Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Rwanda

Rwanda

Population 12,4 millions
PIB par habitant 816 $US
A4
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 8,6 9,4 -0,2 5,7
Inflation (moyenne annuelle, %)* 1,4 2,4 8,6 6,5
Solde public / PIB (%)** -4,7 -6,3 -11,5 -12,2
Solde courant / PIB (%) -7,9 -9,2 -14,5 -11,2
Dette publique / PIB (%) 53,1 58,9 67,5 75,4

(e) : Estimation (p) : Prévision *Inflation urbaine, principale mesure d'inflation utilisée **Année fiscale du 1er juillet au 30 juin. Données 2021 : 2020/21

POINTS FORTS

  • Potentiel géologique : cassitérite, coltan, pierres précieuses (aigue-marine, rubis, saphir), or
  • Potentiel touristique
  • Développement d’un tissu industriel
  • Environnement des affaires comptant parmi les plus favorables du continent africain
  • Progrès importants en matière de gouvernance et relative stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux cours des matières premières et à l’aide internationale
  • Enclavement et exposition aux tensions géopolitiques de la région des Grands Lacs
  • Forte pression démographique et densité de population parmi les plus élevées d’Afrique

Appréciation du risque

Malgré une forte croissance, la pandémie pèsera sur l’activité

Durement touchée par la crise successive à la pandémie de COVID-19 en 2020, la croissance devrait se relever en 2021 avec la levée progressive des mesures de confinement prises pour endiguer l’évolution de la maladie. La consommation privée devrait bénéficier de ce processus de réouverture. La reprise dans les services devrait notamment soutenir l’emploi dans les centres urbains, tandis que les revenus des ménages ruraux pourraient bénéficier de celle de l’agriculture (plus de 60 % du total des emplois). La reprise de ce secteur d’activité restera néanmoins sous la menace des aléas climatiques (inondations, sécheresses), mais aussi, potentiellement, des criquets pèlerins qui sévissent en Afrique de l’Est. En l’absence de choc climatique affectant l’approvisionnement alimentaire, l’inflation devrait progressivement baisser et soutenir cette reprise de la consommation. L’investissement public, qui a impulsé la forte dynamique économique du pays ces dernières années, devrait continuer à jouer un rôle moteur grâce à une accélération de la mise en œuvre des projets d’infrastructure qui ont dû ralentir à cause de la crise. Le Plan Stratégique de Transformation nationale (NST) continuera de privilégier les projets d’infrastructures liées au commerce, tandis que les travaux de l’aéroport international de Bugesera se poursuivront, soutenant le secteur de la construction. En dépit des efforts continus visant à soutenir l’investissement privé dans les secteurs de l’agriculture et des mines, et de taux d’intérêt à un niveau historiquement bas, leur progression sera contrainte par un environnement international encore incertain. S’il devrait se reprendre, le tourisme, particulièrement celui de conférence, devrait aussi continuer à souffrir de l’incertitude liée à la pandémie. Aussi, malgré la reprise attendue des recettes liées aux cultures d’exportations (café, thé, horticulture) et des prix internationaux de l’or, qui devraient rester relativement élevés en 2021, la progression des exportations restera bridée.

 

Le plan de relance économique accélère l’endettement

En 2021, le déficit budgétaire devrait rester élevé, compte tenu des dépenses supplémentaires associées au plan de relance économique. Outre les mesures sanitaires (achat d’équipements de protection individuelle, établissements de locaux de quarantaine), il comprend, pour les ménages, des paiements directs aux travailleurs précaires et un soutien aux achats d'intrants agricoles et, pour les entreprises, la mise en place d’un fonds de relance économique. Le plan de relance prévoit également des dépenses d’investissement en capital dans les travaux publics au cours de l’exercice fiscal 2020/21. Ces fonds complèteront l’investissement en infrastructure prévu dans le cadre du NST. Aussi 40 % des ressources budgétaires seront allouées à la dépense d’investissement en capital. Alors que le budget prévoit un déclin des recettes fiscales en 2020/21, le gouvernement aura recours à l’emprunt domestique et aux prêts extérieurs, principalement à condition concessionnelle, pour financer le déficit. Bien qu’elles représentent environ trois-quarts du total, la dette publique extérieure est essentiellement concessionnelle (plus de 80 %), limitant le risque de surendettement. Son ascension rapide devrait néanmoins réduire les marges de manœuvre budgétaires à l’avenir.

 

La crise accentue les déséquilibres extérieurs

En 2021, le déficit commercial, notamment grevé par les importations de biens d’équipement, continuera d’alimenter un large déficit courant. La reprise du tourisme atténuerait néanmoins le déficit des services et contribuerait à sa réduction. Compte tenu de l’impact de la crise, les rapatriements de profits des sociétés étrangères devraient être limités, atténuant le déficit de la balance des revenus. Les transferts liés à la coopération internationale courante, versés pour combattre la pandémie, contribueront encore à un excédent du compte des transferts. Malgré le financement d’une part de ce déficit par les IDE ainsi que les subventions, les réserves de change, qui ont bénéficié d’une FCR du FMI, et le franc rwandais, qui s’est dépréciée de plus de 4 % en 2020, resteront sous pression. 

 

Relations frontalières encore délicates, climat social à l’épreuve de la pandémie

Le président Paul Kagamé a obtenu un troisième mandat consécutif en août 2017, obtenant, officiellement, près de 99 % des voix. En septembre 2018, l’hégémonie du Front Patriotique Rwandais (FPR) et de M. Kagamé s’est une nouvelle fois vérifiée lors du scrutin législatif : au sein d’une coalition élargie à six partis, le FPR a remporté 74 % des voix et 40 des 53 sièges soumis au vote des électeurs. Régulièrement accusés de museler les dissidences et de contrôler l’espace politique, Paul Kagamé et le FPR sont aussi crédités du retour à la paix et à la stabilité politique. Cette stabilité pourrait néanmoins être mise à l’épreuve par les difficultés économiques accrues consécutivement à la pandémie. Néanmoins, la domination du FPR et de Paul Kagamé sur l’espace politique ne devrait pas être remise en cause d’ici les élections de 2023 (législatives) et 2024 (présidentielle). Le pays continue les réformes visant à améliorer l’attractivité de son environnement des affaires, notamment pour réduire les coûts de financement et de transports. Bien que perfectible, il compte déjà parmi les plus attrayants du continent.

L’insécurité et la fragilité des relations avec ses voisins de la région des Grands Lacs devraient rester les principaux risques politiques. Les accusations de soutien d'États étrangers à des groupes armés anti-Kagamé resteront une source majeure de frictions, particulièrement avec le Burundi. En outre, les gouvernements du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda continuent de s'accuser mutuellement de mener des combats par l'intermédiaire de groupes d'insurgés en RDC.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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