Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Jordanie

Jordanie

Population 9,9 millions
PIB par habitant 4 270 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,1 1,9 2,2 2,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,3 4,5 2,0 2,5
Solde public * / PIB (%) -3,7 -4,8 -3,4 -3,1
Solde courant / PIB (%) -10,6 -7,0 -7,0 -6,2
Dette publique / PIB (%) 94,3 94,4 94,6 94,1

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et des pays occidentaux
  • Importante production de phosphate et de potasse
  • Main-d’œuvre expatriée et tourisme, sources importantes de devise
  • Stabilité politique, contrairement aux pays voisins

POINTS FAIBLES

  • Faiblesse des ressources énergétiques naturelles et de la base productive
  • Vulnérabilité à la conjoncture économique internationale et à l’instabilité politique au Proche et Moyen-Orient
  • Déséquilibres des comptes publics et extérieurs, entraînant une dépendance envers l’aide et les capitaux étrangers
  • Taux de chômage très élevé

Appréciation du risque

Une croissance modérée entravée par les conflits dans les pays frontaliers

La croissance du PIB devrait rester modérée en 2020, malgré la fragile confiance des agents du secteur privé face à l’instabilité de la région. L’activité économique demeurera portée par les secteurs minier et touristique. Ce dernier attire particulièrement l’attention du gouvernement, qui entend doubler le nombre d’entrées de touristes entre 2016 et 2020. Comme par le passé, les activités bancaires et assurantielles (21 % du PIB en 2018) seront des moteurs de croissance. Cette dernière sera aussi tirée par les exportations (environ 19 % du PIB en 2018), notamment celles du secteur minier, à la suite du soutien officiel affiché au cours de la conférence « l'Initiative de Londres » destinée à soutenir l’investissement en Jordanie. La réouverture de la frontière irakienne (malgré les risques sécuritaires) et les accords commerciaux et d'investissement connexes, la baisse du coût des importations (Pétrole et alimentaire) ainsi que l'engagement plus rapide que prévu des entreprises nationales dans l’amendement en décembre 2018 du protocole 3 de l'accord d’association avec l'UE qui simplifie les règles d’exportations, permettraient de stabiliser le solde commercial. La consommation privée devrait progresser dans cette perspective malgré la politique de consolidation budgétaire, engagée dans le cadre d’un programme de Facilité de crédit du FMI (prorogée jusqu'en mars 2020 et susceptible d’être renouvelée) et le taux de chômage élevé de l’économie (18,5 % en août 2019).

 

Difficile réduction des déficits jumeaux

Le rythme de la consolidation budgétaire devrait rester similaire à celui de 2019, en raison de nombreuses contestations de la population (notamment les mouvements de grèves des enseignants qui revendiquaient une hausse de 50 % de leur salaire). Face à cela le gouvernement a proposé aux enseignants en grève des augmentations de salaire afin de mettre fin au mouvement. Dans ce contexte, avec la présence des réfugiés syriens, les dépenses publiques ont fortement progressé en 2019 mais devraient baisser en 2020, conduisant à une amélioration du déficit budgétaire. Les investissements publics seront notamment tournés vers le secteur du tourisme et des transports. Le contexte régional contraindra le royaume à maintenir des dépenses importantes (30 % du PIB en 2018) dans le domaine de la défense. Par ailleurs, l’augmentation des recettes provenant de la nouvelle loi sur l’impôt sur le revenu, l’application des mesures fiscales et l’engagement continu du gouvernement de maintenir sa trajectoire d’assainissement permettront de réduire le déficit, malgré la baisse des dons.

Le pays étant importateur net de pétrole, le solde courant de la Jordanie dépend des fluctuations des cours cette matière première. Le déficit courant devrait s’améliorer en 2020. Il continuera d’être limité par l’afflux de transferts des expatriés (8 % du PIB en 2018). L’entrée d’investissements étrangers, majoritairement sous la forme d’IDE, qui devraient croître en 2020, ainsi que les prêts concessionnels accordés par les bailleurs de fonds internationaux permettront de financer ce déficit. Ceci autorise le pays, qui détient une dette externe totale de plus de 70 % de son PIB, à accroître ses réserves de change surtout avec une devise arrimée au dollar. Ces réserves de change étaient ainsi équivalentes à une année d’importations en août 2019.

 

Des élections dans un contexte de mécontentement populaire

Dans ce contexte de mécontentement de la population, le roi Abdallah II reste soutenu par les forces armées et une population méfiante des changements radicaux. Néanmoins, des vagues de protestation contre le gouvernement sont à prévoir en raison du fort taux de chômage stimulé par une politique budgétaire contraignante.

La prochaine élection à la Chambre des députés (Chambre basse), prévue pour septembre 2020, devrait avoir lieu comme prévu. Le front d'action islamique (IAF), l'aile politique des Frères musulmans, qui détient 15 sièges sur 130 au Parlement, actuellement dans une dynamique de modération de sa position islamiste, devrait obtenir davantage de sièges aux prochaines élections législatives, sans pour autant être capable de former une majorité. Le Parlement restera dominé par des représentants nominalement indépendants et loyaux envers le roi.

L'orientation pro-occidentale et pro-golfe de la Jordanie restera la pierre angulaire de la politique étrangère pour des raisons de sécurité et, de plus en plus, économiques. La position stratégique centrale de la Jordanie devrait assurer une assistance logistique, financière et militaire continue de la part des États-Unis, son principal allié, malgré des divergences avec la politique américaine dans cette région.

En 2020, le climat des affaires devrait continuer de s’améliorer en dépit de l’instabilité régionale en figurant dans le top 20 des pays ayant connu les avancées en la matière. Les progrès sont notables en matière d'obtention de crédit, de paiement des impôts et de résolution de l'insolvabilité.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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