Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Moldavie (République de)

Moldavie (République de)

Population 3,5 millions
PIB par habitant 3 191 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,7 4,0 3,7 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,6 3,1 4,5 5,0
Solde public * / PIB (%) -0,8 -1,1 -3,0 -2,5
Solde courant / PIB (%) -5,8 -10,5 -9,5 -9,0
Dette publique / PIB (%) 37,0 30,0 31,0 30,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (vin, fruits, légumes, tournesol, blé)
  • Accords d’association et de libre-échange avec l’UE (2014)
  • Soutien financier international
  • Main-d’œuvre relativement peu coûteuse
  • Flexibilité accompagnée de la monnaie

POINTS FAIBLES

  • Pays le plus pauvre d’Europe, forte émigration (1 million d’émigrés)
  • Importance du secteur informel, faible productivité
  • Corruption, cleptocratie, faible gouvernance, système oligarchique et clientélisme
  • Crédit peu développé (19 % du PIB)
  • Dépendance à l’égard des transferts des travailleurs expatriés
  • Volontés sécessionnistes en Transnistrie

Appréciation du risque

Une croissance modérée et stable en 2020

La consommation privée (85 % du PIB) profitera de la progression des taux de participation et d’emploi, ainsi que de celle des salaires réels due au faible niveau du chômage (3 %) auquel la forte émigration n’est pas étrangère. Les remises des travailleurs expatriés (16 % du PIB) profiteront de l’excellente forme de l’économie israélienne (1re source), d’un léger mieux en Russie (2e rang), mais pâtiront d’une croissance faible en Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni. Le crédit devrait conserver une bonne progression, ce qui devrait aussi favoriser l’investissement (25 % du PIB). Grâce aux prêts et à l’aide des organisations financières européennes et de la Banque Mondiale (264 millions d’euros, soit 2,7 % du PIB 2019), les travaux d’interconnexion entre les réseaux électriques moldave et roumain devraient démarrer. Les échanges extérieurs, malgré leur déficit récurent, devraient contribuer positivement à la croissance, car les exportations progresseront plus rapidement que les importations. Les exportations agroalimentaires vers l’Union européenne continueront leur progression grâce au libre-échange. Celles à destination de la Russie, qui avaient chuté suite à l’embargo décidé en 2013 par cette dernière en réplique aux sanctions occidentales, bénéficient d’un revirement sur cinq produits depuis début 2019. De plus, la Russie permet, à présent, aux produits moldaves destinés à des pays tiers de traverser successivement l’Ukraine et son territoire. Malgré la diversification dans la confection, le câblage électrique et la pharmacie, les bas coûts de production compensant la faible productivité, la Moldavie reste tributaire du secteur agroalimentaire (19 % du PIB et 34 % des emplois) et, donc, des conditions climatiques. Le flottement du lei permet à la banque centrale de consacrer son action sur l’inflation qui devrait rester dans le cœur de cible.

 

Persistance des déficits et fragilité du système bancaire

Afin de réactiver l’aide budgétaire du FMI (Facilité de crédit élargie et Mécanisme élargi de crédit) totalisant 179 millions USD de 2016 à 2020, ainsi que l’assistance macro-financière de l’UE (jusqu’à 100 millions d'euros) stoppées en 2018 et au 1er semestre 2019 suite à des largesses fiscales à visée électorale, le nouveau gouvernement a dû adopter des mesures correctrices équivalent à 0,6 % du PIB, sous forme de réductions de dépenses fiscales et d’augmentation et de création de taxes. Les tarifs de l’électricité ont été actualisés à l’automne 2019. L’aide est destinée à l’investissement dans le social et les infrastructures faiblement dotées. 58 % de la dette publique est extérieure, mais contractée auprès d’États ou d’organismes internationaux.

L’assainissement du système financier entaché par le scandale retentissant de 2014, mais aussi l’amélioration de la gouvernance sont aussi des conditions de l’aide. L’actionnariat des quatre premières banques a subi une profonde transformation visant à lui conférer de la transparence. Elles sont à présent majoritairement détenues par des actionnaires étrangers, parmi lesquels la BERD. Cependant, leurs engagements sur des parties liées, bien qu’en repli, restent significatifs. Les prêts non performants représentaient encore 11 % de l’encours de crédit à mai 2019. Si la surveillance s’est améliorée, la protection contre le blanchiment est imparfaite. Dans ces conditions, les autorités préfèrent limiter le développement du système en imposant un taux de réserves obligatoires de 43 % sur les dépôts en monnaie locale et de 17 % pour les devises.

Le déficit courant devrait se maintenir à un niveau élevé en 2020, en raison du déficit commercial massif (27 % du PIB en 2018), malgré les transferts des travailleurs expatriés et l’aide budgétaire internationale (3,5 % attendus en 2019). Pour financer son déficit courant et maintenir ses réserves de change équivalent à plus de quatre mois d’importations, le pays a recours aux prêts du FMI et de l’UE comportant un élément don de 36 %, les IDE restant limités. La dette extérieure (fin 2019) représentait 65 % du PIB, dont 72 % porté par le privé, les prêts liés aux IDE constituant un tiers de cette part.

 

Un prêt russe est agité devant l’UE et le FMI

Après quatre mois tumultueux, les élections de février 2019 avaient débouché sur la formation d’un gouvernement de coalition réunissant les socialistes pro-russes (35 sièges sur 101) et les pro-européens d’ACUM (26 sièges) sous la direction de la Première ministre Maia Sandu (ACUM). La coalition, soutenue à la fois par les Occidentaux et la Russie, ressemblait à un mariage de convenance destiné à se débarrasser du très influent et homme le plus riche du pays, Vlad Plahotniuc, chef du Parti démocrate (30 sièges) dont était issu le précédent gouvernement. En novembre, ce gouvernement a été renversé après un vote de défiance, les socialistes ayant retiré leur soutien. Les partenaires ne s’entendaient pas sur la désignation du procureur général. Un nouveau Premier ministre, le socialiste Ion Chicu, nommé par le président Dodon, ancien dirigeant socialiste, a pris la tête d’un gouvernement minoritaire. Il agite l’éventualité d’un prêt russe pour obtenir un adoucissement des conditions de l’UE et le FMI pour leur soutien. La prochaine élection présidentielle se tiendra à l’automne 2020.

La Moldavie est en proie aux velléités séparatistes. Cela concerne la région orientale de la Transnistrie, russophone, qui bénéficie d’un statut d’autonomie et qui avait autoproclamé son indépendance sous le nom de la République moldave du Dniestr en 1992. Des forces russes y sont présentes. Cette région de non droit regroupe l’essentiel de l’industrie lourde du pays, ainsi que la production électrique.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page