Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Lettonie

Lettonie

Population 2,0 M
PIB par habitant 15 550 $US
A3
Evaluation des risques pays
A2
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,2 4,5 4,8 3,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,1 2,9 2,7 2,4
Solde public / PIB (%) -0,4 -0,8 -1,2 -1,0
Solde courant / PIB (%) 1,3 -0,8 -2,0 -2,6
Dette publique / PIB (%) 37,4 36,3 35,0 34,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2014) et à l’OCDE (2016)
  • Système financier dominé par des banques suédoises (85 % du crédit domestique)
  • Point de transit entre l’Union européenne et la Russie (façade maritime avec ports)

POINTS FAIBLES

  • Baisse de la population active (faible natalité, émigration) et chômage structurel élevé
  • Retard technologique (R&D = 0,6 % du PIB, moyenne EU = 2 %)
  • Insuffisance des liaisons terrestres avec le reste de l’Union européenne
  • Concentration de la richesse dans la capitale et fortes inégalités de revenu
  • Taxation importante du travail pénalisant les bas salaires et encourageant la sous-déclaration
  • Importance des dépôts bancaires des non-résidents (la moitié du total)

Appréciation du risque

Une croissance portée par la demande intérieure

Malgré la poursuite de la décélération commencée en 2018, la croissance conserverait un bon niveau en 2019. La consommation privée est l’élément porteur de l’activité lettonne. Elle s’est accrue de 3,2 % en 2018 et une augmentation des salaires réels, couplée à la poursuite de la baisse du chômage, maintiendrait cette dynamique. Toutefois, la baisse chronique du taux de participation au marché du travail persistera toujours à cause de l’émigration importante des jeunes qualifiés et la diminution de la population en âge de travailler, mais pourrait être légèrement contrebalancée par la hausse de l’âge du départ à la retraite (augmentant de trois mois chaque année pour atteindre 65 ans en 2025). La consommation et l’investissement publics demeureront dynamiques, soutenus par des fonds européens (les Fonds structurels et d'investissement de l'UE) sur la période 2014/20 pour un montant de 4,51 milliards d'euros (soit 15 % du PIB), dont 1 milliard d'euros alloué à la construction d’infrastructure et au développement rural, et 140 millions d'euros au développement de l’activité maritime. En revanche, l’investissement privé resterait contraint par l’inquiétude relative à la Russie et pourrait aussi être affecté par de récentes controverses questionnant la fragilité du système financier (Ilmars Rimsevics, gouverneur de la banque centrale, a été accusé de corruption et la banque ABLV, la troisième plus importante, a été accusée de blanchiment d’argent et de facilitation de transactions financières illicites envers la Corée du Nord et serait désormais en faillite). Les exportations de bois (16 % des exportations totales), de matériel d’équipement et outillage (15 %), et de produits alimentaires (11 %) à destination des autres pays baltes, de la Pologne et de l’Allemagne, principaux partenaires commerciaux, se maintiendraient, alors que celles à destination de la Russie souffriraient toujours des contre-sanctions russes. L’inflation devrait rester sous contrôle.

 

Maintien d’une gestion budgétaire satisfaisante

Les comptes publics resteraient faiblement déficitaires, la progression des dépenses étant accompagnée d’une augmentation des recettes. Le gouvernement ambitionne d’augmenter certains postes de dépenses, en particulier les dépenses militaires (qui atteindraient 2 % du PIB en 2020), ainsi que les dépenses liées aux infrastructures, à l’éducation, et à la santé. Parallèlement, les réformes fiscales se poursuivront conformément au programme de stabilité (2018/21) impliquant, entre autres, davantage de progressivité dans l’imposition des revenus, un taux d’imposition de 20 % sur les bénéfices des sociétés avec une exonération sur les profits réinvestis, et une TVA à 21 %. Par ailleurs, le gouvernement prévoit de réduire le nombre de fonctionnaires de 6 % d’ici 2020. La dette publique devrait, donc, s’alléger pour la troisième année consécutive. Bien qu’en grande partie contractée auprès de non-résidents, elle n’entraîne pas de risque de change étant libellée en euros.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant devrait se creuser en raison d’une dégradation de la balance commerciale. Les importations de biens d’équipement (21 %) et de produits alimentaires (17 %), induites par le dynamisme de la demande intérieure et la faible diversification de la production, progresseraient plus rapidement que les exportations. Le solde excédentaire des services, lié au tourisme et au transit de marchandises (de et vers la Russie), et les transferts des travailleurs expatriés compensent en grande partie le déficit commercial. Le faible déficit courant est amplement financé par les fonds européens et les investissements étrangers (ils équivalaient à 2 % du PIB en 2017). La dette extérieure brute, dont un tiers correspond à la part publique, reste toutefois importante (140 % du PIB, mais seulement 26 % en net).

 

Fragmentation du paysage politique et nouvelle détérioration des relations avec la Russie

Les élections législatives d’octobre 2018 ont conduit à l’entrée de deux nouveaux partis au Parlement : le parti populiste KPV LV (16 sièges sur 100) et le Nouveau Parti conservateur JKP (16 sièges également) arrivent en deuxième et troisième position, respectivement. Pour la quatrième fois consécutive, le parti prorusse Harmonie est arrivé en tête en obtenant 23 sièges au Parlement. En revanche, les partis traditionnels comptabilisent des résultats en baisse : 13 sièges (contre 23 sièges en 2014) ont été remportés par le parti de l’Union des verts et des paysans (ZZS), 13 sièges (contre 17 en 2014) par le parti de l’Alliance nationale (NA), et enfin 8 sièges (contre 23 en 2014) par le parti de l’Unité. La scène politique s’en retrouve donc fragmentée et les négociations pour une nouvelle coalition ont été longues, la majorité nécessitant la coopération de 4 voire 5 partis pour disposer du nombre de sièges nécessaires pour former le gouvernement.

Les relations avec la Russie se sont à nouveau détériorées à la suite d’une réforme visant à supprimer l'enseignement en russe dans les écoles, entraînant des protestations des russophones (représentant un quart de la population) et le mécontentement de la Russie qui a menacé de répondre par des sanctions économiques.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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