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Guinée

Guinée

Population 13,6 millions
PIB par habitant 1 013 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,2 5,6 1,5 6,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,8 9,5 9,0 8,0
Solde public / PIB (%)* -1,1 -0,5 -3,7 -3,0
Solde courant / PIB (%)** -18,7 -13,7 -20,5 -15,7
Dette publique / PIB (%) 38,0 34,5 45,0 46,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons compris **Transferts officiels inclus

POINTS FORTS

  • Un tiers des réserves mondiales de bauxite
  • Gisements de fer, d’or, de diamant, d’uranium et de pétrole encore largement inexploités
  • Potentiel hydro-électrique important

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux cours des produits miniers et de l’énergie
  • Dépendance à la demande chinoise de bauxite
  • Faiblesse des recettes publiques (13% du PIB)
  • Manque d’infrastructures, notamment dans le secteur électrique et les transports
  • Forte pauvreté (53% de la population), informalité (50% du PIB et 70% de l’emploi), croissance peu inclusive
  • Environnement des affaires difficile (156e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2020)

Appréciation du risque

Une forte croissance en 2021 après une année atone

Avec l’annonce d’un confinement national fin mars (fermeture des frontières et interdiction des rassemblements, notamment) et la baisse du commerce mondial, l’économie guinéenne a ralenti en 2020. Elle devrait cependant retrouver une croissance dynamique dès 2021. La consommation, qui représente 70% du PIB, a ralenti en 2020 (+1%), mais son repli a été atténué par le plan de relance qui dispensait les ménages les plus vulnérables de régler leurs factures d’eau et d’électricité et prévoyait la fourniture de denrées alimentaires. En 2021, elle devrait rebondir, portée par les progrès en matière de productivité agricole. L’investissement a aussi ralenti suite à la crise (+1% en 2020 contre +6% en 2019), même si certains grands projets sont restés d’actualité. C’est par exemple le cas de l’exploitation du gisement de fer de Simandou pour lequel le gouvernement a accordé en juin 2020 une concession de 25 ans au consortium SMB-Winning. Ce consortium détenu par des intérêts singapouriens, chinois et français, et à 10% par le gouvernement guinéen, va investir 16 milliards de dollars, y compris dans la construction d’une voie ferrée de 650 km pour transporter le minerai jusqu’au futur port en eau profonde de Matakong. Par ailleurs, 2020 devait marquer l’entrée en service du barrage de Souapiti qui devrait doubler l’approvisionnement en énergie de la Guinée. Elle a cependant été reportée à 2021.

Selon les estimations de l’Agence Nationale des Statistiques Agricoles, le secteur agricole, qui représente 20% du PIB et 60% des emplois, a enregistré de bons résultats pour la saison 2019/2020 grâce à une augmentation de la superficie cultivée. Par contre, la saison 2020/2021 sera pénalisée par la fermeture des frontières (notamment pour les productions de café et de cacao). La production minière, qui représente 25% du PIB, s’est contractée d’environ 5% entre juin 2019 et juin 2020. En effet, les perturbations logistiques liées au transport, ainsi que la chute de la demande chinoise ont affaibli le secteur, qui devrait toutefois retrouver sa croissance habituelle en 2021. Enfin, les services, qui emploient 30% de la population et représentent 40% du PIB, ont souffert de la fermeture des commerces et du quasi-arrêt du tourisme et des transports, mais revivront, ces restrictions disparues.

 

Des comptes publics et courant largement soutenus par l’aide internationale

Après les efforts de consolidation budgétaire entrepris ces dernières années, les comptes publics ont été détériorés par la crise. En avril 2020, le gouvernement a annoncé un plan de relance de 318 millions de dollars, soit 2% du PIB, visant à augmenter les dépenses de santé et aider les foyers et PME en difficulté. Ce plan, associé à une baisse des recettes fiscales de 26%, a creusé le déficit public en 2020. Son financement a nécessité un recours accru à l’endettement auprès des bailleurs de fonds (FMI, BAD, Banque mondiale…), accroissant la dette extérieure publique (30% du PIB, dont environ la moitié auprès de la Chine). En outre, le pays bénéficie de l’Initiative de suspension du service de la dette du Club de Paris pour un montant de 126 millions de dollars, soit 0,9% du PIB.

Le déficit courant s’est davantage creusé en 2020, mais se rapprochera de son niveau pré-crise en 2021. En effet, concernant les biens, la chute des recettes minières n’a été que partiellement compensée par la baisse des importations (diminution de la facture pétrolière et des achats de biens d’équipement). Le déficit des biens se réduirait toutefois en 2021, porté par les exportations de minerais, alors que les achats de biens d’équipement reprendraient plus lentement. Bien que structurellement déficitaire, le déficit des services s’est résorbé quelque peu en 2020 en raison de la baisse des achats de services techniques liés aux projets d’investissements. Par ailleurs, en 2020, la diminution des transferts de bénéfices des sociétés minières a réduit le déficit des revenus primaires. Traditionnellement financé par les IDE et les prêts-projets, le déficit courant s’est accru et le besoin de financement supplémentaire pour 2020 a été comblé par l’aide internationale. La Guinée a en effet reçu notamment 197 millions de dollars du FMI, 80 millions de la Banque mondiale et 30 millions de la BAD.

 

Tensions exacerbées par le troisième mandat d’Alpha Condé

Le président Alpha Condé, 82 ans, a fait adopter une nouvelle constitution en mars 2020 lui permettant de se présenter une troisième fois. Malgré le désaccord de la société civile et de nombreuses manifestations, la nouvelle constitution a été approuvée par 89,8 % des votants, avec un taux de participation de 58,3 %. Les élections législatives se sont tenues le même jour et ont permis au Rassemblement du peuple guinéen (RPG) du président de remporter 79 sièges sur 114 au Parlement. En octobre 2020, A. Condé a été réélu à la présidence avec 59,5% des voix et une participation de 78,9%. En plus des doutes émis par les observateurs internationaux, l’opposition a contesté l’élection devant la Cour constitutionnelle, mais celle-ci a déclaré le scrutin régulier en novembre 2020, après des semaines de manifestations qui auront coûté la vie à des dizaines de civils.

Les relations sino-guinéennes sont au beau fixe avec de multiples projets d’infrastructures financés par les recettes de concessions minières. Par ailleurs, la France et l'Union européenne ont émis des doutes sur la crédibilité de l’élection présidentielle, ce qui n’empêchera pas l’aide au développement de se poursuivre.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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