Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Togo

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Population 7,8 millions
PIB par habitant 611 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 5,1 4,4 4,5 4,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,9 -0,8 0,4 1,2
Solde public / PIB (%) -9,6 -0,3 -3,9 -0,4
Solde courant / PIB (%) -9,0 -7,3 -7,1 -6,6
Dette publique / PIB (%) 81,6 76,0 73,4 66,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources minières (phosphate, calcaire et argile transformés en clinker) et agricoles (café, cacao, coton)
  • Doté du seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest (port de Lomé), potentiel pour devenir un hub régional
  • Investissements public et privé dans les infrastructures
  • Réformes structurelles en cours (finances publiques, système bancaire, secteurs des phosphates et du coton)
  • Membre de l’UEMOA et de la CEDEAO

POINTS FAIBLES

  • Fortes tensions sociopolitiques
  • Environnement des affaires déficient
  • Forts taux de pauvreté et de chômage
  • Infrastructures d’éducation et de santé publique insuffisantes

Appréciation du risque

Le PND dynamisera la croissance par le biais des investissements

Le lancement d Plan national de développement 2018-2022 (PND), ayant pour objectif premier la transformation du pays en pôle logistique, financier et touristique régional, fera du secteur tertiaire le principal contributeur à la croissance en 2019, notamment à travers le développement de la logistique et des transports via l’amélioration du port de Lomé, et du transport aérien.

Visé par le deuxième axe du PND (avec les créations d’agropôles, des technopoles agro-alimentaires), le secteur agricole devrait aussi profiter des retombées du Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), réalisé entre 2012 et 2015, avec une hausse des rendements, notamment dans la production de coton et de cacao. Ces gains de productivité, ainsi que le développement des activités extractives, aussi concernées par le deuxième axe du PND, contribueront à la croissance du secteur primaire (30 % du PIB) et donc de l’économie en général.

Le volet social du PND (3e axe) sera soutenu dès 2019 par la dépense publique, 45 % du budget étant destiné à la lutte contre la pauvreté et à l’inclusion avec, à terme, un objectif de création de 500 000 emplois. Ces mesures, ajoutées à la hausse des rendements agricoles, dont le secteur concentre 60 % des emplois, et à la faible inflation, devraient permettre une croissance dynamique de la consommation privée (près de 80 % du PIB). La consommation publique (14 % du PIB), bien qu’importante, devrait subir une correction après une année 2018 faste, en raison de la tenue des élections législatives, et devrait légèrement décroître. La contribution de l’investissement total à la croissance devrait être conséquente en 2019, en raison des lancements des projets liés au PND, dont deux tiers seront privés et un tiers public. Les efforts consentis dans les secteurs agricoles et extractifs, ainsi que la reprise prévue chez certains partenaires commerciaux, notamment le Nigeria, devraient permettre à la croissance des exportations d’outrepasser celle des importations, qui demeurera plus contenue, engendrant une contribution nette positive de la balance commerciale à la croissance.

 

Consolidation des comptes public et courant

Sur les recommandations du FMI, qui a octroyé au pays une facilité élargie de crédit de 241,5 millions USD en 2017, le gouvernement intensifiera ses efforts budgétaires en 2019. Largement dégradé, en 2018, par la tenue des élections législatives, et les dépenses qui y sont indirectement reliées, le déficit public devrait se réduire drastiquement en 2019. D’après le projet de loi de finances 2019, les recettes fiscales augmenteraient de 8,6 %, grâce à au renforcement des contrôles douaniers et à la lutte contre l’évasion fiscale, et les non fiscales baisseraient de 5,2 %, tandis que les dépenses devraient elles aussi décroître. Le déficit budgétaire de 13 milliards XOF devrait être financé par des ressources de trésorerie que le gouvernent définis comme des cessions d’actifs et des dépôts sur des comptes des correspondants. La dette, continuant sa trajectoire descendante, pourrait rentrer dans les critères de convergence de l’UEMOA (70 % du PIB) en 2019.

La réduction du déficit commercial structurel (environ 20 % du PIB), grâce à la croissance plus rapide des exportations (grâce aux secteurs extractif et agricole) que des importations, devrait permettre une réduction du déficit courant. Les surplus des services, des revenus et, surtout, des transferts (6,7 % du PIB) grâce aux versements des expatriés, n’en compensant qu’une partie. Les investissements étrangers (plus de 3 % du PIB, en net), liés au lancement du PND, devraient être la principale contrepartie de ce déficit courant.

 

Instabilité sociopolitique mais continuité du pouvoir

Les résultats des élections législatives de décembre 2018 ont été mitigés pour Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après avoir succédé à son père Eyadéma Gnassingbé (président de 1967 à 2005). Malgré l’absence de l’opposition, qui a refusé de participer au scrutin, son parti a perdu 3sièges, ce qui pourrait compliquer le changement de constitution, voulu par le Président. Les élections ont vu renaître la gronde sociale, qui s’était formée à l’été 2017 et avait été violemment réprimée. Les efforts entrepris par le gouvernement pour alléger la dette, assainir les comptes publics et développer l’attractivité du pays, malgré des résultats visibles (top 10 des pays les plus réformateurs pour le climat des affaires et un environnement plus favorable que la moyenne de la région d’après le Doing Business 2019) semblent être encore insuffisants, le pays étant seulement 137e mondial d’après ce même classement et sa gouvernance n’étant que médiocrement classée d’après la Banque Mondiale. Engagé dans les différentes missions de la paix de l’ONU et de l’UA, le Togo tient également à jouer un rôle pour améliorer la sécurité sur le continent.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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