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Madagascar

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Population 26,9 millions
PIB par habitant 525 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,6 4,8 -3,2 3,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,6 5,6 4,3 5,5
Solde public / PIB (%) -1,5 -2,4 -4,8 -3,8
Solde courant / PIB (%) 0,7 -2,3 -4,2 -2,9
Dette publique / PIB (%) 39,9 38,4 44,2 45,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Importantes réserves minérales (pierres précieuses, nickel, cobalt) et pétrolières
  • Potentiel agricole, premier producteur mondial de vanille
  • Développement du tourisme
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux multilatéraux et bilatéraux (Etats-Unis et France)
  • Dette publique majoritairement concessionnelle (65 % du total)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à l’égard des produits agricoles et miniers (huile de pétrole), vulnérabilité aux fluctuations de termes de l’échange
  • Vulnérabilité aux aléas climatiques et catastrophes naturelles : classé 4e pays le plus affecté par le risque climatique en 2018 selon le Global Climate Change Index
  • Pauvreté de la population (75 % vit sous le seuil d’extrême pauvreté de 1,90 USD par jour)
  • Dépendance à l’aide étrangère
  • Réseaux routier, hydraulique et électrique insuffisants (taux d’accès à l’électricité de seulement 13 %)
  • Instabilité politique chronique (crises en 1972, 1991, 2002 et 2009)
  • Corruption au sein de la classe politique

Appréciation du risque

L’investissement comme moteur de la reprise

En 2020, l’activité s’est contractée en raison de la crise du COVID-19. L’état d’urgence (fermeture des frontières, rassemblements limités), instauré le 23 mars, a été levé en octobre 2020. Si les activités industrielles et commerciales n’étaient déjà plus contraintes par de fortes restrictions, malgré la prolongation de l’état d’urgence, seuls les vols internationaux vers Nosy Be, célèbre destination touristique, avaient repris début octobre.

La Loi de Finances Rectificative (LFR) de juin 2020, qui s’est inscrite dans le Plan Emergence Madagascar 2019/2023 (principalement financé par des bailleurs de fonds internationaux), s’est concentrée principalement sur la santé, l'éducation, l'eau et l'assainissement, et les transferts aux plus vulnérables, sans remettre en question le programme d'investissement ambitieux (9,5% du PIB dans la LFR). L’insularité de Madagascar, combinée à son déficit infrastructurel, renchérit les transactions commerciales et entravent la compétitivité du secteur privé. Les investissements, qui ont ralenti en 2020 du fait des priorités sanitaires, sont, par conséquent, concentrés sur les infrastructures routières et d’énergie, mais aussi sur celles de santé et d’éducation, dynamisant ainsi la construction et les transports. Malgré le repli des cours du pétrole, le pouvoir d’achat des malgaches a diminué après la forte dépréciation de 8,9% face à l’euro de l’Ariary entre le 19 mars et 30 juillet 2020, passant de 4089 MGA à 4551 pour 1 euro. En 2021, la consommation devrait être affectée par le coût des importations et des denrées alimentaires qui augmente.

Compte tenu de la nature cyclique des récoltes, un ralentissement du taux de croissance de l'agriculture (qui emploie 80% de la population et fournit 80% des revenus des ménages) est à prévoir en 2020/21, après une abondante récolte de riz en 2019/20.

 

Les déficits jumeaux se sont creusés dans la crise

Le déblocage de USD 43,3 millions en janvier 2020 a signé la fin du programme du FMI dans lequel le pays s’était engagé en 2016, avec l’octroi d’une Facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant total de USD 347 millions (3% du PIB). Nonobstant, le FMI a débloqué d’urgence un total de USD 338 millions au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) (en avril, puis en juillet 2020). Ces décaissements ont contribué à financer les dépenses de santé et d'aide économique dans le cadre du plan national d'urgence du gouvernement, alors qu’une baisse des recettes et une hausse des dépenses publiques étaient enregistrées en 2020. Au-delà de 2020 et de la crise, les autorités s’engagent à poursuivre les réformes, vraisemblablement dans la perspective d’une nouvelle FEC, en renforçant la mobilisation des recettes douanières et fiscales pour créer un espace suffisant pour les investissements prioritaires et les dépenses sociales nécessaires, ainsi qu’en poursuivant les réformes visant à atténuer les risques budgétaires, comme ceux liés aux entreprises publiques. Le déficit budgétaire, principalement financé par l’aide multilatérale et bilatérale, devrait légèrement diminuer en 2021. La dette publique (extérieure à 70 %) augmenterait à peine. Presque exclusivement concessionnelle, elle reste soutenable.

Les exportations de produits miniers (15 % des exportations totales), de vanille et de textile ont baissé à cause de la crise. Les importations ont également diminué en raison de la baisse de la demande et de la désorganisation du transport, mais dans une moindre proportion. En 2021, les importations et les exportations se redresseront, en accord avec la reprise économique sur le marché domestique et extérieur, toutefois, la progression des recettes d'exportation devrait surpasser celle des importations étant donnée la faiblesse persistante des prix du pétrole. Le compte de capital et le compte financier ont été affectés par une réduction de 20 % des IDE en 2020. L’afflux de financements internationaux a largement permis de compenser à la fois ceci et la détérioration du déficit commercial, générant un excédent de la balance des paiements et un accroissement des réserves en devises, qui atteignaient l’équivalent de 4,8 mois d’importations fin 2020.

 

Le président Andry Rajoelina face à de nombreux défis

La tenue des sénatoriales en décembre 2020 s’est effectuée dans un climat tendu, puisque les partis d’opposition l’ont rejetée, comme anticonstitutionnelle et précipitée, parce que plusieurs communes ne disposaient pas de grands électeurs et que la validation de l'ordonnance réduisant le nombre de sénateurs de 63 à 18 était entachée d'irrégularités, selon eux. Auparavant, les candidats de l'IRD, parti présidentiel, avaient remporté une large victoire aux élections municipales en novembre 2019. Ces maires et conseillers municipaux constituant le Collège électoral, qui choisit les deux tiers des membres du Sénat (les autres étant nommés par le président), le président Andry Rajoelina élu en 2018 contrôlera le Senat.

Le gouvernement doit faire face aux défis socio-économiques persistants de la Grande Île. Les populations du Sud-ouest de Madagascar doivent affronter un épisode de famine après une sécheresse. L’aide internationale se mobilise, le pays recevra le soutien de la Banque Africaine du Développement et de la Banque Mondiale dans le cadre du Projet de développement de la zone de transformation agro-industrielle (PTASO). Celui-ci sera mis en œuvre en 2021 pour une période de 5 ans et vise à l’amélioration des infrastructures de production agricole et de mise sur le marché de la production, afin de réduire la dépendance aux produits agro-alimentaires importés.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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