Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Kirghizistan

Kirghizistan

Population 6,3 millions
PIB par habitant 1 208 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,3 4,6 3,8 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,4 3,2 3,5 4,1
Solde public / PIB (%) -6,3 -4,7 -4,1 -4,3
Solde courant / PIB (%) -11,6 -6,5 -9,2 -8,8
Dette publique / PIB (%) 55,9 56,0 55,0 56,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources aurifères et en autres métaux (cuivre, uranium, mercure, fer)
  • Soutien des donateurs bilatéraux et multilatéraux
  • Position de pivot stratégique entre l’Asie et l’Europe
  • Adhésion à l’Union économique eurasienne en 2015 (Russie, Biélorussie, Kazakhstan et Arménie)

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification de l’économie qui reste tributaire de l’or, de l’agriculture et des transferts des expatriés
  • Pays enclavé avec une très forte dépendance énergétique
  • Environnement des affaires difficile
  • Instabilité politique et sociale liée à un niveau élevé de pauvreté et aux tensions inter-ethniques
  • Relations difficiles avec ses voisins (gestion de l’eau, frontières)

Appréciation du risque

Accélération de la croissance

Après avoir décéléré en 2018 suite à la contraction de la production d’or, la croissance devrait repartir à la hausse en 2019. La production de la mine d’or Kumtor (10 % du PIB en 2017) se rétablira et devrait perdurer à plus long terme, son exploitant, Centerra Gold Inc, souhaitant entamer de nouvelles explorations afin d’étendre la durée de vie du site. Le secteur de l’industrie (30 % du PIB en 2017) en bénéficiera, et sera également porté par une augmentation de la production de minerai de fer. Les autres secteurs d’activité, notamment l’agriculture (15 % du PIB et 27 % des emplois), se maintiendront et continueront de jouer un rôle significatif pour la croissance. Le principal moteur de l’économie reste, néanmoins, la consommation privée (80 % du PIB), essentiellement liée aux transferts substantiels des travailleurs expatriés en Russie. Une nouvelle vague de migration vers la Russie (environ 250 000 migrants en 2018) pourrait intensifier l’envoi de fonds des expatriés et, donc, augmenter la consommation des ménages. Par ailleurs, l’investissement public contribuera également à l’activité économique, porté par les aides des organisations internationales, en particulier celles de la Banque Mondiale, qui a accordé 300 millions d'euros pour la période 2019/22, dont 55 millions seront alloués à la modernisation des infrastructures. En revanche, les investissements étrangers, centralisés dans l’industrie minière, pourraient être découragés par un climat des affaires difficile et le conflit en cours entre le gouvernement et Centerra Gold Inc, au sujet de la répartition des bénéfices de la mine Kumtor. L’inflation pourrait s’accélérer à la suite d’une hausse du prix des biens alimentaires et, dans une moindre mesure, de l’électricité, dont le gouvernement ambitionne d’augmenter le prix afin de résorber l’écart avec le coût du service.

 

Rigueur budgétaire et vulnérabilité aux chocs extérieurs

En 2019, le déficit public pourrait légèrement se creuser, malgré la poursuite de la consolidation budgétaire. La politique de rigueur des pouvoirs publics demeure entravée par l’économie informelle et la forte corruption dans les administrations publiques, engendrant des pertes de ressources élevées (en 2018, les détournements de fonds budgétaires représentaient 423,3 millions KGS, soit 0,3 % du PIB). Néanmoins, le gouvernement intensifiera la consolidation budgétaire afin de réduire le déficit d’ici 2020, ce qui se traduira par une amélioration de la collecte d’impôts, une réduction des exonérations fiscales, une meilleure gestion des entreprises d’État, et, enfin, un contrôle des dépenses courantes. La dette publique pourrait s’alourdir en raison d’une augmentation de sa part externe (89 % du total soit 51 % du PIB en mai 2018), alimentée par les prêts concessionnels bilatéraux et multilatéraux, et vulnérable au risque de change.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant pourrait se réduire avec une diminution du déficit commercial. Les exportations d’or, bien qu’ayant diminué en 2018, repartiront à la hausse avec le rebond de la production, et les exportations de produits agricoles (coton, tabac) et textiles, en direction de l’Ouzbékistan, s’intensifieront avec le renforcement des liens commerciaux. Le pays demeure dépendant des importations de produits alimentaires et énergétiques, mais ces dernières devraient rester stables. L’augmentation des transferts (30 % du PIB) en provenance de la Russie (98 % des transferts totaux) contrebalancera en grande partie le déficit commercial. Les aides publiques, les prêts extérieurs et les entrées ponctuelles d’IDE financeront le déficit courant. Les réserves de change (5,6 mois d’importations en novembre 2018) permettront à la banque centrale de poursuivre ses interventions sur le marché des changes.

 

Réformes structurelles et renforcement des relations extérieures

Originellement marqué par l’instabilité politique, ayant traversé deux révolutions depuis l’indépendance, le Kirghizistan a, finalement, connu sa première transition démocratique du pouvoir, lors des élections d’octobre 2017 où l’ancien Premier ministre, Sooronbay Jeenbekov, a été élu président avec 54,3 % des voix. Il doit désormais composer avec un nouveau Premier ministre, Mukhammedkaliy Abylgaziyev, dont la nomination en avril 2018 a fait suite à une motion de censure du Parlement à l’encontre du gouvernement, qui a été renvoyé par le président Jeenbekov. Conscient des problèmes structurels du pays, en particulier du mauvais environnent des affaires et de la forte corruption, le gouvernement ambitionne de mener des réformes structurelles, afin d’améliorer le fonctionnement des administrations, la réglementation douanière et les lois sur la concurrence. Les réformes s’étendront au développement du pays, en suivant le Plan stratégique pour le développement durable (2018/40), comprenant des mesures pour favoriser la numérisation de l’économie etl’éducation.

Concernant ses relations extérieures, le pays entretient des liens solides avec la Russie (disposant d’une base militaire proche de la capitale), qui se renforceront avec de nouveaux partenariats commerciaux (suppression des taxes douanières sur les importations de pétrole). Par ailleurs, les relations avec l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, auparavant conflictuelles, devraient s’améliorer. Enfin, la Chine continuera d’investir dans le pays au travers du projet One Belt, One Road.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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