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Montenegro

Montenegro

Population 0,6 million
PIB par habitant 7 678 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,9 4,3 3,8 2,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,9 2,4 2,8 2,5
Solde public / PIB (%) -6,2 -7,0 -4,6 -3,6
Solde courant / PIB (%) -16,2 -16,3 -16,8 -16,2
Dette publique / PIB (%) 71,4 74,6 79,0 78,5

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique (mer, montagne, climat)
  • Potentiel hydroélectrique
  • Usage de l’euro
  • Négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne
  • Éducation et santé de bonne qualité

POINTS FAIBLES

  • Marché modeste
  • Dépendance au tourisme, à la construction, à l’énergie
  • Production électrique reposant largement sur du charbon subventionné
  • Réseaux routier et électrique déficients
  • Chômage structurel (14 %) et manque de personnel qualifié
  • Importance du vote ethnique et absence d’alternance politique
  • Environnement des affaires médiocre
  • Économie informelle importante (25 % de la population active) et faible taux de participation (56 %)

Appréciation du risque

La croissance ralentira dans le sillage de l’investissement

En 2019, l’activité sera moins dynamique, en raison de la décélération de l’investissement. Celui-ci restera principalement porté par la poursuite de la construction du premier tronçon de 41 km entre Podgorica et Mateševo de l’autoroute devant relier le port de Bar à Boljare, à la frontière serbe, dont les débours devraient toutefois se réduire progressivement avec l’approche de la fin des travaux. Dans le même temps, l’investissement étranger dans les infrastructures touristiques continuera, développant un secteur crucial pour l’économie (10 % au PIB). À l’inverse, la consommation privée continuera de contribuer faiblement à la croissance, la stagnation des salaires compensant partiellement l’effet positif de la baisse du chômage. Malgré un tourisme record, la contribution des échanges extérieurs restera négative en raison du niveau élevé des importations liées à la construction de l’autoroute.

 

Poursuite de la consolidation budgétaire, dans l’attente de la fin du chantier autoroutier

En dépit d’efforts budgétaires significatifs depuis 2017, les comptes publics resteront déficitaires en 2019. Tandis que la consolidation budgétaire s’est matérialisée par une hausse des recettes en 2018 (hausse des prélèvements sur le tabac, les sodas et l’alcool, ainsi que du taux ordinaire de TVA de 19 à 21 %), les économies budgétaires de 2019 seront principalement concentrées sur les dépenses. L’ajustement structurel, moindre que lors des années précédentes (0,75 pt de PIB contre 3 pt cumulés en 2017 et 2018), devrait passer par la poursuite du gel partiel des traitements dans la fonction publique et la maîtrise des dépenses courantes, bien qu’un aléa haussier pèse sur ces dernières à l’approche des élections législatives de 2020. De plus, si les prélèvements sur le charbon augmenteront, ceux sur le tabac ont été abaissés fin 2018, en raison de la chute des revenus causée par la hausse du marché noir. En parallèle, le système de retraite est déficitaire – plus de 2 % du PIB en 2017, financé par l’État – en raison des nombreux départs en préretraite. Les réductions fiscales destinées à attirer les investissements étrangers dans le tourisme, comme l’application de la TVA réduite à 7 % pour les hôtels de luxe, sont coûteuses. Toutefois, le facteur explicatif déterminant est la construction de l’autoroute, dont le coût du premier tronçon représente 25 % du PIB, sans laquelle le solde budgétaire serait excédentaire. Le chantier, réalisé par China Road & Bridge avec une sous-traitance locale de 30 %, est financé à 85 % par un prêt en dollars US sur 20 ans de l’Exim Bank au taux de 2 % avec une période de grâce de 6 ans. Le solde est à la charge du Monténégro. Le chantier qui devait initialement s’achever en 2019pourrait finalement prendre plusieurs mois de retard, retardant ainsi la possibilité d’un excédent budgétaire et d’une contraction significative de la dette, actuellement très importante. Le gouvernement a annoncé son intention de recourir à un partenariat public-privé (PPP) pour le financement des 136 km restants, dont le coût sera légèrement supérieur au premier tronçon. Par ailleurs, le gouvernement procédera à des décaissements (160 millions d’euros) liés au rachat de parts dans la société publique d’électricité (EPCG) au groupe italien A2A.

Le déficit courant restera très important en 2019 du fait de celui abyssal des échanges de marchandises (près de 45 % du PIB). Les exportations, composées quasiment pour moitié de métaux (aluminium du Kombinat Aluminijuma à Podgorica et acier de l’aciérie Toscelik à Nikšić), sont largement compensées par les importations d’équipements pour les infrastructures routières, mais aussi de produits alimentaires et de pétrole. Le tourisme génère un excédent représentant 20 % du PIB. Les Russes (18 % des touristes) devraient rester insensibles aux positions pro-occidentales du gouvernement. Au final, le déficit courant est financé aux deux tiers par les IDE, le solde par l’endettement et les entrées non déclarées de capitaux investis en résidences secondaires. La dette extérieure (160 % du PIB fin 2017) continuera de croître, dans le sillage de sa part publique (un tiers du total), conséquence du financement extérieur du déficit public et du déboursement du prêt chinois pour l’autoroute.

 

Retour victorieux de Milo Djukanovic

Milo Djukanovic, leader historique du Parti démocratique socialiste (DPS) issu de l’ancien parti communiste, a remporté l’élection présidentielle d’avril 2018 dès le premier tour, avec 54 % des voix. Dans la lignée de toutes les élections depuis 1991, le pro-européen DPS est arrivé en tête lors des législatives de 2016 (36 sièges sur 91), loin devant la principale coalition d’opposition pro-russe (Front démocratique, 18 sièges), conservant ainsi le pouvoir exécutif et législatif. À la faveur d’un – finalement temporaire – retrait de la vie politique de Djukanovic en 2016, Duško Marković a pris la tête d’un gouvernement de coalition réunissant le DPS et des partis ethniques minoritaires. Le gouvernement a mené à terme le processus d’adhésion à l’OTAN et poursuit les négociations d’adhésion à l’UE, qui pourrait être effective en 2025, sous réserve de respect des critères fixés par l’UE. En dépit des progrès induits par ces négociations, l’environnement des affaires reste marqué par la corruption, le crime organisé et la politisation de la justice, qui nuit à l’exécution des contrats et au traitement de l’insolvabilité. En 2018, le Monténégro se place au 42e rang sur 190 du classement Doing Business (51e en 2016) de la Banque Mondiale et au 77e sur 137 dans le Global CompetitivenessReport.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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