Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Namibie

Namibie

Population 2,4 millions
PIB par habitant 6 013 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -0,9 -0,1 -1,9 0,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,2 4,3 3,8 3,5
Solde public * / PIB (%) -4,9 -4,7 -5,2 -4,5
Solde courant / PIB (%) -5,0 -2,1 -3,7 -2,3
Dette publique / PIB (%) 41,0 45,8 49,2 50,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale d’avril 2020 à mars 2021.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minérales (diamant, uranium, cuivre) et halieutiques
  • Bonnes infrastructures de transport
  • Gouvernance satisfaisante
  • Potentiel touristique

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au secteur minier
  • Chômage élevé et inégalités persistantes
  • Secteur agricole exposé aux aléas climatiques
  • Dépendance à l’Afrique du Sud

Appréciation du risque

Difficile sortie de plusieurs années de récession

Après deux années de croissance négative, le PIB namibien s’est contracté encore plus sévèrement en 2019, en raison de mauvaises performances des secteurs agricole, minier et de la construction. Ces secteurs devraient globalement se redresser en 2020, permettant à l’activité économique de reprendre quelques couleurs. Pénalisée par la fermeture de la mine d’Elizabeth Bay en 2019, la production de diamants repartira à la hausse grâce aux opérations offshore, qui fournissent déjà 75 % de la production totale. De plus, l’extraction d’uranium continuera sur sa lancée avec la montée en puissance de la mine d’Husab, faisant du pays le 3e producteur mondial. Par ailleurs, les performances agricoles devraient s’améliorer en raison de conditions météorologiques plus favorables qu’en 2019, où une forte sécheresse avait affecté le bétail et les récoltes. La pêche, qui génère 3 % du PIB, contribuera aussi à la croissance. De son côté, le secteur de la construction souffrira toujours de la consolidation budgétaire qui limite l’investissement public. Néanmoins, ce dernier pourrait tout de même légèrement augmenter en 2020, notamment à travers divers projets financés par la BAD ou l’Allemagne (infrastructures routières et ferroviaires, réseau de distribution d’eau, rénovation d’écoles, programme de mécanisation agricole). En outre, malgré une inflation relativement basse, la consommation privée restera lourdement contrainte par un taux de chômage très élevé (environ 33 % de la population active) et par le ralentissement de la croissance du crédit.

 

Équilibre compliqué entre soutien à la reprise et consolidation budgétaire

Après une année fiscale 2019/2020 marquée par un rebond du déficit public, la consolidation budgétaire reprendra en 2020/2021 à un rythme modeste, le gouvernement devant composer avec une économie qui tente de sortir de la récession. L’effort sur les dépenses passera essentiellement par la maîtrise de la masse salariale, via une modération des embauches et des augmentations. Les autorités prévoient également de recentrer l’allocation des transferts sociaux sur les plus pauvres. Du côté des recettes, le nouveau système électronique de collecte fiscale (ITAS), lancé en 2019, permet d’améliorer l’efficacité de la perception. Des mesures visant à élargir l’assiette fiscale, réduire les exemptions et recouvrir les arriérés sont également attendues pour 2020. Par ailleurs, le gouvernement devrait profiter d’un rebond des recettes douanières versées par la Southern African Custom Union (SACU), surplus qu’il pourrait en partie réallouer aux dépenses d’investissement. Le ratio de la dette publique sur le PIB a continué d’augmenter ces dernières années, mais à un rythme moins soutenu que par le passé grâce à la consolidation budgétaire. Cette dette est principalement domestique, émise sur des maturités de long terme et libellée en monnaie locale, ce qui limite le risque de change.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit de la balance courante devrait reculer en 2020. Le déficit commercial (12 % du PIB) diminuera légèrement puisque, d’un côté, les exportations repartiront à la hausse, notamment grâce à l’uranium et aux produits de la pêche, et de l’autre côté, les importations resteront modérées, avec la faiblesse de la consommation et du prix du pétrole. Par ailleurs, la balance des services demeurera faiblement excédentaire, grâce au dynamisme du tourisme, tandis que le déficit de la balance des revenus (2 % du PIB) continuera d’être alimenté par les rapatriements de profits. Néanmoins, c’est avant tout le rebond des recettes douanières de la SACU (environ 10 % du PIB), conséquence du regain de croissance de l’Afrique du Sud, qui permettra au déficit courant de reculer. Ce déficit sera financé par des IDE ainsi que des emprunts gouvernementaux et des prêts intragroupes.

 

Hage Geingob réélu à la présidence

Le président Hage Geingob a été largement réélu aux élections de novembre 2019, pour un second mandat de cinq ans. Dans le même temps, son parti, l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO), a conservé une solide majorité à l’Assemblée nationale (avec 63 sièges sur 96), maintenant ainsi une hégémonie politique en vigueur depuis l’indépendance (1990). Néanmoins, malgré la fragmentation de l’opposition, le SWAPO a tout de même perdu 14 sièges, reflétant la croissance des mécontentements, notamment face à la persistance d’inégalités qui sont parmi les plus fortes au monde. En particulier, la question controversée de la redistribution des terres à l’avantage des populations « autochtones » restera centrale et symptomatique des divisions communautaires. En effet, le président Geingob doit trouver un équilibre entre les pressions exercées par les membres de la SWAPO et une partie de l’électorat, et le contexte économique dégradé, ce type de disposition pouvant effrayer de potentiels investisseurs.

L’environnement des affaires demeurera pénalisé par la lourdeur de certaines procédures, comme par exemple la création d’entreprise ou le transfert de propriété. Cependant, l’accès à l’électricité et au crédit ainsi que l’exécution des contrats sont jugés satisfaisants, permettant au pays d’occuper la 104e place (sur 190 pays) du classement Doing Business.

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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