Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Guinée

Guinée

Population 13,3 millions
PIB par habitant 910 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 10,0 5,8 5,9 5,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,9 9,8 9,6 9,9
Solde public / PIB (%) -2,0 -1,2 -2,5 -2,8
Solde courant / PIB (%) -7,1 -18,4 -20,7 -18,1
Dette publique / PIB (%) 39,7 38,6 45,2 45,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Un tiers des réserves mondiales de bauxite
  • Gisements de fer, d’or, de diamant, d’uranium et de pétrole encore largement inexploités
  • Potentiel hydro-électrique important
  • Amélioration graduelle du climat des affaires

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux cours des produits miniers et de l’énergie
  • Dépendance à la demande chinoise de bauxite.
  • Manque d’infrastructures, notamment dans le secteur électrique
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

Ralentissement de la demande chinoise et risque politique menacent une croissance robuste

Comme en 2019, la croissance resterait vigoureuse en 2020, soutenue par l’investissement public et privé. La partie publique sera principalement impulsée par l’investissement dans les infrastructures de transport et d’énergie, et le développement agricole dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES). La réhabilitation du réseau routier, l’établissement de lignes électriques ou les travaux de barrages hydroélectriques (Souapiti, Koukoutamba, Amaria) feront ainsi de la construction un moteur de la croissance. L’investissement privé devrait également participer au développement des infrastructures, mais sera surtout drainé par le secteur minier, particulièrement dans les projets de bauxite. Les investisseurs pourraient néanmoins retarder leurs décisions au regard des inquiétudes liées aux incertitudes politiques en 2020. La montée en puissance de la production minière porterait la contribution positive des échanges extérieurs. Ceux-ci devraient, toutefois, subir l’impact du ralentissement de la demande chinoise. Les progrès en matière de rendement agricole pourraient soutenir la consommation privée, alors que plus de 80 % de la population dépend du secteur, mais l’inflation élevée, notamment avec l’augmentation du tarif de l’électricité, devrait éroder les revenus des ménages. Ce levier de croissance pourrait également être affecté par l’anxiété grandissante à l’approche des échéances électorales de 2020.

 

L’investissement en capital entretient le déficit courant

Après s’être amplifié en raison de la hausse des subventions à l’électricité en 2019, le déficit budgétaire devrait continuer à se creuser en 2020. En dépit des mesures visant à améliorer la collecte des recettes, le solde budgétaire devrait être affecté par l’augmentation des dépenses d’investissement et de celles liées à l’organisation des élections. L’appui sur les PPP et l’effort de maîtrise de la dépense courante, en agissant notamment sur la masse salariale de la fonction publique, viseront néanmoins à limiter la hausse de la dépense publique. En revanche, des besoins de financement associé à la société publique Électricité de Guinée ou un dérapage budgétaire lié à l’organisation des élections pourraient occasionner des dépenses supplémentaires. Bien que souhaitant s’appuyer essentiellement sur des emprunts domestiques, le recours au financement extérieur concessionnel et non-concessionnel (notamment auprès de la Chine) devrait se poursuivre. Le risque de surendettement resterait néanmoins mesuré.

En 2020, le déficit courant restera très élevé, principalement grevé par les importations de biens d’équipements. Le déficit commercial devrait ainsi rester ample, malgré la progression des exportations minières. Le compte des services enregistrera également un déficit à cause du fret et des services liés à la construction. Les rapatriements de profits par les sociétés étrangères (essentiellement minières) devraient entretenir le déficit des revenus. Le faible excédent du solde des transferts, entretenu par ceux reçus des guinéens de l’étranger, ne contribuera que marginalement à réduire le déficit courant. Les IDE et les prêts-projets devraient néanmoins permettre de financer ce déficit. Aussi, la tendance haussière des réserves de change (moins de 3,5 mois de couverture d’importations) et la stabilisation du franc guinéen pourraient se poursuivre, mais resteront vulnérables à un choc extérieur.

 

Tensions exacerbées à l’approche des échéances électorales

Alors que se profile l’élection présidentielle en octobre 2020, le pays est en proie à des tensions grandissantes. Elles se cristallisent autour de l’intention prêter au président Alpha Condé, premier président élu démocratiquement en 2010 et réélu en 2015, de se présenter à un troisième mandat, pourtant interdit par la Constitution. Des protestations contre ce troisième mandat, déclenchées par le lancement, en septembre 2019, des consultations ouvrant la voie à une réforme constitutionnelle, se sont soldées par plusieurs morts, témoignant de l’escalade des tensions. Finalement confirmée en décembre 2019, la tenue du référendum constitutionnel pourrait permettre à Alpha Condé de rester 12 ans de plus au pouvoir, en instituant un nouveau mandat présidentiel renouvelable de six ans. Dans ce contexte, le nouveau report des élections législatives, initialement prévues pour septembre 2018, au 16 février 2020 est une source de crispations. Alors que dans l’actuelle législature, le RPG Arc-en-ciel (53 sièges sur 114), mené par le président Alpha Condé, doit sa majorité au soutien informel des dix députés de l’Union des forces républicaines (UFR), les élections législatives viseraient, selon les détracteurs du président, à assurer une majorité des deux tiers nécessaires à la réforme de la Constitution. Ces multiples échéances électorales s’annoncent donc dans un climat conflictuel et pourraient exacerber les frustrations sociales nées de la prévalence de la pauvreté, de la perception de corruption ou encore de l’impact de l’industrie minière sur l’environnement et l’approvisionnement en électricité. Le risque d’incidents violents ne peut être exclu, alors que les précédents scrutins, y compris le dernier d’entre eux (les élections municipales de février 2018), ont été émaillés de violences et d’accusations de fraude. Dans un pays qui souffre d’un climat des affaires défavorable (156e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2020), la possibilité d’incidents violents menace d’effrayer les investisseurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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