Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Serbie

Serbie

Population 7,0 millions
PIB par habitant 7 223 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,0 4,3 3,3 -3,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,1 2,0 2,0 2,0
Solde public / PIB (%) 1,1 0,6 -0,4 -0,6
Solde courant / PIB (%) -5,2 -5,2 -6,0 -7,0
Dette publique / PIB (%) 58,7 54,4 52,0 50,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Accord de stabilisation et d’association avec l’UE permettant à 93 % des produits serbes d’entrer sans droits de douane
  • Processus d’adhésion à l’UE en cours (17 chapitres ouverts sur 35, dont deux conclus)
  • Réforme du secteur public en liaison avec FMI et UE
  • Ressources naturelles (charbon, bauxite, cuivre, zinc, or) et autosuffisance alimentaire
  • Industrie automobile moderne

POINTS FAIBLES

  • Déficit d’infrastructures de transport pénalisant un pays sans accès maritime
  • Secteur public massif et manquant encore d’efficacité
  • Lenteurs judiciaires, tracasseries douanières, corruption, manque de transparence de l’action publique
  • Sensibilité aux conditions climatiques (agriculture, énergie)
  • Manque de productivité (hors automobile), faiblesse de l’innovation faisant défaut aux PME
  • Forte euroisation (67 %) et développement limité du crédit (46 % du PIB)
  • Informalité encore élevée : 24% du PIB (35 % en 2006) et 20 % de l’emploi
  • Émigration de la main-d’œuvre qualifiée (chômage des jeunes : 30%)

Appréciation du risque

Une croissance toujours soutenue par la demande intérieure

Après son repli de 2019 lié à une demande extérieure moins favorable, la croissance devrait retrouver sa vivacité en 2020. La demande intérieure bénéficiera d’un nouveau desserrage budgétaire dans la perspective des élections législatives d’avril 2020. Par ailleurs, l’inflation restera contenue dans le bas de la cible de la banque centrale (1,5 à 4,5 %). Ajoutée à la résistance du dinar, un point sensible compte tenu de l’euroisation déclinante, mais encore élevée (67 % du crédit et des dépôts) de l’économie, cela devrait permettre à la banque centrale de maintenir sa politique accommodante (taux directeur de 2,5 % à octobre 2019). Aussi, la consommation des ménages (77 % du PIB) restera la plus forte contributrice à la croissance, dopée par la baisse continue du chômage (10,3 % à juillet 2019 contre 20 % en 2014), une nouvelle hausse des salaires du public en novembre 2019 s’étageant entre 8 et 15 %, la hausse de 5 % des pensions au 1er janvier 2020, suite à leur réindexation, et une hausse du SMIC de 11 %. De plus, alors que le ratio de créances douteuses des banques diminue rapidement (4,7 % à août 2019), le crédit à la consommation devrait continuer sur sa lancée (+ 9 % fin 2019) en dépit de taux relativement élevés (9,8 % en dinar et 3,5 % en euro). Enfin, les remises des expatriés ne devraient pas trop pâtir de la méforme des économies allemande, suisse et autrichienne, alors que le tourisme qui diffuse dans la population continuera de se développer. L’investissement (19 % du PIB) devrait, aussi, rester bien orienté, encouragé par la poursuite de la reprise du crédit (+ 12 % fin 2019), les réformes et l’amélioration des infrastructures de transport routier, ferroviaire et fluvial grâce aux financements internationaux. Les exportations (50 % du PIB) bénéficient de gains de part de marché dans l’UE et de l’augmentation des capacités de production manufacturières. Cependant, confrontées à la méforme des économies européennes et à la taxation de 100 % imposée par le Kosovo, leur progression est freinée, si bien que la contribution des échanges à la croissance sera encore négative.

 

Réforme du secteur public à compléter

Malgré le desserrage budgétaire, les finances publiques resteront sur leur trajectoire alliant quasi-équilibre et diminution (depuis 2016) du poids de la dette en % du PIB. En effet, les recettes profitent de la réduction de l’informalité et de la forte croissance, tandis que la charge des intérêts continue de se réduire avec des taux se situant entre 0,5 et 2 % sur les émissions en euros et à 5,5 % sur celles en dinar. Cependant, si la dette s’allège, elle n’en demeure pas moins conséquente, aux ¾ libellée en euro (40 %) ou en dollar, et à 59 % détenue par des non-résidents, essentiellement des créanciers publics. Les autorités ont entrepris de réduire la part en devises en la refinançant, avec succès, par des émissions domestiques en dinar auxquelles des non-résidents souscrivent. Par ailleurs, les marges budgétaires sont absorbées par les salaires et les retraites, alors que la dépense publique en capital ne représente que 4 % du PIB. L’instrument de coordination (non financier) conclu avec le FMI en juin 2018 pour 30 mois incite à l’amélioration de la gestion de l’emploi public, à l’adoption d’une règle budgétaire en 2021, ainsi qu’à la poursuite de la restructuration des nombreuses entreprises publiques (plus de 200 000 emplois), présentes dans le transport, l’énergie, l’extraction et la pétrochimie, peu efficaces.

 

Déficit courant financé par les IDE

Les échanges de marchandises sont structurellement déficitaires, à hauteur de 15 % du PIB. Les exportations sont dominées par les moteurs, les pompes, l’automobile, les pneumatiques, les réfrigérateurs, les produits agricoles, les métaux, des produits manufacturés généralement à moyenne ou faible valeur ajoutée. Une large part du déficit s’explique par les importations liées aux investissements. Les rapatriements de dividendes et intérêts par les investisseurs étrangers représentent environ 5 % du PIB. L’excédent des services (4 % du PIB, avec le tourisme et le transport) et les remises des travailleurs émigrés (9 %) compensent en partie. Le déficit courant résiduel est largement financé, surtout par les IDE (6,7 %), aussi bien dans l’industrie que dans l’immobilier ou la distribution, mais, aussi, par le financement étranger (notamment chinois avec l’initiative des Nouvelles routes de la soie) d’infrastructures de transport et d’énergie. Les réserves en devises représentent six mois d’importations (août 2019). La dette extérieure (59 % du PIB fin 2019), principalement contractée auprès de bailleurs publics, s’allège à l’image de celle du secteur public qui en constitue 50 %.

 

Bonnes relations avec l’Occident et la Russie

Depuis son élection à la présidence en juillet 2017, Aleksandar Vučić a été remplacé à la tête du gouvernement par Ana Brnabic, tout en conservant la présidence du SNS. Bien que sa fonction soit protocolaire, il reste le véritable chef. Face à une opposition divisée, en dépit des manifestations antigouvernementales sporadiques dénonçant la corruption, les interférences politiques et l’absence de pluralité dans les médias, le Parti progressiste (SNS) et ses alliés socialistes devraient remporter les élections législatives d’avril 2020. Les négociations en vue d’une adhésion à l’UE vont se poursuivre. Elles sont compliquées par l’absence de reconnaissance du Kosovo, des relations houleuses avec la Bosnie-Herzégovine et la Croatie, et le projet d’accord de libre-échange avec l’Union économique eurasiatique. Ne souhaitant pas adhérer à l’OTAN, le pays souhaite conserver de bonnes relations tant avec les Occidentaux qu’avec la Russie contre laquelle elle n’applique pas les sanctions.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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