Ouzbékistan

Asie

PIB / Habitant ($)
2 279,9 $
Population (en 2021)
35,3 Millions

Evaluation

Risque Pays
B
Climat des affaires
B
Précédemment :
B
Précédemment :
B

suggestions

Résumé

Points forts

  • Ressources naturelles abondantes (gaz, or, cuivre, potentiel hydroélectrique)
  • Réformes économiques, investissements publics et soutien financier international encourageant les IDE
  • Faible endettement public et réserves de change conséquentes
  • Régime de change flottant administré
  • Négociation engagée pour adhérer à l’Organisation mondiale du commerce et membre observateur de l’Union économique eurasienne
  • Accord de partenariat et de coopération renforcé avec l’Union européenne et divers accords bilatéraux

Points faibles

  • Dépendance vis-à-vis de la Russie et de la Chine
  • Dépendance aux produits de base, aux conditions climatiques et aux transferts d’expatriés
  • Marchés faiblement compétitifs et faible part du secteur privé dans l’économie
  • Chômage élevé, faible niveau de vie, forte population rurale et informalité, corruption
  • Faible intermédiation financière, dollarisation élevée, crédit encore largement dirigé et subventionné
  • Tensions entre le pouvoir central et la population de la région occidentale du Karakalpakstan

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Russie (Fédération de)
13%
Chine
10%
Turquie
9%
Kazakhstan
6%
Kirghizistan
5%

Import des biens en % du total

Chine 23 %
23%
Russie (Fédération de) 21 %
21%
Kazakhstan 11 %
11%
Europe 10 %
10%
Corée du Sud 9 %
9%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Une moindre croissance en 2023

La croissance ralentira un peu en 2023. La consommation finale, principal poste du PIB (76% en 2021) restera contrainte par l’inflation, car les salaires augmentent moins que l’inflation, malgré un soutien public. La situation économique dégradée de la Fédération de Russie risque d’engendrer moins de remises (en nette hausse en 2022) des expatriés installés là-bas (56% des transferts totaux), ce qui aura un impact sur la consommation des ménages et le PIB (en 2021, les transferts des expatriés représentaient 13% du PIB ; et, en 2022, les transferts de Russie ont contribué pour 18% au PIB). La formation brute de capital fixe (35% du PIB) contribuera encore très positivement à la croissance. Depuis 2019, plus de 40% des investissements en immobilisations sont effectués à l’aide de financements étrangers ; cette tendance persistera. Près de la moitié de ces investissements (48% en 2021) concernent l’achat de biens d’équipements. Pour autant, la part des investissements directs étrangers nets dans le PIB (3% en 2021) restera faible. Les importations nettes contribueront négativement à la croissance, mais l’ampleur dépendra du commerce de l’Ouzbékistan avec la Russie. Le taux directeur de la Banque centrale d'Ouzbékistan (CBU est actuellement fixé à 15% ce qui, selon elle, correspond à des conditions monétaires modérément restrictives. L’efficacité de la politique monétaire est limitée par la faible financiarisation.

Un solde courant dépendant des remises des expatriés, et une volonté de réduire le déficit budgétaire

En 2022, le déficit commercial (18% du PIB en 2021) s’est creusé du fait du renchérissement des importations, notamment alimentaires. Les autres importations (véhicules et machines, produits pétroliers, produits intermédiaires) ont également coûté plus cher. Leur coût moindre, en moyenne, attendu en 2023 impactera positivement le déficit, mais cela risque d’être atténué par une progression des volumes liée au dynamisme de l’investissement. De plus, les exportations d’or (plus de 25% des exportations en 2022, malgré leur réduction destinée à alimenter les réserves de la Banque centrale) devraient profiter de la remontée des cours depuis la fin de l’année 2022, Par contre, la pénurie de gaz naturel déjà présente en 2022 oblige le pays à restreindre ses exportations et à en importer d’autres pays. Les échanges de services seront aussi déficitaires (-3,5% du PIB en 2021). Le solde des revenus primaires (résultant des rapatriements de leurs revenus tant par les investisseurs étrangers que par les ouzbèkes, est équilibré. Il reste que le solde courant pour l’année 2023 demeure incertain. En effet, il dépend fortement des remises des expatriés. Elles ont doublé aux 2ème et 3ème trimestres 2022, permettant au solde courant d’être positif pour la première fois depuis 2019 (excepté le dernier trimestre 2021). Etant donné leur forte dépendance aux transferts provenant de Russie et la récession économique que traverse celle-ci, la performance risque de ne pas se prolonger et le solde courant de se détériorer. Ce déficit courant serait financé par des investissements directs étrangers et des emprunts des entreprises. En février 2023, les réserves de change représentaient 12 mois d’importations, essentiellement sous forme d’or.

Dans le budget 2023, le gouvernement prévoit un taux de croissance de 5.3%, ce qui permettrait de limiter le déficit budgétaire à 3.5% du PIB. Des changements majeurs du système de taxation ont lieu à compter de 2023, tels que la baisse de la TVA de 15 à 12%, ou l’unification de la taxe sur le chiffre d’affaires à 4% (après une taxe variable de 4 à 25% selon le type d’activité). Côté dépenses, les grands postes concernent le social, telles l’éducation, la santé ou la culture. Les partenariats public-privé devraient permettre d’alléger les dépenses d’investissement. Le gouvernement agit également sur la dette publique, notamment sa part externe (30% du PIB et 89% de la dette publique), par exemple en limitant les garanties apportées par l’Etat sur les emprunts des entreprises publiques. Il souhaite réduire la dette publique à 32% du PIB en 2024. L’Etat recourt à des emprunts et utilise le Fond pour la Reconstruction et le Développement (UFRD) pour financer le déficit. Or, les taux plus élevés au niveau mondial augmentent le coût des emprunts (en majorité auprès d’institutions financières et de banques), alimentant la dette publique.

