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Nigeria

Nigeria

Population 195,9 millions
PIB par habitant 2 033 $US
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 0,8 1,9 2,0 1,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 16,5 12,1 11,3 12,2
Solde public / PIB (%) -5,8 -4,2 -4,8 -4,6
Solde courant / PIB (%) 2,8 1,3 -0,7 -0,6
Dette publique / PIB (%) 22,4 22,4 22,6 23,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Première puissance africaine en termes de PIB et pays le plus peuplé d’Afrique
  • Importantes ressources en hydrocarbures et large potentiel agricole et minier
  • Endettement public et extérieur relativement faible
  • Au carrefour de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, ouverture maritime

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux revenus pétroliers (90 % des exportations, deux tiers des recettes fiscales)
  • Pollution liée à l’exploitation pétrolière
  • Insuffisance des capacités de production et de raffinage/distribution d’électricité
  • Tensions ethniques et religieuses
  • Insécurité, corruption contraignant l’environnement des affaires

Appréciation du risque

Croissance léthargique

En 2020, la croissance devrait piétiner, freinée par le secteur pétrolier. Dans un contexte de faiblesse des cours de l’or noir, la stagnation, voire le déclin, de la production pétrolière, à cause de contraintes de capacités résultant du sous-investissement des dernières années dans de nouveaux projets, devrait particulièrement peser sur la contribution de la balance commerciale. La faiblesse des recettes pétrolières et le poids croissant du service de la dette devraient contraindre la capacité des autorités à stimuler l’activité par le levier de l’investissement public. Si les mesures de la banque centrale visant à inciter les banques commerciales à prêter davantage au secteur privé pourraient soutenir l’investissement et la consommation, le faible attrait de l’environnement opérationnel, notamment entretenu par l’accès restreint aux devises pour les importateurs et la complexité du système de change multiple, devrait continuer d’entraver la participation du secteur privé. De plus, les emprunts publics continueront probablement d’opérer un effet d’éviction sur le crédit au secteur privé, limitant l’impact des mesures de la banque centrale. En dépit du soutien que pourrait aussi apporter l’application (éventuelle) du nouveau salaire minimum, la consommation privée restera inhibée par le chômage élevé et la pauvreté endémique. Les revenus des ménages devraient continuer d’être rognés par l’inflation élevée. Celle-ci devrait, en outre, augmenter, tirée par les prix de l’alimentation, conséquence des restrictions à l’importation et de la fermeture des frontières terrestres avec les pays voisins depuis août 2019, mais aussi de l’instabilité sécuritaire qui entrave la production agricole.

 

L’endettement pèse sur le budget

En 2020, en dépit des efforts de consolidation, le déficit budgétaire restera élevé. L’évolution défavorable des prix et de la production de l’or noir devrait entraver celle des recettes pétrolières. Malgré les ambitions énoncées dans les prévisions budgétaires, les contre-performances dans la progression des recettes non pétrolières sont susceptibles de se répéter en 2020. La hausse du taux de TVA de 5 % à 7,5 % pourrait participer à l’augmentation de cette catégorie de recettes, mais les exemptions envisagées devraient en limiter l’impact. Face aux contraintes liées à la collecte des recettes, les dépenses courantes devraient connaître une augmentation liée à l’évolution de la masse salariale, qui devrait s’alourdir en raison de la hausse du salaire minimum. De plus, bien que le niveau de la dette, essentiellement domestique et libellée en devise locale, soit faible, son service continuera d’absorber une part significative des ressources budgétaires. Depuis 2015, ces paiements représentent plus 60 % des recettes fédérales. En conséquence, la volonté d’augmenter la dépense d’investissement en capital devrait, de nouveau, se heurter à ces contraintes budgétaires. Le déficit sera financé par de nouveaux emprunts domestiques et extérieurs. Ces derniers devraient être privilégiés, alors que les prêts contractés auprès du secteur bancaire local exercent déjà un effet d’éviction sur le secteur privé.

Devenu légèrement déficitaire en raison, notamment, de la hausse de la facture d’importations, le solde courant est susceptible de le rester. L’excédent commercial sera érodé par la baisse des recettes d’exportations pétrolières. La dépendance du pays à l’égard des services étrangers (de fret pétrolier particulièrement), et les rapatriements de profits des entreprises étrangères maintiendront, respectivement, les déficits des comptes des services et des revenus. La conjoncture européenne et américaine moins favorable pourrait se répercuter sur les envois de fonds d’expatriés, qui entretiennent le surplus du solde des transferts. Bien que faibles, les IDE et les flux de portefeuille devraient permettre de financer ce déficit. Les réserves de change, qui couvrent plus de six mois d’importations de biens et de services, pourraient également servir à le financer et permettre à la banque centrale d’intervenir sur le marché des changes.

 

Muhammadu Buhari : nouveau mandat, défis persistants

Le président Muhammadu Buhari a été réélu à la tête à l’issue du scrutin de février 2019. Tenues le même jour, les élections législatives et sénatoriales ont été remportées par le parti dont il est issu, le Congrès de tout le peuple (All Progressive Congress ou APC). Bien que confirmés par la Cour constitutionnelle, les résultats ont été rejetés par son principal opposant, Atiku Abubakar, issu du Parti démocratique populaire (People’s Democratic Party ou PDP). Les cas de violences post-électorales signalés témoignent des tensions politiques, sécuritaires et sociales importantes. Le président, auquel on a reproché la lenteur des réformes au cours de son premier mandat, doit toujours faire face à la myriade de défis sécuritaires qui déstabilisent le pays, à commencer par l’activité du groupe terroriste islamiste Boko Haram au nord-est du pays. Le conflit meurtrier entre éleveurs et agriculteurs continue de meurtrir le centre du pays. S’y ajoute la menace d’une reprise des attaques sur les infrastructures pétrolières dans le golfe de Guinée, qui avaient fait tomber, en 2016, la production d’or noir à son plus bas niveau en 30 ans. Le président devra également faire face aux attentes de la population afin d’enrayer le déclin du niveau de vie amorcé par le contre-choc pétrolier de 2014-2016. La prévalence de la pauvreté, le chômage de masse et une inflation à deux chiffres persistante devraient continuer d’alimenter un climat social tendu. Si l’attention portée par le président à l’amélioration du climat des affaires a permis au pays de progresser de 39 places dans le classement Doing Business depuis 2016, dont 15 dans la dernière édition (131e sur 190 pays), l’environnement opérationnel reste difficile.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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