Egypte

Afrique

PIB / Habitant ($)
4 587,2 $
Population (en 2021)
103,6 Millions

Evaluation

Risque Pays
C
Climat des affaires
B
Précédemment :
C
Précédemment :
B

suggestions

Résumé

Points forts

  • 106 millions d’habitants, population jeune et croissante
  • Carrefour géostratégique (Canal de Suez) et rôle dans la lutte contre le terrorisme
  • Potentiel touristique
  • Potentiel gazier et minéral (or, kaolin, potasse, cuivre, zinc, plomb)
  • Soutien politique et financier du Golfe et de l’Occident
  • Programme financé du FMI
  • Endettement extérieur limité (29 % de la dette publique)
  • Inclusion financière rapidement croissante (65% des ménages en 2022)

Points faibles

  • Pauvreté (1/3 de la population), faible emploi chez les jeunes et les femmes
  • Faibles recettes publiques (19% du PIB) et informalité (60% de l’emploi, la presque totalité dans l’agriculture et la construction)
  • Déficit public et dette publique : besoins de financement excédant 30% du PIB
  • Système bancaire exposé au risque souverain
  • Maigres exportations manufacturières et à faible valeur ajoutée, faible productivité
  • Faiblesse de l’investissement qui se concentre dans la construction et l’extraction
  • Manque d’eau et dépendance au Nil, dépendance aux importations, notamment alimentaires
  • Poids de l’Etat, notamment de l’armée dans l’économie : le secteur privé, essentiellement de petites entreprises, fournit les ¾ des emplois, mais représente une faible part du PIB et est souvent désavantagé par rapport au public
  • Corruption, bureaucratie, manque d’indépendance de la justice

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
31%
Turquie
8%
Arabie saoudite
5%
États-Unis d'Amérique
5%
Corée du Sud
4%

Import des biens en % du total

Europe 17 %
17%
Chine 14 %
14%
Arabie saoudite 9 %
9%
États-Unis d'Amérique 7 %
7%
Inde 4 %
4%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Net ralentissement de l’activité

Sur l’année budgétaire 2022-2023, la croissance ralentira nettement. La consommation privée (88 % du PIB) pâtira de la montée du chômage et de la forte inflation qui a atteint 33,9 % (39,5 % pour la sous-jacente et 62,7 % pour l’alimentation) en rythme annuel en mars 2023 et tardera à refluer. La banque centrale, dont la cible d’inflation est de 7 % (plus ou moins 2 %), a haussé son taux directeur d’un total de 10 points de pourcentage jusqu’à 18,75 % entre mars 2022 et mars 2023. La banque centrale devrait poursuivre ses hausses, dans l’objectif de ramener l’inflation à sa cible d’ici fin 2024. Le renchérissement du crédit contraindra aussi l’investissement (12 % du PIB), d’autant que la banque centrale devrait cesser sa pratique du crédit dirigé et subventionné. Ce faisant, la transmission de sa politique sur l’économie sera améliorée. Le resserrement monétaire, par la compression de la demande domestique, vise aussi à l’ajuster aux capacités de production et d’importation. Le volet public de l’investissement (8 % du PIB), à l’image de la consommation publique (7 %), devrait être affecté par le resserrage budgétaire.

Au contraire, la contribution des échanges commerciaux à l’économie pourrait être moins négative, en dépit de la méforme du tourisme dû à la diminution tant des visiteurs russes et ukrainiens que des occidentaux. L’accroissement des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL), qui résulterait de l’augmentation des capacités de liquéfaction et de la moindre utilisation du gaz pour la production domestique d’électricité, s’ajoutera à celui des recettes du Canal de Suez. L’amélioration des termes de l’échange et la compression des importations résultant à la fois du manque de devises et de l’atonie de la demande intérieure joueront aussi favorablement. La production manufacturière (sa valeur ajoutée représente 15 % du PIB) progressera encore lentement, confrontée au renchérissement et au manque d’intrants importés, contribuant à l’inflation. L’agriculture (11 % du PIB et 23 % de l’emploi) restera exposée à la cherté des intrants et à l’imposition des prix par les autorités. La construction (7% du PIB) pâtira de la cherté des matériaux et de la révision à la baisse des investissements publics non essentiels.

Le FMI pousse à la réduction du lourd endettement

L’Egypte a obtenu du FMI, en décembre 2022, un programme de 46 mois financé par une Facilité élargie de crédit de USD 3 milliards, dont 347 millions ont été immédiatement versés. C’est nettement moins que le montant (12 milliards) du précédent programme de 2016, mais il devrait générer des prêts supplémentaires estimés à 6 milliards de la part des autres partenaires multi- et bilatéraux. Le resserrage budgétaire fait partie du corpus de réformes recommandées par le FMI et devrait permettre de réduire à la marge le déficit global et d’augmenter l’excédent primaire (qui ne tient pas compte des intérêts de la dette) sur l’année 2022-2023, plus significativement à partir de l’année suivante. Cela passera par l’augmentation des recettes avec, par exemple, l’inclusion des sociétés liées à l’armée dans la liste des sociétés publiques devant publier des comptes et payer l’impôt. Les dépenses continueront, dans un premier temps, d’augmenter avec le maintien provisoire des subventions sur la nourriture, le pain notamment, les hausses de salaires du secteur public et des retraites, et la revalorisation des transferts sociaux dans le cadre des programmes Takaful et Karama destinées à adoucir le choc inflationniste sur les ménages. L’investissement public total se stabiliserait, mais se poursuivra dans la construction de la nouvelle capitale, ainsi que le logement et les transports. Pour autant, le lourd poids de la dette ne devrait commencer à s’alléger qu’en 2023-2024, si la croissance retrouve de la vigueur. Dans l’immédiat, la charge des intérêts de la dette devrait considérablement augmenter pour représenter 45 % (18 % pour les intérêts sur la part extérieure) des dépenses publiques, et son service, comprenant aussi l’amortissement, environ 30 % du PIB (26 % du PIB pour la part en monnaie locale et 11 % pour la part extérieure, les deux se recoupant partiellement). Le déficit restera très majoritairement financé par des sources domestiques.

