large partie de ce déficit courant. De plus, les réserves de change, suffisantes pour couvrir plus de cinq mois d’importations fin 2018, permettraient d’amortir l’impact d’un choc extérieur et de limiter la volatilité du shilling kenyan.

 

Après la crise post-électorale, un apaisement politique relatif

En 2017, le président Uhuru Kenyatta a été réélu pour un second mandat à l’issue d’une séquence politique agitée, marquée par la tenue d’un second scrutin, boycotté par le principal opposant Raila Odinga, après que la Cour suprême a rejeté les résultats du premier vote suite à des irrégularités. Néanmoins, quelques mois après les tensions post-électorales, celui qui rejetait la victoire d’Uhuru Kenyatta et s’était proclamé « président du peuple » a finalement scellé, en mars 2018, un accord de réconciliation avec le président, qui a permis d’apaiser les tensions politiques.

Malgré cette trêve, les divisions politiques, sociales et ethniques structurelles du pays restent irrésolues et pourraient de nouveau se révéler source d’instabilité dans le futur. En outre, compte tenu de l’implication militaire du pays en Somalie, le Kenya reste une cible pour le terrorisme islamiste, particulièrement des Shebabs. Par ailleurs, les querelles commerciales récurrentes avec la Tanzanie pourraient constituer un frein à l’intégration de la Communauté d’Afrique de l’Est, au sein de laquelle le Kenya joue un rôle pivot.

Le bond de 19 places dans le classement Doing Business 2019, plaçant ainsi le Kenya au 61e rang mondial (sur 190 pays) et au troisième rang en Afrique subsaharienne, vient récompenser les nombreuses réformes visant à améliorer le climat des affaires. Celles-ci concernent notamment les mesures facilitant la poursuite de l’activité des débiteurs pendant les procédures d’insolvabilité où la simplification des procédures de paiements des impôts pour les entreprises.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

Haut de page
  • Français