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Oman

Oman

Population 4,2 millions
PIB par habitant 18 198 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 0,9 -0,8 -6,2 1,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,9 0,1 1,0 3,4
Solde public / PIB (%) -7,9 -7,1 -10,5 -4,2
Solde courant / PIB (%) -5,4 -4,6 -14,6 -9,7
Dette publique / PIB (%) 53,2 63,1 75,8 74,7

(e) : estimation (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Localisation stratégique, liens commerciaux forts
  • Capacité à attirer le soutien financier des pays voisins
  • Un niveau de vie élevé, des relations équilibrées avec les puissances régionales
  • Ressources en pétrole et en gaz
  • Attractions touristiques

POINTS FAIBLES

  • Une forte dépendance aux hydrocarbures (près de 40 % du PIB)
  • Déficit budgétaire global, dette publique élevée et croissante
  • L'importance des besoins de financement externe
  • Le vieillissement des réserves de pétrole

Appréciation du risque

La faiblesse du secteur non pétrolier perdurera du fait de l'assainissement budgétaire

La reprise de l’économie omanaise en 2021 devrait être faible en raison des prix toujours bas de l'énergie, des effets négatifs durables des mesures mises en œuvre pour contrôler la pandémie de COVID-19 (notamment les interdictions des voyages, les confinements partiels, la fermeture des centres commerciaux, la limitation de la fréquentation des lieux de travail, etc.) et un resserrement de la politique budgétaire. Le secteur non pétrolier, en particulier, continuera à éprouver des difficultés. Les recettes du tourisme (3-4 % du PIB en 2019) resteront faibles, car il faudra quelques années pour qu’elles retrouvent leurs niveaux d'avant la COVID-19. Cela pèsera également sur le secteur de la construction. Au premier semestre 2020, les dépenses publiques ont diminué de 16 % par rapport à l'année précédente, les dépenses d'investissement baissant de 26 % contre 0,6 % pour les dépenses courantes. Cette tendance devrait se poursuivre en 2021, en soutenant moins le secteur non pétrolier, les dépenses de consommation et les investissements. Toute réduction des prestations sociales afin de contrer un nouvel affaiblissement de la dynamique financière frapperait la consommation privée. À l'inverse, la reprise progressive des exportations de pétrole (60 % des exportations totales sont constituées de pétrole, contre 10 % pour le gaz naturel) réduira le déficit des comptes courants. Le démarrage de la production de gaz dans le champ de Ghazeer, qui fait partie du bloc 61, quatre mois avant la date prévue d’octobre 2020, augmentera la production de gaz d'Oman. La capacité totale de production du bloc 61, qui comprend Khazzan et Ghazeer, devrait atteindre 1,5 milliard de pieds cubes de gaz par jour et plus de 65 000 barils par jour de condensats associés, selon British Petroleum (BP) qui exploite le bloc 61 avec une participation de 60 %. Les produits chimiques et les plastiques continueront de dominer les exportations non pétrolières du pays, dans le sillage de la reprise des principaux marchés d'exportation tels que les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et les États-Unis.

 

Les comptes budgétaires et extérieurs dans une situation périlleuse

Le seuil de rentabilité budgétaire du sultanat pour 2021 est estimé à 109,5 USD/baril selon le FMI, ce qui est l'un des plus élevés parmi les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le déficit budgétaire persistera en raison de la réduction de l'activité dans le secteur non pétrolier et des prix relativement bas de l'énergie (le pétrole et le gaz représentent ensemble près de 70 % des recettes fiscales totales), malgré les actuelles réductions des dépenses. Le déficit sera couvert par l'émission de dettes intérieures et extérieures, mais la baisse des cotes de crédit et la détérioration du solde budgétaire augmenteront le coût des emprunts. Les déficits budgétaires et les échéances de la dette extérieure devraient totaliser entre 12 et 14 milliards de dollars par an en 2020-2022, selon Fitch Ratings qui estime également la dette extérieure des entités liées au gouvernement d'Oman à environ 12 milliards de dollars en juin 2020. Les autorités pourraient également utiliser d'autres sources pour financer le déficit, comme le Fonds de réserve générale de l'État, mais les actifs du Fonds (environ 14 milliards de dollars) sont presque équivalents au déficit estimé à 10,5 milliards de dollars en 2021. Une aide financière, probablement des pays du CCG, est probable, mais elle sera conditionnée à des réformes budgétaires structurelles plus drastiques.

Les exportations d'hydrocarbures d'Oman devraient augmenter progressivement en fonction de la reprise de la demande mondiale et de la demande croissante de la Chine (destination de près de 90 % des exportations de pétrole d'Oman). Les exportations non pétrolières, telles que les produits chimiques, les métaux et les produits minéraux, connaîtront un redressement partiel. En revanche, la faiblesse de la demande intérieure réduira les importations. Tout cela contribuera à réduire le déficit des comptes courants en 2021. Malgré le ralentissement des investissements directs étrangers et des flux de portefeuille (estimés respectivement à 2,1 milliards de dollars (31 % du financement extérieur net) et 1,3 milliard de dollars (19 %) par l’IFI), Oman devrait éviter une crise de la balance des paiements et sauver l'ancrage au dollar grâce au programme de réforme améliorant la confiance des investisseurs, au potentiel soutien financier de ses voisins du CCG et aux réserves internationales (couvrant 5 mois d'importations).

 

Des réformes qui s’accéléreront sous le nouveau Sultan Haitham

Après le décès du Sultan Qaboos bin Said, qui a dirigé le pays pendant près d'un demi-siècle, en janvier 2020, le Sultan Haitham bin Tariq Al Said a pris la relève. Il a introduit 28 décrets royaux en août pour réorganiser le gouvernement, dans le but de réduire la bureaucratie et d'accroître l'efficacité du processus d'élaboration des politiques. Il a réduit le nombre de ministères de 26 à 19. Le Sultan Haitham supervisait déjà le programme Vision 2040 d'Oman qui vise à diversifier l'économie en s'éloignant du pétrole, indiquant qu'il a une solide compréhension des besoins du secteur privé. Avec l'introduction de ces réformes et de la consolidation fiscale, son plus grand défi sera la gestion de la politique étrangère impartiale du pays alors que les tensions dans la région s'accroissent. Le besoin d'aide financière pourrait le rapprocher des pays du CCG et normaliser les relations avec Israël.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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