Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Uruguay

Uruguay

Population 3,5 millions
PIB par habitant 17 014 $US
A4
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,6 1,6 0,4 -3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,2 7,6 7,9 7,8
Solde public / PIB (%) -3,5 -2,9 -3,8 -3,7
Solde courant / PIB (%) 1,5 -0,6 -1,7 -3,0
Dette publique / PIB (%) 60,7 63,5 64,1 64,1

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources agricoles et sylvicoles
  • Homogénéité sociale et stabilité politique
  • Politique active de réformes (environnement des affaires, finances publiques, couverture sociale)
  • Environnement des affaires favorable
  • Investissements directs étrangers conséquents
  • Membre du Mercosur, relations commerciales privilégiées avec l’UE et les États-Unis

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux cours des matières premières (soja, viande bovine, produits laitiers)
  • Dépendance aux conjonctures argentine, brésilienne et chinoise
  • Insuffisance des infrastructures de transport
  • Compétitivité réduite par une forte inflation
  • Endettement public (atténué par une maturité allongée et de moins en moins en dollars)

Appréciation du risque

Faible croissance de l’activité dans un environnement défavorable, malgré le dynamisme de l’investissement

En 2019, le ralentissement de l’économie uruguayenne s’est accentué en raison de la faiblesse de la demande régionale (récession en Argentine et atonie au Brésil), du piètre dynamisme des marchés financiers internationaux et de la situation budgétaire nationale. En 2020, l’inflation restera au-dessus de la cible (3 à 7 %) entraînant une stagnation voire un recul du pouvoir d’achat des ménages, les hausses de salaires étant, non seulement fixées par convention entre 6 et 8 %, mais aussi limitées par le fort taux de chômage (9,5 % en 2019). Aussi, la croissance restera modeste et due à une progression de l’investissement en lien avec la construction d’une deuxième usine de pâte à papier par le groupe finlandais UPM (en négociation avec le gouvernement depuis 2016, le groupe a finalement approuvé officiellement le projet en juillet 2019). Ce projet (UPM2), dont la valeur s’élève à plus de 3 milliards USD, est l’investissement privé le plus élevé jamais réalisé dans le pays. Il permettrait de relancer les entrées d’IDE, négatives depuis quatre ans, mais aussi de dynamiser la construction et l’emploi. L’investissement public progresserait également, au titre du projet d’infrastructure ferroviaire Ferrocarril Central qui vise à faciliter l’acheminement des marchandises jusqu’au port de Montevideo (financement public-privé estimé à 800 millions de dollars). Par ailleurs, les effets de la crise argentine (première source d’IDE et de touristes) continuant à se faire sentir, la contribution extérieure à la croissance resterait négative, malgré la légère accélération de la demande brésilienne. L’Uruguay exporte principalement des produits agricoles (soja, bois et viande bovine, en particulier), qui sont donc vulnérables aux fluctuations des prix internationaux.

 

Intensification de la consolidation budgétaire

Les comptes publics se sont de nouveau dégradés en 2019, grevés par la faiblesse de l’activité qui a affecté les recettes fiscales. Le nouveau gouvernement de Luis Lacalle Pou s’est engagé à des coupes budgétaires à hauteur de 900 millions USD (2 % du PIB) en 2020, grâce à des dépenses plus ciblées et à une meilleure gestion des entreprises publiques, mais sans pénaliser les dépenses sociales. Néanmoins, la croissance demeurant faible l’an prochain, les recettes devraient rester atones, et le déficit au-dessus de l’objectif de 2,5 % figurant dans le programme de consolidation budgétaire de la loi de finance quinquennale de 2015 (précédent gouvernement). Si la dette publique est importante et sur une pente ascendante, les autorités ont progressivement accru la part libellée en monnaie locale et détenue par des résidents (plus de la moitié au deuxième trimestre de 2019, contre à peine 30 % en 2007) et allongé sa maturité moyenne (14 ans), atténuant ainsi sa vulnérabilité.

 

Par ailleurs, l’excédent commercial devrait continuer à se réduire en raison de la hausse des importations de biens d’équipement en lien avec le projet UPM2. Bien que modérée, l’amélioration de la conjoncture au Brésil, principal partenaire commercial après la Chine, soutiendrait la croissance des exportations de biens. De plus, la balance des services sera particulièrement affectée par la chute du pouvoir d’achat des argentins (60 % des touristes) en raison de la considérable dépréciation du peso argentin. Contrairement à la balance des biens et services, la balance des revenus est structurellement déficitaire, en raison du rapatriement des dividendes générés par les investissements étrangers et du paiement des intérêts de la dette (2,7 % du PIB). Les IDE et l’emprunt à l’étranger devraient plus que compenser le déficit courant et le remboursement de la dette, et ainsi permettre d’accroître modérément les déjà larges réserves de change (15 mois d’importations en 2018).

 

Mince victoire de l’opposition aux élections générales d’octobre

Luis Lacalle Pou, du Partido Nacional (PN) de centre-droit, a remporté le second tour de l’élection présidentielle de novembre 2019 avec une mince avance (48,74 % contre 47,48 % des voix) sur son concurrent de la coalition de centre-gauche Frente Amplio (FA), Daniel Martinez. Le FA a été à la tête du pays pendant quinze ans, mais la criminalité croissante, la faible croissance de l’emploi et la situation économique maussade ont contribué à sa défaite électorale. Le président Lacalle Pou, qui prendra ses fonctions le 1er mars 2020 pour un mandat de cinq ans, a promis une politique budgétaire plus restrictive et une ligne sécuritaire conservatrice. Les élections législatives, qui ont eu lieu en octobre, n’ont pas permis au PN de remporter, seul, la majorité au Parlement. Toutefois, grâce à la « coalition multicolore », formée par lui et composée de quatre autres partis allant du centre-droit (Partido Independiente) à l’extrême droite (Cabildo Abierto), le président devrait pouvoir compter sur une majorité législative. La coalition décompte, à l’issue du scrutin, 17 sièges sur 30 au Sénat et 57 députés sur 99 à la chambre basse. De ce fait, Luis Lacalle Pou sera le président avec la majorité la plus faible depuis le retour de la démocratie en Uruguay, et le spectre très large de partis que comprend sa coalition pourra être une source de fragilité politique.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page