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Ghana

Ghana

Population 29,6 millions
PIB par habitant 2 217 $US
B
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 8,1 6,3 6,1 1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 12,4 9,8 8,7 11,2
Solde public * / PIB (%) -4,8 -3,5 -5,0 -6,8
Solde courant / PIB (%) -3,4 -3,1 -2,5 -4,8
Dette publique / PIB (%) 55,6 75,8 76,8 78,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *Coûts d’assainissement du secteur financier en 2018 et 2019 inclus.

POINTS FORTS

  • Un système de santé bien classé en Afrique
  • Importantes ressources minières (or), agricoles (cacao), pétrolières et gazières
  • Démocratie installée
  • Environnement des affaires attractif, favorable aux IDE
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Niveau d’endettement élevé et risque de dérapage fiscal
  • Lacunes en matière d’infrastructures (énergie, transport)
  • Dépendance aux cours des matières premières (or, pétrole, cacao)
  • Fragilité du secteur bancaire

Appréciation du risque

L’épidémie de coronavirus fait chuter la croissance

D’après l’OMS, avec 41 000 cas et 215 décès Covid au 13 août 2020, soit 0,5 mort pour 100 cas confirmés et 0,75 décès pour 100 000 habitants, le Ghana est l’un des pays les plus touchés par le COVID-19. Afin de freiner la propagation du virus, des mesures de distanciation ont été appliquées dès le 16 mars et les frontières ont été fermées le 23 mars. Même si ces mesures sont progressivement levées depuis fin avril, elles se sont accompagnées d’une baisse de l’activité domestique (consommation et investissement). La baisse des IDE observée dès 2019 (-21% à USD 2.3 milliards soit 3,5% du PIB) devrait se prolonger en 2020 et 2021. On peut alors craindre une contraction des investissements visant à diversifier l’économie et limiter la dépendance aux hydrocarbures, tel que le programme One district One industrial park, destiné à instaurer au moins un parc industriel dans chacune des 13 régions du pays. La crise du COVID-19 risque également de reporter les réformes de secteurs en difficulté comme le programme l’Energy Sector Recovery Program qui ambitionne de restaurer en 5 ans (2019-2023) le secteur de l’énergie aujourd’hui non viable.

 

Par ailleurs, la contraction économique mondiale a un fort impact sur les exportations. La baisse des prix et des expéditions de pétrole et de cacao, les produits principaux exportés (30% et 14% des exportations respectivement) diminue les recettes. Celles issues du pétrole brut ont diminué de 15,1% en février 2020 par rapport à février 2019. Cependant, le Ghana, grand exportateur d’or, suite à la réhabilitation de la mine d’Obuasi en 2019, devrait profiter de la hausse de son prix, même si la production devrait rester relativement stable en raison des perturbations sur le processus de production et la mise en place de protocoles sanitaires. Par ailleurs, la baisse des importations, liée à une baisse des revenus des ménages et de la demande d’intrants des entreprises, est largement compensée par celle des exportations. Aussi, le déficit courant devrait se creuser en 2020. Au total, le PIB devrait croître de 1,5% (au lieu d’une prévision de 5,8% fin 2019. Les perturbations sur les chaînes de production et les obstacles aux commerces domestique et international génèrent des pressions inflationnistes. Éloignant le pays de sa cible (soit 6-10%) respectée en 2019.

 

Enfin, le secteur financier risque d’être fragilisé, alors qu’il vient juste de se remettre de la crise bancaire de 2017, le pourcentage de prêts non performants étant passé de 22% en septembre 2017 à 13,9% en décembre 2019. La banque centrale, craignant une hausse des incidents bancaires et une contraction de l’octroi de crédits, a d’ailleurs baissé son taux directeur de 150 points de base à 14,5% et a baissé ses exigences en terme de réserves obligatoires.

 

La lutte contre l’épidémie et ses conséquences économiques pèse sur le budget

En 2020, le déficit public devrait atteindre 6,8% du PIB (au lieu des 3,4% prévu), portant la dette publique à 78,8%, dont près de 60% extérieure. Ceci s’explique à la fois par une baisse des recettes (équivalente à 2% du PIB) et la hausse des dépenses liées à la crise du COVID-19 (0,4% du PIB). En plus de mesures fiscales à hauteur de GHS 10,6 milliards soit 3% du PIB (Coronavirus Alleviation Program), l’Etat ghanéen déploie un programme pour redresser l’économie de GHS 100 milliards (25% du PIB) pour 2020-2023 (Coronavirus Alleviation and Revitalisation of Enterprises Support), financé à 30% par l’État. Afin de compenser très partiellement, les dépenses liées aux plans de soutien, le gouvernement prévoit de couper certaines dépenses publiques pour un total de GHS 1.1 milliards soit 0,3% du PIB et a convenu avec les investisseurs de reporter le paiement des intérêts sur les obligations domestiques non négociables détenues par les institutions publiques.

 

Le déficit courant devrait légèrement s’accentuer en lien avec la diminution de l’excédent commercial. Le déficit des revenus se dégrade également, avec l’augmentation du service de la dette et la baisse des transferts des fonds d’expatriés (5% du PIB en 2018), touchés par la contraction des économies hôtes. Le déficit des services s’accentuerait en raison de l’utilisation croissante des télécommunications, notamment. La baisse des IDE, notamment dans le pétrole, fragilise le financement du déficit courant qui devrait en partie reposé sur l’aide du FMI (USD 1 milliard) et d’autres organismes multilatéraux. Le cédi subit une pression à la baisse à cause des risques pesant sur l’économie mondiale, combinés à l’incertitude liée aux élections législatives et présidentielle de décembre 2020 et du probable dérapage budgétaire. Les réserves de change devraient diminuer à 2,7 mois d’importations d’ici la fin d’année 2020.

 

Un duel 2020 sur un air de déjà-vu

Le président Nana Akufo-Addo, issu du Nouveau parti patriotique et élu en décembre 2016, devrait être candidat à sa réélection à l’occasion des élections de novembre 2020. Face à lui, il retrouvera John Mahama, son prédécesseur, défait lors du scrutin de 2016, qui porte la candidature du Congrès national démocratique. Malgré les efforts des autres partis d’opposition pour défaire la bipolarisation de la vie politique, la victoire devrait se jouer entre les deux partis qui dominent la scène politique depuis 1992. Le climat politique pourrait se tendre à l’approche de l’échéance notamment concernant le nouveau registre des électeurs mis en place pour l’élection, l’épidémie du COVID-19 pouvant entraver l’enregistrement des électeurs (prévu entre juin et août 2020). Malgré des rivalités parfois féroces entre les deux principaux partis, l’ancrage du respect des normes constitutionnelles depuis près de trois décennies assure la stabilité politique du pays. Le manque de progrès en matière de réduction de la pauvreté et de lutte contre la corruption est un des sujets de frustration populaire qui devraient dominer la campagne présidentielle. L’environnement des affaires reste favorable par rapport à ses pairs régionaux (118ème sur 190 pays en 2019).

 

Dernière mise à jour : Août 2020

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