La reprise économique ralentie par les tensions au Moyen-Orient
Après une contraction économique en 2024 et une croissance faible en 2025, la reprise, favorisée par la baisse des taux d’intérêt et l’amélioration des termes de l’échange, a été retardée par le conflit au Moyen-Orient déclenché fin février 2026. La hausse des coûts des intrants (carburant, fret et matières premières) pèse sur les marges des entreprises, tandis que les incertitudes liées à l’évolution de la situation géopolitique et à l’approche des élections législatives de novembre empêchent les investissements de décoller véritablement. Une inflation relativement élevée, associée à un taux de chômage important (5,6 % au deuxième trimestre 2026), pèse également sur le revenu disponible des ménages et freine la consommation, en particulier pour les dépenses discrétionnaires. Si l’affaiblissement du NZD profite aux exportateurs, il amplifie également l’inflation importée. La hausse des prix ayant dépassé la fourchette cible de 1 à 3 %, la banque centrale (RBNZ) a relevé son taux directeur de 25 points de base, le portant à 2,5 % en juillet. Il s’agissait de la première hausse depuis le début de la guerre, et d’autres sont attendues avant la fin de l’année 2026. Toutefois, la politique monétaire ne devrait pas devenir particulièrement restrictive afin de ne pas nuire à la croissance, compte tenu notamment des capacités inutilisées qui subsistent.
À mesure que la confiance des entreprises et des consommateurs s'améliore, la croissance devrait rebondir en 2027, mais l'ampleur de la reprise dépendra de la persistance ou non des tensions au Moyen-Orient. Au cours de l'année, la demande privée dépassera progressivement les dépenses publiques à mesure que les pressions inflationnistes s'atténueront. Les exportations nettes constitueront le principal moteur de la croissance, grâce à la baisse de la facture des importations de carburant et aux prix favorables qui continueront de profiter au secteur agricole.
En 2025, le secteur agroalimentaire a enregistré des performances record, une tendance qui s’est poursuivie en 2026, malgré les pressions sur les coûts liées aux perturbations commerciales, notamment pour l’urée et les carburants. En 2027, la hausse des prix des produits primaires ralentira, mais partant d’un niveau très élevé, le secteur restera dynamique. Les produits laitiers continueront de bénéficier d’une forte demande en Asie, des opportunités croissantes offertes par l’accord de libre-échange de 2024 avec l’UE et d’une production solide. Les exportations de viande continueront de prospérer, l’offre mondiale d’agneau restant limitée face à une forte demande, tandis que le bœuf continuera de bénéficier d’une demande soutenue aux États-Unis. Le bœuf et les kiwis sont exemptés des derniers droits de douane américains de 12,5 % sur les importations. Toutefois, un phénomène El Niño marqué pourrait constituer un risque baissier en provoquant une sécheresse et des vagues de chaleur qui endommageraient les pâturages. Une agriculture robuste soutiendrait l’industrie manufacturière et les transports via l’agroalimentaire. Ces secteurs à forte intensité énergétique devraient se remettre des pressions sur les coûts si les tensions sur la chaîne d’approvisionnement s’atténuent. De même, le commerce de détail et l’hôtellerie-restauration devraient se redresser à mesure que les pressions sur les prix s’atténuent, que les dépenses des ménages augmentent et que le tourisme rebondit. Enfin, la construction résidentielle devrait également progresser, le nombre de permis de construire étant en hausse depuis le second semestre 2025, grâce à la baisse des taux d’intérêt et aux perspectives de reprise économique. Le gouvernement continuera à soutenir la croissance du secteur du logement, afin de remédier à la pénurie de logements qui persiste mais s’atténue, ainsi que le développement des transports publics et des infrastructures de résilience.
L'instabilité géopolitique influencera la croissance des exportations et les recettes budgétaires.
