Activité toujours freinée par l’incertitude politique
En 2025, l’activité a été, une nouvelle fois, largement soutenue par les dépenses publiques et la poursuite de la reprise des exportations aéronautiques. Bien que le passage du budget 2026 en début d’année ait permis de réduire l’incertitude politique et fiscale à court terme, la demande domestique pourrait continuer d’être impactée. Le comportement des ménages, dont l’épargne de précaution a atteint des niveaux historiques, reste incertain. Malgré une inflation toujours faible, si bien que les salaires pourraient encore progresser en termes réels, les créations d’emplois devraient continuer de ralentir.
Bien que la baisse des taux d’intérêt favorisera la reprise de l’investissement en biens d’équipement, comme au troisième trimestre 2025, ce rebond est également incertain, comme le montre le contrecoup du trimestre suivant. Fin 2025, l’attentisme des entreprises se traduisait également par moins d’embauches en CDI (contrats à durée indéterminée) et davantage en CDD (durée déterminée). Dans un contexte de demande toujours limitée et de poursuite de remboursement des PGE, les entreprises continueront de faire face à environnement peu porteur. Les défaillances se stabiliseront à un niveau élevé, après avoir dépassé la barre des 68 000 en 2025, soit 42% de plus qu’avant la pandémie. Le budget 2026 n’incluant pas de mesures d’économies significatives, la dépense publique devrait, une nouvelle fois, apporter une contribution positive à la croissance en 2026. Si, au vu des carnets de commande, les exportations aéronautiques devraient poursuivre leur rebond, les autres industries resteront dépendantes de la reprise incertaine de l’économie allemande.
Redressement impossible des finances publiques faute de majorité solide
Dans la lignée des dernières années, le déficit budgétaire restera très élevé en 2026. L’absence de majorité solide n’a permis ni baisses de dépenses significatives ni fortes hausses d’impôts par rapport au budget 2025. Aussi la réduction du déficit public sera-t-elle très progressive. Dans le même temps, la charge d’intérêts continuera d’augmenter rapidement dans le sillage des taux de financement – désormais parmi les plus élevés des principales économies de la zone euro. La dette publique continuera d’augmenter rapidement et sa soutenabilité sera le principal enjeu de l’économie française, dans un contexte défavorable d’instabilité politique.
Le déficit courant devrait rester faible en 2026. Les exportations seront tirées par l’aéronautique et les importations devraient rester limitées par des prix du pétrole relativement faibles. L’excédent de la balance des services (1,9% du PIB), restera insuffisant pour compenser le déficit de celle des biens (-2,1% du PIB). Le déficit courant est financé par les émissions de dette ou d’actions cotées qu’achètent des non-résidents. Fin septembre 2025, ceux-ci détenaient plus de la moitié des titres émis par les administrations publiques (54%), les sociétés non-financières (62%) et les banques françaises (71%).
Instabilité politique du fait d’une Assemblée Nationale plus fragmentée que jamais
Au pouvoir depuis 2017, le Président Macron, du parti de centre-libéral Renaissance, a été réélu pour un second mandat en avril 2022. S’il l’a une nouvelle fois emporté au second tour face à Marine Le Pen, du Rassemblement National (RN, extrême droite), le score a été cette fois plus serré (58,5%-41,5%, contre 66%-34% en 2017). Lors des élections législatives qui ont suivi deux mois plus tard, son parti n’a remporté que 170 sièges sur 577 à l’Assemblée Nationale. Son alliance avec deux autres partis de centre-droit ne lui ayant alors permis de rassembler que 250 sièges au total, le gouvernement a été contraint, faute de majorité, à faire adopter les budgets et les réformes sans vote de l’Assemblée Nationale mais en s’exposant à une possible motion de censure. En juin 2024, suite à la large victoire du RN aux élections européennes, le Président Macron a décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale. Les élections législatives qui ont suivi ont débouché sur une Assemblée Nationale plus fragmentée que jamais, divisée en trois blocs loin de la majorité absolue. L’alliance de gauche NFP a rassemblé 192 sièges (dont 72 pour le parti d’extrême-gauche LFI), la coalition centriste Ensemble 164 et le RN 143. Le Président Macron a nommé comme Premier Ministre Michel Barnier (LR, droite), censuré par l’Assemblée Nationale en décembre 2024, puis le centriste François Bayrou, censuré en septembre 2025.
Leur successeur, Sébastien Lecornu (centriste), dépend lui aussi du soutien des LR et des socialistes (PS). A l’instar de ses prédécesseurs, il est sous la menace constante d’une censure. S’il a été nommé une seconde fois par le Président Macron, après avoir démissionné en octobre 2025 du fait de l’impasse dans les discussions sur le budget 2026, l’hypothèse d’une nouvelle censure ou démission ne peut en aucun cas être écartée. Fin décembre 2025, l’échec des débats sur le budget 2026 a contraint le gouvernement à voter une loi spéciale pour assurer la continuité de l’Etat. Début 2026, le gouvernement a finalement réussi à faire passer un budget sans réduction significative du déficit grâce aux concessions faites auprès du PS (baisse des dépenses limitée) et des LR (hausses d’impôts limitées). Ceux-ci n’ont ainsi pas voté les motions de censure ayant suivi l’approbation du budget.
Face à cette fragmentation inédite ne permettant pas de dégager une majorité durable, le scénario d’une dissolution de l’Assemblée Nationale et la convocation de nouvelles élections législatives semble, à terme, probable. Le moment exact de cette décision est toutefois incertain. Ce, d’autant plus que tous les regards sont déjà portés sur l’élection présidentielle de 2027, qui sera vraisemblablement suivie de nouvelles élections législatives.Cependant, au regard de la fragmentation et de la polarisation du paysage politique, il est loin d’être garanti qu’une majorité stable se dégagera lors de ces élections. Aussi le risque d’instabilité politique restera-t-il particulièrement élevé à court terme et, potentiellement, également à moyen terme.

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