Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Papouasie-Nouvelle-Guinée

Papouasie-Nouvelle-Guinée

Population 8,4 millions
PIB par habitant 2 752 $US
B
Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,7 -1,1 5,0 2,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,9 5,2 3,9 4,4
Solde public / PIB * (%) -2,5 -3,9 -4,9 -4,2
Solde courant / PIB (%) 28,7 27,4 23,0 24,8
Dette publique / PIB (%) 33,1 35,5 41,4 44,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes : minerais (cuivre, or, nickel, cobalt), hydrocarbures (pétrole, gaz) et produits agricoles (bois, café, cacao, huile de palme)
  • Soutien financier des institutions multilatérales
  • Construction d’unités de production de gaz naturel liquéfié

POINTS FAIBLES

  • Forte exposition aux catastrophes naturelles
  • Faiblesse du réseau d’infrastructures
  • Économie dépendante des exportations de matières premières
  • Lacunes importantes en termes de gouvernance
  • Faible taux d’alphabétisation, manque de main-d’œuvre qualifiée
  • Accès difficile aux devises

Appréciation du risque

Reprise menée par les hydrocarbures

La croissance a rebondi en 2019, grâce à la hausse de la production et des exportations de gaz naturel liquéfié, de pétrole brut et d’or : ces secteurs se sont enfin remis du tremblement de terre de février 2018. La croissance du crédit et l’accès amélioré aux devises ont aussi permis d’augmenter l’investissement privé. En 2020, la croissance ralentira, du fait des prix de l’énergie plus bas. Le secteur privé non extractif connaîtra lui une plus forte croissance, porté par les effets retardés de l’assouplissement monétaire de la fin 2019 et une demande privée en hausse. La croissance s’appuiera sur l’agriculture, les services et le tourisme, le secteur manufacturier ne représentant que 3 % du PIB. Elle pourrait cependant dépasser les prévisions si les projets miniers et gaziers prévus venaient à démarrer avant l’heure : le projet Papua LNG avec Total et Exxon a notamment reçu l’aval des autorités, après une renégociation du contrat visant à accroître les bénéfices pour le pays. Le projet sera le plus important depuis 10 ans, et représente 10 milliards USD d’investissements étrangers (42,7 % du PIB). Les dernières étapes de l’approbation sont en cours.

L’inflation a ralenti, grâce à une croissance modérée du crédit et à la réduction de l’inflation importée : en effet, la devise est restée stable et les prix des fournisseurs ont baissé. Profitant de la marge de manœuvre ouverte par la faible inflation, la banque centrale a réduit le taux des facilités de dépôt en juillet (- 25 pdb) puis en septembre (- 50 pdb) pour les fixer à 5,5 %. L’inflation restera modérée en 2020 : les prix des fournisseurs étrangers devraient rester stables et l’économie dispose de capacités inutilisées.

 

Dette publique en hausse, maintien de l’excédent courant

Le déficit public s’est creusé en 2019 : les crédits d’impôts et avantages concédés dans le cadre des Accords de Développements de Projets ont compensé la hausse mécanique des revenus due à la forte croissance. Les dépenses ont été planifiées avec des anticipations trop optimistes des revenus gaziers, entraînant le recours au crédit et l’augmentation de la dette, multipliée par trois en sept ans. Le pays devra donc conduire une politique d’austérité plus sévère que prévu afin de stabiliser le déficit. Les dépenses d’investissement, d’éducation, de santé et de fonctionnement de l’administration seront les premières affectées. Combinées au rattrapage des revenus en 2020, ces mesures permettront une petite contraction du déficit public. La dette a été souscrite par les banques domestiques, qui sont désormais exposées au risque souverain. Le pays tente d’augmenter la part de son financement extérieur, pour réduire l’exposition des acteurs domestiques d’une part, mais aussi pour attirer des devises. L’émission d’obligations d’État à dix ans, pour 500 millions USD cette année a permis de réduire les délais d’accès aux devises pour les opérateurs. La Chine détient un quart de la dette extérieure, mais les dirigeants cherchent d’autres partenaires dans le refinancement de la dette : un prêt australien de 440 millions USD a ainsi remplacé un prêt chinois pour refinancer la dette fin novembre. Le pays peut compter sur le soutien de la BAD et surtout de l’Australie, partenaire traditionnel et premier pourvoyeur de fonds, dont les dons ont représenté 40 % du financement extérieur en 2019.

Le compte courant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée est resté fortement excédentaire en 2019, grâce au gaz qui représente 40 % des exportations. Il s’améliorera en 2020 : si les prix énergétiques feront baisser la valeur des exportations, les mesures protectionnistes et le report des grands projets miniers pèseront à la baisse sur les importations. Les réserves de change s’élevaient à 1,92 milliards USD au 26 septembre 2019, soit 5,3 mois d’importations, un niveau acceptable.

 

Un gouvernement source de tensions sociales

Confronté aux scandales de corruption, au mécontentement grandissant de sa population et à une vague de démissions dans son gouvernement, le Premier ministre Peter O’Neill a été contraint de démissionner en mai 2019. Son ministre des finances, James Marape, a été élu Premier Ministre par le parti d’opposition Pangu Pati le 30 mai 2019. Sa politique d’austérité devra prendre en compte une situation sociale difficile, déjà à l’origine d’émeutes en 2018. Le référendum d’indépendance de l’île de Bougainville s’est tenu le 23 novembre, conformément à la garantie de l’État papou à la sortie de la guerre d’indépendance au mois de mars 2000. Il présentait à la population deux alternatives : plus d’autonomie au sein de la Papouasie, ou l’indépendance complète. Le choix de l’indépendance est fortement anticipé. Cependant, le résultat du référendum n’est pas contraignant et les autorités nationales devraient refuser l’indépendance de l’île, dotée de réserves en cuivre, ce qui aiguiserait les tensions régionales.

Le climat des affaires s’est dégradé : la Papouasie enregistre une chute de 12 places en un an au classement Doing Business 2020 de la Banque Mondiale, et occupe le 120e rang. Les indicateurs de gouvernance placent aussi la Papouasie au plus bas de la région Pacifique sur la corruption, l’état de droit et l’efficacité du gouvernement. Mais le gouvernement a pris des mesures pour améliorer l’environnement des affaires, et diversifier l’économie. Un assureur crédit des PME a notamment été créé, un nouveau régime fiscal des PME est prévu, et des réformes des entreprises d’État sont en cours. Une commission anti-corruption a été établie et des lois défendant les droits des lanceurs d’alerte sont à venir.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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