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Jordanie

Jordanie

Population 9,7 millions
PIB par habitant 4 136 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

Principaux indicateurs économiques 2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,0 2,0 2,3 2,5
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,8 3,3 4,5 2,3
Solde public / PIB (%) * -3,4 -2,6 -2,2 -3,5
Solde courant / PIB (%) * -9,5 -10,6 -9,6 -8,6
Dette publique / PIB (%) 95,1 95,9 96,0 95,1

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et des pays occidentaux
  • Importante production de phosphate et de potasse
  • Main-d’œuvre expatriée et tourisme, sources importantes de devises
  • Stabilité politique, contrairement aux pays voisins

POINTS FAIBLES

  • Faiblesse des ressources énergétiques naturelles et de la base productive
  • Vulnérabilité à la conjoncture économique internationale et à l’instabilité politique au Proche et Moyen-Orient
  • Déséquilibres des comptes publics et extérieurs, entraînant une dépendance envers l’aide et les capitaux étrangers
  • Taux de chômage très élevé

Appréciation du risque

Une croissance toujours entravée par les conflits dans les pays frontaliers

La croissance jordanienne restera modérée, du fait, notamment, de la fragile confiance des agents du secteur privé face à l’instabilité de la région. Comme l’année passée, l’activité économique sera portée par les secteurs minier et touristique. Ce dernier attire particulièrement l’attention du gouvernement, qui entend doubler le nombre de touristes venus en 2016 d’ici à 2020. Comme par le passé, les activités bancaires et assurantielles (20 % du PIB en 2017) seront des moteurs de croissance. Les exportations, qui représentent environ 20 % du PIB, devraient légèrement augmenter. Cependant, elles continueront de pâtir de l’instabilité régionale, malgré la réouverture de la frontière avec l’Irak en 2017. Depuis les printemps arabes de 2011, le royaume ne parvient pas à favoriser les investissements, étrangers ou non. Bien que les autorités aient mis en place en 2018 des mesures pour y remédier, comme la possibilité d’acquérir, sous certaines conditions, la nationalité jordanienne sous réserve d’investir dans le pays, leurs effets ne devraient pas être significatifs dès 2019. La demande domestique, restera contrainte par la politique de consolidation budgétaire, engagée dans le cadre d’un mécanisme élargi de crédit (MEDC) du FMI. En plus du taux de chômage, particulièrement élevé chez les jeunes (18,7 % au second trimestre 2018), la réduction des subventions sur l’électricité, le pain et l’essence, qui a été mise en œuvre en 2018, pèse sur la consommation privée, alimentant l’inflation. Cette dernière devrait néanmoins ralentir en 2019.

 

Difficile réduction des déficits jumeaux

Le rythme de la consolidation budgétaire devrait ralentir en 2019, en raison des contestations de la population. En 2018, de nombreuses manifestations se sont organisées en réponse à un projet de loi, dont auraient notamment résulté une augmentation de l’impôt sur le revenu et un abaissement du revenu imposable. Face à ces évènements, le pouvoir a abandonné le projet de loi, et le Premier ministre Hani Mulki a été contraint de démissionner. Son successeur ne devrait donc pas augmenter sensiblement les impôts, et in fine, les recettes fiscales. Parallèlement, les dépenses publiques devraient croître, conduisant au creusement du déficit budgétaire. Les investissements publics seront notamment tournés vers le secteur du tourisme et des transports. Le contexte régional contraindra le royaume à maintenir des dépenses importantes (8 % du PIB en 2017) dans le domaine de la défense. En 2018, le soulèvement de la population face aux coupes budgétaires a suscité l’attention à l’étranger. Le pays a alors reçu de l’aide internationale supplémentaire, auparavant en déclin, de la part des pays voisins ainsi que des États-Unis.

Le pays étant importateur net de pétrole, le solde courant de la Jordanie dépend des fluctuations des cours cette matière première. Bien que la balance commerciale reste déficitaire, le déficit de la balance courante devrait se réduire en 2019. Il continuera d’être limité par l’afflux de transferts des expatriés (8 % du PIB en 2017). L’entrée d’investissements étrangers, majoritairement sous la forme d’IDE (5 % du PIB en 2017), ainsi que les prêts concessionnels accordés par les bailleurs de fonds internationaux permettront de financer ce déficit. Ceci autorise le pays, qui détient une dette externe totale de plus de 70 % de son PIB, à accroître ses réserves de change. Elles étaient ainsi équivalentes à sept mois d’importations en 2017.

 

Un pouvoir mis à l’épreuve par sa population dans un contexte régional instable

Dans un contexte de mécontentement de la population, le nouveau gouvernement de Omar al-Razzaz va devoir concilier attentes du FMI et attentes de la population.

Le pays, frontalier avec la Syrie et l’Irak, accueille de nombreux réfugiés en provenance de ces pays. Plus de la moitié de sa population détient ce statut. Ils sont principalement d’origine palestinienne (24 % de la population) et syrienne (15 % de la population). Même si le royaume tente d’intégrer la population syrienne, notamment en octroyant des permis de travail, la politique accueillante menée depuis le début du conflit syrien semble trouver ses limites. En juillet 2018, le pays a refusé l’entrée sur son territoire de plusieurs dizaines de milliers de Syriens. Le retour de Jordaniens qui avaient rejoint l’État Islamique et les éventuelles tensions ethniques entre communautés constitueront un défi sécuritaire majeur en 2019.

Les relations avec son voisin israélien semblent cordiales, malgré l’importance de sa population palestinienne et son entente avec l’ensemble des pays arabes du Golfe. Néanmoins, la volonté du royaume d’un non-renouvellement de l’accord permettant le contrôle d’Israël sur des terres, achetées par des personnes de confession juive dans les années 1920, pourrait raviver des tensions entre les deux pays.

En 2019, le climat des affaires pâtira encore de l’instabilité régionale, la Jordanie étant classée 104e sur 190 pays dans le classement Doing Business.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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