Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Madagascar

Madagascar

Population 26,3 millions
PIB par habitant 459 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,3 5,1 5,2 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,3 7,3 6,6 6,3
Solde public / PIB (%) -2,4 -2,5 -2,5 -3,0
Solde courant / PIB (%) -0,5 0,8 -1,6 -2,7
Dette publique / PIB (%) 36,1 36,1 36,5 37,1

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes réserves minérales (pierres précieuses, nickel, cobalt) et pétrolières
  • Potentiel agricole, premier producteur mondial de vanille
  • Développement du tourisme
  • Dette publique majoritairement concessionnelle (65 % du total)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à l’égard des produits agricoles et miniers, vulnérabilité aux fluctuations de termes de l’échange
  • Vulnérabilité aux aléas climatiques et catastrophes naturelles ; classé 7e pays le plus affecté par le risque climatique en 2017 selon le Global Climate Change Index
  • Pauvreté de la population (75 % vit sous le seuil d’extrême pauvreté de 1,90 USD par jour)
  • Dépendance à l’aide étrangère
  • Réseaux routier, hydraulique et électrique insuffisants (taux d’accès à l’électricité de seulement 13 %)
  • Instabilité politique chronique (crises en 1972, 1991, 2002 et 2009)

Appréciation du risque

L’investissement comme moteur de la croissance

En 2020, la croissance resterait dynamique grâce à des plans d’investissements publics et privés ambitieux. L’investissement public sera stimulé par le Plan Émergence Madagascar 2019/2023, principalement financé par des bailleurs de fonds internationaux. La hausse de la confiance des entreprises, depuis l’investiture apaisée du nouveau président, permettrait d’attirer les investisseurs privés, notamment dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). L’insularité de Madagascar, combinée à son déficit infrastructurel, implique néanmoins des transactions commerciales chères qui entravent la compétitivité du secteur privé. Les investissements seraient, par conséquent, concentrés sur les infrastructures routières et d’énergie, mais aussi sur celles de santé et d’éducation, dynamisant ainsi la construction et les transports. Un contrat pour la construction d’une centrale hydroélectrique sur la rivière Ivondro, partenariat entre les entreprises françaises Colas, Jovena et SN Power, et la Banque Africaine de Développement, a été signé en octobre 2019. Il prévoit également la réhabilitation d’infrastructures routières et de distribution.

Les perspectives positives pour le secteur de l’agriculture (qui emploie 80 % de la population), grâce à des investissements nombreux ayant pour but l’augmentation de la productivité, devraient être favorables à la consommation des ménages (plus de 75 % du PIB). Un programme financé par la Chine (sous l’égide de la FAO) devrait, par exemple, permettre l’utilisation de variétés à plus haut rendement, mais aussi le développement de l’agro-industrie, supportant, à terme, les revenus des ménages. La Chine, premier partenaire commercial de Madagascar, a investi 1,1 milliard USD dans le pays en 2018. La consommation bénéficierait aussi d’une inflation plus contenue, notamment grâce à un repli du cours du pétrole.

La balance commerciale, souffrant du ralentissement économique mondial, en particulier aux États-Unis et en Europe (principaux partenaires commerciaux), pèsera sur la croissance. Néanmoins, les zones franches d’exportation, spécialisées dans le textile et les huiles essentielles, devraient se montrer relativement dynamiques. Près de la moitié des recettes d’exportation provient de trois produits : le nickel, la vanille et les clous de girofle, ce qui les rend vulnérables aux variations de prix et de demande.

 

Les déficits jumeaux se creusent sous le poids des investissements

Le pays est engagé depuis 2016 dans un programme du FMI, condition pour l’octroi d’une Facilité élargie de crédit sur trois ans de 347 millions USD (3 % du PIB), qui expirera en janvier 2020. Les négociations pour l’obtention d’une nouvelle FEC commenceront peu après (et devraient mener à la signature d’un nouvel accord dans l’année). À ce titre, le gouvernement poursuivrait les efforts de maîtrise des dépenses courantes et d’augmentation des recettes, notamment grâce à un contrôle renforcé de la valeur des importations et à une perception élargie de la TVA sur les projets d’investissement public. La réduction des subventions sur l’essence et des transferts à l’entreprise publique JIRAMA (qui enregistre régulièrement des pertes) devrait également réduire les dépenses. Cependant, celles prévues au titre des investissements publics (qui devraient être financés en majorité par les bailleurs de fonds internationaux) outrepasseront les améliorations du budget. Le déficit budgétaire devrait donc se creuser, et serait principalement financé par de l’emprunt à l’étranger. La dette publique (extérieure à 70 %), presque exclusivement concessionnelle, devrait ainsi croître mais resterait soutenable.

La hausse du déficit commercial, ajoutée à la baisse des transferts courants nets, entraînerait le creusement du déficit courant en 2020. Des cours favorables du nickel soutiendraient les exportations minières (15 % des exportations totales), alors que celles de vanilles souffriraient d’un léger repli du prix après les sommets atteints en 2018. La hausse des importations de biens d’équipement, destinés aux investissements publics, creuserait le déficit commercial. Les fortes recettes d’exportation des trois années précédentes ont, néanmoins, permis à la banque centrale de reconstituer ses réserves de change, qui sont supérieures à quatre mois d’importations. Des investissements directs et de portefeuille, ainsi que des dons et prêts projets permettraient de financer le déficit.

 

Andry Rajoelina face au défi du développement

Déjà président de 2009 à 2014 suite la crise politique de 2009, Andry Rajoelina a remporté l’élection présidentielle de décembre 2018 avec 55,6 % des suffrages exprimés. Après une campagne relativement paisible, son investiture a été la première sans heurt depuis des décennies. Les élections législatives de mai 2019 ont vu la coalition qui le soutient remporter la majorité absolue des sièges. L’opposition a, néanmoins, dénoncé des irrégularités et 680 recours ont été déposés (et rejetés) contre le résultat de ce scrutin, marqué par un taux d’abstention de 60 %. Le nouveau gouvernement devra faire face aux défis socio-économiques persistants de la Grande Île s’il veut réussir à honorer ses promesses de campagne. Plus particulièrement, il devra s’attaquer à la pauvreté, à la corruption endémique et au déficit infrastructurel. Ces deux derniers facteurs participent à un environnement des affaires difficile, comme en atteste le 161e rang du pays dans le classement Doing Business 2020 (sur 190 pays classés).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page