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Népal

Népal

Population 28,5 millions
PIB par habitant 1 079 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,7 7,1 1,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,1 4,6 6,7 6,0
Solde public / PIB (%)* -6,6 -4,6 -6,0 -5,0
Solde courant / PIB (%) -8,1 -7,7 -2,5 -7,0
Dette publique / PIB (%) 30,2 32,6 39,0 43,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2021: Juillet 2020 - Juin 2021

POINTS FORTS

  • Flux fiables de fonds d’expatriés soutenant la consommation, principal moteur de la croissance
  • Expansion du secteur des services, en particulier du tourisme
  • Soutien financier et technique de l’Inde et de la Chine
  • Important bénéficiaire de l’aide internationale
  • Transformation politique favorisant toujours plus la stabilité

POINTS FAIBLES

  • Enclavement, faible accessibilité
  • Catastrophes naturelles et événements climatiques extrêmes, économie toujours affectée par les séismes de 2015
  • Manque d’infrastructures, pénurie d’électricité et de carburant, panier d’exportation non diversifié (vêtements et agriculture)
  • Tensions entre la Chine et l’Inde qui pourraient rendre difficiles les relations avec ces pays
  • Dépendance excessive à l’égard de l’économie indienne, notamment par un ancrage à sa monnaie
  • Faiblesse en matière de gouvernance

Appréciation du risque

La croissance économique ralentit suite à la COVID-19

La croissance économique du Népal a subi un fort ralentissement en 2020 et ne devrait pas retrouver son niveau d’avant crise en 2021. La pandémie de COVID-19 s’est propagée rapidement sur le territoire népalais, entraînant un confinement national de près de 4 mois. Les mesures de confinement, la suspension des vols internationaux et domestiques ainsi que la fermeture des frontières ont mis à l’arrêt l’activité économique du pays pendant un trimestre, avec un impact sans précédent sur la croissance népalaise.

Le tourisme (7% du PIB) a été l’un des secteurs les plus durement touchés par la crise sanitaire. Les mesures de confinement, ainsi que les restrictions drastiques de déplacement ont provoqué l’arrêt brutal de l’activité. Ce secteur devrait redémarrer graduellement en 2021, notamment grâce à la réouverture des frontières. La construction a fortement ralenti en raison des mesures de confinement et des perturbations des chaînes d’approvisionnement induites par la crise. Il devrait, cependant, accélérer en 2021 grâce à la reprise économique. L’agriculture (environ 25% du PIB et 70% de l’emploi) a vu ses rendements décliner en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement qui ont entravé l’accès aux engrais et retardé la production agricole. Ceci venait après une année 2019 déjà difficile en raison d’une mousson, ainsi que d’une infestation parasitaire dévastatrices. Cependant, l’agriculture, devrait reprendre en 2021, car les rendements de riz devraient augmenter grâce à une mousson favorable et au rétablissement des chaînes de ravitaillement. Les envois de fonds des travailleurs émigrés (environ 23% du PIB) ont également fortement diminué, impactant la croissance du pays. De nombreuses familles sont dépendantes de ces derniers, ce qui a impacté négativement leur consommation. En 2021, les transferts devraient reprendre en raison d’une reprise de l’emploi au Qatar et en Malaisie, là où travaillent la majorité des expatriés, ce qui devrait alors stimuler la consommation. Après une diminution estimée à 4% en 2020, en raison de la crise sanitaire, les investissements publics devraient se redresser en 2021. En ce qui concerne les investissements privés, ils devraient avoir plus de mal à repartir en raison des incertitudes liées à la crise économique et de la réduction de l’utilisation des capacités de production.

 

Le déficit public s’est creusé à la faveur de la crise

Le déficit courant, traditionnellement très élevé en raison du déficit commercial (30% du PIB), s’est considérablement réduit en 2020, mais devrait se recreuser en 2021. En 2020, la baisse des exportations, très affectée par la baisse du tourisme (qui correspondait à 30,8% des exportations totales en 2019), a été plus que compensée par celle du prix du pétrole importé, ainsi que par un recul des importations lié au déclin de la demande intérieure. Cependant, en 2021, les importations, particulièrement celles de biens de consommation, devraient reprendre mais sur un rythme modéré en raison de l’incertitude qui pousse les ménages à épargner. Le tourisme, de son côté, devrait redémarrer à petite vitesse. Ce déficit se finance en partie grâce aux financements internationaux, plus nombreux suite à la COVID-19, ainsi qu’au réserve de change de la Banque Centrale.

Le déficit public s’est creusé en 2020 en raison de l’augmentation des dépenses de santé pour lutter contre la pandémie et fournir une assurance supplémentaire à tout le personnel médical. Une aide sociale a été mise en place afin de soutenir les ménages les plus pauvres et les plus vulnérables. Par ailleurs, un rééchelonnement des prêts sur quelques mois a également été mis en place, et les entreprises des secteurs les plus touchés ont pu prétendre à des prêts supplémentaires pour leur fonds de roulement. La banque centrale népalaise a également demandé aux banques d’augmenter les prêts dans les secteurs prioritaires. Enfin, une indemnisation partielle pour les travailleurs du secteur formel en cas de perte d’emploi ou de salaire a été adoptée. Un soutien aux travailleurs du secteur informel ayant perdu leurs emplois a aussi été mis en œuvre. Ils pourront participer à des projets de travaux publics moyennant un salaire de subsistance ou recevoir 25% du salaire journalier, s’ils décident de ne pas participer. Le déficit devrait se réduire en 2021, mais rester important.

 

Tensions au sein du gouvernement communiste

Le Népal connaît actuellement une transformation importante marquée par la transition vers une structure fédérale de gouvernement. Depuis les élections de 2018, le Parti communiste népalais est à la tête du pays. Il est dirigé par le Premier ministre Sharma Oli et est majoritaire dans les deux chambres. Le 20 décembre, le premier ministre a dissous la Chambre basse suite à une réunion d’urgence avec son gouvernement. Il annonce, suite à cette décision, que les élections législatives auront lieu de manière anticipées, les 30 avril et 10 mai prochains. Des manifestations éclatent dans la capitale suite à cette dissolution, soulignant son caractère anticonstitutionnel. Sur le plan géopolitique, le pays poursuit un réalignement progressif en direction de la Chine et s’éloigne de l’Inde. Le pays reste une zone d’influence contestée entre les deux géants de la région : il est le troisième principal bénéficiaire de l’aide indienne et fait également partie de l’initiative chinoise Belt and Road. Toutefois, l’inquiétude croissante à l’égard de l’ampleur de l’endettement (la dette extérieure représentait 17% du PIB en 2019), particulièrement envers la Chine, pourrait limiter les nouveaux projets de construction.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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