Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Guinée

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Population 13,0 millions
PIB par habitant 790 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 10,5 8,2 5,8 5,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,3 8,9 9,6 9,2
Solde public * / PIB (%) -0,1 -2,1 -2,2 -2,2
Solde courant / PIB (%) -31,1 -6,9 -21,0 -15,9
Dette publique / PIB (%) 39,8 37,2 40,3 43,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Un tiers des réserves mondiales de bauxite
  • Gisements de fer, d’or, de diamant, d’uranium et de pétrole encore largement inexploités
  • Potentiel hydro-électrique important
  • Amélioration graduelle du climat des affaires par des efforts de réformes

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux cours des produits miniers et de l’énergie
  • Dépendance à la demande chinoise de bauxite
  • Manque d’infrastructures, notamment dans le secteur électrique
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

Les grands projets d’investissement tirent la croissance

Après deux années de forte croissance, résultant d’un phénomène de rattrapage consécutif à une année 2015 difficile (notamment en raison de la maladie Ebola), la croissance a nettement ralenti en 2018. Elle restera, malgré tout, vigoureuse en 2019 et devrait être portée par l’investissement (public et privé) et la production minière (bauxite). Le Plan national de développement économique et social (PNDES), dont le financement, négocié fin 2017, s’appuie notamment sur de nombreux PPP, a pour vocation de combler le déficit infrastructurel du pays et s’étendra jusqu’en 2020. L’un des secteurs visés est celui de l’énergie, avec comme objectif un taux d’accès à l’électricité de 35 % en 2020 et de 100 % en 2030 (contre 29 % en 2015) grâce au programme national d’amélioration de l’accès à l’électricité. Quatre projets de barrages sont prévus dont le plus important, celui de Souapiti, devrait permettre une production de plus de 500 mégawatts (contre 773,97 MW dans tout le pays aujourd’hui). Bénéficiant de plus d’un milliard de financement chinois et construit par China International Water and Electric Corporation, il devrait être terminé d’ici début 2020.

L’énergie est un secteur stratégique pour le pays. D’abord, il participe au fonctionnement des mines, ce qui a causé, en 2018, des délestages dans certaines villes guinéennes (notamment Siguiri). Ensuite, il est indispensable au projet gouvernemental de transformation de la bauxite en alumine (dont le prix à l’exportation est environ 12 fois plus élevé). Neuf projets de transformation de bauxite en alumine et un d’alumine en aluminium sont à l’étude. La production de bauxite devrait encore croître en 2019 avec la pleine production de la mine Bel Air (exploitée par Alufer), faisant du pays le troisième exportateur mondial. De manière plus générale, la production minière, très diversifiée (or, diamant, fer), devrait soutenir la croissance. La création d’emplois dans ce secteur (environ 10 000 pour un seul projet de raffinerie d’alumine et de voie de chemin de fer à Dapilon, dans la région de Kobé) ainsi que la hausse des rendements et le développement de la transformation agricole devraient soutenir l’expansion économique par le canal de la consommation privée. Malgré tout, celle-ci souffre toujours de la forte inflation, notamment causée par la hausse des prix des produits d’alimentation.

 

Les nombreux projets pénalisent le compte courant

Le solde budgétaire devrait rester dans le rouge en 2019. Le niveau des dons (légèrement supérieur à 1 % du PIB) permet d’atténuer son déficit. Le gouvernement, qui mise beaucoup sur le secteur privé pour financer les investissements infrastructurels devra, malgré tout, participer à l’effort de financement en augmentant le niveau des dépenses d’investissement (qui représenteront environ 7,5 % du PIB). Moins pénalisées par les besoins sécuritaires que certains de ses voisins, les dépenses courantes du pays devraient connaître un léger recul et se maintenir à 11 % du PIB.

L’année 2019 devrait permettre une réduction du déficit courant, bien que toujours important. La réduction prévue de plus de 6 % du PIB du déficit de la balance commerciale sera portée par les exportations minières (plus de 90 % des exportations). De l’autre côté, le maintien des prix du pétrole à un niveau relativement élevé devrait être compensé par la réduction des importations des biens d’équipement, l’approvisionnement du matériel de construction du barrage de Souapiti ayant été réalisé en 2018. Pour la même raison, la balance des services va aussi s’améliorer. À l’inverse, la hausse de la production des mines, exploitées par des compagnies étrangères, va dégrader la balance des revenus, mais son poids dans le PIB est trop faible (environ 7 %) pour empêcher l’amélioration de la balance courante. Le financement du déficit courant continuera d’être effectué par des prêts-projets publics et des investissements privés, principalement des IDE, mais qui devrait considérablement se réduire par rapport à une année 2018 très faste en projets. La tendance haussière des réserves de change (légèrement plus de 3,5 mois de couverture d’importations) devrait se poursuivre en 2019. La pression sur le taux de change pourrait donc se réduire, et la valeur du franc guinéen se stabiliser.

 

60 ans après l’indépendance, la difficile route vers une démocratie apaisée

Premier pays africain à prendre son indépendance de la France, le pays a célébré, fin 2018, les soixante ans de cette dernière. Les cérémonies se sont tenues dans le stade du 28-Septembre, lieu où, à la même date, en 2009, la junte militaire faisait 150 morts lors d’un meeting de l’opposition, symbole d’une situation politique encore fragile. Alpha Condé a été le premier président démocratiquement élu du pays en 2010. Les réformes économiques et sociales, entreprises depuis, ont permis une nette amélioration du climat des affaires qui se classe 152e au Doing Business en 2019 (plus 11 places par rapport à 2017). Cependant, le manque d’infrastructures énergétiques et les nombreux délestages ont provoqué des troubles dans certaines villes en 2018 qui pourraient réapparaître en cas de répétition de ces phénomènes. Le mécontentement social est de plus en plus visible et les déclarations floues d’Alpha Condé quant à sa possible candidature à un troisième mandat en 2020, qui serait pourtant contraire à la constitution, pourraient aggraver la situation.

 

 

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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