Une réforme constitutionnelle controversée et une volonté de diversification des partenaires commerciaux

Shavkat Mirziyoyev, après treize ans comme Premier ministre du président Karimov qui dirigeait le pays depuis 1991, a été élu à la présidence en septembre 2016 après la mort de ce dernier, Il a été reconduit, sans surprise, lors de l’élection du 24 octobre 2021, face à une opposition inexistante. Il concentre le pouvoir et le parlement est composé de partis le soutenant. Les réformes institutionnelles sont de bien moindre ampleur que les réformes économiques visant à attirer les investisseurs étrangers. C’est le cas de celle adoptée à la mi-2020, créant un panel de juges au sein de la Cour suprême pour examiner les litiges avec les grands investisseurs et leur fournir une plus grande sécurité juridique.

Côté institutionnel, le 6 mars 2023, une ébauche finale a été présentée pour la réforme constitutionnelle voulue par Mirziyoyev dès décembre 2021. Un document avait déjà été publié en juin 2022, mais des protestations sanglantes dans la République du Karakalpakstan, région autonome de l’Ouzbékistan, en juillet 2022, avaient mis le projet en suspens. Ces protestations avaient éclaté après la proposition du président de mettre fin au statut d’autonomie. Le Karakalpakstan, situé au nord-ouest de l’Ouzbékistan, occupe 40% de son territoire, mais les karakalpaks ne représente que 2,2% de la population. Depuis 1993, elle est rattachée à l’Ouzbékistan, mais l’ethnicité de sa population diffère de celle du reste du pays et sa langue se rapproche davantage du kazakh. Le rattachement du Karakalpakstan à l’Ouzbékistan, initialement prévu pour une période de 20 ans, devait déboucher sur la possibilité d’un referendum d’autodétermination. La fin de ce statut signifierait la fin de cette possibilité. En janvier 2023, 22 manifestants ont été condamnés à des peines de prison et amendes. Le 14 mars, les sénateurs ont approuvé la nouvelle version du projet de loi de révision constitutionnelle. Un referendum en vue de son adoption se déroulera le 30 avril 2023. 65% du texte de la Constitution actuelle sera modifié. L’Ouzbékistan devrait ainsi être déclaré « Etat social », c’est-à-dire que les intérêts de la population doivent en théorie être priorisés. Des mesures prévoient notamment de fournir un logement aux personnes en situation de précarité et de leur garantir un accès aux soins. Un certain nombre de postes politiques ne pourront plus être exercés plus de deux mandats consécutifs, notamment celui de Président ou encore procureur général. En plus d’acter la suppression de l’autonomie du Karakalpakstan, la durée du mandat présidentiel passera de de 5 à 7 ans. Cette disposition est vivement critiquée, car elle permettrait à Mirziyoyev de rester plus longtemps au pouvoir, étant donné que ce changement permettrait de briguer deux nouveau mandats à l’issue de son second et initialement dernier en 2026. Ainsi, en dépit des mesures sociales, la réforme de la Constitution pourrait être perçue comme un moyen pour le président actuel de conforter son pouvoir.

Au plan extérieur, l’Ouzbékistan reste très dépendant de la Russie, notamment à travers les remises des expatriés, mais aussi le commerce. En effet, il s’agit de son principal partenaire commercial, suivi de près par la Chine, (avec des flux représentant respectivement 19 et 18% des échanges en 2022). Pour autant, l’Ouzbékistan ne soutient pas son partenaire historique dans son invasion de la guerre en Ukraine et veille à ce que les sanctions occidentales ne soient pas contournées. En effet, en mars 2022, il a affirmé l’intégrité territoriale de l’Ukraine et pas reconnu l’indépendance autoproclamée des républiques de Donetsk et de Louhansk, en appelant les deux parties à trouver une solution diplomatique. Il a refusé de signer un accord avec la Russie et le Kazakhstan sur la création d’une union pour le gaz naturel proposée en novembre 2022 par Vladimir Poutine. Néanmoins, en janvier 2023, un accord a été signé avec Gazprom pour la fourniture de gaz russe. Déjà, en septembre 2022, des accords d’une valeur de 4,6 milliards de dollars (6% du PIB de 2021) avaient été signés pour des projets industriels, chimiques, pétrochimiques et géologiques. Parallèlement, l’Ouzbékistan se rapproche de la Chine avec laquelle des accords d’une valeur de 16 milliards de dollars (23% du PIB) ont été signés en septembre 2022 concernant la construction d’une ligne de chemin de fer reliant la Chine à l’Ouzbékistan, en traversant le Kirghizistan. La coopération avec les autres pays d’’Asie centrale est également en pleine expansion. En février 2023, le pays a reçu gratuitement 2000 tonnes de gaz liquéfié du Turkménistan, afin de renforcer leur partenariat. En décembre 2022, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont signé plusieurs accords d’investissement et contrats commerciaux d’une valeur de 8 milliards de dollars. L’Ouzbékistan renforce également ses liens avec l’Occident, notamment avec l’Union Européenne, avec laquelle un Accord de partenariat et de coopération a été signé en juillet 2022, après trois ans de négociations. Cet accord comprend des volets politiques, culturels, financiers et juridiques. Enfin, l’Ouzbékistan entretient des relations avec les États-Unis.

Dernière mise à jour : septembre 2023

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