Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Sénégal

Sénégal

Population 15,9 millions
PIB par habitant 1 331 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 2019 (p)
Croissance PIB (%) 6,2 7,2 6,2 6,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,8 1,3 0,5 1,3
Solde public / PIB (%) -3,3 -3,0 -3,5 -3,0
Solde courant / PIB (%) -4,0 -7,3 -7,2 -7,3
Dette publique / PIB (%) 47,7 60,6 64,4 62

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Dynamisme économique lié à la mise en œuvre de grands projets d’investissement
  • Soutien des bailleurs de fonds dans le cadre du Plan Sénégal Emergent
  • Progrès en termes de climat des affaires et de gouvernance
  • Solides antécédents en matière de stabilité politique
  • Importantes réserves de pétrole et de gaz naturel au large des côtes sénégalaises

POINTS FAIBLES

  • Croissance et exportations soumises aux aléas climatiques et à l’évolution du cours des produits de base
  • Insuffisance des infrastructures (énergie, transports)
  • Déficit extérieur important
  • Faible niveau de richesse par habitant, chômage et disparités régionales

Appréciation du risque

La demande interne soutient encore une vive croissance

En 2019, la croissance conservera une dynamique favorable, essentiellement portée par l’investissement. L’exécution du Plan Sénégal Emergent (PSE), qui entrera dans sa seconde phase, continuera de soutenir la composante publique de l’investissement, mais aussi de la consommation. Les opportunités d’investissements offertes par le PSE et les réformes visant à améliorer l’environnement des affaires devraient également créer un effet d’entraînement permettant de stimuler l’investissement privé. Cela bénéficierait notamment aux secteurs de la construction, des transports, de l’agroalimentaire et de l’énergie, grâce aux perspectives d’exploitation des réserves d’hydrocarbures au large des côtes (à partir de 2021 pour le gaz et de 2022 pour le pétrole). Les projets de ville-nouvelle de Diamniadio et du parc éolien Taïba Ndiaye, qui doit, à terme, permettre d’augmenter la production d’électricité du pays de 15 %, figureront notamment à l’agenda en 2019. L’augmentation de la production dans les secteurs de l’agriculture (riz, arachide, horticulture) et de la pêche, grâce aux efforts de modernisation de ces filières, devrait également permettre de soutenir la croissance. La consommation des ménages, dont plus de 50 % dépendent des revenus du secteur agricole, devrait ainsi continuer de tirer la croissance. La dynamique interne et le développement du tourisme participeront à la croissance des activités de commerce. En outre, les TIC, les transports et l’intermédiation financière devraient également soutenir le secteur tertiaire.

 

Déficits jumeaux persistants

Les augmentations de salaires visant à satisfaire les demandes des grévistes dans le secteur public, la hausse des prix du pétrole et l’augmentation des dépenses de sécurité ont accru la pression sur la dépense publique et se sont traduits par une hausse du déficit budgétaire en 2018. Néanmoins, celui-ci devrait se réduire en 2019 afin d’atteindre le critère de convergence de l’UEMOA (3 % du PIB). La poursuite de la modernisation des administrations fiscales et douanières doit permettre d'améliorer la mobilisation des recettes fiscales, qui représentent environ 16 % du PIB, soit un niveau inférieur à l’objectif de 20 % fixé par l’UEMOA. Les modifications apportées au Code Général des Impôts en 2018 devraient notamment y participer. Dans le but de réduire le déficit, les autorités entendent également mieux maîtriser les dépenses courantes dans le but de privilégier le social et l’investissement. Dans le cadre du Programme de soutien à la politique économique du FMI, les dépenses ont fait l’objet de mesures, dont la création d’une banque de projets, qui doivent permettre d’accroître leur efficacité.

 

Le déficit courant devrait rester important en 2019. Si l’augmentation des volumes d’exportations (agricoles et halieutiques) devrait se poursuivre, les importations de biens d’équipement, corollaire de la dynamique d’investissement, de même que les prix plus élevés des produits pétroliers continueront de peser sur la balance commerciale. La balance des services, malgré le développement du tourisme, restera négative, tandis que la balance des revenus est positivement impactée par les transferts des expatriés. Malgré une progression des IDE, l’endettement extérieur, notamment par l’émission d’eurobonds, reste nécessaire au financement du déficit courant. L’endettement extérieur représente environ 90 % d’une dette publique totale engagée sur une trajectoire ascendante rapide depuis le début de la décennie. A la faveur des révisions à la hausse des chiffres du PIB, celle-ci semble néanmoins soutenable.

 

Reconduction du président sortant L’élection présidentielle de février 2019, jugée « calme et transparente » par la plupart des observateurs étrangers, a assuré à Macky Sall, dès le premier tour, (avec un score de 58.3%), un second mandat de cinq années, confirmant ce qui était pressenti. Malgré des appels au boycott lancés par l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), ce scrutin a connu une forte participation de 66,23%, soit 15% de plus qu’en 2012. Les adversaires ont rejeté ces résultats dans un communiqué conjoint, accusant leur rival d’avoir « confisqué la volonté du peuple souverain ».  Cette élection, en l’absence de Karim Wade et Khalifa Sall, les opposants les plus sérieux, en raison de leurs déboires judiciaires, a recomposé en profondeur la scène politique du pays avec la montée en puissance de nouveaux acteurs de l’opposition tels Idrissa Seck et Ousmane Sonko. Les élections locales de décembre 2019 devraient confirmer cette tendance, en attendant les élections législatives de 2022, véritable enjeu pour le pouvoir en raison du risque de cohabitation.

 

Très vite après l’élection, Macky Sall a supprimé le poste de Premier ministre pour « fluidifier le fonctionnement de l’Etat », renforçant le caractère présidentiel du régime. L’opposition a dénoncé un « coup de force et une dérive autoritaire du président » accompagnés d’un « non-respect du contrat moral » liant le président à ses compatriotes, car n’ayant pas annoncé cette réforme dans son programme.  Des faits de corruption dans les cercles proches du pouvoir et des arrestations arbitraires signalent également un regain de tensions.

L’insécurité dans l’espace sahélien et la région de Casamance, à l’origine de dépenses budgétaires supplémentaires, devrait rester un sujet de préoccupation.

 

Dernière mise à jour : Août 2019

Haut de page
  • Français