Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Serbie

Serbie

Population 7,0 millions
PIB par habitant 5 901 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,8 1,9 4,2 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,1 3,1 2,1 2,4
Solde public / PIB (%) -1,2 1,5 0,6 -0,5
Solde courant / PIB (%) -3,1 -5,7 -5,4 -5,2
Dette publique / PIB (%) 73,1 62,5 57,0 56,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Réforme du secteur public en liaison avec FMI et UE
  • Processus d’adhésion à l’UE en cours
  • Ressources naturelles (charbon, bauxite, cuivre, zinc, or) et autosuffisance alimentaire
  • Industrie automobile moderne
  • Transferts des expatriés

POINTS FAIBLES

  • Secteur public massif et manquant encore d’efficacité
  • Déficit d’infrastructures routières et de transport de l’électricité isolant le pays
  • Sensibilité aux conditions climatiques
  • Manque de productivité (hors automobile)
  • Forte euroisation (65 %) et développement limité du crédit (46 % du PIB)
  • Informalité encore élevée : 24 % du PIB (35 % en 2006) et 21 % de l’emploi

Appréciation du risque

Une croissance toujours soutenue par la demande intérieure

La croissance devrait rester vive en 2019. La demande intérieure bénéficiera d’un nouveau desserrage budgétaire. Par ailleurs, l’inflation restera contenue. Les pressions salariales liées au manque croissant de main-d’œuvre spécialisée seront contrebalancées par la stabilisation du prix du pétrole, de bonnes récoltes 2018 (notamment pour le maïs) et la concurrence accrue par l’arrivée d’un nouvel acteur discounter dans la distribution alimentaire. Ajoutés à la résistance du dinar, un point sensible compte tenu de l’euroisation encore élevée de l’économie, cela devrait permettre à la banque centrale de maintenir sa politique accommodante (taux directeur de 3 % à octobre 2018). Aussi, la consommation des ménages (77 % du PIB) restera la plus forte contributrice à la croissance, dopée par une nouvelle hausse des salaires et des pensions sur fond d’augmentation du salaire minimum de 8,6 % au 1er janvier 2019. Cela intervient après une stagnation des salaires réels entre 2008 et 2017. De plus, alors que le ratio de créances douteuses diminue rapidement (7 % fin 2018), le crédit à la consommation devrait poursuivre sa reprise et profiter de taux à la baisse (moyenne de 6 %). Enfin, les remises des expatriés devraient rester bien orientées, tout comme le tourisme qui diffuse dans la population. L’investissement (20 % du PIB) devrait, aussi, rester bien orienté du fait de la baisse d’imposition et l’augmentation des bénéfices des entreprises, de la vigueur des IDE (ex : construction d’une usine de pneumatiques pour 1 milliard USD par le chinois Shandong Linglong), de la construction publique, avec le financement, par la Chine, de tronçons autoroutiers et d’une voie ferrée menant aux pays voisins, ou encore de la troisième unité de la centrale au charbon de Kostolac, ainsi que d’un autre tronçon autoroutier par l’Azerbaïdjan. Les exportations (54 % du PIB) bénéficient de gains de part de marché dans l’UE, de l’augmentation des capacités de production manufacturières, particulièrement dans les TIC, et agricoles. Leur progression excéderait celle des importations, réduisant la contribution négative des échanges à la croissance.

 

Réforme du secteur public à compléter

Dans le cadre d’un accord triennal conclu avec le FMI en février 2015, les autorités ont procédé à une consolidation budgétaire qui a conduit à l’excédent budgétaire et à l’allègement de la dette. Malgré un relâchement équivalent à 2 % du PIB (réduction d’impôts, augmentation de l’investissement, hausse des pensions et traitements), la croissance, l’amélioration de la collecte, la réduction du service de la dette et les produits de privatisation devraient permettre d’approcher l’équilibre et de poursuivre l’allègement de la dette en 2019. Le nouvel accord non financier conclu avec le FMI en juin 2018 pour 30 mois devrait inciter à la poursuite de la restructuration des nombreuses entreprises publiques (plus de 200 000 emplois), présentes dans le transport, l’énergie, l’extraction et la pétrochimie. Les plus mal en point ont été dissoutes. D’autres ont été privatisées (RTB Bor dans le cuivre, PKB dans le lait, aéroport Nikola Tesla de Belgrade…) ou le seront (Komercijalna Banka, Petrokemija…). La charge des salaires, en dépit de la réduction des effectifs et des nouvelles grilles salariales, reste lourde. Le fonctionnement de l’administration et de la justice laisse encore à désirer. Enfin, si la dette s’allège, elle n’en demeure pas moins conséquente, aux ¾ libellée en euro (40 %) ou en dollar, et à 60 % détenue par des non-résidents, essentiellement des créanciers publics. Les autorités ont entrepris de réduire la part en devises en la refinançant, avec succès, par des émissions domestiques en dinar.

 

Déficit courant financé par les IDE

Les échanges de marchandises sont déficitaires, à hauteur de 11 % du PIB (2018). Les exportations sont dominées par l’automobile, les produits agricoles, les métaux et d’autres produits manufacturés à moyenne ou faible valeur ajoutée. Une large part du déficit s’explique par les importations liées aux investissements. Les rapatriements de dividendes et intérêts par les investisseurs étrangers représentent environ 5 % du PIB. L’excédent des services (3 % du PIB, avec le tourisme) et les remises des travailleurs émigrés (9 %) compensent en partie. Le déficit courant résiduel est largement financé, d’une part, par les IDE (6,7 %), notamment dans le cadre de privatisations, aussi bien dans l’industrie que dans l’immobilier ou la distribution, et, d’autre part, par le financement étranger (notamment chinois avec l’Initiative route et ceinture) d’infrastructures de transport et d’énergie. Les réserves en devises représentent cinq mois d’importations (sept. 2018). La dette extérieure s’allège (64 % du PIB fin septembre 2018) et a été contractée auprès de bailleurs publics, à l’image de celle du secteur public qui en constitue 54 %.

 

Bonnes relations avec l’Occident et la Russie

Les élections anticipées d’avril 2016 (déjà le cas de celles de 2014) ont reconduit le Parti progressiste (SNS) et ses alliés avec 64 % des sièges. Après l’élection à la présidence du Premier ministre Aleksandar Vučić, ce dernier a été remplacé par Ana Brnabic en juillet 2017, tout en conservant la présidence du SNS. L’environnement des affaires demeure contraint par les lenteurs administratives, la corruption et les interférences politiques, objets de manifestations de l’opposition fin 2018. Les négociations en vue d’une adhésion à l’UE vont se poursuivre, même si la normalisation des relations avec le Kosovo tarde et celles avec la Bosnie-Herzégovine et la Croatie sont compliquées. De plus, le pays tient à entretenir de bonnes relations aussi bien avec l’Occident qu’avec la Russie.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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