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Togo

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Population 8,0 millions
PIB par habitant 670 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,4 4,9 4,8 5,2
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,2 0,9 1,4 2,0
Solde public / PIB (%) -0,3 -0,8 -2,9 -1,9
Solde courant / PIB (%) -2,0 -4,9 -6,3 -5,5
Dette publique / PIB (%) 76,0 76,2 72,6 70,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources minières (phosphate, calcaire et argile transformé en clinker) et agricoles (café, cacao, coton)
  • Doté du seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest (port de Lomé), potentiel pour devenir un hub régional
  • Investissements publics et privés dans les infrastructures
  • Réformes structurelles en cours (finances publiques, système bancaire, secteurs des phosphates et du coton)
  • Membre de l’UEMOA et de la CEDEAO
  • Dette externe majoritairement concessionnelle

POINTS FAIBLES

  • Fortes tensions sociopolitiques
  • Environnement des affaires déficient
  • Forts taux de pauvreté et de chômage
  • Infrastructures d’éducation et de santé publique insuffisantes
  • Mauvaise santé du secteur bancaire ; taux de créances douteuses élevé (surtout dans les banques publiques)

Appréciation du risque

Le Plan national de développement dynamisera la croissance par le biais des investissements

La croissance restera dynamique en 2020, portée par la consommation et l’investissement (domestique et étranger) privés. L’investissement sera stimulé par le Plan national de développement 2018/2022 (PND) visant à transformer le pays en pôle logistique, financier et touristique régional, mais aussi à moderniser les secteurs agricole, extractif et manufacturier, et à réduire la pauvreté. Il est financé pour deux tiers par des investisseurs privés et inclut des projets d’infrastructures visant tant le développement des transports, via l’amélioration du port de Lomé ainsi que du réseau routier et du transport aérien, que du secteur extractif. L’investissement devrait aussi bénéficier du ralliement du Togo au G20 Compact with Africa dans le but d’attirer les investissements privés étrangers et d’améliorer l’environnement des affaires. La consommation privée, qui représente près de 80 % du PIB, sera stimulée par le volet social du PND (prévoyant notamment la création de 500 000 emplois), mais, surtout, par la hausse des rendements agricoles, principalement dans les cultures de coton et de cacao. La production du secteur (qui emploie 60 % de la population) devrait en effet bénéficier des retombées du Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), réalisé entre 2012 et 2015, et la Nouvelle société cotonnière du Togo attend une hausse de la production de coton de 30 % en 2020. La consommation publique devrait se réduire lentement, le pays étant engagé dans un programme du FMI, même si l’approche des élections présidentielles en mars 2020 pourra exercer des pressions à la hausse. Les efforts consentis dans les secteurs agricole et extractif, ainsi que la reprise prévue chez certains partenaires commerciaux, notamment le Niger, devraient permettre une contribution nette positive de la balance commerciale à la croissance, la croissance des exportations outrepassant celle, plus contenue, des importations. L’appartenance du Togo à l’UEMOA devrait maintenir l’inflation stable autour de 2 %, malgré les pressions inflationnistes du côté de la demande.

 

Consolidation des comptes publics et extérieurs

Sur les recommandations du FMI, qui a octroyé au pays une Facilité élargie de crédit de 244,8 millions USD sur trois ans en 2017, le gouvernement devrait poursuivre la consolidation des comptes publics en 2020. Après avoir largement augmenté en 2019, le déficit budgétaire devrait se réduire grâce à la réduction des dépenses publiques, le gouvernement souhaitant réduire sa participation au financement du PND au profit d’investisseurs privés. La perspective des élections présidentielles, en mars 2020, pourrait freiner les efforts budgétaires entrepris. D’après le plan budgétaire pluriannuel 2019/2021, les recettes fiscales devraient augmenter de 7,9 %, grâce à une modernisation de l’administration fiscale et un élargissement de l’assiette. Le déficit budgétaire devrait être financé par l’emprunt au sein de l’UEMOA. La dette (à 27 % étrangère), restant sur sa trajectoire descendante, devrait rentrer dans les critères de convergence de l’UEMOA (70 % du PIB) en 2020.

 

Le déficit courant devrait diminuer grâce à la réduction du déficit commercial structurel (environ 20 % du PIB). La croissance des exportations, profitant du dynamisme des secteurs extractif et agricole, outrepassera celle des importations, qui sera plus faible en raison d’achats moindres de biens d’équipement par le gouvernement. L’amélioration des infrastructures de transport (plus précisément, du réseau routier et du port de Lomé) devrait entraîner une augmentation des activités de ré-export. Les transferts de travailleurs expatriés représentent 6,8 % du PIB. Les investissements directs étrangers (plus de 3 % du PIB, en net) liés au lancement du PND devraient être la principale contrepartie du déficit courant.

 

Instabilité sociopolitique mais continuité du pouvoir

Les élections législatives de 2018, boycottées par la coalition de partis de l’opposition (C14), avaient conforté la position de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, après avoir succédé à son père (président lui-même de 1967 à 2005). Ce boycott faisait suite à des manifestations depuis 2017, parfois violemment réprimées, réclamant des réformes constitutionnelles et la modification du code électoral. En mai 2019, le Parlement togolais a finalement voté une révision constitutionnelle limitant à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs, mais sans effet rétroactif. Faure Gnassingbé pourra donc se représenter aux prochaines élections, prévues en mars 2020, à l’occasion desquelles l’instabilité politique devrait s’accroître, malgré une coalition affaiblie par les divisions internes. Des heurts auraient un effet délétère sur l’investissement privé, en particulier étranger, nécessaire au financement du PND, et freineraient le développement du tourisme. De manière générale, les tensions socio-politiques au niveau national et les problèmes sécuritaires dans la région (actes terroristes dans les pays voisins) pèseront sur l’environnement des affaires. Les efforts entrepris par le gouvernement ont permis au pays de gagner 40 places dans le classement Doing Business 2020 (97e place). La gouvernance reste néanmoins très médiocrement classée par la Banque Mondiale. Engagé dans les différentes missions de paix de l’ONU et de l’UA, le Togo tient également à jouer un rôle pour améliorer la sécurité sur le continent.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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