Le déficit courant devrait continuer de s’alléger progressivement. Les remises d’expatriés (8 %) profiteront de la conjoncture favorable dans le Golfe. De plus, la compression des importations liée à l’exigence d’une lettre de crédit en 2022, puis à la disette persistante de devises et au net ralentissement de la demande domestique en 2023, ajoutée à la modération des prix des importations alimentaires stabiliseraient le déficit commercial à 10% du PIB. L’excédent des services (plus de 2 % du PIB) se stabiliserait aussi, car l’activité mondiale atone pèsera sur les recettes du Canal et du tourisme. Enfin, les rapatriements de bénéfices et d’intérêts par les investisseurs étrangers resteront significatifs (4 % du PIB). Le déficit courant sera largement financé par les IDE (2 à 3 % du PIB), notamment dans l’extraction, mais aussi la vente (vraisemblablement à des pays du Golfe) de participations dans des entreprises publiques (autre attente du FMI). Après trois dévaluations massives en en mars et octobre 2022, puis janvier 2023, la livre égyptienne flotte, mais « accompagné » par la banque centrale, depuis fin janvier 2023, encore une recommandation du FMI. Il y avait eu un précédent en novembre 2016, lors du lancement du précédent programme avec le FMI, mais qui avait fait long feu avec un retour à un change administré avec ajustements périodiques dès 2017, puis la réintroduction d’un cours flottant pour les seules marchandises non essentielles en 2018. Ce nouveau régime permet à la banque centrale d’épargner les réserves de change tombées de USD 40 à 34 milliards entre février 2022 et janvier 2023, malgré les dépôts des banques centrales de pays du Golfe (USD 18 milliards). Le besoin de financement extérieur restera élevé (USD 19 milliards en 2022-23 et USD 24 milliards en 2023-24, hors renouvellement attendu en avril 2023 des dépôts à court terme des pays du Golfe auprès de la banque centrale) du fait du déficit courant et de l’amortissement de la dette.

Nonobstant, les réserves de change pourraient augmenter avec la vente d’actifs (USD 7 milliards de privatisations seraient envisagées d’ici 2024, avec une forte participation du Golfe), la diminution du déficit courant, ainsi que la réduction de la surévaluation de la livre et des taux d’intérêt plus élevés, dans le sillage du durcissement monétaire, susceptibles de susciter un retour des investisseurs de portefeuille étrangers. Déjà en février 2023, l’Egypte a émis un sukuk de USD 1,5 milliards au taux de 11,625%. Dans ce contexte, il est difficile de dire si la dépréciation de la livre se lissera et ralentira, ce qui modérerait les tensions inflationnistes, ou si une (des) nouvelle(s) dévaluation(s) interviendra(ont) en 2023. Il reste que les déboursements au titre du programme conclu avec le FMI sont conditionnés par le flottement de la livre, « administré » ou non.

Un pouvoir présidentiel fort

Le président Abdel Fattah al-Sissi exerce son pouvoir avec grande fermeté et le soutien de l’armée. Il veillera à le conserver, au besoin en ménageant les intérêts de cette dernière dans l’économie, quitte à prendre quelques libertés avec le programme du FMI. Malgré le lancement récent d’un dialogue avec l’opposition (hors Frères musulmans), une modeste réforme judiciaire, la levée de l’état d’urgence en 2022 et la libération de prisonniers politiques, les institutions restent répressives. Depuis les élections de 2020, avec une participation inférieure à 30%, le contrôle du président sur la Chambre des représentants s’est d’ailleurs accru. La réélection du Président Sissi en 2024 se profile. Afin de minorer le risque de troubles sociaux, le soutien public à la population demeure à travers le logement, l’école et la santé. Les subventions sur l’alimentation de base seront remplacées par une augmentation des aides ciblées. Le soutien financier et/ou militaire des Etats-Unis et des pays du Golfe devrait persister compte tenu de l’importance stratégique du pays.

Dernière mise à jour : juin 2023

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Égypte : pas de répit pour la pénurie de devises étrangères

La Banque centrale d'Égypte (CBE) a récemment demandé aux banques commerciales du pays de limiter l'utilisation des cartes de crédit pour les transactions en devises étrangères. Il s'agit là de la dernière manifestation en date du manque de devises étrangères dans le pays, les importateurs égyptiens ayant de plus en plus de mal à obtenir des devises pour régler leurs fournisseurs étrangers.

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