Le déficit des administrations publiques est resté élevé au cours de l'exercice 2025/26, qui s'est achevé en juin de cette année. La hausse des dépenses, tant au niveau des collectivités locales que du gouvernement central, n’a pas été compensée par une croissance des recettes en raison d’une activité économique atone. Toutefois, le solde devrait s’améliorer en 2026/27 grâce à la reprise économique, à une inflation plus élevée et à la poursuite d’une politique de dépenses prudente. La discipline budgétaire restera de mise, le budget étant axé sur la maîtrise des dépenses et de la dette publique, notamment par le biais de suppressions d’emplois dans la fonction publique. Les mesures de soutien ciblées et temporaires mises en place pour faire face à la hausse des prix de l’essence seront progressivement supprimées. La reprise économique élargira l’assiette fiscale, et donc les recettes, ce qui permettra des dépenses supplémentaires dans les domaines de la santé, des infrastructures, de la défense et de l’éducation. Toutefois, les élections législatives prévues en novembre laissent planer une certaine incertitude quant à la mise en œuvre du budget. La dette publique brute devrait augmenter parallèlement à l’important déficit public.
Le déficit de la balance courante de la Nouvelle-Zélande suit généralement les tendances de la balance des biens et services, qui se caracterise par une forte volatilité. Au cours des trois dernières années, ce déficit s’est réduit en raison de la baisse des prix des matières premières importées et de la faiblesse de la performance économique, qui a limité la demande d’importations. De plus, les exportations ont bondi en 2025 grâce à la flambée des prix des produits exportés (viande, produits laitiers, or et aluminium). Cette tendance positive des exportations devrait se poursuivre en 2026, soutenue par un dollar néo-zélandais plus faible. Cependant, les coûts élevés des importations de pétrole ont creusé le déficit en 2026. En 2027, le déficit courant devrait à nouveau se réduire, les prix des exportations de matières premières se stabilisant à des niveaux élevés et les cours du pétrole baissant. Toutefois, la reprise économique stimulera la demande intérieure de biens importés, empêchant ainsi une amélioration significative du déficit. Si la reprise du tourisme réduira le déficit des services, l’important déficit structurel des revenus primaires, dû aux rapatriements de bénéfices par les investisseurs étrangers, continuera de peser sur le compte courant. Le déficit est traditionnellement financé par des entrées financières et de capitaux, à la fois sous la forme d'investissements directs et de portefeuille. Les réserves de devises, qui représentaient environ cinq mois d’importations en juin 2026, pourraient également contribuer au financement. Les risques liés à une éventuelle érosion des réserves internationales sont limités, la dette extérieure du pays étant principalement libellée en monnaie locale.
Le coût de la vie au cœur des législatives de novembre
Le Premier ministre Christopher Luxon pourrait démissionner à l'issue des élections législatives du 7 novembre 2026, après avoir survécu à un vote de confiance en avril, la popularité de la coalition au pouvoir ayant chuté depuis 2023. Le gouvernement conservateur, dirigé par le Parti national, en coalition avec le Parti ACT et le parti populiste New Zealand First, a supprimé de manière controversée des mesures mises en place par les précédents gouvernements travaillistes, notamment celles relatives aux droits des Maoris et à la réglementation environnementale. De plus, le mandat du gouvernement a été marqué par une économie en difficulté et une hausse du chômage. Le coût de la vie étant la principale préoccupation des Néo-Zélandais, cela pourrait jouer en défaveur de la coalition au pouvoir et en faveur du Parti travailliste.
Sur la scène diplomatique, la rivalité entre les États-Unis et la Chine pose des défis à la Nouvelle-Zélande. Washington est un partenaire diplomatique, sécuritaire et commercial de longue date. Parallèlement, Pékin est de loin la première destination des exportations néo-zélandaises, notamment en matière de produits laitiers, et le tourisme chinois continue de croître. Soucieux de préserver de bonnes relations avec ces deux pays, le gouvernement devrait maintenir le statu quo concernant le partenariat AUKUS, en particulier si le Parti travailliste remporte les élections, celui-ci étant opposé à son adhésion. Comme en témoigne la signature de l’accord de libre-échange avec l’Inde en 2026, Wellington continuera de s’efforcer de diversifier ses relations diplomatiques et commerciales.

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