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Serbie

Serbie

Population 7,0 millions
PIB par habitant 7 382 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,4 4,2 -2,5 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,0 1,9 1,5 1,9
Solde public / PIB (%) 0,8 0,0 -8,1 -1,6
Solde courant / PIB (%) -4,8 -6,9 -6,4 -6,5
Dette publique / PIB (%) 54,5 52,8 59,5 57,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Accord de stabilisation et d’association avec l’UE permettant à 93 % des produits serbes d’entrer sans droits de douane
  • Processus d’adhésion à l’UE en cours (18 des 35 chapitres ont été ouverts, dont deux ont été clôturés)
  • Réforme du secteur public en coordination avec le FMI et l’UE
  • Ressources naturelles (charbon, bauxite, cuivre, zinc, or) et autosuffisance alimentaire
  • Montée en puissance de l’industrie automobile

POINTS FAIBLES

  • Position enclavée avec une infrastructure routière médiocre
  • Secteur public pléthorique et inefficace
  • Lenteur des procédures judiciaires, harcèlement douanier, corruption, manque de transparence du gouvernement
  • Importance du secteur non déclaré : 24 % du PIB et 20 % de l’emploi
  • Relations difficiles avec plusieurs pays voisins
  • Fuite des élites (chômage des jeunes : 27 % au troisième trimestre 2020)

Appréciation du risque

Une épidémie ayant relativement épargné le pays permet d’envisager un rebond vigoureux

La contraction de l’activité en 2020 a été importante, mais modeste par rapport à ses voisins, en raison du rôle relativement plus faible joué par le tourisme dans l’économie (7 % du PIB). La réponse à la pandémie a été rapide, avec un confinement général imposé une semaine après le premier cas confirmé (le confinement ayant duré de la mi-mars jusqu’à la fin avril) et des restrictions plus légères en août et en novembre. Bien que la forte crise du marché européen ait entraîné une contraction de 8 % des exportations (51 % du PIB), la consommation intérieure (principal moteur de la croissance avec 65 % du PIB) permettra une certaine résistance avec une contraction limitée à 2 %. Les envois de fonds (8 % du PIB) seront également légèrement réduits, soutenus par la bonne performance des économies allemande et autrichienne. De même, l’investissement privé devrait connaître une modeste contraction de 3 % en 2020, mais devrait reprendre son rythme soutenu en 2021, avec une croissance de 12 %. La demande intérieure se redressera donc plus rapidement que dans l’UE, compensant la contribution légèrement négative des exportations nettes. La montée en puissance de la Serbie en tant que centre manufacturier régional n’a été que légèrement entamée en 2020. Alors que la chaîne d’approvisionnement automobile européenne se réorganise, les IDE continueront de circuler en raison de l’avantage comparatif du pays dans les composants à faible marge. En outre, le soutien des crédits chinois au développement des infrastructures se poursuivra. En raison des pressions budgétaires, les réformes favorables aux entreprises, telles que les privatisations d’entreprises d’État, seront probablement réduites. Ainsi, la Serbie fera partie des pays qui, à la fin de 2021, auront une production supérieure au niveau de fin 2019.

 

Malgré le coût budgétaire de la pandémie, les finances publiques restent saines

La réponse économique à la pandémie représente environ 8 % du PIB en 2020. L’aide à la liquidité des entreprises passe principalement par des subventions salariales, des reports d’impôts, un fonds de garantie des prêts (5 % du PIB) et un moratoire de trois mois pour les dettes fiscales. Ces mesures, combinées à l’augmentation des dépenses de santé et aux transferts sociaux d’urgence, ont fait passer le déficit budgétaire au-delà de la barre des 8 %. Par conséquent, la dette publique devrait approcher du seuil de 60 %. Néanmoins, les mesures d’assainissement devraient reprendre une fois que la récession induite par le virus se sera estompée. L’investissement public devrait rebondir de 33 % en 2021 après la contraction de 24 % enregistrée en 2020, et une gestion plus rigoureuse des salaires devrait maintenir le déficit sous la barre des 3 %, empêchant ainsi la dette de s’envoler. En outre, la structure des échéances du passif étant orientée vers le long terme, les besoins de financement restent gérables. Les risques à la baisse comprennent la matérialisation de passifs éventuels découlant d’entreprises d’État en difficulté, notamment Air Serbia pour laquelle un plan de recapitalisation de 250 millions d’euros est déjà en cours.

 

Un déficit des comptes courants de bon aloi

Avec des contractions de 8 % des importations et des exportations qui se compensent mutuellement, la pandémie aura un effet globalement neutre sur la balance des comptes courants. La Serbie continuera donc à enregistrer des déficits dans un avenir prévisible, principalement en raison d’un déficit structurel de la balance des biens (15 % du PIB). Les exportations sont dominées par les moteurs, les pompes, les automobiles, les pneus, les réfrigérateurs, les produits agricoles, les métaux et les produits manufacturés généralement à moyenne ou faible valeur ajoutée. Les sorties nettes de revenus provenant des rapatriements de dividendes et d’intérêts des investisseurs étrangers (4 % du PIB) sont plus que compensées par les envois de fonds des travailleurs expatriés (6 %) et l’excédent de services (3 %) avec le transport routier qui fait preuve de résistance. Bien qu’il y ait une quantité non négligeable d’entrées de portefeuille importantes sujettes à la fuite des capitaux (3,5 % du PIB), les risques liés au financement externe sont atténués par une base fiable et substantielle d’IDE (4,7 %). L’encours de la dette extérieure et de la dette en devises étrangères est élevé (respectivement 60 % et 77 % du PIB), mais la majorité de cette dette est multilatérale ou bilatérale, bon marché et à taux d’intérêt fixe ; et sa composante privée est fortement axée sur les prêts intraentreprises. La Banque centrale de Serbie détient un important stock de réserves (plus de 5 mois d’importations) et a réussi à stabiliser le taux de change, ce qui est important dans une économie fortement dépendante de l’euro (65 % des dépôts sont en euros).

 

Un gouvernement fort (mais contesté) cultive des liens diplomatiques sur de multiples fronts

Le Parti progressiste sortant (SNS), dirigé par le président Aleksandar Vucic, a consacré sa suprématie électorale en juin avec une victoire écrasante (61 % des voix). Avec 2/3 des sièges parlementaires (92 % en comptant les partis alliés), le SNS pourra poursuivre son programme sans entraves. Néanmoins, le faible taux de participation (48 %) et le boycott électoral organisé par l’opposition suggèrent que les résultats surestiment la légitimité/intégrité perçue du gouvernement. L’UE a fait part de ses doutes quant à l’intégrité électorale et à l’État de droit (système judiciaire et liberté de la presse), un problème qui pourrait entraver la candidature prometteuse de la Serbie à l’adhésion à l’UE. La non-reconnaissance du Kosovo, une ancienne province qui s’est séparée en 2008, et les relations tendues avec le Monténégro sont d’autres points sensibles. La Serbie n’est pas membre de l’OTAN et n’applique pas de sanctions à l’encontre de la Russie, ce qui en fait le plus proche allié de cette dernière dans les Balkans.

Dernière mise à jour : Février 2021

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