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Ghana

Ghana

Population 30,2 millions
PIB par habitant 2 221 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,3 6,5 1,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,8 7,2 10,0 9,0
Solde public / PIB (%) -7,0 -7,3 -15,0 -9,0
Solde courant / PIB (%)* -3,1 -2,7 -3,5 -3,0
Dette publique / PIB (%) 59,1 62,8 76,0 75,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Coûts d’assainissement du secteur financier en 2018 et 2019 inclus

POINTS FORTS

  • Un système de santé bien classé en Afrique
  • Importantes ressources minières (or), agricoles (cacao), pétrolières et gazières
  • Grand développement de la téléphonie mobile
  • Démocratie installée
  • Environnement des affaires attractif, favorable aux IDE
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Niveau d’endettement élevé (à 60% commercial) et risque de dérapage budgétaire
  • Eviction du secteur privé du marché local du crédit du fait des besoins publics de financement
  • Faibles recettes publiques : 13% du PIB
  • Lacunes en matière d’infrastructures (énergie, transport)
  • Dépendance aux cours des matières premières : or et pétrole (70% des exports), cacao (16%, 30% avec les autres produits agricoles)
  • Fragilité du secteur bancaire : 14% de prêts douteux en 2019, cherté du crédit
  • Velléités séparatistes à la frontière orientale le long du Togo

Appréciation du risque

La reprise devrait être au rendez-vous en 2021

Même si les mesures de lutte contre la pandémie de COVID-19 n’ont pas été très sévères, elles ont contribué à faire chuter la croissance en 2020. Mais, c’est la chute des recettes d’exportation de pétrole et, dans une bien moindre mesure, de cacao, qui en a été la cause principale. Malgré le plan de soutien (Coronavirus Alleviation Program pour 3% du PIB), la demande intérieure a fléchi, notamment l’investissement.

En 2021, sauf résurgence de la pandémie, l’activité devrait accélérer. Avec la levée des dernières restrictions de déplacement, la consommation retrouvera sa vigueur, ce qui profitera aux services, très affectés, télécommunications mises à part. Les meilleures perspectives du marché de l’énergie devraient s’accompagner du rebond des exportations pétrolières. La production et les ventes d’or profiteraient toujours d’un cours élevé, mais aussi de la normalisation de la logistique, ainsi que d’une lutte accrue contre l’extraction clandestine et la contrebande. L’agriculture continuera d’être soutenue par le plan public de développement et de modernisation de la filière cacaoyère qui fait vivre 800000 personnes. Malgré la persistance de la maladie virale de la pousse de cacao gonflée, la production progresserait modestement et les cours se stabiliseraient, après leur érosion en 2020, en partie grâce à l’adoption d’un mécanisme de soutien des prix   convenu avec les grands acheteurs. Les projets d’infrastructures et de sites industriels destinés à diversifier l’économie, gelés en 2020, devraient être lancés dans le cadre de l’initiative One District One Factory. Cela concerne l’agroalimentaire, mais aussi les engrais ou l’assemblage automobile avec l’arrivée de grands acteurs mondiaux. Le lancement du COVID-19 Alleviation and Revitalization of Enterprises Support (CARES), un programme de GHS 100 milliards (25% du PIB) sur 2020-2023, financé à 30% par l’Etat, et destiné à redresser l’économie et attirer les investissements par des exonérations de charges ou des partenariats public-privé, devrait y participer.

 

Des comptes publics aggravés par la crise

Déjà mal en point, les comptes publics ont été détériorés par la crise. En 2020, la dette a passé le seuil des 70% du PIB (sans compter les 10% relatifs aux arriérés et aux dettes des sociétés publiques). Afin de compenser, très partiellement, le plan de soutien, le gouvernement a coupé certaines dépenses à hauteur de 0,3% du PIB, et imposé le report du paiement des intérêts sur les obligations domestiques non négociables détenues par les institutions publiques. Le besoin de financement, comprenant le déficit et le service de la dette, a représenté 16% du PIB. Il a été couvert par les émissions sur les marchés internationaux, des financements multilatéraux exceptionnels (FMI…), des placements sur le marché domestique, et la banque centrale. Les intérêts ont absorbé la moitié des recettes, certes peu élevées, et représenté 7% du PIB. Le plafond de déficit prévu dans la loi de responsabilité budgétaire a été suspendu. La crise passée, le déficit va se réduire, même s’il restera élevé, et le poids de la dette devrait se stabiliser en 2021. De plus, la coûteuse recapitalisation du système bancaire a pris fin en 2020, année pour laquelle il a représenté 5,5% du PIB. Enfin, la mise en bourse d’Agyapa Royalties, le réceptacle des recettes aurifères, devrait intervenir et permettre de monétiser les recettes futures. Cependant, la réforme des secteurs publics en difficulté, mise entre parenthèses par la crise, comme celui de l’énergie, à travers le programme Energy Sector Recovery Program (2019-2023) demeure une nécessité. Les arriérés de l’Etat au détriment du secteur de l’énergie représentent chaque année 1% du PIB. De plus, le secteur financier risque d’être fragilisé et pourrait redevenir une charge. Les élections passées, il est possible que le Ghana s’engage dans un nouveau programme avec le FMI, la dernière Facilité de Crédit ayant expiré en mars 2019.

La crise n’a creusé que légèrement le déficit courant resté modeste. En effet, malgré la baisse des exportations pétrolières et le fléchissement de celles de cacao, un conséquent excédent commercial a perduré grâce aux recettes aurifères et à la baisse des importations. Comme par le passé, il a compensé en grande partie le déficit des revenus soumis aux influences contraires de l’augmentation du service de la dette et de la baisse des transferts de fonds d’expatriés (5% du PIB en 2019) et des rapatriements de bénéfices par les investisseurs étrangers, ainsi que celui des services. Ce dernier est dominé par les achats de service liés à l’exploitation pétrolière, ainsi qu’au transport, et accentué par l’usage croissant des télécommunications. Le ralentissement des IDE, dans le pétrole avec le développement repoussé du champ de Pecan, fragilise le financement du déficit courant qui ne peut plus compter avec l’aide multilatérale exceptionnelle de 2020. Le cédi pourrait donc continuer de subir une pression à la baisse, notamment avec la monétisation partielle du déficit qui nourrit l’inflation. Les réserves de change représentaient 2,7 mois d’importations fin 2020.

 

Les deux grands partis à égalité

Au terme d’une campagne tendue, le président sortant Nana Akufo-Addo et le parti dont il est issu, le Nouveau parti patriotique, ont conservé de justesse le pouvoir à l’issue des élections présidentielle et législatives de décembre 2020. Face à eux, ils retrouvaient John Mahama, le prédécesseur, défait lors du scrutin de 2016, qui portait la candidature du Congrès national démocratique. Au parlement, les deux partis sont à égalité, ce qui compliquera la vie politique. L’ancrage du respect des normes constitutionnelles depuis près de trois décennies devrait assurer la stabilité politique Cependant, le manque de progrès en matière de réduction de la pauvreté (25%) et de lutte  contre la corruption est un des sujets de frustration populaire.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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