Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Panama

Panama

Population 4,2 millions
PIB par habitant 15 834 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,7 3,0 -9,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,8 -0,3 -0,8 0,2
Solde public / PIB (%) -3,8 -4,1 -7,6 -6,6
Solde courant / PIB (%) -8,2 -5,2 -7,0 -6,2
Dette publique / PIB (%) 36,8 41,0 54,9 60,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Canal interocéanique et infrastructures connexes (ports, aéroports, routes, voies ferrées)
  • Dollarisation totale de l’économie et stabilité financière
  • Zone franche de Colón, 2e plateforme mondiale d’import-export
  • Centre bancaire et financier régional servi par d’excellentes télécommunications
  • Potentiel touristique

POINTS FAIBLES

  • Forte exposition à la conjoncture nord et sud-américaine
  • Faiblesse des recettes budgétaires (13 % du PIB)
  • Lacunes en termes d’éducation et de formation professionnelle
  • Forte disparité sociale et économique entre la zone du canal et le reste du pays
  • Corruption et clientélisme, bureaucratie

Appréciation du risque

L’investissement, moteur de la reprise

En 2020, l’économie panaméenne s’est fortement contractée en raison de la crise du COVID-19. Elle a été impactée par la baisse des échanges mondiaux, les activités de transport, logistiques et services financiers représentant 75 % du PIB. De plus, l’état d’urgence déclaré le 13 mars 2020 a impliqué des mesures strictes (fermeture de chantiers de construction et de zones franches, interdiction des vols commerciaux internationaux). Après avoir été allégées en mai, les mesures sanitaires ont été réinstaurées en juin. Depuis septembre 2020, les restrictions de mouvement sont soumises l’évolution de la situation sanitaire. Les activités touristiques ont progressivement repris à partir d’octobre 2020, les vols commerciaux internationaux étant à nouveau autorisés. Cependant, les quarantaines et les fermetures établies en décembre et janvier 2021 pour stopper l’avancée de Covid-19 ont de nouveau mis le tourisme en pause jusqu’au 15 mars 2021. Pour l’avenir, la reprise s’accélérera à mesure que l’activité dans le canal de Panama s’intensifiera en raison de la reprise du commerce mondial. L’année 2021 sera marquée par des investissements d’infrastructures et de transport. Le Panama a signé un contrat de USD 2,5 milliards avec un consortium dirigé par une société sud-coréenne pour la construction d’une troisième ligne de métro dans la capitale. Le chantier devrait durer jusqu’en 2025. Le budget de 2021 prévoit un total de USD 7,7 milliards d’investissements publics, aussi mobilisés pour l’amélioration de l’aéroport et des routes. Piliers de la reprise en 2021, les chantiers de construction devraient stimuler l’emploi et donc la consommation privée. Le gouvernement a mobilisé en urgence USD 100 millions pour aider les victimes de l’Ouragan Eta (novembre 2020). Les pertes dans le secteur agricole à la suite de la catastrophe naturelle sont estimées à USD 11 millions.

 

La consolidation budgétaire s’éloigne

En octobre 2020, les législateurs ont voté en faveur du relèvement de la limite du déficit budgétaire à 10,5 % du PIB, contre 2,0 % initialement, afin de faciliter la lutte contre les conséquences économiques de la COVID-19. Ce n’est pas la première fois que ce plafond a été relevé, ce qui a tendance à décrédibiliser les gouvernements. Le gouvernement prévoit de ramener progressivement le déficit budgétaire à l’objectif de 2,0 % d’ici 2024 (au lieu de 2022). Concernant le budget 2021, le président Laurentino Cortizo ayant exclu toute augmentation des impôts, les recettes fiscales reposeront sur le dynamisme de la reprise. Du côté des dépenses, celles en capital devraient augmenter en lien avec les investissements publics prévus en 2021. Ce creusement du déficit budgétaire implique un accroissement de la dette publique, extérieure pour 80 % à travers l’émission de bons sur le marché. En janvier 2021, le FMI a approuvé une ligne de crédit de 2,7 milliards de dollars pour afin de faire face à la pandémie de coronavirus. L’accord de deux ans au titre de la ligne de précaution et de liquidité (PLL) doit servir d’assurance contre les chocs externes « extrêmes».

Le déficit courant s’est accentué en 2020 en raison de la réduction de la demande de services de transport (canal) et de tourisme (29 % et 1 8 % des exportations totales, respectivement), mais aussi de la réexportation (11 % du PIB), ce, malgré la diminution de la facture pétrolière. Il devrait se réduire en 2021 grâce à la reprise du commerce mondial, malgré une activité touristique encore restreinte. Le surplus structurel de la balance des services (13 % du PIB) et de la réexportation (2 %) compensera le déficit de la balance des revenus (7 % du PIB) composés principalement de dividendes rapatriés, mais pas celui des biens (12 % avec notamment le cuivre, la banane). Les IDE, constitués essentiellement de profits réinvestis, financeront le déficit courant et assureront l’ancrage du balboa au dollar. Les émissions sur les marchés permettront également de le financer. Les réserves de change détenues par la banque centrale devraient rester faibles, environ 1,3 mois d’importations.

 

La lutte contre la corruption se poursuit

Laurentino Cortizo, du Parti révolutionnaire démocratique de centre-gauche, élu en mai 2019 pour un mandat de cinq ans, affirme son engagement dans la mise en œuvre des recommandations du plan d’action convenu avec le Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI) et dans le renforcement de la position du pays en tant que centre financier majeur dans la région. Sur le plan extérieur, le pays continuera de maintenir une forte relation avec les Etats-Unis, tout en développant ses liens avec la Chine. Le président Laurentino Cortizo avait présenté en juillet 2019, lors de son entrée en fonction, une proposition de réforme constitutionnelle qui est largement considérée comme un élément central des efforts visant à renforcer les institutions, discréditées ces dernières années par des scandales de corruption. La gestion de la crise du COVID-19 a provoqué le limogeage de la ministre de la santé et de deux membres du cabinet après deux scandales de corruption. En 2018, le pays a adopté les normes de déclaration de l’OCDE et a finalement criminalisé l’évasion fiscale au début de 2019, après avoir été mis sur liste noire à plusieurs reprises. Néanmoins, en juin 2019, le GAFI a remis le pays sur sa liste grise après quatre ans d’absence. En 2020, la justice panaméenne s’est engagée contre la corruption en inculpant deux anciens présidents, Ricardo Martinelli (2009-2014) et Juan Carlos Varela (2014-2019) pour « blanchiment de capitaux » dans le cadre d’un achat d’un groupe de presse avec de l’argent public et dans l’affaire Odebrecht, respectivement.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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