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Algerie

Algerie

Population 42,6 millions
PIB par habitant 4081 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 1,3 1,4 0,8 -2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,6 4,3 2,2 3,5
Solde public / PIB (%) -6,6 -6,9 -8,6 -7,9
Solde courant / PIB (%) -13,1 -9,6 -12,5 -11,9
Dette publique / PIB (%) 27,3 38,3 46,1 49,2

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de pétrole et de gaz ; potentiel important en matière d’exploitation du gaz de schiste
  • Potentiel dans les domaines de l’agriculture, des énergies renouvelables et du tourisme
  • Faible endettement extérieur

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux recettes d’hydrocarbures
  • Taux de chômage des jeunes élevé
  • Poids excessif du secteur public
  • Crise politique et sociale aiguë déclenchée en 2019
  • Lourdeurs bureaucratiques, faiblesses du secteur financier et environnement des affaires incertain

appréciation du risque

L’incertitude politique et les hydrocarbures pèsent sur la croissance

Pénalisée par l’incertitude politique et la persistance des difficultés du secteur des hydrocarbures, la croissance a ralenti en 2019. En 2020, elle devrait rebondir, mais resterait faible. Malgré les mesures limitant les importations, comme, par exemple, celles visant le blé tendre, la contribution des échanges extérieurs devrait continuer d’être grevée par les hydrocarbures. Alors que les perspectives sont peu favorables pour les prix de l’or noir, le déclin progressif de la production de pétrole et de gaz, imputable à l’épuisement des champs et aux infrastructures vieillissantes, et la croissance de la consommation domestique de gaz naturel devraient continuer à peser sur l’évolution des recettes d’exportations. L’adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et l’abrogation de la loi plafonnant à 49 % la participation d’une entreprise étrangère dans une firme algérienne pourraient encourager l’investissement privé dans le secteur, mais les investisseurs risquent de se montrer hésitants face à la résistance de la rue à l’égard de ces textes et, plus globalement, au climat politique incertain. De plus, l’activité du secteur privé local devrait également continuer d’être perturbée par les changements abrupts dans l’encadrement et la gestion des entreprises provoqués par les enquêtes anti-corruption. L’investissement public devrait rester entravé par l’espace budgétaire restreint, d’autant que les autorités devraient privilégier les mesures sociales pour tenter d’endiguer la grogne sociale. Bien qu’elles puissent soutenir le levier de la consommation, le chômage élevé et la faible croissance devraient limiter ses effets. Il serait également obéré si les retards dans le paiement des salaires et les fermetures de commerce occasionnées par les manifestations se poursuivaient en 2020.

 

Un financement du déficit budgétaire incertain

En 2020, le déficit budgétaire devrait rester élevé. Avec plus d’un tiers des recettes générées par le secteur des hydrocarbures, les ressources budgétaires devraient rester entravées par les difficultés du secteur. En dépit des augmentations de la fiscalité (hausse de la taxe de domiciliation bancaire par exemple), la faible croissance devrait se répercuter sur leur évolution. Les augmentations d’impôts devraient également rester limitées pour éviter d’alimenter la grogne sociale. Aussi, malgré les velléités de réduction du train de vie de l’État, les dépenses de fonctionnement, notamment la masse salariale publique, et les transferts sociaux, devraient être préservées aux dépens de la dépense d’investissement en capital. Le déficit devrait continuer d’être principalement financé sur des ressources domestiques, mais le recours au financement dit « non-conventionnel » (processus de création monétaire) devrait ralentir conformément à la loi de finances 2020. Disposant d’un endettement extérieur négligeable (moins de 1 % du PIB), le financement extérieur est également envisagé « en cas de besoin et de manière sélective ».

 

Réserves de change en chute libre

En 2020, le solde courant devrait rester déficitaire, pénalisé par l’important déficit commercial. Une demande intérieure limitée et les mesures de restriction aux importations devraient permettre une légère réduction de celui-ci. Les récentes découvertes de gaz ne devraient pas permettre d’enrayer le déclin des recettes d’exportations des hydrocarbures à court terme. L’excédent de la balance des transferts, alimentée essentiellement par les envois de fonds de travailleurs expatriés, ne comblera pas les déficits plus élevés des revenus et des services. Ce déficit devrait continuer d’être financé en ponctionnant les réserves de change (qui seraient équivalentes à 12 mois d’importations fin 2019), poursuivant leur chute quasi ininterrompue depuis 2014.

 

Une élection, mais des tensions sociales irrésolues

Face à une mobilisation d’ampleur, débutée en février 2019 après l’annonce de la candidature pour un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, il a été contraint à la démission le 2 avril 2019, soit 16 jours avant la tenue du scrutin présidentiel. En dépit du départ de M. Bouteflika et de la vaste campagne anti-corruption menée par l’armée (opération « mains propres »), les manifestations régulières (mouvement connu sous le nom de Hirak) se sont poursuivies, contraignant à deux reports de l’élection présidentielle. Rejetée par une grande partie des manifestants, estimant que le personnel politique, économique et militaire reste dominé par les personnalités des quatre mandats de M. Bouteflika, elle s’est finalement tenue le 12 décembre, sous l’impulsion de l’armée et du général Ahmed Gaïd Salah, acteur central du régime du président Bouteflika, puis de la transition. Néanmoins, le vainqueur, Abdelmajid Tebboune, Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika en 2017, devrait peiner à être considéré comme légitime par le Hirak. Cette perception pourrait être renforcée par le faible nombre de candidatures approuvées (cinq) et par la faible participation (39,9 %). En conséquence, cette élection ne semble pas offrir un règlement définitif à la crise politique qui secoue le pays : les tensions politiques et sociales sont susceptibles de rester élevées. La prévalence de la pauvreté, le manque d’opportunités d’emplois et le contexte économique difficile alimenteront probablement aussi le mécontentement. La tolérance de l’armée et du nouveau gouvernement à l’égard des troubles pourrait néanmoins diminuer et les mesures de sécurité être renforcées. Le décès, le 23 décembre 2019, du Général Ahmed Gaïd Salah, considéré jusqu’alors par les manifestants comme le vrai dirigeant du pays, et remplacé par le général Saïd Chengriha, renforce les incertitudes en matière de gouvernance.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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