Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Ouganda

Ouganda

Population 39,8 millions
PIB par habitant 916 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,1 6,7 0,2 3,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,6 2,9 3,8 4,6
Solde public / PIB (%)* -4,1 -4,9 -7,2 -8,0
Solde courant / PIB (%) -6,1 -6,3 -5,8 -6,6
Dette publique / PIB (%) 36,2 37,3 40,2 46,2

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 1er juillet au 30 juin. Données 2021: 2020/21

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles : sols fertiles, gisements pétroliers, potentiel hydroélectrique
  • Efforts de diversification, notamment dans le secteur agro-alimentaire
  • Soutien international aux projets d’infrastructures
  • Endettement essentiellement à des conditions concessionnelles
  • Premier exportateur de café du continent africain

POINTS FAIBLES

  • Pauvreté endémique, inégalités persistantes
  • Insuffisance des infrastructures
  • Insécurité dans les zones frontalières (République démocratique du Congo et Soudan du Sud)
  • Faibles progrès en matière de gouvernance (particulièrement en termes de lutte contre la corruption)

Appréciation du risque

Incertitudes sanitaires, politiques et climatiques freineront la reprise

En 2020, la croissance a été durement touchée par les effets de la pandémie de COVID-19, frappant principalement les secteurs du tourisme, du commerce, de l’industrie manufacturière, de la construction et de l’agriculture. En 2021, l’investissement public devrait être un soutien à la reprise grâce au déploiement des infrastructures de transport et d’énergie, qui reste un chantier prioritaire. La construction d’un oléoduc devant permettre de relier la future production de pétrole ougandaise au port tanzanien de Tanga pourrait notamment être un catalyseur de croissance après la signature, en septembre 2020, d’un accord d’exécution prévoyant le début des travaux en mars 2021. Néanmoins, alors que la décision finale d’investissement n’a pas été prise, ce projet pourrait subir des retards. L'augmentation des importations de biens d’équipement devant être plus rapide que la reprise, plus progressive, des recettes d'exportation (particulièrement celles liées au tourisme), le commerce extérieur devrait peser sur l'activité en 2021. La consommation, à mesure que les revenus et les transferts de fonds depuis l’étranger se redressent, devrait être un vecteur de croissance en 2021. Toutefois, la confiance des ménages et des entreprises pourrait être affectée par l’incertitude liée à l’évolution de la pandémie. En outre, des prévisions de précipitations faibles et les invasions de criquets pèlerins pourraient menacer les revenus des ménages dépendants de l’agriculture (fournissant plus de 70 % des opportunités d’emplois). Des rendements agricoles plus faibles pourraient se répercuter sur l’inflation. La hausse des prix sera également sensible à l’augmentation des barrières douanières visant à soutenir la stratégie de substitution aux importations, et à une potentielle dépréciation du shilling.

 

La crise amplifie les risques sur les comptes extérieurs

Le déficit budgétaire devrait continuer à se creuser en 2020/21, après avoir souffert du déclin des recettes domestiques perçues et de l’augmentation des dépenses, en conséquence de la crise liée à la pandémie. Cette hausse du déficit sera alimentée par l’augmentation des dépenses d’investissement. Toutefois, l'augmentation des recettes intérieures et des subventions ne devant être que progressive, la hausse de ces dépenses devrait être restreinte par des possibilités de financement limitées. Alors que les paiements d’intérêts absorbaient environ 15 % des recettes avant la crise, les dépenses courantes devraient être allégées grâce à l’initiative du G20 de suspension du service de la dette jusqu’à fin juin 2021. Le risque de surendettement devrait ainsi rester limité grâce à l’importante part de dette, majoritairement extérieure (plus de 60 % du stock de dette), à caractère concessionnel.

Plus faible en 2020, notamment en raison de la baisse rapide des importations, le déficit du compte courant devrait se creuser en 2021. Malgré une reprise attendue des exportations, qui devrait être soutenue par des prix de l’or élevés, le rétablissement des importations, particulièrement de biens d’équipements, contribuera au creusement de la balance des biens. L’incertitude liée à la pandémie devrait limiter la progression des recettes touristiques, entretenant un déficit élevé du compte des services. Elle pourrait également peser sur les envois de fonds depuis l’étranger et éroder leur contribution à l’excédent des transferts. Les rapatriements de leurs profits par les investisseurs étrangers continueront d’entretenir le déficit des revenus. Avec le déclin des IDE en 2020, le financement du déficit courant s’est appuyé sur le soutien des institutions financières internationales et sur les réserves de change (qui couvrent environ 5 mois d’importations). Le déficit courant exposera le shilling à une dépréciation.

 

Yoweri Museveni vers un sixième mandat

Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, et son parti, le Mouvement national de résistance (NRM), sont sortis vainqueurs des élections générales contestées du 14 janvier 2021. Déclaré vainqueur avec plus de 58 % des voix, le président a obtenu un sixième mandat, devançant Robert Kyagulanyi (également connu sous le nom de Bobi Wine), chanteur devenu député qui a obtenu 34 % des voix. Le parti de ce dernier, la Plateforme de l’unité nationale (NUP), s’est établie comme la principale force d’opposition au parlement. Toutefois, suite aux élections, qui font l’objet d’accusation de fraudes par la NUP, les tensions politiques devraient rester élevées. L’assignation à résidence de Robert Kiagulanyi suite aux élections devrait amplifier l’insatisfaction à l’égard de la mainmise sur le pouvoir du NRM et de Yoweri Museveni depuis trois décennies. Fin novembre 2020, déjà, l'arrestation par la police de M. Kyagulanyi a déclenché des manifestations, qui se sont muées en de violents affrontements avec la police, se soldant par au moins 54 morts. Ces tensions politiques pourraient s’aggraver dans un contexte de prévalence de la pauvreté, exacerbée par la crise économique et l'urgence sanitaire liées à la pandémie. Le pays doit aussi composer avec la fragilité politique et sécuritaire à ses frontières (Sud-Soudan, République démocratique du Congo) et des tensions frontalières récurrentes avec le Rwanda.

En dépit de l’accent mis par les autorités pour favoriser son amélioration, le climat des affaires continue de souffrir d’une gouvernance déficiente, des difficultés d’accès au crédit et du déficit infrastructurel.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

Haut de page