Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Moldavie (République de)

Moldavie (République de)

Population 3,5 millions
PIB par habitant 2 694 $US
C
Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,3 4,5 3,8 3,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,4 6,6 3,6 4,7
Solde public * / PIB (%) -1,8 -0,8 -3,7 -4,0
Solde courant / PIB (%) -3,4 -6,3 -7,4 -6,3
Dette publique / PIB (%) 43,8 38,9 40,5 42,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (vin, fruits, légumes, tournesol, blé)
  • Accords d’association et de libre-échange avec l’UE
  • Petite économie ouverte qui attire les investissements étrangers
  • Main-d’œuvre relativement peu coûteuse
  • Flexibilité accompagnée de la monnaie

POINTS FAIBLES

  • Pays le plus pauvre d’Europe
  • Importance du secteur informel, faible productivité
  • Corruption, faible gouvernance, système oligarchique et clientélisme
  • Crédit peu développé
  • Dépendance à l’égard des transferts des travailleurs expatriés
  • Volontés sécessionnistes en Transnistrie

Appréciation du risque

Croissance modérée et stable en 2019

Un scandale bancaire a touché l’économie moldave fin 2014. Il s’est traduit par le détournement de plus d’un milliard d’USD (15 % du PIB), par la faillite des trois grandes banques impliquées, et a fortement ralenti l’activité économique. Dès 2016, la consolidation du secteur financier ainsi que le choc positif de demande externe provenant principalement de l’UE et de la Turquie ont permis de renouer avec la croissance, qui devrait se maintenir à un niveau modéré en 2019. La consommation privée, qui représente 85 % du PIB et contribue très largement à la croissance, conservera une croissance modérée. Le faible taux de chômage associé à la progression des salaires et à la bonne tenue des transferts (21 % du PIB en 2017) des travailleurs moldaves à l’étranger, notamment en Russie et Israël, seront contrebalancés par l’impact négatif d’une inflation plus élevée sur le revenu disponible. En effet, les pressions inflationnistes liées au dynamisme de la demande interne, dans un contexte budgétaire relativement accommodant, ne seront plus atténuées, comme en 2018, par la baisse des prix administrés (gaz, électricité) et l’appréciation du lei moldave. De plus, la politique monétaire devrait rester rigoureuse. Par ailleurs, même si les exportations agroalimentaires continueront de profiter du libre-échange avec l’UE, la contribution des échanges à la croissance restera négative compte tenu de la vigueur des importations liée à la demande interne et la faible diversification productive. La diversification manufacturière peinant à s’accroître, même si le secteur textile et la confection deviennent attractifs en raison des bas coûts de production, ce sont surtout les secteurs de la distribution et de l’agroalimentaire qui impulseront l’activité. Par ailleurs, la Moldavie reste tributaire du secteur primaire (14 % du PIB et 34 % des emplois en 2017) et des conditions climatiques.

 

Persistance des déficits et fragilité du système bancaire

Le budget moldave bénéficie d’une aide financière de la part des organismes internationaux, tels que le FMI, avec sa Facilité élargie de crédit permettant d’injecter 178 millions USD (2 % du PIB) sur la période 2017-2019, ou l’UE depuis 2017, avec son assistance macro-financière pouvant aller jusqu’à 100 millions d’euros. Cette aide s’accompagne d’exigences en matière de consolidation budgétaire impliquant une forte hausse des recettes (notamment la TVA) et une diversification des sources de revenus pour faire face aux impératifs d’investissement dans le social et les infrastructures. L’assainissement du système financier et l’amélioration de la gouvernance sont aussi des conditions (l’UE a suspendu son aide dans l’attente des élections). Malgré les réformes mises en œuvre pour améliorer la surveillance des banques et de leur activité, le système bancaire reste entaché d’irrégularités. En octobre 2018, la BERD, au côté de deux fonds privés, a repris 41 % du capital de la plus grande banque, MAIB, qui étaient détenus par l’État depuis leur confiscation en 2017 auprès d’actionnaires qui agissaient de concert pour blanchir de l’argent. En janvier 2018, la BERD et la Banca Transilvania avaient déjà acquis 27 % du capital de Victoria Bank, la troisième du pays. L’État conserve le contrôle de la deuxième banque, Moldindconbank, pris aussi suite à des malversations. Dans ces conditions, les autorités préfèrent limiter le développement du système en imposant un taux de réserves obligatoires de 40 % sur les dépôts en monnaie locale.

Le déficit courant devrait se maintenir à un niveau élevé en 2019, en raison du déficit commercial massif (28 % du PIB en 2017), malgré les transferts des travailleurs expatriés. Les principaux partenaires commerciaux sont les pays voisins (Ukraine, Roumanie), mais les exportations vers les pays d’Europe de l’Ouest connaissent une croissance rapide. Il s’agit principalement de produits agricoles, de fils électriques et de vêtements. Pour financer son déficit courant et maintenir ses réserves de change à l’équivalent de six mois d’importations, le pays a recours aux prêts concessionnels du FMI, de la Banque mondiale et de l’UE, les IDE restant limités. La dette extérieure (fin juin 2018) représentait 80 % du PIB, la part publique et celle relative aux IDE représentant chacune un quart.

 

Les législatives de février 2019 ne mettront pas fin aux tensions

La scène politique met aux prises, d’un côté, le président Igor Dodon élu en 2016 pour quatre ans, émanant du Parti des socialistes de la république de Moldavie (PRSM), pro-russes, et, de l’autre, le très influent et homme le plus riche du pays, Vlad Plahotniuc, chef du Parti démocrate dont est issu le gouvernement du Premier ministre Pavel Filip, pro-européens. Ces deux camps s’affronteront lors des élections législatives du 24 février 2019 au résultat incertain, d’autant que l’on passe d’un scrutin proportionnel à un système mixte, au sein duquel les parlementaires seront élus au niveau local et national. Si le président est apprécié et le PRSM favori des sondages, l’adversaire dispose des médias, de l’appui des pays occidentaux et de la crainte de la population envers la Russie. Nonobstant, chacun se satisfait d’une scène où l’opposition est surtout de façade et les acteurs jouent sur leurs relations respectives avec la Russie et l’Occident.

La Moldavie est en proie aux velléités séparatistes. Cela concerne la région orientale de la Transnistrie, russophone, qui bénéficie d’un statut d’autonomie et qui avait autoproclamé son indépendance sous le nom de la République moldave du Dniestr en 1992. Des forces russes y sont présentes.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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