Ouganda

Afrique

PIB / Habitant ($)
1 103,0 $
Population (en 2021)
43,7 Millions

Evaluation

Risque Pays
C
Climat des affaires
C
Précédemment :
C
Précédemment :
C

suggestions

Résumé

Points forts

  • Ressources naturelles : sols fertiles, gisements pétroliers, potentiel hydroélectrique
  • Efforts de diversification, notamment dans l’agro-alimentaire
  • Soutien international aux projets d’infrastructures
  • Endettement essentiellement à des conditions concessionnelles
  • Deuxième exportateur de café du continent derrière l’Ethiopie

Points faibles

  • Pauvreté endémique, inégalités persistantes
  • Insuffisance des infrastructures
  • Insécurité dans les zones frontalières (République démocratique du Congo et Soudan du Sud) et tensions récurrentes avec le voisin rwandais
  • Faibles progrès en matière de gouvernance (particulièrement en termes de lutte contre la corruption)
  • Manque de transparence de l’industrie aurifère

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
19%
South Sudan
17%
Kenya
17%
République démocratique du Congo
12%
Tanzanie (République unie de)
4%

Import des biens en % du total

Chine 19 %
19%
Émirats arabes unis 14 %
14%
Inde 11 %
11%
Kenya 7 %
7%
Europe 7 %
7%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Croissance supérieure en 2023

La croissance ougandaise a baissé en 2022 sous la forte pression inflationniste. Celle-ci a conduit la banque centrale à augmenter d’une manière exponentielle son taux d’intérêt directeur entre mai et août 2022, de 6,5% à 9 %. Cette augmentation, en pesant sur le crédit, affecte l’investissement privé domestique. Par contre, le développement par le français TotalEnergies et le chinois China NATIONAL offshore Oil Corporation de leurs gisements pétroliers respectifs de Tilenga et Kingfisher près du lac Albert, se poursuivra en 2023 pour une mise en production en 2025. Par ailleurs, l’économie devrait bénéficier de la réforme de la loi sur les mines et minéraux. En effet, la suppression de la taxe de 5% introduite en juillet 2021 sur les exportations d’or raffiné (l’essentiel du métal exporté), en principe remplacée par un prélèvement de USD 100 par kilo, devrait relancer les exportations du métal tombées entre temps à zéro. La croissance reposera aussi sur l’agriculture (23% du PIB) avec le maïs et le café, pour lesquels la demande mondiale et régionale est forte et les cours bien orientés.

L’Ouganda est dans le top 10 mondial des exportateurs de café et numéro deux en Afrique avec 6,65 millions de sacs pour la saison 2022-2023. Les autorités veulent lancer le développement du couvert forestier pour le faire passer de 2,6 % à 15 %, dans le but d’atténuer les effets du changement climatique sur la production agricole. Les revenus agricoles viendront tempérer l’impact de l’inflation sur la consommation des ménages. De plus, sauf évolution défavorable de la situation sanitaire (Covid et Ebola), le tourisme (10 % des exportations), avec notamment l’hôtellerie, contribuera aussi à dynamiser l’activité. Le développement des technologies de l’information et de la communication (10 % des exportations), à l’instar de la fintech avec l’expansion des transactions mobiles d’argent suite au covid, devrait se poursuivre. Enfin, la croissance de la production manufacturière (16% du PIB avec l’agroalimentaire, l’habillement, les matériaux de construction) devrait elle aussi être au rendez-vous.

L’assainissement budgétaire repose sur les réformes

Le déficit budgétaire devrait se réduire en 2022/2023, en phase avec la croissance. Aussi, la réforme de l’administration fiscale, une optimisation de l’assiette fiscale et la hausse des droits de douane favoriseront la mobilisation des recettes. Côté dépenses, dans le cadre du programme assorti d’une Facilité élargie de crédit d’1 milliard de dollars sur trois ans convenu avec le FMI en juin 2021, l’assainissement budgétaire passera par une réduction des dépenses non prioritaires, ce qui contribuera à modérer la croissance des dépenses courantes, dominées par la masse salariale et les intérêts sur la dette (23% des recettes sur 2021-2022). Ainsi, l’augmentation des dépenses sera principalement due aux investissements consacrés au développement et à la modernisation des infrastructures (routes, barrages, oléoduc), mais aussi aux services publics comme l’éducation, la sécurité et la santé. Le déficit sera financé en grande partie par l’endettement extérieur (principalement à des conditions concessionnelles), car la dette intérieure a fortement progressé pour représenter 38% du stock fin 2021 et générer 79 % des intérêts. De plus, les emprunts domestiques ont un effet d’éviction sur le crédit au secteur privé.

Malgré le retour des ventes d’or et la progression des ventes agricoles, les importations de biens d’équipement, particulièrement ceux nécessaires à la réalisation des projets pétroliers, freineront la réduction du déficit commercial. Les importations d’énergie et alimentaires resteront onéreuses. Le déficit des revenus primaires se creusera en raison de l’augmentation du rapatriement des bénéfices par les entreprises étrangères, mais sera largement compensé par l’excédent des revenus secondaires constitués de remises d’expatriés et d’aide. Le déficit des services se réduira avec la reprise du tourisme. Au final, le déficit courant ne devrait que légèrement se réduire.

Exiguïté du paysage politique et frustration sociale

Le président Yoweri Museveni et son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), au pouvoir depuis 1986, assurent la stabilité, mais empêchent toute évolution politique. Le fils de M. Museveni, Muhoozi Kainerugaba, officier de l’armée et conseiller présidentiel principal, est en train d’être préparé pour lui succéder en 2026 à la direction du NRM, augurant d’une confrontation avec les autres prétendants au sein du parti en quête d’influence. Les frustrations de l’opposition liées à l’exigüité de l’espace démocratique pourraient engendrer des troubles. Le gouvernement a refusé d’accorder des subventions et aides, ailleurs que dans le secteur agricole, pour faire face à l’inflation. Des manifestations pourraient donc survenir, à l’image de celles de mi-juillet 2022 violemment réprimées. Par ailleurs, les Forces alliées démocratiques, un groupe islamiste basé dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo (RDC) constituent un risque pour la sécurité, y compris de la capitale, Kampala et ses environs. Même si les dernières attaques orchestrées par les ADF datent de fin 2021, le danger persiste. Depuis fin 2021, l’armée ougandaise participe aux opérations anti-insurrectionnelles en RDC, prolongées début septembre 2022. Ouganda et Rwanda ont entrepris de normaliser leur relation. Cela passe notamment par la réouverture début 2022 de la frontière (fermée depuis 2019) et la reprise timide du commerce bilatéral. L’Ouganda conserve des relations cordiales avec les Etats-Unis, l’UE et le Royaume-Uni, mais aussi avec les Etats asiatiques qui représentent une source importante d’importations (en particulier de produits manufacturés). Enfin, il entretient des relations étroites avec la Tanzanie avec qui elle compte développer des projets transfrontaliers à l’image de l’oléoduc de pétrole brut d’Afrique de l’Est.

Dernière mise à jour : avril 2023

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