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Jordanie

Jordanie

Population 10,2 millions
PIB par habitant 4 286 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 2,0 -2,0 2,0 2,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,7 0,4 2,3 2,0
Solde public / PIB (%)* -6,0 -9,0 -7,7 -6,0
Solde courant / PIB (%)* -2,1 -8,1 -8,3 -4,0
Dette publique / PIB (%) 78,0 88,5 91,2 91,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et des pays occidentaux
  • Importante production de phosphate et de potasse
  • Main-d’œuvre expatriée et tourisme, sources importantes de devise (hors crise de la COVID-19)
  • Relative stabilité politique, contrairement aux pays voisins

POINTS FAIBLES

  • Faiblesse des ressources énergétiques naturelles, en eau, ainsi que de la base manufacturière
  • Vulnérabilité à la conjoncture économique internationale et à l’instabilité politique au Proche et Moyen-Orient
  • Déséquilibres des comptes publics et extérieurs, entraînant une dépendance envers l’aide et les capitaux étrangers
  • Taux de chômage très élevé, notamment parmi les jeunes et les femmes, informalité, difficile inclusion des réfugiés syriens
  • Secteur de l’électricité en situation financière périlleuse

Appréciation du risque

La continuité d’une faible reprise en 2022 

La reprise qui a suivi le paroxysme de la pandémie de COVID-19 a commencé au second semestre de 2021 et devrait se poursuivre en 2022. Le secteur du tourisme (hébergement, restauration, transport), qui représentait près de 18% du PIB et de l’emploi en 2019, a été particulièrement touché par la fermeture des frontières et les restrictions aux voyages. La priorité donnée à la vaccination des travailleurs du tourisme et le contrôle des entrées dans le Triangle Aqaba, Petra et Wadi Rum  ont permis une reprise partielle du secteur, avec des taux d'occupation d’hôtels atteignant 70 % pendant la saison d'été 2021. La continuité des campagnes de vaccination devrait améliorer les perspectives économiques des consommateurs et des entreprises. Ainsi, le rebond de la consommation privée (80 % du PIB) devrait constituer une source de croissance du PIB en 2022. Toutefois, le taux de chômage élevé, et touchant particulièrement les jeunes et les femmes, constitue un frein à la reprise du côté de la demande. La remontée des prix du pétrole et des denrées alimentaires devrait encore être source d’inflation en 2022. L’accroissement de la demande pourrait aussi contribuer aux pressions inflationnistes. Du côté monétaire, la banque centrale mène une politique accommodante depuis mars 2020, mais sensible aux changements de la Fed, pourrait durcir sa ligne. L’émergence d’un nouveau variant et une campagne de vaccination trop lente constituent un risque considérable et pourraient limiter l’ampleur du rebond économique. 

 

Des déficits jumeaux importants

L'augmentation des dépenses liée à la COVID-19 pèse sur la consolidation budgétaire engagée par le gouvernement. La réponse budgétaire à la pandémie représentait 2,4 % du PIB en 2020. Cette politique comprenait des dépenses sociales et de santé, des subventions destinées au tourisme et des provisions de liquidités pour les entreprises. En 2021, certaines de ces mesures ont été prolongées, c’est par exemple le cas des reports d'impôts, des prêts subventionnées pour les PME et des programmes d'aide sociale. L’ensemble de ces mesures ont contribué au creusement du déficit budgétaire et à l’augmentation de la dette publique en 2020 et 2021. La Jordanie poursuit, malgré tout, la consolidation budgétaire (élargissement de l’assiette fiscale, lutte contre l’évasion fiscale, renforcement de la capacité de l’administration fiscale) avec le soutien du FMI, avec lequel a été convenu un programme assorti d’un prêt concessionnel de 1,5 milliard de dollars entre 2020 et 2024. Le pays a déjà bénéficié de 900 millions de dollars, dont 600 millions au titre de prêt concessionnels et 300 millions à titre d’urgence . En 2022, le déficit public devrait se réduire en raison de la fin des aides de soutien et de la reprise de l’activité, cette dernière permettant une augmentation des recettes fiscales.

 

Du côté des comptes extérieurs, le déficit de la balance courante s'est creusé davantage en 2021. Les exportations et les importations ont augmenté respectivement de 23,1 et 22,3 % au cours de la première moitié de l’année 2021 par rapport à la même période en 2020. Les importations représentant plus du double de la valeur des exportations, le déficit commercial s’est accru de 24.6% pendant la même période. Cela explique le déficit du compte courant en 2021, qui a atteint 8%. En tant qu'importateur net d’énergie, les prix élevés pèsent. La reprise dans le secteur du tourisme, en grande difficulté jusqu’en été 2021, devrait conduire à une réduction du déficit courant en 2022.

 
Même s’il y a des émissions obligataires en devises sur les marchés domestique et international, le financement des déficits jumeaux dépend surtout du soutien extérieur, pour lequel l’élément don est significatif, en particulier celui des Etats-Unis, mais aussi des autres pays occidentaux, des pays du golfe, des organismes multilatéraux, des banques régionales. Le retour des IDE (environ 2% du PIB) devrait aussi permettre de financer les déficits. Ce soutien permet en outre de maintenir les réserves de change à un niveau élevé (7 mois d’importations), nécessaires à l’ancrage de la monnaie nationale au dollar. Les aides extérieures permettent de surcroît d’héberger les réfugiés syriens dans le pays.

 

Des tensions internes

Au début de l'année 2021, le pays a été confronté à une crise politique, le prince Hamzah ayant été accusé d'avoir tenté de déstabiliser le pays. Bien qu'à la suite de ces accusations, le prince ait prêté allégeance à son demi-frère, le roi régnant Abdullah II, cet événement a terni la réputation du pays, considéré jusqu’ici comme stable. Ceci est intervenu sur fond d’accusations de corruption et de vulnérabilité de la population, exposée à la pauvreté. Le système politique a connu une autre difficulté : aux dernières élections de novembre 2020, le taux de participation n'a pas dépassé 30 % et le Parlement reste dominé par des députés situés hors partis politiques et des fidèles au roi. Incité à conduire des réformes, le roi Abdallah II a nommé l'ancien Premier ministre Samir Rafai à la tête du Comité Royal chargé de rédiger des lois modernes sur l’organisation des élections et des partis politiques.

La position pro-occidentale et pro-états du golfe de la Jordanie restera la pierre angulaire de sa politique étrangère pour des raisons de sécurité et, de plus en plus, pour des raisons économiques. La position stratégique centrale de la Jordanie dans la région devrait garantir le maintien de l'aide logistique, financière et militaire des États-Unis, son principal allié.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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