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Namibie

Namibie

Population 2,5 millions
PIB par habitant 4 276 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) -0,9 -8,5 1,3 3,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,7 2,2 3,6 4,4
Solde public / PIB (%)* -5,0 -9,5 -8,4 -7,6
Solde courant / PIB (%) -1,8 2,6 -7,0 -4,5
Dette publique / PIB (%) 61,7 69,2 76,1 80,5

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année budgétaire du 1er avril au 31 mars. Données 2021 : 2021/22

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minérales (diamant, uranium, cuivre) et halieutiques
  • Bonnes infrastructures de transport
  • Gouvernance satisfaisante
  • Potentiel touristique

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au secteur minier
  • Chômage élevé et inégalités persistantes
  • Secteur agricole exposé aux aléas climatiques
  • Dépendance à l’Afrique du Sud

Appréciation du risque

Le diamant alimente la reprise

Après s’être fortement contractée à cause des retombées de la pandémie de la COVID-19 sur le tourisme (11 % du PIB en 2019) et la demande extérieure, l’économie a timidement renoué avec la croissance en 2021. En 2022, l’activité, en dépit de contraintes persistantes, devrait gagner en vigueur. L’activité minière (10 % du PIB), particulièrement l’extraction de diamants et, dans une moindre mesure, d’uranium, devrait mener la reprise. Le rétablissement de l’activité à la mine d’Elizabeth Bay, l’accord sur l’extension de la durée d’exploitation des mines terrestres de Namdeb (co-entreprise 50/50 entre la société De Beers et le gouvernement), et le déploiement d’un nouveau navire Debmarine (autre co-entreprise entre les deux) de récupération de diamants en début d’année participeront à augmenter la production de la pierre précieuse. Même si elles resteront inférieures à leur niveau d’avant-pandémie et vulnérables à une reprise épidémique, les recettes touristiques devraient poursuivre leur lent rebond entamé en 2021, soutenant la contribution positive des exportations nettes à l’activité. La consommation privée (70% du PIB) devrait rester un moteur majeur de la croissance grâce à la progression espérée de la campagne d’inoculation contre la COVID-19 (moins de 15% de la population pleinement vaccinée fin 2021) qui alimentera la confiance des entreprises et des ménages. La situation précaire des finances publiques, déjà responsable de la faiblesse de l’activité, particulièrement dans le secteur de la construction, depuis 2016, devrait contraindre la contribution de l’investissement public. Cela pourrait aussi limiter les opportunités pour l’investissements privé.

Les prix des denrées alimentaires et des transports devraient alimenter une inflation plus élevée en 2022.

 

Les autorités reprennent la longue voie de l’assainissement budgétaire

La crise liée à la pandémie de COVID-19 a accentué les défis budgétaires, creusant le déficit en 2020/21. S’il devrait se réduire en 2021/22 et 2022/23, il restera élevé. A la faveur de la reprise économique, les recettes publiques augmenteront et seront soutenues, en 2022/23, par l’augmentation attendue des versements de la Southern African Custom Union (SACU). La hausse des dépenses devrait être très contenue, les autorités reprenant la voie de la consolidation budgétaire, empruntée depuis 2016/17 et interrompue par la crise. Les dépenses d’investissement en capital resteront mesurées, tandis que des mesures visant à réduire la masse salariale publique (qui absorbe environ 50 % des recettes) et à restructurer les entreprises publiques devraient être prises. Les dépenses associées au service de la dette (plus de 16 % des recettes) devraient continuer à augmenter. L’assainissement budgétaire vise à enrayer la trajectoire ascendante de la dette, qui devrait se poursuivre en 2022/23. Pour réduire le risque associé à l’endettement, les autorités tentent de diversifier leurs sources de financement, augmentant l’emprunt extérieur (plus de 30 % du stock de dette publique), et en prolongeant les échéances sur la dette domestique, composée essentiellement de titres publics.

 

En 2022, le déficit du compte courant devrait se réduire à la faveur de la hausse des exportations minières et des transferts liés aux recettes douanières de la SACU. Cela se traduira, respectivement, par une réduction du déficit commercial structurel, et une augmentation de l'excédent des revenus secondaires. Si la balance des services devrait bénéficier d’un regain du tourisme, il est peu probable qu’elle enregistre des excédents similaires à ceux précédant la crise. Le déficit du compte des revenus primaires sera entretenu par les rapatriements de revenus de l’investissement des entreprises multinationales. L’emprunt extérieur et les flux d’investissements devraient financer le déficit. De plus, dans le contexte de la pandémie, les transferts de capitaux sous la forme de dons de vaccins et d’équipement médical aident à financer les importations liées à l’urgence sanitaire. Disposant également de réserves de change équivalentes à plus de 6 mois d’importations, la position extérieure du pays devrait permettre de maintenir l’ancrage au rand sud-africain.

 

La succession de Hage Geingob, enjeu du Congrès électif de la SWAPO

Dominant la scène politique depuis l’indépendance du pays (1990), la SWAPO a obtenu une nouvelle victoire lors des élections générales de novembre 2019, obtenant 63 des 96 sièges de l’Assemblée nationale soumis au vote des électeurs. Le président Hage Geingob, chef de file de la SWAPO, a été réélu pour un second mandat de cinq ans dès le premier tour avec 56 % des voix. En baisse de 31 points par rapport à 2014, le score du président, au même titre que la perte de 14 sièges à l’Assemblée, a, néanmoins, confirmé l’érosion de l’influence du parti dominant depuis 30 ans. Un contexte économique difficile depuis 2016, aggravé par la pandémie de COVID-19, et la persistance de fortes inégalités contribuent à cette érosion. La question controversée de la redistribution des terres à l’avantage des populations noires, qui, bien que majoritaires, ne sont propriétaires que de 16 % des terres agricoles, reste symptomatique des divisions du pays. Avant l’élection de 2024, la réforme foncière pourrait s’inviter au Congrès 2022 de la SWAPO, qui doit désigner le nouveau leader du parti et très probable candidat à la présidence en 2024 pour succéder à Hage Geingob.

  
Bien que relativement favorable par rapport aux autres pays d’Afrique, le climat des affaires souffre de la longueur des procédures administratives et subit la concurrence de nombreux pays africains qui ont fait de cette thématique un pilier de leurs stratégies de développement.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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